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PIERRE SOULAGES (NÉ EN 1919)
PROVENANT D'UN IMPORTANT FOND PRIVÉ
PIERRE SOULAGES (NÉ EN 1919)

Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965

Details
PIERRE SOULAGES (NÉ EN 1919)
Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965
signé 'soulages' (en bas à gauche); signé et daté 'SOULAGES 8-9-65' (au dos); signé, titré et daté 'SOULAGES Peinture 8-9-65' (sur le châssis)
huile sur toile
130 x 89 cm. (51¼ x 35 in.)
Peint en 1965.
Provenance
Gimpel Fils Gallery, Londres
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel en 1966
Literature
P. Encrevé, Soulages, l'Oeuvre complet. Peintures, volume II, 1959-1978, Paris, 1995, No. 567 (illustré en couleurs p. 167).
Post Lot Text
'PEINTURE 130 x 89 CM, 8 SEPTEMBRE 1965'; SIGNED LOWER LEFT, SIGNED AND DATED ONE THE REVERSE, SIGNED, TITLED AND DATED ON THE STRETCHER; OIL ON CANVAS.

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Valentine Legris
Valentine Legris Administration

Lot Essay

Pierre Soulages construit sa peinture comme un renoncement, un refus de l'artifice, d'une beauté facile et accessible et préfère la recherche d'une oeuvre vraie qui, par son apparente simplicité, s'impose au spectateur comme une évidence, une présence naturelle et indiscutable qui se dégage de la toile. Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965 appartient à cette catégorie de tableaux qui n'appelle d'autre commentaire que la propre expérience vécue et ressentie face à cette dernière. L'artiste aime ainsi rappeler la visite de l'écrivain Saint-John Perse dans son atelier de la rue Galande, l'année même où il réalisa cette composition: 'À la troisième toile, il me demanda:'Connaissez-vous la Terre de Feu?' - 'Non.' - 'Moi, j'y suis allé. Notre petit avion s'est posé dans un endroit où il n'y avait rien. Mais lorsque je suis sorti de l'avion, j'ai été pris par des grands vents qui me bousculaient.' Saint-John Perse s'arrêta brusquement de parler. Je lui montrais d'autres toiles et il resta muet. C'est seulement plus tard que j'ai compris ce qu'il voulait me dire. Il ne reconnaissait rien d'identifiable dans ma peinture, mais celle-ci avait eu sur lui une action aussi forte que celle de ces vents qu'il évoquait.'(M. Ragon, Les Ateliers de Soulages, Paris, 2004, pp. 90-91).

Comme souvent dans son oeuvre, Soulages a ici pris pour point de départ la même composition qu'il avait élaborée un an plus tôt dans Peinture 202 x 143 cm, 21 décembre 1964. Cependant, cette toile, qui est aujourd'hui dans les collections de l'Israël Museum de Jérusalem, diffère par ses dimensions plus importantes et surtout par le choix d'un fond presque blanc sur lequel viennent s'étirer les larges bandes noires qui scandent le tableau. Avec Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965, Soulages, au contraire, explore dans des dimensions plus restreintes toutes les nuances apportées par le choix d'un orange qui tire autant sur le brun que sur des teintes d'un jaune pâle lumineux. L'artiste recherche une vibration sensible de la couleur et corrige, lorsque c'est nécessaire, les tonalités trop fortes pour laisser place à cette lumière subtile et intime qui se dégage de la toile. Sur ce fond, Soulages est venu tracer ses larges étendues noires d'une matière qu'il parvient à rendre opaque ou translucide, jouant non pas sur l'éclat mais sur la densité. Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965 introduit un subtil déséquilibre par cette diagonale qui descend de la gauche vers la droite de la composition mais qui s'accorde parfaitement à l'harmonie des pleins et des vides que Soulages organise sur la toile. Il s'agit ainsi d'une étape clef dans la peinture de l'artiste, comme l'analyse Jean Cassou:'Dans l'ordre de la matière, une simplification s'est produite: ce sont, à présent, de gigantesques nappes d'un noir lisse, pleinement substantiel qui envahissent la toile [...]. Ce ne sont plus des lumières ou des formes qui jouent la pièce, mais des grandeurs.' (in P. Encrevé, Soulages, l'Oeuvre complet. Peintures, volume II, 1959-1978, Paris, 1995, p. 120).


Pierre Soulages constructs his painting like a renunciation, a rejection of artifice, of easy and accessible beauty, preferring to search for a real work which, through its apparent simplicity, will impose itself on the spectator as being self-evident, a natural and unquestionable presence emanating from the canvas. Peinture 130 x 89cm, 8 septembre 1965 belongs to that category of paintings which require no comment other than the experience lived and felt by the spectator when looking at them. The artist likes to recall a visit from the writer Saint-John Perse to his studio on Rue Galande, in the same year he produced this composition: 'At the third canvas he asked me: 'Do you know Tierra del Fuego?' - 'No.' - 'I went there once. Our small plane set down in a place where there was nothing. But when I got out of the plane, I was hit by strong winds which knocked me over.' Saint-John Perse suddenly stopped speaking. I showed him other paintings and he remained silent. It was only afterwards that I understood what he was trying to tell me. He could not see anything identifiable in my painting, but it affected him as strongly as the winds he mentioned.' (M. Ragon, Les Ateliers de Soulages, Paris, 2004, pp.90-91).

As it is often the case in his work, Soulages has taken the same starting point here as in his composition painted a year earlier Peinture 202 x 143 cm, 21 décembre 1964. However that painting, which is now housed in the Israel Museum in Jerusalem, is different in that its dimensions are larger, and particularly in the choice of an almost white background setting off the wide black strips which traverse the painting. In Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965, Soulages uses the smaller dimensions to explore all the nuances provided by the choice of an orange incorporating both brown as well as shades of a pale luminous yellow. The artist aims for a palpable resonance of colour and, where necessary, corrects tones which are too strong to make way for the subtle and intimate light which radiates from the canvas. Against this background, Soulages traces his large black strokes in a material which he manages to make opaque or translucent depending on how he chooses to scrape it or "reveal" it, using rubber soles, focusing not on radiance but on density. Peinture 130 x 89 cm, 8 septembre 1965 introduces a subtle unbalance through the diagonal which descends from the left to the right of the composition but which fits in perfectly with the harmony of the solid shapes and voids arranged by Soulages on the canvas. This therefore represents a key stage in the artist's painting, as Jean Cassou writes: 'A simplification occurred in the order of materials: now immense layers of smooth and completely solid black invade the canvas [...]. The piece no longer plays on light or form, but on grandeur.' (in P. Encrevé, Cat. rais., vol. II, p. 120).

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