WILLIAM NELSON COPLEY (1919-1996)
PROPERTY FROM THE ISRAEL MUSEUM, JERUSALEM, SOLD TO BENEFIT THE ACQUISITION FUND
WILLIAM NELSON COPLEY (1919-1996)

Loveland

Details
WILLIAM NELSON COPLEY (1919-1996)
Loveland
signé et daté 'Cply 62' (en bas à droite); titré deux fois '"LOVELAND"' (dans la composition)
huile et collage de dentelle sur toile
89 x 116 cm. (35 x 45 5/8 in.)
Peint en 1962.
Provenance
Galerie Iris Clert, Paris
Collection Vera et Arturo Schwarz, Milan (acquis auprès de celle-ci en 1962)
Don de celle-ci au Israel Museum, Jérusalem, en 1998
Exhibited
Paris, Galerie Iris Clert, Les Etats - Unis du Monde: Drapeaux de Bill Copley, mars-avril 1962.
L'Aquila, Castello Cinquecentesco, Aspetti dell'arte contemporanea, omaggio a Cagli, omaggio a Fontana, omaggio a Quaroni, juillet-septembre 1963, No. 254, p. 138 (illustré).
Amsterdam, Stedelijk Museum, Bill Copley, Rétrospective, octobre-novembre 1966, No. 27, p. 21.
Milan, Palazzo Reale (juin-septembre); Francfort, Schirn Kunsthalle (décembre-janvier), I Surrealisti, 1989-1990 (illustré en couleurs au catalogue d'exposition p. 436).
Jérusalem, The Israel Museum, Dreaming with Open Eyes, The Vera and Arturo Schwarz Collection of Dada and Surrealist Art in the Israel Museum, décembre 2000-novembre 2004, No. 135 (illustré en couleurs au catalogue d'exposition p. 148).
Rome, Complesso Monumentale del Vittoriano, Dada e Surrealismo riscoperti, octobre 2009-février 2010.
Further details
'LOVELAND'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT; TITLED TWICE IN THE COMPOSITION; OIL AND COLLAGE OF LACE ON CANVAS.

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Valentine Legris
Valentine Legris

Lot Essay

« Duchamp ne disait jamais que quelque chose était bon ou était mauvais, mais j’ai eu la chance de lui montrer certaines de mes œuvres et il m’a dit ‘Tu devrais continuer’. Et pour moi ça a été comme si l’Oracle de Delphes me disait ‘Vas-y’. Dieu venait
de parler. »

“Duchamp never said anything was good or anything was bad, but I got a chance to show him some of my work and he said, ‘You should continue.’ And that to me was like the Oracle of Delphi telling me to ‘Go Ahead.’ God had spoken, you know.”

WILLIAM NELSON COPLEY


Ce n’est que relativement tard que William Nelson Copley a pu découvrir et explorer la peinture. Né en 1919 à New York, il a grandi au sein d’une riche famille adoptive dirigée par un père, Ira Copley, qui rêve pour lui de la même carrière faite de succès entrepreneuriaux et aimerait qu’il prenne des fonctions dans la société de presse qu’il a fondé après ses études à Yale. Cependant, William Copley rejette cette vie rationnelle et mondaine et lui préfère le journalisme, l’écriture et bientôt la peinture à laquelle il s’essaie après sa démobilisation en 1945. Son beau-frère, John Ployardt, lui-même artiste le conforte dans cette voie et lui fait découvrir le Surréalisme qui trouve une véritable résonnance chez Copley. Rapidement, les deux hommes rencontrent Man Ray qui vit alors à Hollywood et forment le projet d’ouvrir une galerie d’art dédiée au Surréalisme à Los Angeles. A travers Man Ray, ils sont introduits dans la foulée auprès de Marcel Duchamp qui leur ouvre les portes de tout le groupe surréaliste. Si l’aventure de cette première galerie ne dure que deux années, elle lui permet de se consacrer de plus en plus sur sa propre peinture.

