Lot Content

COVID-19 Important notice Read More
ZAO WOU-KI (1920-2013)
ZAO WOU-KI (1920-2013)

19.8.75

Details
ZAO WOU-KI (1920-2013) 19.8.75 signé en chinois et en Pinyin 'ZAO' (en bas à droite); signé et titré 'ZAO WOU-KI 19.8.75.' (au dos) huile sur toile 60 x 73 cm. (23 5/8 x 28¾ in.) Peint en 1975.
Provenance
Galerie de France, Paris
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel en 1977
Literature
J. Leymarie, Zao Wou-Ki, 1ère édition, Paris et Barcelone, 1978, No. 437 (illustré p. 302).
J. Leymarie, Zao Wou-Ki, New York, 1979, No. 437 (illustré p. 302).
J. Leymarie, Zao Wou-Ki, 2ème édition revue et augmentée, Paris, 1986, No. 469 (illustré p. 342).
Post Lot Text
'19.8.75'; SIGNED IN CHINESE AND IN PINYIN LOWER RIGHT, SIGNED AND TITLED ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS.

Lot Essay

L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par la Fondation Zao Wou-Ki.

L'année 1975 est caractérisée par une énergie créatrice et une intense productivité retrouvée. Trois ans plus tôt, l'artiste perd sa compagne May, après des années de lutte contre la maladie. Il part alors en voyage dans son pays natal après vingt-quatre ans d'absence. Il y retournera en 1974 et visite d'anciennes capitales d'empire aux temples et pagodes d'époque sur fond de paysages grandioses, source d'inspiration historique des poètes et peintres chinois anciens. Ce retour aux sources en pleine métamorphose politique et dont il embrasse l'étendue historique, nourrit un nouvel élan créatif. Zao Wou-Ki assume alors pleinement son identité chinoise et s'épanouit dans cette pratique ancestrale, où l'artiste puise dans son intériorité. Confronté à ses propres émotions, il trouve alors dans sa peinture une véritable thérapie qui lui permet de se libérer sur la toile.

'Je peins ma propre vie mais je cherche aussi à peindre un espace invisible, celui du rêve, d'un lieu où l'on se sent toujours en harmonie, même dans les formes agitées des forces contraires. Chaque tableau, du plus petit au plus grand, est toujours un morceau de cet espace de rêve.' (Zao Wou-Ki (et Françoise Marquet), Autoportrait, Paris, 1988, p. 158).

19.8.75 ouvre une fenêtre sur cet espace intérieur où les forces s'affrontent dans une recherche d'harmonie. Une bataille ocre et marron s'opère sur la partie basse du tableau, provoquant un déséquilibre dans la composition, caractéristique des tableaux de cette décennie. On décèle une fertilité du pinceau qui applique des lignes courtes et éclatées. Cette activité frénétique se trouve par ailleurs apaisée par de subtils aplats vert pâle modulant un fond clair. Le vide prend alors toute son importance, comme le souligne Jean Leymarie à propos de cette période de création. 'La peinture de Zao Wou-Ki se développe de mieux en mieux sur cette scansion aérienne et tellurique dont le vide central est le moteur continu' (J. Leymarie, Zao Wou-Ki, documentation par Françoise Marquet, Paris, 1986, p. 45). Au regard de la philosophie chinoise du Yin et Yang, le vide est une partie essentielle de la représentation. L'égal du plein, il se définit en opposition et complète ce dernier en formant un tout d'autant plus fort que la juxtaposition des deux extrêmes souligne les qualités propres de chaque part. 19.8.75 catalise à la fois les luttes intérieures auxquelles Zao Wou-Ki fait face à cette époque et une sinité retrouvée et assumée de l'artiste.


The year of 1975 was characterised by a creative energy and an intense, rediscovered productivity. Three years earlier, the artist had lost his partner May, following a long battle against illness. He set off then on a journey back to the land of his birth after an absence spanning 24 years. He would return in 1974 to visit the ancient capitals of the empire, with their period temples and pagodas set against a backdrop of a spectacular scenery, a historic source of inspiration for the ancient Chinese poets and painters. This return to his roots in the very midst of a political metamorphosis, whose historic impact he fully grasped, fired a new surge of creativity. Zao Wou-Ki embraced his Chinese identity to the full and flourished in this ancient practice, where the artist draws on his inner self. Confronted with his own emotions, he then discovered that his painting was truly therapeutic, allowing him to express himself freely on the canvas.

'I paint my own life but I also try to paint an invisible space, the space of dreams, of a place where one always feels in harmony, even in the agitated forms and conflicting forces. Each painting, from the smallest to the largest, is always a piece of that space of dreams', (Zao Wou-Ki (and Françoise Marquet), L'Autoportrait, Paris, 1988, p.158).

19.8.75 opens a window on this inner space where the forces confront each other in search for harmony. A battle of ochre and brown is waged on the lower part of the painting, causing an imbalance in the composition that is characteristic of the works from that decade. Some feverish brushwork can be discerned, used to apply short, fragmented lines. Indeed, this frenetic activity is appeased by subtle flat areas of pale green modulating a light background. The void then takes on its full importance, as Jean Leymarie emphasises with regard to this period of creativity. 'Based on this rhythm of air and earth, of which the central void is the constant driving force, Zao Wou-Ki's painting went from strength to strength,' (J. Leymarie, Zao Wou-Ki, documentation by Françoise Marquet, Paris, 1986, p. 45). From the point of view of the Chinese Yin and Yang philosophy, the void is an essential part of representation. Equal in standing to fullness, it is defined as being the opposing but complementary part of this latter. The resulting whole is then even stronger as the juxtaposition of the two emphasises the individual qualities of each. 19.8.75 simultaneously catalyses the interior battles which Zao Wou-Ki confronted at the time and a sense of Chinese self, rediscovered and embraced by the artist.

;

Related Articles

View All
Sanyu in Paris auction at Christies
Article

Sanyu in Paris

‘Its simply mesmerising’ — a T auction at Christies
At home with André Fu auction at Christies
Shorthand

At home with André Fu

More From Art contemporain

View All