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PAIRE DE GAINES D'EPOQUE LOUIS XIV
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PAIRE DE GAINES D'EPOQUE LOUIS XIV

PAR ANDRE CHARLES BOULLE, DEBUT DU XVIIIE SIECLE

Details
PAIRE DE GAINES D'EPOQUE LOUIS XIV
PAR ANDRE CHARLES BOULLE, DEBUT DU XVIIIe SIECLE
En marqueterie Boulle d'écaille de tortue Caouane, cuivre et étain et chêne noirci, ornementation de bronze ciselé et doré, en forme de colonne engagée à décor de cannelures rythmées de chutes de culots appliquées d'une bague à quartefeuille, le dessus ceint d'une frise de feuillage, les côtés en console appliqués de mufles de lion surmontant une large feuille d'acanthe d'où émerge une suite décroissante de culots, la base appliquée de feuillages alternés de fleurons, le socle à ressaut central arrondi reposant sur un contre-socle de même forme en partie rehaussé postérieurement; quelques soulèvements et manques à la marqueterie
H. totale: 129 cm. ( 50 ¾ in.) ; L.: 27 cm. ( 10 ½ in.) ; P.: 17 cm. ( 7 in.)
Provenance
Très probablement collection Augustin Blondel de Gagny, 10 décembre 1776, lot 967 ;
Très probablement collection du comte de Luc, 22 décembre 1777, lot 43 ;
Très probablement collection Lebeuf, 8 avril 1783, lot 211 ;
Très probablement collection M. de la Mure, 19 avril 1791, lot 209 ;
Très probablement Collection Duclos-Dufresnoy, 18 août 1795, lot 179 ;
Vente Charles Stein, Paris, 10 mai 1886, lot 362 ;
Très probablement acquise vers 1895-1898 par le comte Boniface de Castellane ;
Collection Louis Guiraud, vente Me Ader, Paris (Palais Galliera), 10 décembre 1971, lot 117.
Literature
E. Molinier, Histoire Générale des Arts Appliqués à l’Industrie du Ve à la fin du XVIIIe siècle, Paris, sd. (1898), 6 vol. ; vol. III : Le Mobilier au XVIIe et au XVIIIe siècles, p. 73 (illustré sous forme de gravure).

Bibliographie comparative:
D. Alcouffe et al., La Folie dArtois, Antiquaires à Paris, Paris, 1988, p. 185
A. Pradère, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Paris, Editions du Chêne, 1989, p. 106, fig. 62.
Jean-Mari Rossi. 45 ans de Passion, Paris, 2000, p. 74.

Exhibited
Louis XIV, Fastes et Décors, Musée des Arts décoratifs, Paris, mai-octobre 1960, n° 151-152 (alors propriété de Mme Louis Guiraud).
Special notice

Prospective purchasers are advised that several countries prohibit the importation of property containing materials from endangered species, including but not limited to coral, ivory and tortoiseshell. Accordingly, prospective purchasers should familiarize themselves with relevant customs regulations prior to bidding if they intend to import this lot into another country.
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Post lot text
A PAIR OF LOUIS XIV ORMOLU-MOUNTED TORTOISESHELL, COPPER AND PEWTER BOULLE MARQUETRY AND EBONISED-OAK STANDS, BY ANDRE-CHARLES BOULLE, EARLY 18TH CENTURY

Lot Essay

Ayant élevé la marqueterie mêlant écaille de tortue et métaux à un niveau de perfectionnement jamais atteint, André-Charles Boulle (1642-1732) voit son nom définitivement associé à cette technique. Cependant l’influence de Boulle ne se limite pas à cette technique de décor ornemental en positif et négatif, l’importance de son héritage se comprend également à travers l’invention du bureau plat, de la commode et de l’intégration au mobilier de bronze doré. Boulle aura dédié soixante-six années de sa vie à l’innovation et à la recherche de nouvelles formes et techniques.

Le support en tout genre fait partie du champ de recherche de l’ébéniste qu’il déclinera en gaine, piédestal, porte-torchère, socle ou encore piètement de cabinet.