En mars 1951, Copley décide de partir pour Paris où il découvre la vie artistique bouillonnante de l’Après-Guerre. Sa première exposition personnelle aura lieu à la galerie Nina Dausset en 1953 dans laquelle ses toiles rendent hommage à ses principales inspirations que sont Magritte, Man Ray, Duchamp ou encore Picabia. Attentif à l’opinion de ses pairs, il se rappellera que « Duchamp ne disait jamais que quelque chose était bon ou était mauvais, mais j’ai eu la chance de lui montrer certaines de mes œuvres et il m’a dit ‘Tu devrais continuer’. Et pour moi ça a été comme si l’Oracle de Delphes me disait ‘Vas-y’. Dieu venait de parler. ». La même année, il rencontre sa troisième femme, Noma Ratner, proche du groupe surréaliste et des avant-gardes. Ensemble ils fondent la William and Noma Copley Foundation à travers laquelle ils soutiennent la création et augmentent la collection personnelle d’œuvres surréalistes de Copley. Liant des relations, il expose bientôt en France chez Iris Clert, à New York chez Alexander Iolas et à Milan chez Arturo Schwarz.

Loveland a été peint en 1962 – année où Copley décide de revenir s’installer à New York – et représente parfaitement l’univers pictural mis en place par l’artiste. Combinant une figuration volontairement naïve, l’emploi de collage avec cette dentelle qui vient donner corps à la chevelure et à la robe de la pianiste, et un graphisme très marqué à travers ces bandes de couleurs qui déstructurent la composition et deviennent une des caractéristiques de son travail. Comme toujours, c’est la question de la femme, de la sensualité voire de la sexualité qui est au cœur de son œuvre et qui le relie en cela à ses mentors surréalistes. Artiste à part et hors norme, Copley a su trouver sa propre voie comme le décrit lui-même Man Ray : « [Copley] est absolument sincère dans sa recherche de la joie et de la liberté, dans son amour de la vie et son refus du cliché. C’est le plus sage d’entre nous, cachant soigneusement sa sophistication sous les traits d’un homme simple. »


William Nelson Copley discovered and explored painting quite late on. Born in New York in 1919, he was adopted by a wealthy family. The head of the family, father Ira Copley, dreamed of William following in his footsteps with a successful career in business and wanted him to join the newspaper company that he had founded after graduating from Yale. However, William Copley rejected the sensible, mundane life his father imagined for him, opting instead for journalism, writing and soon painting, which he tried out after returning home from the war in 1945. His brother-in-law John Ployardt, himself an artist, encouraged him in this direction and introduced him to Surrealism, which really resonated with Copley. The two men soon made the acquaintance of Man Ray, who lived in Hollywood, and started a project to open an art gallery dedicated to Surrealism in Los Angeles. Man Ray introduced them into Marcel Duchamp’s circle and Duchamp then opened the doors to the whole surrealist group. Although this first gallery venture only lasted two years, it did allow Copley to focus more and more on his own painting.

In March 1951, Copley decided to depart for Paris, where he discovered the vibrant post-war art scene. His first individual exhibition would take place at the Nina Dausset gallery in 1953, with canvasses which paid tribute to his main inspirations, Magritte, Man Ray, Duchamp and Picabia. Mindful of the opinions of his peers, he recalled that “Duchamp never said anything was good or anything was bad, but I got a chance to show him some of my work and he said, ‘You should continue.’ And that to me was like the Oracle of Delphi telling me to ‘Go Ahead.’ God had spoken, you know.” That same year, he met his third wife, Noma Ratner, who was close to the surrealist and avant-garde groups. Together, they founded the William and Noma Copley Foundation to support art and expanded Copley’s personal collection of surrealist artworks. Forging ties, he was soon exhibiting in France at Iris Clert’s gallery, in New York at Alexander Iolas’ gallery and in Milan, at Arturo Schwarz’s gallery.

Loveland was painted in 1962 – the year in which Copley decided to settle back in New York – and is a perfect representation of the pictorial world the artist created. It combines deliberately naïve figuration, the use of collage, with the lace which gives body to the pianist’s hair and dress, and a very pronounced graphic style, using bands of colour which break up the composition and which became one of his hallmarks. As ever, the theme of women, sensuality and even sexuality is at the heart of his work and links it to his surrealist mentors. A singular, extraordinary artist, Copley found his own style, as Man-Ray himself commented: “[Copley] is absolutely sincere in his pursuit of joy and of liberty, in his love of life and his refusal of cliché. He is the wisest of us all, carefully hiding his sophistication under the guise of a simple man.”

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