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PROUST, Marcel (1871-1922). Réunion de 20 lettres autographes signées dont 19 à Jeanne Pouquet et une à Marie Scheikévitch. À ces lettres s'ajoutent deux pneumatiques adressés à Gaston de Caillavet. Entre 1907 et 1917.
[...] Car me voici amoureux de votre fille. Comme elle est méchante d'être aimable car c'est son sourire qui m'a rendu malheureux [...]
PROUST, Marcel (1871-1922). Réunion de 20 lettres autographes signées dont 19 à Jeanne Pouquet et une à Marie Scheikévitch. À ces lettres s'ajoutent deux pneumatiques adressés à Gaston de Caillavet. Entre 1907 et 1917.

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PROUST, Marcel (1871-1922). Réunion de 20 lettres autographes signées dont 19 à Jeanne Pouquet et une à Marie Scheikévitch. À ces lettres s'ajoutent deux pneumatiques adressés à Gaston de Caillavet. Entre 1907 et 1917.

Dix-huit lettres (dont une avec enveloppe) ainsi que les deux pneumatiques sont montés sur onglets, interfoliés et reliés en un volume in-8 (200 x 135 mm). La dernière lettre est incomplète. Deux lettres sont insérées en tête. Reliure du XXe siècle signée V. Granchaud, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs (dos très légèrement passé).

EXCEPTIONNEL ENSEMBLE DE LETTRES DE MARCEL PROUST, LA PLUPART À JEANNE POUQUET, alors Mme Gaston de Caillavet et future Mme Maurice Pouquet, L'ÉTERNELLE "JEUNE FILLE D'AUTREFOIS" ET L'UN DES MODÈLES DE GILBERTE SWANN.

À l'automne 1899, Proust est présenté à Anatole France et à son égérie, Mme Arman de Caillavet. Il fait alors la connaissance de Gaston de Caillavet, son fils, et de l'épouse de ce dernier Jeanne Pouquet. Le tout jeune écrivain fréquente assidûment en leur compagnie le tennis du boulevard Bineau et s'éprend de Jeanne. En 1947, celle-ci rapporte: "Si l'on met 'Tennis du boulevard Bineau' à la place des "Champs-Élysées' dans la description de l'amour de Marcel pour Gilberte, je retrouve presque mot pour mot les évocations de son amour pour moi" (André Maurois. À la recherche de Marcel Proust, Paris: 1949).

Ces longues lettres ont toutes été publiées dans Quelques lettres de Marcel Proust à Jeanne, Simone, Gaston de Caillavet... (Paris: 1929), La Correspondance de Marcel Proust (Philip Kolb, University of Illinois Press, 1949) et dans la Correspondance générale (Robert Proust et Paul Brach, 1930-1936).
Plusieurs d'entre elles sont également citées dans À la recherche de Marcel Proust d'André Maurois (Paris: 1949).

Au fil de ces lettres, Proust évoque à plusieurs reprises cet "amour sans espoir" dont le souvenir le poursuit et qu'il reporte sur la fille de Jeanne, Simone, inspiratrice de Mlle de Saint-Loup. Auprès de Jeanne il aime rompre les "plaisirs de la solitude", lui confier ses projets de publication, solliciter son aide, parler des visites de Reynaldo Hahn et de ses rares sorties, tout en ne cessant de lui redire son profond attachement.
-- 10 pages in-12 sur papier de deuil. Hôtel des Réservoirs, s. d. [novembre-décembre 1906]. Installé à Versailles à l'hôtel des Réservoirs depuis le 6 août 1906, Proust y restera jusqu'à fin décembre 1906. "[...] je n'ai pas quitté mon lit, je n'ai pas pu, une seule fois, aller au château ni à Trianon, ni nulle part. J'ouvre les yeux à la nuit close et je me demande souvent si le lieu hermétiquement clos et éclairé à l'électricité où je suis est plutôt situé qu'ailleurs à Versailles [...] Telle est ma belle jeunesse et ma belle vie [...] votre lettre a apporté beaucoup de tristesse. Vous, la radieuse apparition de tant de mes rêves, vous avez été malade ? C'est impossible et il faudra qu'à Paris que je vous voie. Si vous avez une cause matérielle à votre mal il faut voir un médecin [...] Et si vous n'avez pas de cause matérielle, alors je vous guérirai. Et si je ne réussis pas, je demanderai à Gaston de vous confier à moi [...]". Puis il lui fait part de son indignation à la lecture d'un article du Figaro pour la matinée de Paulus. "Je voulais demander à Robert de Flers, poursuit-il, de signer avec moi une petite lettre au Figaro sur Paulus [...] J'espère être bientôt à Paris; j'y ai loué un appartement depuis le mois d'octobre [...] c'est le seul que j'aie pu trouver que maman connaissait et ayant eu le déchirement de quitter la rue de Courcelles qui était trop cher, je n'ai pas le courage d'aller dans un appartement où j'aurais senti que ses yeux n'y avaient rien vu [...]" Quelques lettres de Marcel Proust..., p. 37 et P. Kolb, vol. 33, p. 130.

