Poëmes saturniens à Mallarmé avec une lettre: "J'ose espérer que vous y reconnaîtrez un effort vers l'expression, vers la sensation rendue" (22 novembre 1866, Correspondance générale de Verlaine, I, 1857-1885. Ed. M. Pakenham, Paris, 2005, p. 99). Mallarmé répondit en assurant y avoir trouvé "le pressentiment merveilleux d'une amitié ignorée" (lettre à Verlaine, 20 décembre 1866, Mallarmé, Correspondance, I, Henri Mondor, Paris, 1959, pp. 235-236). En 1884, Les Poètes maudits de Verlaine, ainsi que le numéro "Stéphane Mallarmé" des Hommes d'aujourd'hui (1886) contribuèrent à déclencher la renommée de ce dernier. EXEMPLAIRE ENRICHI D'UN ÉMOUVANT BILLET AUTOGRAPHE SIGNÉ DE VERLAINE et daté 14 mai 1889. Une page in-8 à l'encre, reliée en tête, fait état de la décision que Verlaine dut prendre à contrecoeur. Au printemps 1889, souffrant et dans le plus complet dénuement, il ne trouva d'autre moyen pour se procurer de quoi survivre, que de se séparer de ce volume moyennant une petite somme: "le poète Verlaine a besoin de 30 francs et, se trouvant très souffrant, charge son sculpteur de les toucher contre les poèmes d'Edgar Poe produits par Stéphane Mallarmé. Le 14 mai 1889. P. Verlaine". Selon une note du libraire Jean-Claude Vrain jointe à l'exemplaire, ce billet proviendrait du professeur Henri Mondor. Le recueil comprend trente-sept pièces. Dans la lettre du 16 novembre 1885 à Verlaine, Mallarmé dit qu'il apprit l'anglais "simplement pour mieux lire Poe..." (Mallarmé, Oeuvres complètes, Pléiade, 1989 [1945], p. 662). Les exégèses y voient cependant une interprétation plus qu'une traduction. Il s'ouvre sur le sonnet célèbre dédié à Poe: "Tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change...", paru pour la première fois aux États-Unis, en 1877, dans le volume mémorial consacré à l'écrivain. Mallarmé qui songeait à cette traduction depuis le début des années 1860 avait publié, en 1872, huit des pièces dans La Renaissance littéraire et artistique d'Émile Blémont et, en 1876-1877, huit autres dans La République des lettres de Catulle Mendès. Francis Vielé-Griffin, américain de naissance, a relevé dans son exemplaire de l'ouvrage (dédicacé par Mallarmé) des fautes de traduction et des inadvertances (cf catalogue 65 de Pierre Berès, Premières éditions, Paris, 1974, n° 314). L'intervention posthume de Manet dans ce livre consiste en la reproduction réduite, sur la couverture, de la tête de corbeau qui figurait sur celle du Corbeau (1875, voir lot 206) et en la reproduction d'un dessin représentant Edgar Poe en buste de demi-profil à droite en vis-à-vis du titre (la trace de l'original en est aujourd'hui perdue). Vicaire VII, 738-739; Carteret Romantique II, p. 97; Monda & Montel, 46-50; Talvart XII, 130-A; Pléiade, II, 2003, pp. 723-820, 1752-1758. " /> [Stéphane MALLARMÉ, trad. -- Édouard MANET, ill.] -- Edgar POE. <I>Les Poèmes</I>. Bruxelles: Edmond Deman, 1888. Grand in-8 (275 x 190 mm). Portrait-frontispice et fleuron d'Édouard Manet. Maroquin bleu nuit janséniste signé Huser, dos à nerfs, doublure bord à bord de même maroquin, tranches dorées sur témoins, couverture, étui. <I>Provenances</I>: de la bibliothèque Paul Verlaine (envoi) -- Pour la lettre, probablement professeur Henri Mondor. ÉDITION ORIGINALE de la traduction de Stéphane Mallarmé, dédiée "À la mémoire d'Édouard