PAIRE DE CANAPES D'EPOQUE LOUIS XVI
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PAIRE DE CANAPES D'EPOQUE LOUIS XVI

ESTAMPILLE DE CLAUDE IER SENE, VERS 1780

Details
PAIRE DE CANAPES D'EPOQUE LOUIS XVI
ESTAMPILLE DE CLAUDE Ier SENE, VERS 1780
En noyer mouluré, sculpté et redoré, le dossier bas, les accotoirs à décor de feuilles d'acanthe, les montants et la ceinture à décor d'entrelacs, reposant sur des pieds fuselés et cannelés, estampillés G.SENE sur la traverse de renfort centrale droite pour l'un et sous la traverse postérieure pour l'autre, couverture de tapisserie de Beauvais du XVIIIe siècle à décor de trophées pastoral et de l'amour, de draperies et de guirlandes de fleurs polychromes sur fond jaune
Hauteur: 84 cm. (33 in.) ; Largeur: 138 cm. (54 ¼ in.)
Claude Ier Sené, reçu maître en 1743
Provenance
Jean Le Maître de La Martinière (mort en 1783), château du Marais.
Puis par descendance à sa nièce Madame Alexis Janvier Lalive de La Briche, née Adélaïde Prévost (1755-1844).
Puis par descendance à sa fille la comtesse Matthieu Molé, née Caroline Lalive de La Briche (1781-1845).
Puis par descendance à sa fille la comtesse Hubert de La Ferté-Meun née Elisabeth Molé (1812-1832).
Puis par descendance à sa fille la duchesse Jules Charles Victurnien de Noailles, née Clotilde de la Ferté-Meun (1831-1913).
Hôtel de Maisons de Soyécourt, Paris.
Christie’s New York, 26 octobre 1994, lot 101 ($90.500), où acquis par le propriétaire actuel.
Literature
P. Verlet, La maison du XVIIIe siècle en France. Société, décoration, mobilier, Paris, 1966, p. 21.
P. Verlet, The Eighteenth Century in France, Clerendon, 1967, pp. 17-18, fig. 12.

Bibliographie comparative:
J. Badin, La Manufacture de Tapisserie de Beauvais, 1909, pp. 71 et 96.
Special notice
ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds) This item will be transferred to an offsite warehouse after the sale. Please refer to department for information about storage charges and collection details.
Further details
A PAIR OF LOUIS XVI GILTWOOD SOFAS STAMPED BY CLAUDE Ier SENE, CIRCA 1780

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Margaux Zoi
Margaux Zoi

Lot Essay

Ces élégants canapés furent commandés par le Trésorier Jean Le Maître de la Martinière pour son nouveau château du Marais près de Paris, vers 1780. La suite, garnie de superbes tapisseries de Beauvais toujours existante, comprenait à l’origine dix-neuf sièges dont quatre bergères, dix fauteuils et cinq canapés, tous exécutés par le talentueux menuisier Claude Ier Séné.

LE CHATEAU DU MARAIS

Jean Le Maître de la Martinière (mort en 1783) acquit les terres du Marais en 1767 et débuta la construction du nouveau château vers 1772. Conçu dans un style néo-classique d’avant-garde par l’architecte Jean Benoît Vincent Barré, le château du Marais ne fut terminé qu’en 1780. Comprenant plus de cent pièces, avec trois appartements d’honneur et douze suites pour les invités, le Marais fut décrit par le baron de Norvins dans ses mémoires comme “…point un château mais un vaste et superbe hôtel à dix lieues de Paris” tant son décor et ses collections égalaient en matière de richesse les demeures parisiennes.

Selon le marquis de Bombelles, le château coûta plus de deux millions de livres ce qui aurait conduit à la ruine de son propriétaire. “Epouvanté des sommes qu’il avait englouti dans cette construction” Lemaître conserva le Marais comme un musée “mettant des chaussures pour toucher aux parquets et des gants pour montrer les flambeaux”.

