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PAIRE DE BUSTES EN BRONZE REPRESENTANT UN JEUNE HOMME ET UNE JEUNE FILLE TRADITIONNELLEMENT APPELES MARS ET VENUS
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PAIRE DE BUSTES EN BRONZE REPRESENTANT UN JEUNE HOMME ET UNE JEUNE FILLE TRADITIONNELLEMENT APPELES MARS ET VENUS

ATTRIBUEE À ROBERT LE LORRAIN (1666-1743), VERS 1720

Details
PAIRE DE BUSTES EN BRONZE REPRESENTANT UN JEUNE HOMME ET UNE JEUNE FILLE TRADITIONNELLEMENT APPELES MARS ET VENUS
ATTRIBUEE À ROBERT LE LORRAIN (1666-1743), VERS 1720
Patine translucide mordorée ; reposant sur un socle en marbre noir
H.: 38 cm. (15 in.) ; H.T.: 50 cm. (19 ¾ in.)
Provenance
Très probablement vente Charles Stein, Paris, 10 mai 1886 ;
Très probablement acquis vers 1895-1898 par le comte Boniface de Castellane ;
Collection Louis Guiraud, vente Me Ader, Paris (Palais Galliera), 10 décembre 1971, lot 116.
Literature
BIBLIOGRAPHIE COMPARATIVE:
M. Beaulieu, Robert Le Lorrain (1666-1743), Neuilly, 1982.
G. Bresc-Bautier et G. Scherf, Bronzes français, de la Renaissance au Siècle des Lumières, Musée du Louvre, Paris, 2008, p. 431.
Hébert, Dictionnaire pittoresque et historique, ou description d’architecture, peinture, sculpture, gravure, histoire naturelle, antiquités et dates des établissements et monuments de Paris, Paris, 1766, 2 volumes, p. 69.
J. Pope-Hennessy et T.W.I. Hodgkinson, Sculpture in the Frick Collection, Princeton University, New York, 1970, pp. 142-144.
A. Kugel, Les bronzes du Prince de Liechtenstein, chefs-d’œuvre de la Renaissance et du Baroque, Paris, 2008, p. 112, cats 37-38.
Exhibited
Louis XIV, Faste et Décors, Paris, Musée des arts décoratifs, mai-octobre 1960, Palais du Louvre, Pavillon de Marsan, n.751 bis.
Special notice

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Post lot text
A PAIR OF BRONZE BUSTS OF A YOUNG MAN AND A YOUNG GIRL TRADITIONALLY CALLED MARS AND VENUS, ATTRIBUTED TO ROBERT LE LORRAIN (1666-1743), CIRCA 1720

Lot Essay

Superbement exécutés avec leur riche patine, les deux bustes provenant de la collection Beistegui sont particulièrement intéressants et enrichissent les œuvres répertoriées et attribuées à Robert Le Lorrain (1666-1743).
Après avoir étudié le dessin auprès du peintre Pierre Monier (1639-1703), Robert Le Lorrain est admis en 1684 dans l’atelier de François Girardon (1628-1715). François Girardon l’emploie comme professeur de dessin pour ses propres enfants et le fait travailler notamment à l’exécution du tombeau du Cardinal de Richelieu (1683-9, Paris, Sorbonne). Ses aptitudes lui valent d’importantes recommandations et Charles Le Brun (1619-1690), Premier Peintre du Roi, lui obtient une pension mensuelle de 22 livres. En 1689, il obtient le Prix de Rome avec un relief (aujourd’hui disparu) et arrive en 1692 à l’Académie de France à Rome dont La Teulière est alors directeur. D’après les correspondances de l’époque on constate que Le Lorrain « paroit avoir de bonnes dispositions à devenir habile homme, dessinant et modellant sans relasche […] Le Sr Lorrain faira honneur à M. Girardon, aussy bien que le Sr Legros à son escole, s’ils continuent à s’appliquer comme ils font» (Beaulieu, op. cit., p.11).

Depuis Rome, Le Lorrain envoie à Paris un certain nombre de modèles aussi bien exécutés d’après l’antique que résultant de sa propre création pour les faire fondre à son retour, ce qui démontre son fort intérêt pour le bronze au détriment du marbre. Cependant, La Teulière reproche à Le Lorrain d’avoir « joui plus de deux ans de la pension du Roy sans y avoir rien fait à son service » et le renvoit donc en France en octobre 1694. (Beaulieu, op. cit., pp. 11-12). Mais, soutenu par Nicolas Boileau, Roger de Piles et le botaniste Tournefort, qui lui permettront d’obtenir la commande de l’Andromède (aujourd’hui au Louvre) pour le collectionneur Pierre Crozat, Le Lorrain est reçu à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture en 1701 avec comme morceau de réception Galatée aujourd’hui conservé à la National Gallery de Washington.

