拍品專文
Ce paravent probablement réalisé à la fin des années 1730 trouve ses origines quelques décennies plus tôt, dans le contexte de la politique artistique ambitieuse menée par Louis XIV et son ministre Jean-Baptiste Colbert afin d’affirmer le prestige de la monarchie, incitant la Manufacture royale de la Savonnerie à diversifier sa production. Après l’achèvement des grands tapis destinés au Louvre en 1689, la manufacture entreprend en 1707 le tissage de feuilles de paravent, dont 67 panneaux sont immédiatement acquis par le Garde-Meuble. Le succès est considérable et durable : environ 750 panneaux sont réalisés entre 1707 et 1791, soit près d’une centaine de paravents complets.
Les panneaux étaient livrés non montés et assemblés par les tapissiers, le plus souvent en paravents de six feuilles. Ces objets répondaient à un usage à la fois pratique et décoratif : destinés à protéger des courants d’air ou à conserver la chaleur d’un feu, ils étaient placés dans les antichambres pour les grands formats, tandis que les modèles plus petits, comme celui-ci, prenaient place dans les appartements privés, notamment à Versailles, en harmonie avec les étoffes du mobilier (velours, damas ou brocart).
La conception de ces paravents reposait sur la collaboration de trois peintres principaux, dont les modèles furent utilisés tout au long de la production : Jean-Baptiste Belin de Fontenay, Claude Audran III et, comme pour celui-ci, François Desportes. Audran conçut les compositions décoratives — treillages fleuris, palmes et enroulements rocailles — tandis que Desportes réalisa les scènes animalières. Celles-ci, inspirées des fables de Ésope, diffusées en France par Jean de La Fontaine, semblent également devoir beaucoup aux illustrations de l’artiste anglais Francis Barlow (édition de 1666). Les six esquisses de Desportes sont aujourd’hui conservées aux archives de la manufacture de Sèvres, et deux aquarelles subsistent, notamment au Metropolitan Museum of Art.
Ce type de paravent d'après des cartons de François Desportes, tissé dès 1711 et pour la première fois dans sa forme aboutie en 1719, connut une diffusion exceptionnelle : 132 panneaux furent réalisés entre 1711 et 1720, avec un pic dès 1712, puis la production se poursuivit jusqu’aux années 1730 avant d’être encore livrée à Versailles jusque dans les années 1780. Les feuilles appartiennent au « troisième modèle » décrit par les archives, caractérisé par un sujet central tiré des fables, entouré d’une guirlande de fleurs au naturel et de rinceaux, avec des motifs en éventail aux extrémités. Les versions tardives, entre 1734 et 1738, auxquelles se rattache ce paravent, introduisent de nouvelles scènes, notamment un épervier attaquant un oiseau échassier et un canard, ainsi qu’un cacatoès aux ailes déployées entouré d’autres oiseaux.
De nombreux paravents comparables sont conservés dans des collections publiques et privées de premier plan. Des exemples se trouvent notamment au Mobilier national, au musée du Louvre, au J. Paul Getty Museum ou encore au palais royal de Stockholm.
Un paravent très comparable réalisé à la Manufacture de la Savonnerie d'après un carton de François Desportes, provenant des descendants de la famille Duvivier qui dirigeait la manufacture au XVIIIe siècle, est conservé dans le Grand Salon du Musée Nissim de Camondo (inv. CAM 141). L'un de ses panneaux, dont le carton est conservé dans les archives de la manufacture de Sèvres, est identique au nôtre, tandis que ses scènes animées d'animaux inspirées des fables d'Esope et de la Fontaine sont également encadrées de treillages fleuris, roses et palmes dans le goût rocaille.
Un paravent très similaire de la Manufacture de la Savonnerie d'après un carton de François Desportes a été vendu chez Christie's à New York le 2 novembre 2000, lot 244. Un autre paravent comparable a également été adjugé chez Christie's le 7 juillet 2011 (lot 43). Une suite de six panneaux de la manufacture de la Savonnerie d'époque Régence, d'après des cartons de de Claude Audran III et d'Alexandre Fraçois Desportes, aux alentours plus larges, a été vendue chez Christie's le 15 juin 2016 (lot 381). Un autre paravent similaire, d'époque Louis XVI, par la même manufacture et d'après les cartons du même peintre, a été vendu chez Christie's à New York dans la vente Rothschild Masterpieces le 11 octobre 2023, lot 36.
