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MONOGRAMMISTE AC ( FRANÇAIS, ACTIF VERS 1577)
COLLECTION PRIVÉE FRANÇAISE
MONOGRAMMISTE AC ( FRANÇAIS, ACTIF VERS 1577)

Portrait de Sibylle de Clèves-Juliers-Berg, margravine de Burgau (1557-1628)

Details
MONOGRAMMISTE AC ( FRANÇAIS, ACTIF VERS 1577)
Portrait de Sibylle de Clèves-Juliers-Berg, margravine de Burgau (1557-1628)
huile sur panneau
49,3 x 36,1 cm. (19 3/8 x 14 ¼ in.)
Post Lot Text
MONOGRAMMIST AC, PORTRAIT OF SIBYLLE DE CLÈVES, OIL ON PANEL

Brought to you by

Adelaide Queau
Adelaide Queau

Lot Essay

D’une finesse remarquable, notre portrait appartient au corpus, encore mal défini, d’un artiste énigmatique ayant travaillé pour la cour du duc Guillaume de Clèves à Düsseldorf dans les années 1570. L’identité de ce portraitiste de talent reste à découvrir, bien que l’un de ses tableaux soit signé de ses initiales AC et daté de 1577 (huile sur chêne, 43,7 x 34,3 cm; Munich, Alte Pinakothek, inv. 1430 ; ill. 1). Plusieurs noms ont été proposés : le français Antoine Caron qui semble n’avoir jamais été en Allemagne, Adriaen Pietersz. Crabeth, peintre vitrier de Gouda mort en 1553, Anthonis Claeissens de Bruges dont la manière est très différente ou Adriaen Pietersz. Cluyt, actif à Alkmaar où il est mort en 1604. D’après Van Mander, Cluyt fut l’élève d’Anthonis Blockland van Montfoort et portraitiste, mais aucune œuvre ne lui est aujourd’hui attribuée avec certitude et il n’existe nulle trace de son éventuel séjour à Düsseldorf. Il faut par ailleurs noter que le monogramme pourrait également se lire AE.

Le portrait de Munich et notre œuvre présentent le même modèle et s’avèrent très proches, même si le premier adopte un cadrage en petit-buste et sans les mains, tandis que notre tableau est une représentation à la taille. La jeune femme est vue de face, son visage sculpté dans une lumière latérale froide donnant des ombres grisées. La blancheur de sa peau l’emporte sur celle de la large fraise à godrons qui enserre son cou. Sa coiffure relevée est agrémentée d’une petite toque noire à plumet. La robe, sans décolleté à la mode espagnole, est tracée de galons de fil d’or et d’argent. Elle est de satin blanc dans la peinture de Munich et de velours noir dans notre portrait. Les joyaux sertis de perles, rubis et diamants qui complètent la tenue de la jeune femme varient également entre les deux tableaux.

L’identité du modèle est confirmée par une gravure anonyme datée de 1576 et qui paraît dériver de notre portrait (ill. 2). L’estampe est ornée du blason des Clèves et annotée « Von Gods gnade Sibilla geborne Furstinne von Geulich, Cleve, und Berch ». Fille cadette du duc Guillaume et de Marie d’Autriche, et nièce de l’empereur Maximilien II et de l’archiduc Ferdinand de Tyrol, Sibylle naquit en 1557. Contrairement à ses sœurs, mariées très tôt, Sibylle resta auprès de son père jusqu’à sa mort en 1592. Elle s’occupa ensuite de la gouvernance du duché de Clèves, son frère Jean Guillaume étant sujet aux crises de folie. Elle fit notamment emprisonner sa belle-sœur, Jacobe de Bade, accusée d’adultère. En 1601, Sibylle épousa son cousin Charles, margrave de Burgau, issu du mariage morganatique de Ferdinand de Tyrol et de Philippine Welser. Le couple n’eut pas d’enfants.

La guerre qui éclata en 1609 entre les Neubourg et les Brandebourg pour la succession du duc Jean Guillaume mort sans descendance légitime, provoqua le départ de Sibylle et de son époux de Düsseldorf. Les margraves s’installèrent à Gunzbourg, capitale de Burgau. La princesse y établit une belle cour réputée notamment pour la musique. Elle mourut en 1628.

Notre tableau est à rapprocher du portrait conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon (inv. CA 250, huile sur bois, 43,5 x 33,4 cm ; ill. 3) qui représente, selon toute vraisemblance, la sœur aînée de Sibylle, Madeleine de Clèves (1553-1633). La future comtesse palatine y porte un vêtement quasi identique, mais apparaît tournée légèrement vers la droite. Le Städtisches Museum Haus Koekkoek de Clèves conserve une version en petit-buste de ce portrait (huile sur bois, 43,5 x 34,5 cm.) qui répond parfaitement à celui de Sibylle de l’Alte Pinakothek. Il faut donc imaginer le duc Guillaume de Clèves commander, vers 1576 et au même artiste à la manière toute flamande, deux portraits de chacune de ses filles encore à marier.

Nous remercions Alexandra Zvereva pour les recherches effectuées sur cette œuvre ainsi que pour l'aide à la rédaction de cette notice.

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