HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
3 更多
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)

La Nef de verdure

细节
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
La Nef de verdure
signé ‘H. ROBERT.’ (en bas, à gauche)
huile sur toile
55,3 x 45,1 cm (21 ¾ x 17 ¾ in.)
来源
Camille Groult (1837-1908) ; sa vente posthume [Tableaux anciens, dessins-pastels, tableaux modernes, dessins - aquarelles provenant de la collection Camille Groult], Galerie Charpentier, Paris, 21 mars 1952, (Mes Ader & Laurin), lot 92 (comme Hubert Robert) ;
Acquis au cours de celle-ci par l’intermédiaire de la galerie Matthiesen par Doña Graziella Patiño de Ortiz Linares (1900-1980) et Son Excellence Don Jorge Ortiz Linares (1894-1965) ;
Puis par descendance.
更多详情
HUBERT ROBERT (1733-1808), LA NEF DE VERDURE, OIL ON CANVAS

The delicate atmosphere of this work evokes the pleasures of a shaded stroll through an 18th-century garden. Along carefully laid-out paths flanking a canal, elegantly dressed figures wander at leisure, delighting in a cultivated yet welcoming nature that extends before us into a deep and expansive perspective. The avenue, painted in soft greens and blues, conveys the gentle freshness of the air, punctuated by shafts of light breaking through on the left and in the tree tops. Within this cathedral of nature reigns a quiet, untroubled melancholy, recalling the serenity of a boat ride or a springtime conversation by the water's edge.

The learned synthesis achieved by the artist, celebrated for his mastery in combining gardens and architecture, brings together two complementary ideas: nature and culture. Inspired by literary works foreshadowing Romanticism, such as La Nouvelle Héloïse (1761) by Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) and Paul et Virginie (1788) by Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), the European elites of the 18th century developed a passion for landscape gardens, whose carefully orchestrated informality simulated an untamed luxuriance. Inspired by English models, these landscapes stood in marked contrast to the symmetry and technical perfection of the French gardens of the preceding century, encouraging instead a taste for surprise, contemplation, and picturesque ruins. The promenade, thus transformed into a theatrical experience, became at once a form of entertainment, a moment of reflection, and an exploration of the visible world, giving rise to the emerging "feeling for nature."

René-Louis de Girardin (1735-1808) wrote of the "power of landscapes over our senses, and consequently over our soul" (R.-L. de Girardin, De la composition des paysages [...], 1777, p. 121). Anyone who has wandered through his park at Ermenonville, designed by Hubert Robert (1733-1808) and immortalised through its association with Rousseau, will recognise in La Nef de verdure the same sense of communion with the landscape. Ever-renewing nature triumphs over the monuments and creations of humankind, reminding us of our own mortality. As Diderot (1713-1784) exclaimed after visiting the Salon of 1767: "The ideas that ruins awaken in me are sublime. Everything is destroyed, everything perishes, everything passes away. Only the world remains. Only time endures. How ancient this world is! I walk between two eternities" (F. Génin, D. Diderot, Œuvres choisies de Diderot, précédées de sa vie, Paris, 1847, II, p. 170).

Although Robert earned the nickname "Robert des Ruines" for his fascination with antique landscapes, it was architecture above all that provided him with a poetic language. His designs for the Grande Galerie du Louvre (Musée du Louvre, Paris, inv. RF 1975 10, fig. 1) reveal the remarkable quality of his spatial imagination and the commanding manner in which he organised pictorial space. Vertical forms are elongated, multiplied, and drawn toward a vanishing point that continually recedes into the distance. In La Nef de verdure, this architectural sensibility is transposed into the natural world: the tall trunks of the trees, aligned in orderly rows like the columns of a church nave, create a vast green cathedral whose vaulted canopy filters the light in the manner of an oculus.

The mineral gallery and the vegetal gallery, the Project for the Transformation of the Grande Galerie and La Nef de verdure, thus appear as complementary works, united by the expression of elevation and contemplative wonder. The place where the soul is enriched mirrors the place where the mind is cultivated. Whether real or imagined, architecture gives tangible form to this process of edification and, with it, to the ideal of a cultural and natural education through the beauty and diversity of the surrounding world.

La Nef de verdure thus becomes the image of a reflective, romantic, and enchanted world, qualities that could not have escaped discerning collectors devoted to the 18th century aesthetic, such as Camille Groult (1837-1908). A distinguished French industrialist and connoisseur, Groult was responsible for a major donation of British paintings to the Musée du Louvre. His admiration for Watteau (1684-1721), Raeburn (1756-1823), and Turner (1775-1851) helps explain the presence of La Nef de verdure within his collection, reflecting his particular appreciation for landscapes that combine technical mastery with poetic introspection. These same qualities also appealed to the refined taste of Graziella Patiño de Ortiz Linares (1900-1980), who displayed the painting in her hôtel particulier at 34 Avenue Foch. Such a distinguished provenance pays fitting tribute to the pleasure, grace, and sensitivity of an age and to the discerning collectors who admired it.

