PORTRAIT DE REINE BAMILÉKÉ, ROYAUME DE BATOUFAM
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PORTRAIT DE REINE BAMILÉKÉ, ROYAUME DE BATOUFAM

CAMEROUN

Details
PORTRAIT DE REINE BAMILÉKÉ, ROYAUME DE BATOUFAM
CAMEROUN
Haut. 117 cm (46 in.)
Provenance
Odette (1925-2012) et René (1901-1998) Delenne, Bruxelles
Lance et Roberta Entwistle, Londres
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 1997
Literature
Paulme, D., Les Sculptures de l’Afrique Noire, Paris, 1956, p. 149, pl. 17
Huet, M., Afrique Africaine, Lausanne, 1963, p. 94
Leiris, M. et Delange, J., Afrique Noire, Paris, 1967, p. 187, pl. 206
Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, pp. 54, 56 et 58, pl. 42, 44 et 47
Debbaut, J. et al., Utotombo. Kunst uit Zwart-Afrika in Belgish privé-bezit, Bruxelles, 1988, pp. 193-195, n° 139-143
Lecoq, R., Les Bamiléké : une civilisation africaine, Paris, 1998, n° 92-95
Exhibited
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Utotombo. Kunstuit Zwart-Afrika in Belgish privé-bezit, 25 mars - 5 juin 1988
Post lot text
BAMILEKE PORTRAIT OF A QUEEN, BATOUFAM KINGDOM, CAMEROON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

LA FEMME DE L’USURPATEUR
UN CHEF-D’OEUVRE DE LA STATUAIRE DU GRASSLAND
par Bernard Dulon

[…] Dans les premiers temps de chaque règne, il était de coutume chez les Bamiléké de réaliser un portrait du nouveau souverain et de sa makou kan. […] Exécutées par des artistes réputés, ces effigies dynastiques étaient honorées et protégées à la mesure du pouvoir royal. […]

Chef-d’oeuvre de la statuaire du Grassland, le portrait royal de la collection Périnet s’impose par ses proportions hors normes et l’apparente liberté de sa sculpture. Pour raisons politiques, l’histoire n’a pas retenu son nom : elle était femme du roi Njike dit l’usurpateur qui fut détrôné en 1927 pour cause d’esclavagisme et dont le portrait disparut rapidement de la succession des statues dynastiques1.

Ses volumes pleins s’articulent pour ériger, plus qu’une reine, une déesse-mère, dont le visage incliné « laisse cependant échapper une plainte inquiétante »2. La reine est nue, elle arbore fièrement son abdomen gravide et le soutient de son bras droit, tandis que du gauche, elle exhibe un enfant vagissant. Son corps est constellé d’empreintes rouges, des offrandes de Padouk. « Le travail du dos, et surtout celui de la face postérieure du cou, sont d’un style évoquant l’artiste responsable des effigies de Tchatchuang et Pokam, à un stade plus avancé de son évolution »3. C’est en effet sous le règne de Tchatchuang, à la fin du XIXe siècle, qu’émergea à la cour de Batoufam, sous la férule d’un sculpteur talentueux, un style brillant et novateur, puissant et raffiné. Avec le portrait choisi par Périnet, reine et mère radieuse, épanouie aussi, mais consciente pourtant de son destin funeste, il semble avoir atteint le sommet de son art.

1Visible sur les clichés de Christol en 1925, et absente sur ceux de Lecoq en 1947
2Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, p. 299
3Idem

THE USURPER’S WIFE
A MASTERPIECE OF THE GRASSLAND STATUARY
by Bernard Dulon

[…] In the first days of each reign, it was custom for the Bamileke to create a portrait of the new ruler and his makou kan. […] Executed by well-known artists, these dynastic effigies were honoured and protected as befit their royal power. […]

A masterpiece of the Grassland statuary, the royal portrait of the Périnet collection is imposing both for its extraordinary proportions and the visible liberty of its sculpture. For political reasons, history has erased her name: she was the wife of King Njike, known as the usurper, who was dethroned in 1927 because of slavery. The portrait quickly disappeared from the succession of dynastic statues1.

Full shapes rise up together to form more than just a queen, but a mother goddess, whose face is nonetheless tilted to “release a disturbing howl”2. The queen is nude, and she proudly shows her pregnant belly, supporting it with her right hand while the left exhibits a wailing child. Her body is speckled with red prints, offerings to Padouk. “The elaborate back, and especially the back surface of the neck, show a style that bring to mind the artist who created the effigies of Tchatchuang and Pokam, at a more advanced stage in his development”3. Indeed, it was under the Tchatchuang reign, in the late 19th century, that a brilliant, innovative style full of power and refinement began to emerge in the court of Batoufam, under the authority of a talented sculptor. In the portrait chosen by Périnet - one of a radiant and even fulfilled queen and mother, despite being aware of her ghastly destiny -, he seems to be at the pinnacle of his art.

1Visible on the photos taken by Christol in 1925, and absent from those taken by Lecoq in 1947
2Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, p. 299
3Idem
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