Un corpus restreint

Ce rare modèle de gaine en demi-cercle, en forme de carquois, est connu par quatre autres paires, dont une paire identique au château de Chatsworth et trois autres paires plus petites :
La paire de gaines conservée au château de Chatsworth, Derbyshire, collection du duc de Devonshire est le pendant en contre-partie des présentes gaines ;
La paire de gaines en contre-partie de l’ancienne collection du comte d’Essex, Cassiobury Park vendue à l’occasion de la vente du contenu de la propriété, Christie’s, Londres, 12 mai 1893, lot 104. On retrouve d’ailleurs ces gaines sur une aquarelle (illustrée ci-contre) du Green Drawing Room par William Henry Hunt, datée de 1823 ; puis ancienne collection d’Hubert de Saint-Senoch, pavillon de Bidaine (vente Sotheby’s, Monaco, 4 décembre 1989, lot 219 puis vente Christie’s, New York, 4 novembre 1992, lot 226) ;
La paire de gaines en première partie de l’ancienne collection Lady Baillie (vente Sotheby’s, 13 décembre 1974, lot 162) ;
La paire de gaines en contre-partie de l’ancienne collection de la baronne Van Zuylen, avenue Foch, Paris. Amatrice du grand art d’André-Charles Boulle, une rare table en huche comptait également parmi la collection de la baronne (vente Christie’s, Paris, 3-4 mai 2016, lot 173).

Plusieurs gaines en carquois sont mentionnées dans les ventes du XVIIIe siècle comme étant l’œuvre d’André-Charles Boulle. Leurs descriptions indiquent bien deux modèles de tailles différentes ; le premier variant de 116 cm. à 129 cm. de hauteur - en fonction de la présence ou non du contre-socle de bois noirci qui les surélève – ; le second mesurant 100 cm. de haut à l’instar des trois dernières paires gaines citées plus haut.


Une provenance majeure :
Augustin Blondel de Gagny (1697-1776)

Notre paire de gaines présente les mêmes dimensions que celle figurant dans la vente de Blondel de Gagny sous le lot 967 et que l’on retrouve ensuite dans la vente du comte de Luc en 1777 (hauteur 126 cm.) puis dans la vente Lebeuf de 1783.

Vente Blondel de Gagny, le 10 décembre 1776
(Catalogue de tableaux précieux…figures, bustes et vases de marbre & de bronze ; armoires, commodes & effets précieux du célèbre Boule ; un magnifique lustre de cristal de roche et plusieurs autres de bronze doré ; des porcelaines anciennes & modernes du plus grand choix ; des pendules, feux & bras de cheminée de bronze doré ; et autres objets curieux et rares qui composent le cabinet de feu M. Blondel de Gagny, trésorier de la Caisse des amortissements. Par Remy, Vente les 10-24 décembre 1776 et 8-22 janvier 1777 [Lugt 2616].
« 967. Deux belles torchères en marqueterie, garnies de bronze doré ; leur forme est de bon goût : hauteur 3 pieds 6 pouces 6 lignes (1m15). Il y a sur chacune une girandole à deux branches de bronze doré, dont le corps est d’écaille … 1 500L. le comte de Durfort »

Cette description succincte est complétée par celle bien plus précise un an plus tard lors de la vente de la collection du comte de Luc (22 décembre 1777) – bien que comme nous avons pu le noter, le catalogue de Blondel indiquait le comte de Durfort comme adjudicataire. Les gaines ont été depuis réhaussées d’environ 8 à 9 cm. au moyen d’un entablement:
« 43. Deux gaines de Boule, forme de torchère, figurant sur le devant le demi-cercle d’un feu [sic] de colonne, portant sur une espèce de pilastre en arrière corps : garnie de chaque côté du haut de tête de lion, de chute d’ornement contourné en volute & par bas d’une très riche moulure en doucine, & le surplus d’autres accessoires. Hauteur 3 pieds 10 pouces 6 lignes (126 cm). Ces morceaux, supérieurs par le beau genre de leur marqueterie & de leur forme, sont très rares : ils viennent du cabinet de feu M. Blondel de Gagni, sous le n°967 du catalogue. Mais depuis ils ont été remis en état & augmentés d’un entablement de marqueterie qui les couronne parfaitement … 1301 L, Lebrun ».