Après le décès de Lemaître en 1783, Adélaïde Prévost (1755-1844), sa nièce, hérita du domaine. Encore jeune, celle-ci épousa l’introducteur des ambassadeurs de Louis XVI, Alexis Lalive de la Briche (1735-1785), frère du célèbre collectionneur Lalive de Jully. “Talent, esprit, raison, maintien, figure même, tout chez elle était assorti” écrivit sa contemporaine Sophie d’Houdetot à son propos. Madame Lalive de la Briche traversa les tourments de la Révolution dans son château sans être particulièrement inquiétée, grâce au soutien de la paysannerie locale. Elle perpétua un Salon brillant jusqu’à son décès en 1844, que fréquentèrent Chateaubriand, Marmontel, Sainte-Beuve et Madame de Staël.

LE MOBILIER DU GRAND SALON

La suite de dix-neuf sièges dont firent partie ces canapés était originellement disposée dans le Grand Salon. Dans l’inventaire du château, dressé en 1783, la suite était évaluée à 7,400 livres. La superbe garniture d’origine encore subsistante fut, elle, commandée à la manufacture royale de Beauvais. Les registres de la manufacture enregistrèrent pour l’année 1778 un “sopha et 8 fauteuils à guirlandes de fleurs, bras, manchettes. 8 autres fauteuils de supplement et 1 sopha; pour le magasin” qui pourraient correspondre à une commande du même type. Une tapisserie à motifs similaires est visible sur un canapé provenant de la collection de Jacques Doucet (illustré dans J. Badin, La Manufacture de Tapisserie de Beauvais, 1909, p. 96) et sur une marquise illustrée dans G. Janneau, Les Sièges, 1977, pl. XXX.

L’ensemble demeura dans le Grand Salon jusqu’en 1897, année de la vente du château par l'arrière-petite-fille d’Adélaïde Lalive de la Briche à Anna Gould, alors comtesse Boniface de Castellane. Ce mobilier passa ensuite à la nièce de la duchesse de Noailles qui l’installa dans son hôtel de Maisons, 51 rue de l’Université où il resta jusqu’à la fin du XXe siècle.

Ce mobilier de salon comprenait, à l’origine, en plus de nos deux paires de canapés, quatre bergères, deux fauteuils et un large canapé, vendus chez Christie’s, New York, 30 octobre 1993, lots 372-372B, ainsi que deux suites de quatre fauteuils vendues chez Christie’s, New York, 26 octobre 1994, lots 99 et 100.

CLAUDE SENE I (1724-1792)

Fils de Jean Séné, Claude Ier Séné devint maître en 1743. En 1747, en association avec son beau-frère, Jean Etienne Saint-Georges, il reprit l’atelier de son père, rue de Cléry, désormais appelé “A l’enseigne Saint-Georges”.

Son œuvre est très souvent associée au style Rocaille, alors que celle de ses fils Jean-Baptiste et Claude II est associée au style néo-classique. Ces deux paires de canapés estampillées G.SENE, et non C.SENE ou encore I.B.SENE (estampilles qu’utilisaient ses fils), démontrent ainsi l’habileté et le talent qu’avait Claude Ier à produire des sièges dans le pur style Louis XVI et cela jusque dans les années 1780. Parmi les rares exemples du maître exécutés dans le style néo-classique, Pierre Kjellberg liste une marquise vendue chez Christie’s, Monaco, 4 décembre 1988, lot 207, et un petit canapé vendu le 29 mai 1988 (P. Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Paris, 1998, p. 806).




These elegant canapés were commissioned by the Trésorier Jean Le Maître de La Martinière for the château du Marais near Paris, circa 1780. The suite was covered in superb Beauvais tapestry – preserved to this day – and originally comprised nineteen seats including four bergères, ten fauteuils and five canapés, all executed by the talented menuisier Claude Ier Séné.

THE CHATEAU DU MARAIS

Jean Le Maître de La Martinière (d.1783) acquired the estate in 1767 and commissioned the construction of the new château in 1772. Conceived in the nascent neoclassical style by the architect Jean-Benoît Vincent Barré, the château du Marais was only finished in 1780. With more than a hundred rooms, comprising three appartements d’honneur and twelve suites for the guests, the château was once described by the baron de Norvins in his mémoirs ‘…point un château mais un vaste et superbe hôtel à dix lieues de Paris’, the richness of its decoration and collections rivalling those of the capital’s finest residences.

