Details
MASQUE NGIL FANG
GABON
Haut. 41.5 cm (16 3/8 in.)
Provenance
Collection Léonce Guerre (1880-1948), Marseille, acquis en 1929
Collection Pierre Guerre (1910-1978), Marseille, inv. n° 61
Collection Christine et Alain Vidal-Naquet, Marseille, transmis par descendance
Loudmer, Paris, Collection Pierre Guerre, 20 juin 1996, lot 68
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris
Literature
Guerre, P. et Latour J., Art Afrique Noire : arts et civilisations, Arles, 1954, pl. V, n° 122
Vérité, P.-S., Les arts africains, Paris, 1955, p. 65, n° 259 (non ill.)
Guerre, P. et al., Arts africains, Marseille, 1970, p. 117, n° 112
Lehuard, R., « La collection Léonce - Pierre Guerre » in Arts d’Afrique Noire, n° 13, Arnouville, printemps 1975, p. 13, n° 13
Nicolas, A. et Sourrieu, M., Pierre Guerre. Un érudit en son temps, Marseille, 1992, p. 99, n° 37
Lehuard, R., Arts d'Afrique Noire, n° 99, Arnouville, automne 1996, p. 58
Exhibited
Arles, Musée Réattu, Art Afrique Noire : arts et civilisations, 10 avril - 30 septembre 1954
Paris, Cercle Volney, Les arts africains, 3 juin - 7 juillet 1955
Marseille, Musée Cantini, Arts Africains, 23 mars - 2 août 1970
Marseille, Centre de la Vieille Charité, MAAOA - Musée des Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, Pierre Guerre. Un érudit en son temps, 20 mars - 31 mai 1992
Post lot text
FANG NGIL MASK, GABON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

LE COEUR DE L'ESPRIT
par Pierre Amrouche

Les masques attribués à la société du Ngil sont rares. Seule une quinzaine d'exemplaires de belle qualité sont connus. Celui-ci est parmi les plus beaux, sa patine et ses volumes sont superbes, les détails de la sculpture sont sensibles, en particulier les oreilles, la bouche et les yeux, enfin le dessin en forme de coeur délimité par les grandes arcades sourcilières et l'ovale du visage, est parfait, l'archétype du style.

Dans l’essai rédigé par Louis Perrois à l’occasion de la vente Guerre, L’art gabonais dans la collection Guerre, l’auteur décrit ainsi le masque Ngil : « le masque blanc du Ngil est d’une qualité exceptionnelle : pureté des formes courbes, ampleur des volumes convexes (front) et concaves (orbites et face), articulation contrastée des sourcils, du nez allongé et de la bouche, économie des couleurs. »

Nous savons peu de choses des cérémonies qui pouvaient occasionner la sortie d’un tel masque, rare épiphanie redoutée des profanes comme des adeptes même les plus initiés de la société secrète du Ngil, confrérie à caractère judiciaire et policier, donc hautement répressive (Perrois, L., Arts du Gabon. Les Arts Plastiques du Bassin de l’Ogooué, Arnouville, 1979, p. 92). Günther Tessmann en son temps (Die Pangwe, Berlin, 1913), décrit de nombreux rituels fang mais ne mentionne pas la présence de masques : cela confirme que les Ngil étaient rarement exhibés et certainement pas montrés aux étrangers.
[…] Le culte du Ngil semble avoir disparu très tôt […] et les rites ne furent plus pratiqués aux environs de 1930.

La personnalité de l’ancien propriétaire de cette oeuvre majeure mérite quelques notes : ce masque est certainement un des tous premiers objets africains entré dans la collection Léonce et Pierre Guerre. Homme remarquable, Pierre Guerre (1910-1978), fut à la fois avocat, écrivain et critique littéraire, journaliste et dramaturge, il fut aussi un membre actif de la Résistance sous l’occupation allemande. En 1945, il entre au comité de rédaction de la revue Cahiers du Sud. Pierre Guerre est un grand intellectuel, ami très proche du poète Saint-John Perse ; il se passionne pour les arts africains dont il fera souvent l’apologie, par ses écrits, et lors de nombreuses conférences sur la culture africaine. Aussi a-t-il toujours généreusement prêté ses plus beaux objets aux grandes expositions, par exemple, en 1935, où neuf pieces de la collection sont exposées à New York lors de l’historique African Negro Art. Pour Pierre Guerre l’art doit être montré et partagé, c’est un honnête homme de son temps.

THE HEART OF THE MIND
by Pierre Amrouche

There are very few masks attributed to the Ngil society. Only some fifteen high-quality examples are known. This is one of the finest: its patina and shape are superb, the details are sculpted with refinement - particularly the ears, mouth and eyes -, and the heart-shaped design edged by the large eyebrow ridges, as well as the contour of the face, are perfect archetypes of the style.

In the essay written by Louis Perrois for the Guerre auction, L’art gabonais dans la collection Guerre, the author describes the Ngil mask in the following terms: “The white Ngil mask is of an exceptional quality among its main attributes are: the purity of its curved shapes; the fullness of its convex (forehead) and concave areas (eye sockets and face); the contrasting junction of the eyebrows, elongated nose and mouth; and its minimal colours.”

We know very little about the ceremonies for which such masks might have been used. Such a rare revelation was feared by the uninitiated as well as even the most knowledgeable initiates of the secret Ngil society, a legal and police fraternity and therefore a very repressive one (Perrois, L., Arts du Gabon. Les Arts Plastiques du Bassin de l’Ogooué, Arnouville, 1979, p. 92). In his time, Günther Tessmann (Die Pangwe, Berlin, 1913) described a number of Fang rituals, but did not mention the presence of masks. That confirms that Ngil were very rarely exhibited, and certainly not shown to foreigners.
[…] The Ngil religion appears to have disappeared very early […] and the rites were no longer practised by 1930.

The identity of the former owner of this major work deserves a few remarks: this mask is certainly one of the very first African objects to join the Leonce and Pierre Guerre collection. Pierre Guerre (1910-1978) was a remarkable man. Barrister, writer, literary critic, journalist and playwright, he was also an active Resistance fighter during the German occupation. In 1945, he joined the editorial committee for the Cahiers du Sud review. Pierre Guerre was a great intellectual and a very close friend of the poet Saint-John Perse. He was passionate about African art, and often praised it in his writing and in the many lectures that he gave on African culture. Thus he always generously loaned his most beautiful objects to great exhibitions. For example, in 1935, he entrusted nine pieces of his collection to the historical African Negro Art exhibition in New York City. To Pierre Guerre, art was meant to be shown and shared: he was a cultivated gentleman of his time.
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