On retrouve les présentes gaines ensuite dans la vente Lebeuf du 8 avril 1783 sous le lot 211 avec une description et des dimensions identiques.

Par la suite, on semble reconnaître les gaines dans la vente de M. de la Mure du 19 avril 1791 avec une description quasi-identique à la précédente – mais avec la même hauteur que lors de la vente Blondel de Gagny) accompagnée d’une seconde paire de modèle plus petit :
« 209. Deux gaines, forme de torchère, figurant sur le devant, le demi-cercle d’un fût de colonne, portant sur une espèce de pilastre en arrière-corps : garnies de chaque côté de mufles de lion, de chutes d’ornement contournées en volute, mascarons & autres accessoires, avec socles en avant-corps profilé à gorge. Hauteur 43 pouces (116 cm). Ces morceaux de Boulle, sont très peu répétés, & varient les formes dans le cabinet d’un amateur.
210. Deux moyennes torchères, enrichies des mêmes ornements. Haut. 3 pieds [97cm]

Ces deux paires de gaines repassent ensuite en vente sous les lots 179 et 180 de la collection Duclos-Dufresnoy du 18 août 1795 :
« 179. Deux gaines en consoles, forme de carquois, première partie fond d’écaille à consoles, colets, masques de lion et autres ornements de bronze doré ; haut. 47 pouces 6 lignes [127cm].
« 180. Deux autres plus petites de même genre, ornements ; haut.37 pouces 6 lignes [100cm].

Au regard de tous ces relevés, nous relevons deux points. Le premier est que toutes ces gaines présentent des surélévations dues à l’adjonction de contre-socles en bois noirci qui semblent avoir été installés au XVIIIe siècle ; le second est la présence systématique de dessus/plateau à rebord de marqueterie de même motif, à l’exception des gaines de Chatsworth et de la collection Van Zuylen.

Localisation des gaines :
L’hôtel particulier de la place Vendôme

Proche de Jean-Baptiste de Machault d’Arnouville, trésorier général de la Caisse des Amortissements à partir de 1750 puis nommé en 1752 intendant des Menus-Plaisirs du Roi, Augustin Blondel de Gagny réunit dans les années 1740-1760 l’une des plus importantes collections parisiennes de tableaux et objets d’art. Les cimaises de son hôtel particulier place Louis-le-Grand (Place Vendôme) hérité de son père sont alors recouvertes de tableaux accrochés sur trois rangées sur fond de tentures de damas, de boiseries et tapisseries. Les meubles Boulle, les meubles en laque de B.V.R.B. ou encore de Joseph Baumhauer sont quasiment noyés sous l’accumulation massive de porcelaines orientales et de bronze.

Nous savons que la présente paire de gaines était installée dans la salle à manger, qui était en fait le premier d’une enfilade de trois salons. Dans son Guide Hébert les décrit ainsi :
« Entre les fenêtres, Hercule enfant étouffant les serpents, en marbre blanc, par Girardon, monté sur un pied de bois doré et peint en marbre, entre deux guéridons de marqueterie portant des girandoles de cuivre doré par Boule ».

Bien que l’inventaire après décès de Blondel de Gagny ne localise pas les objets dans la maison, il mentionne les gaines au milieu de tous les objets d’art et tableaux qui avaient été décrits précédemment par Hébert dans cette même salle à manger :
« 51. Deux torchères en marqueterie de Boulle et deux girandoles de bronze doré, 300L ».

En 1776, le Hercule en marbre a disparu, remplacé entre les fenêtres par la statue en marbre appartenant précédemment à la marquise de Pompadour - et acquise en 2016 par le musée du Louvre, inv. RF 2016.2 et ENT 2015.4 - , L’Amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly (décrit sous le numéro précédent de l’inventaire après décès). La sculpture est alors éclairée par les girandoles posées sur les présentes gaines d’André-Charles Boulle, devant un trumeau de glace la reflétant derrière.

Le salon comporte également d’autres meubles d’André-Charles Boulle, notamment une armoire ornée des figures d’Aspasie et de Socrate, une table à pieds de biche et une commode en bois de placage, tous supportant des bronzes baroques, des vases de marbre et de porcelaine.

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