C’est en 1702 que débutent les travaux de Le Lorrain à Versailles au service du Roi, travaux qui s’achèvent en 1710. Il réalise ainsi des sculptures en plomb pour la cascade du Trianon et érige les baldaquins de plomb doré surplombant les Bains d’Apollon. Il convient de citer d’autres travaux effectués pour le Roi, à Marly de 1726 à 1733, comme le Pan de la Cascade champêtre et l’Hébé dans ses jardins. Il honore également deux commandes pour le Cardinal de Rohan, l’une pour son palais épiscopal de Saverne entre 1717 et 1721, et l’autre pour le palais Strasbourgeois de 1735 à 1738, pour lesquels il réalise divers groupes, bas-reliefs et trophées. C’est dans la période d’intervalle entre ces deux commandes qu’il prend comme élève Jean-Baptiste Lemoyne II. C’est également en référence à cette même période que seront datées ses œuvres de petites dimensions qui figurent dans les catalogues de vente aux enchères du XVIIIème siècle. (F. Souchal, op.cit., p. 331). Il fut sensible au rendu de l’expression et, dans la lignée de Charles Lebrun, réalisa de nombreuses têtes idéales féminines et masculines, appelées « têtes de caractères » en marbre, terre cuite et en bronze. A son retour de Saverne en 1723, Le Lorrain fut très actif et réalisa vingt bustes de marbre représentant des têtes de femme de différents caractères répandus dans divers cabinets de Paris. Les principaux thèmes des premiers sont les dieux de l’Olympe et les catalogues de vente insistent sur le caractère « fin, agréable, gracieux » des bustes de femmes et d’enfants (Beaulieu, op. cit., p. 133). Nous savons également grâce à la description de Hébert concernant la collection du financier Blondel de Gagny dans son Hôtel de Vendôme que Le Lorrain a réalisé des têtes en bronze « aux deux côtés de la porte (…) deux bustes de femmes en bronze, par Robert Le Lorrain, sur des gaines de bois des Indes avec ornements de cuivre doré par Boulle » (Hébert, loc. cit.).

Nos bustes sont très proches stylistiquement de deux paires de bustes attribuées à Le Lorrain : une paire conservée à la Frick Collection, New York (provenant des collections Rouet de Clermont puis Pierpont Morgan), une autre paire à San Marino, Huntington Art Collections (provenant de la collection Philip Sassoon, acquise en 1927). Nous pouvons également mentionner une paire similaire provenant de l'ancienne collection de M. Jacques Petithory passée en vente à Drouot, Solanet-Godeau Velliet, le 18 juin 1993, lot 191 attribuée à l'époque à Massimiliano Soldani Benzi.

Nous retrouvons des analogies au niveau des proportions, de l’inclination et position de la tête, du traitement des cheveux, et du drapé. La seule différence flagrante entre le buste du jeune homme de Huntington, de la Frick collection et de notre "Mars" réside au niveau du décor de la cuirasse. En effet, l’un présente une feuille d’acanthe stylisée (Beistegui) et les deux autres un décor de motifs de rinceaux.
Un autre buste féminin, conservé au Metropolitan Museum of Art (35.80.53), est similaire à notre "Vénus" tant au niveau des proportions, de la qualité de la ciselure que du poli de la surface. On observe la même coiffure (natte, rangée de perles, fine branche feuillagée) avec la mèche de cheveux au-dessus du front que l’on retrouve chez Le Lorrain sur plusieurs têtes en marbre, notamment sur une conservée au musée Jacquemart André à Chaalis (Scherf, op. cit., p. 431).
Nous devons souligner que la patine des bustes ici présents de la collection Beistegui est exceptionnelle, d’une homogénéité, profondeur, douceur et pratiquement intacte depuis la création des bustes.
Mentionnons également la fantastique paire de bustes représentant Thétis et Apollon de la collection du prince de Liechtenstein à Vienne (A. Kugel, loc. cit.). On retrouve des analogies au niveau du traitement des mèches de cheveux, et des boucles entre Apollon et notre Mars.
Le Lorrain influence de nombreux artistes, tels Jean-Baptiste Pigalle et Jean-Baptiste II Lemoyne, et bien d’autres encore. Comme le résume Michèle Beaulieu dans sa biographie sur le sculpteur, « Le Lorrain apparait-il comme un vivant trait d’union entre l’art versaillais de Girardon, la « rocaille » de J.B. II Lemoyne et le retour au classicisme amorcé par Pigalle. » (Beaulieu, op. cit., p. 17). Ainsi, la paire de bustes de la collection de M. de Besteigui, d’un point de vue stylistique et par comparaison à d’autres bustes mentionnés, s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de Robert Le Lorrain.

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