Lot Content

Global notice COVID-19 Important notice
Pierre Bonnard (1867-1947)
Hommage à la famille Hessel: mécènes et modèles
Pierre Bonnard (1867-1947)

Portrait de Madame Hessel ou La Dame en Rouge

Details
Pierre Bonnard (1867-1947)
Portrait de Madame Hessel ou La Dame en Rouge
signé et daté 'Bonnard 1901' (en haut à droite)
huile sur carton marouflé sur panneau parqueté
110 x 79.9 cm.
Peint en 1901

signed and dated 'Bonnard 1901' (upper right)
oil on board laid down on cradled panel
43 ¼ x 31 ½ in.
Painted in 1901
Provenance
Jos et Lucy Hessel, Paris (acquis auprès de l'artiste).
Lucie Grandjean-Hessel, Paris (par descendance).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
T. Bernard, 'Jos Hessel' in La Renaissance de l'Art, XIIIe année, no. 1, janvier 1930, p. 30 (illustré).
J. et H. Dauberville, Bonnard, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, 1888-1905, Paris, 1965, vol I, p. 250, no. 251 (illustré).
Exhibited
Paris, Galerie Druet, Tableaux de Pierre Bonnard, de 1891 à 1922, avril 1924, no. 18 (erronément daté '1900').
Paris, Galerie d'Art Braun et Cie, Portraits de Pierre Bonnard, juin 1933, p. 3, no. 9 (titré 'Portrait de Mme Jos Hessel').
Paris, Galerie Bernheim-Jeune, Hommage à Bonnard, mai-juillet 1956. no. 8.
Genève, Musée de l'Athénée, De l'impressionnisme à l'école de Paris, juillet-septembre 1960, no. 4.
Post Lot Text
Si Pierre Bonnard excelle dans les représentations, parfois très intimes, de son épouse Marthe, à table, au lit ou à sa toilette, il n’en est pas moins un excellent portraitiste pour d’autres modèles qui composaient son entourage proche. Portrait de Madame Hessel ou La dame en rouge en est un exemple saisissant tant par la modernité de la pose que par le traitement du sujet qui témoigne non seulement des apprentissages des théories Nabis que des nombreuses influences que Bonnard a pu assimiler depuis ses débuts.
Lucy Hessel est représentée ici adossée sur une chaise dans un intérieur, le bras gauche reposant sur le dossier, décalant ainsi son corps tout entier lui conférant une attitude détachée mais néanmoins dotée d’une certaine assurance, laissant supposer qu’elle regarde fixement une personne face à elle hors champs ou qu’elle est en pleine conversation. Au premier plan, le chien, symbole de fidélité en peinture depuis le Moyen-Âge, ajoute une dimension de spontanéité et d’intimité à la scène qui paraît dès lors davantage prise sur le vif.
Comme le double titre de notre œuvre le suggère, il ne s’agit pas seulement d’un portrait de Madame Hessel. Bonnard en profite ici pour faire une recherche picturale sur la robe rouge écarlate portée par le modèle qui occupe près de la moitié de la composition et qui en devient presque un sujet à part entière. Le rouge vif, que l’on retrouve également sur ses lèvres, est d’autant plus présent qu’il contraste avec, d’une part, un fond très ébauché dans les tons gris - mis à part une partie du chambranle de la porte et un cadre doré au mur - et d’autre part, la blancheur de la carnation du modèle. La blancheur du visage n’est pas sans rappeler les œuvres du maître baroque espagnol Le Greco. Bonnard a en effet pu admirer ses plus belles œuvres à Tolède, lors d’un voyage en Espagne qu’il a effectué au début de l’année 1901 avec Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel et les princes Antoine et Emmanuel Bibesco, la même année que l'exécution du présent portrait. Maria Lopez Fernandez dit d'ailleurs à ce sujet: «Bien qu’il n’existe pas de témoignages sur leurs impressions face au travail des grands maîtres espagnols, il semble improbable que, pendant leur séjour à Tolède, ils n’aient pas succombé au mysticisme du Greco» (cité in Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie, Trofarello, 2015, cat. exp., p. 246). La perspective quasi inexistante dans la composition rappelle également les principes Nabis que Bonnard développa au début de la décennie précédant l’exécution de ce tableau, soulignant ici encore sa volonté d'inciter le spectateur à porter toute son attention sur le modèle représenté non sans une pointe de séduction.

While Pierre Bonnard excels in representations – sometimes very intimate ones – of his wife Marthe, at the table, in bed or as she dressed, he remains an excellent portraitist for other models within his close entourage. Portrait de Madame Hessel or La dame en rouge is a striking example of this, both in the modernity of the pose as well as in the way the subject is handled, which reveals not only the teachings of Nabis theories but also the many influences that Bonnard assimilated from earlier on in career.
Lucy Hessel is shown here in an interior scene, seated in a chair, her left arm resting on the chair back, which shifts her entire body and confers a detached attitude with a certain self-assurance, leaving us to imagine that she is fixedly gazing at someone outside of the frame and with whom she is engaged in conversation. In the foreground, the dog – a symbol of loyalty in painting since the Middle Ages – adds a spontaneous, intimate dimension to the scene which appears more impromptu for it.
As the double title of the work suggests, this is not just a portrait of Madame Hessel, but Bonnard also seizes the opportunity to make a pictorial study of the scarlet red dress worn by the model, which occupies almost half of the composition and pratically becomes a subject in and of itself. The bright red, which also appears on her lips, is made even more striking through its contrast with a very loose background in grey tones – save for part of the door frame and a gilded frame on the wall – and with the model's porcelain skin tone. The pallid face brings to mind the works of the Spanish Baroque master El Greco. Indeed, Bonnard had the opportunity to admire the master's greatest works in Toledo during a trip to Spain that he made with Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel and the princes Antoine and Emmanuel Bibesco in early 1901, the same year as this portrait was painted. Moreover, Maria Lopez Fernandez notes on the subject: "While there is no evidence of their impressions of the great Spanish masters, it seems unlikely that they did not succumb to the mysticism of El Greco during their stay in Toledo," (quoted in Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie, Trofarello, 2015, exh. cat., p. 246). The near lack of perspective in this composition also brings to mind the Nabis principles that Bonnard developed in the beginning of the decade preceding the execution of this work, once again emphasising his desire to incite the viewer to bring full attention to the model, represented with a touch of seduction.

Brought to you by

Adélaïde Quéau
Adélaïde Quéau

More from Hommage à la famille Hessel : mécènes et modèles

View All
View All