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Moïse Kisling (1891-1953)
Ancienne collection du Commandant Paul-Louis Weiller
Moïse Kisling (1891-1953)

Autoportrait

Details
Moïse Kisling (1891-1953)
Autoportrait
signé 'Kisling' (en haut à gauche)
huile sur toile
92 x 72.8 cm.
Peint en 1912

signed 'Kisling' (upper left)
oil on canvas
36 ¼ x 28 5/8 in.
Painted in 1912
Provenance
Raymonde Cazenave, Paris (avant 1971).
Vente, Me Blache, Versailles, 31 mai 1972, lot 39.
Paul-Louis Weiller, Paris (acquis au cours de cette vente).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
J. Kessel et J. Kisling, Kisling, Turin, 1971, vol. I, p. 103, no. IV (illustré en couleurs).
Post Lot Text
Remarquable par la forme allongée et anguleuse du modèle exacerbée par une chaise très géométrique et surdimensionnée, l’autoportrait de Moïse Kisling, datant de 1912, est une œuvre de laquelle émane les années tumultueuses de l’avant-garde parisienne du début du XXe siècle. La présente œuvre synthétise avec force les traits caractéristiques qui définissent les œuvres de la première école cubiste. D’aspect presque maniériste, le tableau évoque une approche hautement stylisée du sujet de l’autoportrait, atteignant un équilibre entre la rupture formelle des structures et la tension psychologique produite par la fixité du regard de l’artiste sur l’observateur.
Comme le notait le critique André Salmon, «En tant que peintre de la vie moderne [Kisling] possède une connaissance rigoureuse de la tradition, tout en n’étant pas possédé par elle». Âgé de dix-neuf ans, Moïse Kisling débarque de sa Cracovie natale pour rejoindre Paris en 1910. Il dut alors démontrer dès son arrivée sa conscience aigüe des développements artistiques de son temps. Rapidement intégré tant à la vie diurne qu’à la vie nocturne de cette dynamique ville cosmopolite, il fréquenta d’autres artistes et intellectuels, à l’instar des espagnols Picasso et Gris, de l’italien Modigliani et des russes Soutine et Zadkine. Ce fut Gris, fraîchement découvert et financé par le marchand Daniel-Henri Kahnweiler, qui invita Kisling à le rejoindre à Céret, une petite ville montagnarde des Pyrénées-Orientales, proche de la frontière espagnole. Depuis les premières visites de Picasso et de Braque à Céret en 1910, le village était devenu la «Mecque du cubisme» - pour reprendre l’expression de Kahnweiler - une colonie d’artistes où les artistes parisiens se réunissaient pour profiter d’une liberté de création collective. Soutine décrit d’ailleurs l’influence unique de Céret sur le développement de l’esthétique cubiste: «Lorsque je peignais à Céret, je subissais malgré moi cette influence, et les résultats n’étaient pas entièrement banals. Mais de toute façon... Céret lui-même est tout sauf banal. Il y a tant de raccourci dans le paysage qu’un tableau semble peint dans un style spécial» (cité in Soutine: Céret 1919-1922, cat. exp., Céret, 2000, p. 40). Kisling séjourna presque une année à Céret entre 1912 et 1913, date de la présente peinture. Les artistes qui travaillaient aux côtés de Picasso furent poussés par l’espagnol à élever leur créativité vers de nouveaux sommets. La présente œuvre se démarque de l’œuvre de Kisling en cela qu’elle témoigne parfaitement des efforts individuels du jeune artiste pour relever le défi du cubisme.

Distinguished by his elongated, angular form and set against a geometric oversized chair, Moïse Kisling’s self-portrait of 1912 is a painting which leaps out from the tumultuous years of the early 20th Century Parisian avant-garde. The present work powerfully synthesizes the characteristic traits which define works of the early cubist school. Almost mannerist in its appearance, the painting evokes a highly-stylized approach to the subject of self-portraiture, achieving a balance between the formal breaking up of structures with a psychological tension with which the artist’s gaze reaches out to the viewer.
As the critic André Salmon noted, “As a painter of Modern life [Kisling] possesses a rigorous grasp of tradition whilst not being possessed by it”. The nineteen-year-old Moïse Kisling would demonstrate his acute awareness of the artistic developments of his own time from the moment he arrived in Paris in 1910 from his native Krakow. Rapidly integrated into the daily and nocturnal life of the bubbling cosmopolitan city, he frequented other émigré artists and intellectuals such as the Spaniards Picasso and Gris, the Italian Modigliani and the Russians Soutine and Zadkine. It was Gris, freshly discovered and newly financed by the dealer Daniel-Henri Kahnweiler, who would invite Kisling to join him in Céret, a small town in the mountains of the Pyrénées-Orientales region, near the border with Spain. Since Picasso and Braque’s first visits to Céret in 1910 the village had become a “mecca for cubism” (as Kahnweiler termed it), an artist’s colony where the Parisian artists reconvened to enjoy a collective creative freedom. Soutine would describe Céret’s unique influence on the development of the cubist esthetic : “When I was painting at Céret I yielded to its influence in spite of myself, and the results were not entirely banal. But then... Céret itself is anything but banal. There is so much foreshortening in the landscape that, for that reason, a picture may seem to have been painted in some special style” (quoted in Soutine: Céret 1919-1922, exh. cat., Céret, 2000, p. 40). Kisling stayed in Céret for almost the entire year between 1912-1913, the date of the present painting. Working closely alongside Picasso, it was the Spaniard who dared the other artists to push the boundaries of their creativity to new heights. The present painting stands out within Kisling’s œuvre as an outstanding example of his individual efforts to meet the challenge imposed by cubism.

Brought to you by

Adélaïde Quéau
Adélaïde Quéau

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