According to the marquis de Bombelles, the costs incurred for the château exceeded two millions livres and prompted the ruin of its owner Jean Le Maître de La Martinière. ‘Epouvanté des sommes qu’il avait englouti dans cette construction’ [Horrified by the costs swallowed up by this undertaking], Lemaître kept the château du Marais like one would a museum ‘mettant des chaussures pour toucher aux parquets et des gants pour montrer les flambeaux’ [wearing special shoes to walk on the parquet floors and gloves to hold candlesticks].

It was Adélaîde Prevost (1755-1844), the niece of Jean Le Maître de La Martinière, who inherited the estate upon his death in 1783. She married the introducteur to Louis XVI’s amabassadors, Alexis Lalive de la Briche (1735-1785), the brother of the renowned collector Lalive de Jully. Sophie d’Houdetot, a contemporary of Adélaîde, described her as having ‘Talent, esprit, raison, maintien, figure même, tout chez elle était assorti’ [Talent, wit, reason, deportment and even physique, all in accord]. Adélaïde Lalive de la Briche remained at the Marais throughout the French Revolution, where she was protected by the local peasantry. Until her death in 1844, she held a renowned Salon, with Chateaubriand, Marmontel, Sainte-Beuve, and Mme de Staël as frequent visitors.

FURNITURE FROM THE GRAND SALON

Originally placed in the Grand Salon of the château du Marais, these four canapés formed part of a large suite of nineteen seats. In the inventory of the château drawn up in 1783, the suite was valued at 7,400 livres. The superb tapestry covers which remain on the seats here offered, were commissioned from the Manufacture Royale de Beauvais. The 1778 records of the Manufacture list ‘sopha et 8 fauteuils à guirlandes de fleurs, bras, manchettes. 8 autres fauteuils de supplement et 1 sopha; pour le magasin’ which seems to correspond to a delivery of the same type as that supplied for the château du Marais. Tapestry covers related to that featured on the present lots, appear on a canapé from the Jacques Doucet collection, illustrated in J. Badin, La Manufacture de Tapisserie de Beauvais, 1909, p. 96) and on a related marquise reproduced in G. Janneau, Les Sièges, 1977, pl. XXX.

The suite remained in the Grand Salon until 1897 when the château was sold by the great-grand-daughter of Adélaïde Lalive de la Briche to the American heiress Anna Gould, then Comtesse Boniface de Castellane. The suite then passed to the Duchesse de Noailles’ niece who moved the suite to her hôtel de Maisons, 51 rue de l’Université in Paris, where it remained until the end of the 20th Century.

In addition to the two pairs of canapés here offered, the suite originally comprised four bergères, two fauteuils and a larger canapé, sold Christie’s, 30 October New York, 1993, lots 372-372B, as well as two sets of four fauteuils sold Christie’s, New York, 26 October 1994, lots 99 et 100.

CLAUDE SENE I (1724-1792)

The son of Jean Sené, Claude Ier Sené received his maîtrise in 1743. In 1747, he took over his father’s workshop rue de Cléry, in association with his brother-in-law Jean Etienne Saint-Georges, under the new name 'A l’enseigne Saint-Georges’. His œuvre is often associated with the rocaille style, whilst the production of his sons Jean-Baptiste and Claude II is generally described as being of a neoclassical genre. These two pairs of canapés stamped ‘G.SENE’ rather than ‘C.SENE’ or ‘I.B.SENE’ (both stamps used by his sons) illustrate Claude I Sené’s talent and ability to produce seats in a flourishing Louis XVI style in the 1780s. Amongst the rare examples executed by the menuisier in the neoclassical style, Pierre Kjellberg lists a marquise sold Christie’s, Monaco, 4 December 1988, lot 207, and a small canapé sold 29 May 1988 (P. Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Paris, 1998, p. 806).

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