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OISEAU SÉNUFO
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OISEAU SÉNUFO

CÔTE D'IVOIRE

Details
OISEAU SÉNUFO
CÔTE D'IVOIRE
Haut. 166 cm (65 3/8 in.)
Provenance
Henri Kamer (1927-1992), Paris/New York
Alain de Monbrison, Paris, acquis en 1984
Musee Barbier-Mueller, Genève, inv. n° 1006-68
Lance et Roberta Entwistle, Londres/Paris
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 2008
Literature
Lehuard, R., Arts d'Afrique Noire, n° 49, Arnouville, printemps 1984, p. 53 (publicité Alain de Monbrison)
Bacquart, J.-B., The Tribal Arts of Africa, Londres, 1998, p. 73, n° 7
Tribal Art Magazine, n° 39, automne-hiver 2005, p. 22
Exhibited
Barcelone, Museu Barbier-Mueller d’Art Precolombí, Ocells i Felins : arts comparades. Oiseaux et Félins : arts comparés, 25 avril 2005 - 29 janvier 2006
Genève, Musée Barbier-Mueller, Ocells i Felins : arts comparades. Oiseaux et Félins : arts comparés, 20 mai 2006 - 30 septembre 2006
Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg, Ocells i Felins : arts comparades. Oiseaux et Félins : arts comparés, 18 octobre 2006 - 8 decembre 2006
Post Lot Text
SENUFO BIRD, IVORY COAST

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

CECI N’EST PAS UN CALAO
par Bertrand Goy

L’animal illustré ici est sans doute la plus énigmatique figure du panthéon sénoufo. Il est connu sous le nom de porpianong, mère de l’enfant du Poro, nom de la société initiatique réglant dès leur plus jeune âge tous les événements ponctuant l‘existence des hommes. Le père Convers, missionnaire présent à Korhogo dans l’immédiat après-guerre, comparait cet être fabuleux à l’assemblage constitué d’un coq, d’une cigogne et d’une grue1 imaginé par Rabelais.

Le casque courbe, le long bec et les ailes largement déployées du volatile ont toutefois conduit les premiers observateurs européens à l’assimiler à un calao, en l’occurrence le Bucorve d’Abyssinie. Cet oiseau fait en effet partie, avec le crocodile, le serpent et la tortue, des animaux primordiaux de la mythologie commune à un ensemble régional situé aux frontières du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Pour les uns, nourriture première de l’homme, pour les autres - comme Bohumil Holas évoquant un « oiseau fécondateur »2 - symbole de la fertilité que certaines populations attribuent à cette protubérance crânienne, à l’exemple du canard à bosse des malgaches. À ce titre, le sétien (séjen), autre appellation locale - plus générique - du calao, orne portes de grenier, fresques murales et apparaît au sommet des masques ; il est toujours doté d’un ventre très proéminent, hommage à « la femme prégnante » effleuré par le bec arqué, tendu et démesuré, marque de virilité triomphante.

En l’absence de relations anciennes et plus récemment devant les opinions contradictoires d’analystes plus récentes, seuls quelques éléments peuvent apporter une indication quant à son rôle. La base souvent évidée en forme de calotte, la présence de trous et parfois de restes de tissu à sa périphérie, pourraient indiquer qu’ils étaient portés au sommet du crâne par un danseur à l’occasion de spectaculaires parades. Les ouvertures en forme de carrés ou de triangles au milieu des ailes corroborent cette hypothèse puisque, selon l’anthropologue Till Förster, elles serviraient à des partenaires du performeur utilisant « de solides poteaux en bois […] pour faciliter le levage de la sculpture. »3 La patine qui enrichit la périphérie de notre sculpture prêche pour de fréquentes manipulations ; elles ont marqué ce bois dur aussi profondément que les poteaux déblé aux emplacements où ils sont empoignés lorsqu’ils percutent le sol au rythme des tambours lors de funérailles. Le bec, quant à lui, dont l’arête est agrémentée d’une épaisse glaçure, devait constituer un talisman efficace attirant de fréquentes caresses, comme ce fut le cas d’une autre bosse célèbre sous d’autres cieux.

Les plus grands de ces porpianong, dont la base en forme de socle atteste d’une existence plus sédentaire, remplissaient sans doute une fonction de gardien protecteur. Ces oeuvres ont rejoint les vitrines des musées suisses et américains, dont une des trouvailles acquise en 1956 par le Museum Rietberg de Zurich affiche une datation antérieure à 1880.

1Père Convers, M., « Une suite…à l’aventure de Massa en pays Sénoufo » in Tribal Arts, n° 13, Paris, 1997, p. 61
2Holas, B., Sculptures ivoiriennes, Paris, 1973, p. 216
3Förster, T., Die Kunst der Senufo, Zurich, 1988, p. 74

THIS IS NOT A HORNBILL
by Bertrand Goy

The animal illustrated here is probably the most enigmatic figure of the Senufo pantheon. It goes by the name of porpianong, which mothered the child Poro, the initiative society which regulates the events that mark the people’s lives from their earliest age. Father Convers, a missionary who was present in Korhogo in the immediate post-war period, compared this fantastic creature to Rabelais' imaginary combination of a rooster, a stork and a crane1.

The curved casque, long beak and outspread wings of the bird, however, led the first European observers to compare it to a hornbill, and more specifically the Abyssinian ground hornbill. With the crocodile, snake and turtle, this bird was among the primordial mythological animals common to a whole region bordering Mali, Ivory Coast, and Burkina Faso. Some of the legends have it that it was man’s first food, while others - like Bohumil Holas’ mention of a “fertilising bird”2 - consider it a symbol of fecundity that certain peoples attribute to the protuberance on the head, similar to that of the Malagasy knob-billed duck. As such, the “sétien” (séjen) - another, more general local term for the hornbill - adorns granary doors, mural frescoes, and the tops of masks. This symbol always includes a very prominent abdomen, in tribute to the “pregnant woman”, grazed by the slender, arched, oversized beak, a mark of triumphant virility.

In the absence of ancient relations, and considering the contradictory opinions of more recent analysts, only a few elements can provide clues to its role. The base - in some cases hollowed out into a cap shape -, the presence of holes, and sometimes even fabric remaining around its edge could indicate that they were worn atop the head of dancers for spectacular parades. The square or triangle openings in the middle of the wings corroborate this hypothesis since, according to the anthropologist Till Förster, they were used by the performers’ partners who would insert “solid wooden poles […] to make it easier to leverage the sculpture.”3 The patina enriching the edge of this sculpture points to frequent handling which left as deep a mark on this hard wood as the déblé pillars on the places they were grasped as they hit the ground to the rhythm of the drums at funerals. As for the beak, of which the ridge is enhanced with a thick glaze, it must have constituted an effective talisman that attracted frequent strokes, as is the case for other famous fetishes in faraway lands.

The largest of these porpianong, of which the pedestal-shaped base attests to a more sedentary existence, probably acts as a protective guardian. These works joined the display cases of Swiss and American museums, including one find purchased in 1956 by the Museum Rietberg of Zurich dated earlier than 1880.

1Père Convers, M., “Une suite…à l’aventure de Massa en pays Sénoufo” in Tribal Arts, no. 13, Paris, 1997, p. 61
2Holas, B., Sculptures ivoiriennes, Paris, 1973, p. 216
3Förster, T., Die Kunst der Senufo, Zürich, 1988, p. 74
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