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PECTORAL REI MIRO
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PECTORAL REI MIRO

ÎLE DE PÂQUES

Details
PECTORAL REI MIRO
ÎLE DE PÂQUES
Larg. 62.5 cm (24 5/8 in.)
Provenance
John Giltsoff (1947-2014), Londres
Alain de Monbrison, Paris
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 1989
Post Lot Text
REI MIRO PECTORAL, EASTER ISLAND

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

UN PENDENTIF PECTORAL EXALTE LE STATUT SOCIAL
par Michel Orliac

Dès leur débarquement sur l’île de Pâques, en novembre 1868, les marins de la frégate britannique Topaze furent sollicités par les insulaires pour négocier une foule d’objets en bois sculpté. […] John Linton Palmer, chirurgien de la Topaze, apprit que ces sculptures étaient utilisées « lors des danses » ; parmi ces dernières, il fut le premier Européen à découvrir les pendentifs pectoraux.

[…] Palmer décrivit ces pendentifs sans connaître leur nom : « ils sont faits de bois dur, en forme de croissant, chaque extrémité terminée par une tête ; la concavité était tournée vers le haut ; le profil des visages des pectoraux les plus anciens est très aquilin ».

[…] Les reimiro anciens présentent une morphologie sophistiquée. Le profil transversal de leur face interne (reposant sur le corps) est convexe ; la face externe, visible des spectateurs, est formée de trois concavités : l’une naît du bord inférieur de l’objet et l’autre de son bord supérieur ; elles présentent une courbe régulière les conduisant à un troisième surcreusement central d’environ cinq millimètres de profondeur aux parois abruptes et au fond plat. Des pétroglyphes de Mata Ngarau (Orongo) montrent cette lunule formant le « sourire du reimiro » malicieusement intégré à un visage anthropomorphe (celui du dieu Makemake ?).

[…] Excepté l’exemplaire en os de cétacé du Bishop Museum (inv. n° B 3578) dont la morphologie est simplifiée, tous les reimiro sont façonnés dans du bois, qu’il soit tendre (makoi - Thespesia populnea) ou très dur (toromiro - Sophora toromiro).

[…] Aucune explication n’a été apportée à l’architecture standardisée du « corps » des reimiro classiques, ni aux figures de leurs extrémités : têtes anthropomorphes, queues de cétacés (?), volailles, poissons ne formant qu’une faible part de la foule des représentations pascuanes. La forme générale des reimiro et celle de leur lunule creuse pourraient évoquer un bateau, la queue d’un animal marin ou encore un quartier de lune.

[…] Les canons qui structurent la morphologie des reimiro admettent des variations peu significatives, telle l’ouverture plus ou moins grande de l’angle formé par l’axe des figures avec l’axe du « corps » ; une autre différence réside dans l’importance accordée aux nervures qui, bordant parfois la lunule interne, la relient aux figures des extrémités. C’est ainsi qu’à la différence de tous les autres, le reimiro Périnet présente, autour de sa lunule, une nervure mousse large de huit millimètres, qui court des extrémités de cette lunule au sillon délimitant l’arrière des têtes.

Une autre spécificité de ce pectoral revêt peut-être plus de sens, au moins au cours de la période classique : c’est la présence ou l’absence des incrustations qui forment les yeux des têtes lunaires. Sur le reimiro Périnet, les globes oculaires de la face visible, incrustés d’os et d’obsidienne, restent aveugles sur la face invisible. C’est, à ma connaissance, le seul exemple de cette particularité. D’autres reimiro aux yeux non incrustés sont tardifs (British museum, inv. n° +2601 ; Cologne, inv. n° 32601 et Toulouse, inv. n° MHNT.ETH AC.1247).

A PECTORAL PENDANT HONORING SOCIAL STATUS
by Michel Orliac

As soon as they landed on Easter Island in November 1868, the sailors of the British frigate Topaze were accosted by the islanders to purchase extensive amounts of sculpted wood objects. […] John Linton Palmer, surgeon aboard the Topaze, learned that the sculptures had been used “for dances”; and among these, he was the first European to discover pectoral pendants.

[…] Palmer described the pendants without knowing their name: “They are made of hard wood and shaped like a crescent, with each end finishing in the shape of a head. The concavity is turned upwards, and the profiles of the oldest pectoral faces are very aquiline.”

[…] The ancient reimiro assert a sophisticated morphology. The transversal profile of their internal surface (resting on the body) is convex; the external surface, visible to spectators, is made up of three concavities: one of them originates at the lower edge of the object, another at the upper edge. They show a regular curve that leads to a third, central, hollow that is approximately five millimetres deep, with sheer sides and a flat bottom. The petroglyphs of Mata Ngarau (Orongo) show the type of halfmoon that forms the “reimiro smile” cleverly integrated into an anthropomorphic face (that of the god Makemake?).

[…] With the exception of the one in cetacean bone kept at the Bishop Museum (inv. no. B 3578) which shows a simplified morphology, all reimiro are crafted in wood, whether soft (makoi - Thespesia populnea) or very hard (toromiro - Sophora toromiro).

[…] No explanation has been provided for the standardised structure of the “bodies” of classical reimiro, nor the figures on their extremities: anthropomorphic heads, cetacean tails (?), poultry and fish represent just a small portion of the many Easter Island symbols. The overall shape of reimiro and that of their hollow curve could evoke a boat, the tail of a marine animal, or even a crescent moon.

[…] The rules that regulate the shapes of reimiro admit only slight variations, such as the relative width of the angle formed by the axis of the figures and the axis of the “body.” Another difference resides in the importance given to ribbing which connects the figures to the ends, in some cases along the edge of the inner crescent. Thus, unlike all the others, the Périnet reimiro features blunt ribbing around its crescent, running from one end of the half-moon to the furrow delineating the back of each head.

Another specificity of this pectoral might have more significance, at least during the classical period: the presence or absence of inlays to form the eyes of the moon faces. On the Périnet reimiro, the eyeballs of the visible side, inlaid with bone and obsidian, are blind on the invisible side. This is, to my knowledge, the only example of this particularity. Other reimiro with eyes that are not inlaid date from later times (British Museum, inv. no. +2601; Cologne, inv. no. 32601 and Toulouse, inv. no. MHNT.ETH AC.1247).
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