拍品专文
Louis-Léopold Boilly et les sentiments de l'enfance (lots 39 & 40).
L'artiste s’est très tôt affirmé comme l’un des principaux peintres de scènes de genre de son temps, accordant une place centrale aux scènes familiales, et notamment à la représentation de l’enfance. Ces sujets intimistes, généralement de petit format, offrent un regard à la fois sensible et social sur la société de la fin du XVIIIᵉ siècle et les scènes sont souvent conçues en pendant.
La Crainte mal fondée fonctionne en paire avec La Tourterelle chérie (É. Breton, P. Zuber, Boilly : Peintre, dessinateur et lithographe. Sa vie et son œuvre 1761-1845, Paris, 1898, n° 199D et n° 201D). Ces deux compositions explorent les relations affectives au sein du cercle familial. Dans La Crainte mal fondée, une jeune fille serre contre elle son petit frère en pleurs, couché dans son berceau, tandis qu’un chien, placé au premier plan, observe la scène. En contrepoint, dans La Tourterelle chérie, un jeune garçon présente une colombe aux lèvres d’une jeune fille, sous le regard attentif d’un petit chien placé au pied de la chaise.
Il existe une version peinte de ces deux compositions, aujourd’hui en mains privées (fig. 1 et 2), dans laquelle apparaît un décor absent des feuilles dessinées. La paire a été gravée en couleur par Louis-Alexandre Allais (1792-1850) d’après les peintures et publiée chez Bance à Paris (Breton, Zuber, op. cit., n° 1788 E et n° 1791 E). Le graveur a pris plusieurs libertés avec la composition originale, notamment dans le traitement du décor et de certains détails secondaires.
Ces dessins s’inscrivent pleinement dans la production artistique de Boilly consacrée à la thématique des relations fraternelles et peuvent être rapprochés d’autres compositions de l’artiste, telles que La Grande Sœur, conservée dans la collection J.E. Horvitz à Boston (inv. D-F-1370 ; Breton, Zuber, op. cit., n° 369D), ou Le Frère et la Sœur, conservé au Kunstmuseum de Bâle (inv. 1171 ; Breton, Zuber, op. cit., n° 368D), qui présentent une iconographie similaire.
Au verso de La Crainte mal fondée figure une étude à la pierre noire de la main de l’artiste, correspondant à l’esquisse d’une autre composition, Les Malheurs de la guerre, passée en vente chez Christie’s le 11 avril 2008 (collection particulière ; É. Breton, P. Zuber, op. cit., n° 263). Cette découverte récente apporte un éclairage précieux sur le processus créatif de Boilly et renforce considérablement l’intérêt de cette feuille.
Fig 1: L.L. Boilly, La Tourterelle chérie, huile sur toile, collection particulière.
Fig 2: L.L. Boilly, La Crainte mal fondée, huile sur toile, collection particulière.
L'artiste s’est très tôt affirmé comme l’un des principaux peintres de scènes de genre de son temps, accordant une place centrale aux scènes familiales, et notamment à la représentation de l’enfance. Ces sujets intimistes, généralement de petit format, offrent un regard à la fois sensible et social sur la société de la fin du XVIIIᵉ siècle et les scènes sont souvent conçues en pendant.
La Crainte mal fondée fonctionne en paire avec La Tourterelle chérie (É. Breton, P. Zuber, Boilly : Peintre, dessinateur et lithographe. Sa vie et son œuvre 1761-1845, Paris, 1898, n° 199D et n° 201D). Ces deux compositions explorent les relations affectives au sein du cercle familial. Dans La Crainte mal fondée, une jeune fille serre contre elle son petit frère en pleurs, couché dans son berceau, tandis qu’un chien, placé au premier plan, observe la scène. En contrepoint, dans La Tourterelle chérie, un jeune garçon présente une colombe aux lèvres d’une jeune fille, sous le regard attentif d’un petit chien placé au pied de la chaise.
Il existe une version peinte de ces deux compositions, aujourd’hui en mains privées (fig. 1 et 2), dans laquelle apparaît un décor absent des feuilles dessinées. La paire a été gravée en couleur par Louis-Alexandre Allais (1792-1850) d’après les peintures et publiée chez Bance à Paris (Breton, Zuber, op. cit., n° 1788 E et n° 1791 E). Le graveur a pris plusieurs libertés avec la composition originale, notamment dans le traitement du décor et de certains détails secondaires.
Ces dessins s’inscrivent pleinement dans la production artistique de Boilly consacrée à la thématique des relations fraternelles et peuvent être rapprochés d’autres compositions de l’artiste, telles que La Grande Sœur, conservée dans la collection J.E. Horvitz à Boston (inv. D-F-1370 ; Breton, Zuber, op. cit., n° 369D), ou Le Frère et la Sœur, conservé au Kunstmuseum de Bâle (inv. 1171 ; Breton, Zuber, op. cit., n° 368D), qui présentent une iconographie similaire.
Au verso de La Crainte mal fondée figure une étude à la pierre noire de la main de l’artiste, correspondant à l’esquisse d’une autre composition, Les Malheurs de la guerre, passée en vente chez Christie’s le 11 avril 2008 (collection particulière ; É. Breton, P. Zuber, op. cit., n° 263). Cette découverte récente apporte un éclairage précieux sur le processus créatif de Boilly et renforce considérablement l’intérêt de cette feuille.
Fig 1: L.L. Boilly, La Tourterelle chérie, huile sur toile, collection particulière.
Fig 2: L.L. Boilly, La Crainte mal fondée, huile sur toile, collection particulière.
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