-- 4 pages in-12 sur un double feuillet. "102 boulevard Hausmann", s. d. [1907 ou 1908]. Proust cherche un éditeur pour ses Pastiches, dont la plupart ont été publiés dans Le Figaro entre le 22 février et le 21 mars 1908, et qu'il souhaite réunir en un volume. "[...] Vous êtes follement gentille, en vous-même, et puis relativement à l'affaire Calmann. Pour la 1ère gentillesse [...] je vous admire, et pour la 2e (Calmann) je vous remercie, et vous aime et vous admire davantage [...] vous seriez bien gentille de demander à Gaston s'il n'existe pas d'éditeurs moins chics [...] cela me serait tout à fait égal de faire les frais de l'édition [...] j'ai trouvé vos jardins suspendus, vos colonnes antiques [...] tout cela plus que sympathique. Mais j'ai mieux aimé votre fille et les prodigieux raccourcis d'intelligence d'un regard ou d'une exclamation "je fais ce que je peux" [...] Elle me fait connaître quelque chose que je ne ressens jamais: la timidité [...]" Quelques lettres de Marcel Proust..., p. 46 et Correspondance générale..., vol. 4, p. 116.

-- 4 pages sur un double feuillet in-12. S. d. [avril 1908]. "Je suis trop souffrant pour que [...] je puisse être un compagnon possible au théâtre. Je tomberai de votre baignoire 'comme un chien dans la soupe' [...] L'infâme Calmann ne m'a toujours pas répondu !" Proust souhaite ardemment publier chez Calmann. "J'ai chez eux un compte très élevé de 'Plaisirs et les jours" [...] que je n'ai pas payés [...] Mais s'ils publient mes Pastiches, et si j'ai des droits d'auteurs, au lieu de me les donner, ils en accepteront le compte [...]" Quelques lettres de Marcel Proust..., p. 49.

-- 4 pages sur un double feuillet. S. d. [avant le 14 juin 1912]. "[...] Comme on peut aimer des types physiques opposés! Car me voici amoureux de votre fille. Comme elle est méchante d'être aimable car c'est son sourire qui m'a rendu amoureux et qui a donné sa signification à toute sa personne. Si elle avait été grinchue, comme je serai tranquille. Je cherche à quelle espèce appartiennent les fleurs dont les pétales sont exactement comme ses joues quand elle sourit ? [...] Si jamais Calmette trouve le temps de publier un article de moi qu'il a depuis longtemps et qui est un souvenir d'un amour d'enfant que j'aie (et qui n'est pas mon amour pour vous, c'était avant) vous y verrez cependant amalgamé quelque chose de cette émotion que j'avais quand je me demandais si vous seriez au tennis [...]". L'article dont il est question, Rayon de soleil sur le balcon, "récit fragmentaire du Narrateur pour Gilberte" sera publié le 14 juin 1912 dans Le Figaro. P. Kolb, p. 132.

-- 4 pages in-12. S. d. "[...] Je travaille un peu, je fais un long roman que j'aurais été curieux de montrer à votre belle-mère. Je repense à sa merveilleuse intelligence avec laquelle elle me parlait de vous au moment de votre mariage [...]" Quelques lettres de Marcel Proust..., p. 61.

-- 7 pages. S. d. [vers juin 1912]. "[...] Je sors une seule fois par hasard et c'est généralement pour aller voir des aubépines, ou les falbalas de trois pommiers en robe de bal sous un ciel gris. Mais quand bien plus rarement je vais, non plus au milieu des choses, mais des gens, les robes des dames qui sont d'une couleur moins délicieuse que celle des pommiers m'embarassent [sic] autant. Car si j'ai eu une impression, il faudrait pour l'expliquer des mots exacts. Et je ne les sais pas. Alors je feuillette des livres de botanique [...]" Quelques lettres de Marcel Proust..., p. 70 et P. Kolb, vol. 33, p. 133.

-- 4 pages. Dans cette lettre, écrite après la mort de Gaston de Caillavet, survenue le 13 janvier 1915, Proust confesse son "deuil inconsolable" et sa déception de ne pas l'avoir vue un jour qu'il passait au pied de chez elle. "[...] Je ne sais pas quand je pourrais à nouveau me lever et sans doute serez-vous repartie. Et peut-être est-ce mieux ainsi. Pour moi les morts vivent. Pour moi cela est vrai pour l'amour, mais aussi pour l'amitié. Je ne peux pas expliquer cela dans une lettre. Quand tout mon Swann aura paru, si jamais vous le lisez, vous me comprendrez [...]" Correspondance générale..., vol. 4, p. 136.

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