Manet". UN DES 800 EXEMPLAIRES SUR VERGÉ DE HOLLANDE, celui-ci le n° 844, portant la mention imprimée au-dessous du numéro: "tiré pour M. S. Mallarmé". TRÈS PRÉCIEUX EXEMPLAIRE OFFERT PAR MALLARMÉ À VERLAINE AVEC UN ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ sur le faux-titre: "Au très cher Paul Verlaine". Les relations d'amitié, puis d'affection, entre les deux poètes avaient commencé très tôt. Verlaine avait adressé dès 1866 les <I>Poëmes saturniens</I> à Mallarmé avec une lettre: "J'ose espérer que vous y reconnaîtrez un effort vers l'expression, vers la sensation rendue" (22 novembre 1866, <I>Correspondance générale de Verlaine</I>, I, 1857-1885. Ed. M. Pakenham, Paris, 2005, p. 99). Mallarmé répondit en assurant y avoir trouvé "le pressentiment merveilleux d'une amitié ignorée" (lettre à Verlaine, 20 décembre 1866, Mallarmé, <I>Correspondance</I>, I, Henri Mondor, Paris, 1959, pp. 235-236). En 1884, <I>Les Poètes maudits</I> de Verlaine, ainsi que le numéro "Stéphane Mallarmé" des <I>Hommes d'aujourd'hui</I> (1886) contribuèrent à déclencher la renommée de ce dernier. EXEMPLAIRE ENRICHI D'UN ÉMOUVANT BILLET AUTOGRAPHE SIGNÉ DE VERLAINE et daté 14 mai 1889. Une page in-8 à l'encre, reliée en tête, fait état de la décision que Verlaine dut prendre à contrecoeur. Au printemps 1889, souffrant et dans le plus complet dénuement, il ne trouva d'autre moyen pour se procurer de quoi survivre, que de se séparer de ce volume moyennant une petite somme: "le poète Verlaine a besoin de 30 francs et, se trouvant très souffrant, charge son sculpteur de les toucher contre les poèmes d'Edgar Poe produits par Stéphane Mallarmé. Le 14 mai 1889. P. Verlaine". Selon une note du libraire Jean-Claude Vrain jointe à l'exemplaire, ce billet proviendrait du professeur Henri Mondor. Le recueil comprend trente-sept pièces. Dans la lettre du 16 novembre 1885 à Verlaine, Mallarmé dit qu'il apprit l'anglais "simplement pour mieux lire Poe..." (Mallarmé, <I>Oeuvres complètes</I>, Pléiade, 1989 [1945], p. 662). Les exégèses y voient cependant une interprétation plus qu'une traduction. Il s'ouvre sur le sonnet célèbre dédié à Poe: "Tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change...", paru pour la première fois aux États-Unis, en 1877, dans le volume mémorial consacré à l'écrivain. Mallarmé qui songeait à cette traduction depuis le début des années 1860 avait publié, en 1872, huit des pièces dans <I>La Renaissance littéraire et artistique</I> d'Émile Blémont et, en 1876-1877, huit autres dans <I>La République des lettres</I> de Catulle Mendès. Francis Vielé-Griffin, américain de naissance, a relevé dans son exemplaire de l'ouvrage (dédicacé par Mallarmé) des fautes de traduction et des inadvertances (cf catalogue 65 de Pierre Berès, <I>Premières éditions</I>, Paris, 1974, n° 314). L'intervention posthume de Manet dans ce livre consiste en la reproduction réduite, sur la couverture, de la tête de corbeau qui figurait sur celle du <I>Corbeau</I> (1875, voir lot 206) et en la reproduction d'un dessin représentant Edgar Poe en buste de demi-profil à droite en vis-à-vis du titre (la trace de l'original en est aujourd'hui perdue). Vicaire VII, 738-739; Carteret <I>Romantique</I> II, p. 97; Monda & Montel, 46-50; Talvart XII, 130-A; Pléiade, II, 2003, pp. 723-820, 1752-1758. | Christie's