DANS LE GOÛT DE JEAN-BAPTISTE PIGALLE (1714-1785), XIXE SIÈCLE
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Mademoiselle d'Harcourt

細節
DANS LE GOÛT DE JEAN-BAPTISTE PIGALLE (1714-1785), XIXE SIÈCLE
Mademoiselle d'Harcourt
buste en marbre, inscrit à l'arrière 'MADEMOISELLE/D'HARCOURT/FAIT PAR J.B.PIGALLE/SCULPTEUR DU ROY/et PROFESSEUR DE SON/ACCADEMIE.1764', sur un piédouche en marbre brèche
H. totale : 69,5 cm. (27 1⁄3 in.) ; H. buste : 56 cm. (22 in.)
出版
Bibliographie comparative :
J.-R. Gaborit, Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785). Sculptures du musée du Louvre, Paris, 1985.
更多詳情
A MARBLE BUST OF MADEMOISELLE D’HARCOURT, IN THE STYLE OF JEAN-BAPTISTE PIGALLE (1714–1785), 19TH CENTURY

榮譽呈獻

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

拍品專文

Ce buste en marbre, portant une signature "Pigalle" et la date de 1764, ainsi qu’un titrage à l'imitation du XVIIIe siècle identifiant le modèle comme une prétendue "Mademoiselle d’Harcourt", constitue un témoignage du goût historicisant et du phénomène des attributions érudites qui se développe au XIXᵉ siècle autour de la sculpture française du XVIIIᵉ siècle.

Jean-Baptiste Pigalle (1714–1785), sculpteur du roi et figure majeure de la sculpture parisienne sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, entretint un lien documenté avec la famille d’Harcourt. En effet, à la mort de Henri-Claude d’Harcourt, dit "comte d’Harcourt", sa veuve, Madeleine Thibert des Martrais, comtesse de Chiverny, commanda à Pigalle un mausolée en hommage à son époux. Ce monument fut réalisé d’après un marché passé en 1771 et livré en 1776. Cette relation attestée entre le sculpteur et la maison d’Harcourt fournit un arrière-plan historique crédible à l’invention ultérieure d’une commande de portrait au sein de cette famille.

Toutefois, aucune biographie de Pigalle ni aucune source d’archives connue ne mentionne l’exécution d’un buste représentant une "Mademoiselle d’Harcourt". L’examen généalogique rend d’ailleurs cette identification hautement problématique. Le comte d’Harcourt avait trois sœurs : deux étaient religieuses, et la troisième, Claude-Lydie d’Harcourt (1696–1750), épousa en 1720 Gabriel-René de Mailloc, marquis de Mailloc, seigneur du Champ-de-Bataille, et dont l'union resta sans descendance. En 1764, date portée sur le buste, ces figures féminines potentielles seraient de toute façon trop âgées pour être désignées comme "Mademoiselle". Par ailleurs, le couple formé par le comte d’Harcourt et Madeleine Thibert des Martrais demeura sans postérité, excluant l’existence d’une fille susceptible d’avoir servi de modèle.

L’ensemble de ces éléments conduit à reconnaître dans cette œuvre la création d’un sculpteur historicisant érudit du XIXᵉ siècle, parfaitement informé du lien réel entre Pigalle et la famille d’Harcourt, et capable d’imaginer une commande fictive mais historiquement plausible. Cette démarche s’inscrit dans une tendance observée au XIXᵉ siècle, où certains praticiens, nourris d’une connaissance approfondie du XVIIIᵉ siècle, créaient des figures féminines idéalisées, souvent dotées de noms aristocratiques et de signatures prestigieuses. Ces œuvres répondaient à la fois au goût et à la demande d’un marché amateur de sculptures « de style » Louis XV.

Révélateur d’une connaissance intime du vocabulaire formel de Pigalle par la souplesse de la pose, la douceur du modelé, l'élégance de la coiffure et le traitement sensible des chairs, ce buste constitue un témoignage de la réception et de la réinterprétation de la sculpture française du XVIIIᵉ siècle au XIXᵉ siècle.

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