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PAIRE DE TABLES D'EPOQUE NEOCLASSIQUE
PAIRE DE TABLES D'EPOQUE NEOCLASSIQUE

TRAVAIL ALLEMAND, ATTRIBUE A DAVID ROENTGEN

Details
PAIRE DE TABLES D'EPOQUE NEOCLASSIQUE
TRAVAIL ALLEMAND, ATTRIBUE A DAVID ROENTGEN
En placage de loupe d'amboine et ornementation de bronze ciselé et doré, le plateau ceint d'une galerie en partie ajourée, la ceinture ouvrant par un tiroir en acajou muni de trois tiroirs intérieurs, reposant sur quatre pieds en gaine se dévissant, les serrures au trèfle, la première table portant une étiquette du palais de Pavlosk en cyrilique numérotée 1977, un numéro à l'encre MN..24 34, un tampon des douanes françaises et un cachet des douanes allemandes, la seconde table portant le numéro à l'encre MN 2434, un cachet des douanes françaises et un fragment d'étiquette
Hauteur: 73,5 cm. (29 in.) ; Largeur: 53,5 cm. (21 in.) ; Profondeur: 36 cm. (14¼ in.) (2)
Provenance
Palais de Pavlosk.
Post Lot Text
A PAIR OF NEO-CLASSICAL ORMOLU-MOUNTED BURR-AMBOINA TABLES, COMING FROME THE PAVLOSK PALACE, DEUTSCH, ATTRIBUTED TO DAVID ROENTGEN, EARLY 19TH CENTURY
Sale Room Notice
Ces tables ont été vendues soit par l'intermédiaire de la maison de vente Rudolf Lepke soit de gré à gré directement par le gouvernement soviétique à un collectionneur privé ou à un marchand.
These tables were sold by Rudolf Lepke auction house or directly by Sovietic government to a private collector or a dealer.

Brought to you by

Clémentine Robert
Clémentine Robert Administratrice

Lot Essay

Ces élégantes tables sont caractéristiques de l'oeuvre de l'ébéniste David Roentgen (1743-1807). Elles présentent notamment la singularité de pouvoir se démonter, leurs pieds étant montés sur des axes métalliques. Ce procédé permettait de faciliter les transports, tant en terme de volume qu'en terme de fragilité.

Précisons que les oeuvres de Roentgen ne sont pas estampillées ; seules certaines d'entre elles sont signées - toujours sur des panneaux de marqueterie.

David Roentgen hérite du très dynamique atelier de son père Abraham qui s'était établi dès 1750 à Neuwied. Bien que principalement basé en Allemagne, David Roentgen connaît un succès et un rayonnement véritablement européen. En France, Louis XVI lui achète un secrétaire pour la somme gigantesque de 80.000 livres. Les présentes tables nous poussent à nous intéresser à son activité en Russie. David Roentgen se rend pas moins de sept fois à Saint-Pétersbourg, livrant à la Grande Catherine et à sa cour de très nombreux meubles.

Le palais de Pavlovsk, à côté de Saint-Pétersbourg, a été construit entre 1782 et 1786 par l'architecte écossais Charles Cameron pour Catherine II qui en fit cadeau à son seul enfant, le futur Paul Ier. Des travaux d'agrandissement se sont poursuivis ensuite de la fin des années 1780 au début des années 1790 sous la direction de l'architecte Vincenzo Brenna. La décoration intérieure fut elle con dcue par l'épouse de Paul Ier, Marie Feodorovna.

Le destin des présentes tables est très certainement lié à celui du palais. Après la révolution de 1917, il fut transformé en musée ; quant aux oeuvres d'art, nombreuses furent celles vendues entre 1928 et 1932 par l'Union Soviétique dans le cadre des ventes massives d'oeuvres d'art. En effet, dans un contexte de manque de liquidités dramatique (tant en devise qu'en or), le Politburo cherche fiévreusement des sources de devises. L'exportation d'objets d'art et d'antiquités est rapidement considérée comme la solution.

En 1927, le Sovnarkom propose "d'organiser l'exportation hors d'URSS d'objets d'antiquités et d'objets de luxe, à savoir : meubles anciens, objets domestiques, objets de culte, bronze, porcelaine, cristal, argent, brocart, tapis, tapisseries, tableaux, autographes, pierres fines d'origine russe, objets d'artisanat et autres ne présentant pas de valeur pour les musées". Ce dernier point fut vite balayé et on décida alors de procéder à la vente "des objets ayant une valeur pour les musées".

En 1928 apparaît un organisme spécial, l'Antikvariat ("Bureau principal pour l'achat et la vente d'antiquités"). Les oeuvres cédées sont majeures, les autorités devant céder les chefs-d'oeuvre pour remplir les objectifs quasi déments qu'on leur impose. Pour arriver à cela, les autorités soviétiques prennent soin d'écarter conservateurs ou historiens d'art. Pjatakov, gouverneur de la Gosbank, est des plus explicites lorsqu'il expose son point de vue : "Pour réussir à venir à bout du sabotage de l'intelligentsia qui occupe tous les postes dans ce secteur, dans les musées, dans l'art, ect., il faut mettre à la vente et à la sélection des objets des gens qui n'y comprennent rien".

Naturellement, de telles exportations étaient confidentielles. Elles furent d'ailleurs longtemps cachées et, même après la mort de Staline, on attribuait à la guerre, aux incendies et autres catastrophes naturelles la perte de la partie du patrimoine des musées - que l'on avait monnayée.

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