荣誉呈献

Paul Gallois
Paul Gallois Head of European Furniture, EMEA

拍品专文

L’ambiance délicate de cette œuvre incarne les plaisirs d'une promenade ombragée au cœur des jardins du XVIIIe siècle. Sur des chemins aménagés de part et d'autre d'un canal, des personnages flânent, goûtant avec légèreté une nature domestiquée et accueillante, que la composition étire dans une perspective profonde. L'allée, d'un vert tendre et bleuté, suggère la douceur de l'air, que viennent ponctuer les percées de lumière à gauche et au sommet des arbres. Dans cette église de la Nature souffle une mélancolie douce et sans risque, à l'image d'une promenade en barque ou d'une conversation printanière au bord de l'eau.

Le savant mélange opéré par le peintre, célèbre pour son art de composer jardins et architectures, réunit ici deux idées distinctes : nature et culture. Conquises par les lectures annonçant le romantisme telles que La Nouvelle Héloïse (1761) de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ou Paul et Virginie (1788) de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), les élites européennes du XVIIIe siècle s'éprennent de jardins paysagers, mimant un abandon artificiel, une luxuriance faussement désordonnée. D'inspiration anglaise, ces paysages tranchent avec la symétrie et la perfection technique française du siècle précédent, laissant s'épanouir un goût de la surprise, de la contemplation et de la ruine. La promenade ainsi théâtralisée devient un divertissement, un temps de réflexion, mais aussi d'exploration du monde tangible et avec lui, du ‘sentiment de la nature’.

René-Louis de Girardin (1735-1808) évoquait le ‘pouvoir des paysages sur nos sens, et par contrecoup, sur notre âme’ (R.-L. de Girardin, De la composition des paysages […], 1777, p. 121). Quiconque aura arpenté son parc d'Ermenonville, conçu par Hubert Robert (1733-1808) et investi par Rousseau, retrouvera dans La Nef de verdure ce même sentiment de communion dans le paysage. La nature toujours renaissante supplante les édifices et les ouvrages de l’Homme, lui rappelant sa finitude. Ainsi que s'exclame Diderot (1713-1784) lors de sa visite du Salon de 1767 : ‘Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s'anéantit, tout périt, tout passe. Il n'y a que le monde qui reste. Il n'y a que le temps qui dure. Qu'il est vieux ce monde ! Je marche entre deux éternités’ (F. Génin, D. Diderot, Œuvres choisies de Diderot, précédées de sa vie, Paris, 1847, II, p. 170).

Si Robert fut surnommé ‘Robert des Ruines’ pour son goût des paysages antiques, il puise d’abord dans l’architecture une matière poétique. Les projets élaborés par l’artiste pour la Grande Galerie du Louvre (musée du Louvre, Paris, inv. RF 1975 10 – voir fig. 1) permettent de saisir la qualité de sa projection dans l’espace et la force avec laquelle il en prend possession. Les formes verticales s’allongent, se démultiplient, courent vers un point de fuite toujours repoussé. Dans La Nef de verdure, cette sensibilité architecturale se transpose dans le végétal : les troncs élancés des arbres, serrés en rangées régulières comme les piliers d'une nef d'église, forment une longue cathédrale de verdure dont la voûte de feuillages laisse filtrer la lumière à la manière d’un oculus.

Galerie minérale et galerie végétale, le Projet pour la Transformation de la Grande Galerie et la Nef de verdure apparaissent complémentaires, réunis par l’expression d’une élévation, d’un plaisir admiratif. Le lieu où l’on enrichit son âme est en miroir de celui où l’on nourrit son esprit. L’architecture réelle ou feinte permet à cette édification de prendre forme ; et avec elle, l’idée d’un apprentissage culturel et naturel du monde alentour, de sa beauté et de sa variété.

La Nef de verdure se fait ici l'image d'un monde pensif, romantique, charmé ; des qualités qui n'ont pu échapper à des collectionneurs de renom, amoureux du XVIIIe siècle, tels que Camille Groult (1837-1908). Industriel français, amateur avisé, il est à l’origine d’un don considérable de tableaux britanniques au musée du Louvre. Son affection pour Watteau (1684-1721), Raeburn (1756-1823) ou Turner (1775-1851) éclaire la présence de la Nef de verdure parmi les œuvres de sa collection comme un goût particulier pour les paysages habiles et songeurs. Des caractéristiques qui ont également su séduire l’exigence de Doña Graziella Patiño de Ortiz Linares (1900-1980), pour orner les murs de son hôtel particulier du 34, avenue Foch – une ascendance prestigieuse pour cette œuvre, rendant hommage au plaisir, à la grâce et à la sensibilité d’une époque et de ses amateurs.

更多来自 格拉谢拉·帕蒂尼奥·德·奥尔蒂斯·利纳雷斯珍藏

查看全部
查看全部