Les panneaux étaient livrés non montés et assemblés par les tapissiers, le plus souvent en paravents de six feuilles. Ces objets répondaient à un usage à la fois pratique et décoratif : destinés à protéger des courants d’air ou à conserver la chaleur d’un feu, ils étaient placés dans les antichambres pour les grands formats, tandis que les modèles plus petits, comme celui-ci, prenaient place dans les appartements privés, notamment à Versailles, en harmonie avec les étoffes du mobilier (velours, damas ou brocart).
La conception de ces paravents reposait sur la collaboration de trois peintres principaux, dont les modèles furent utilisés tout au long de la production : Jean-Baptiste Belin de Fontenay, Claude Audran III et, comme pour celui-ci, François Desportes. Audran conçut les compositions décoratives — treillages fleuris, palmes et enroulements rocailles — tandis que Desportes réalisa les scènes animalières. Celles-ci, inspirées des fables de Ésope, diffusées en France par Jean de La Fontaine, semblent également devoir beaucoup aux illustrations de l’artiste anglais Francis Barlow (édition de 1666). Les six esquisses de Desportes sont aujourd’hui conservées aux archives de la manufacture de Sèvres, et deux aquarelles subsistent, notamment au Metropolitan Museum of Art.
Ce type de paravent d'après des cartons de François Desportes, tissé dès 1711 et pour la première fois dans sa forme aboutie en 1719, connut une diffusion exceptionnelle : 132 panneaux furent réalisés entre 1711 et 1720, avec un pic dès 1712, puis la production se poursuivit jusqu’aux années 1730 avant d’être encore livrée à Versailles jusque dans les années 1780. Les feuilles appartiennent au « troisième modèle » décrit par les archives, caractérisé par un sujet central tiré des fables, entouré d’une guirlande de fleurs au naturel et de rinceaux, avec des motifs en éventail aux extrémités. Les versions tardives, entre 1734 et 1738, auxquelles se rattache ce paravent, introduisent de nouvelles scènes, notamment un épervier attaquant un oiseau échassier et un canard, ainsi qu’un cacatoès aux ailes déployées entouré d’autres oiseaux.
De nombreux paravents comparables sont conservés dans des collections publiques et privées de premier plan. Des exemples se trouvent notamment au Mobilier national, au musée du Louvre, au J. Paul Getty Museum ou encore au palais royal de Stockholm.
Un paravent très comparable réalisé à la Manufacture de la Savonnerie d'après un carton de François Desportes, provenant des descendants de la famille Duvivier qui dirigeait la manufacture au XVIIIe siècle, est conservé dans le Grand Salon du Musée Nissim de Camondo (inv. CAM 141). L'un de ses panneaux, dont le carton est conservé dans les archives de la manufacture de Sèvres, est identique au nôtre, tandis que ses scènes animées d'animaux inspirées des fables d'Esope et de la Fontaine sont également encadrées de treillages fleuris, roses et palmes dans le goût rocaille.
Un paravent très similaire de la Manufacture de la Savonnerie d'après un carton de François Desportes a été vendu chez Christie's à New York le 2 novembre 2000, lot 244. Un autre paravent comparable a également été adjugé chez Christie's le 7 juillet 2011 (lot 43). Une suite de six panneaux de la manufacture de la Savonnerie d'époque Régence, d'après des cartons de de Claude Audran III et d'Alexandre Fraçois Desportes, aux alentours plus larges, a été vendue chez Christie's le 15 juin 2016 (lot 381). Un autre paravent similaire, d'époque Louis XVI, par la même manufacture et d'après les cartons du même peintre, a été vendu chez Christie's à New York dans la vente Rothschild Masterpieces le 11 octobre 2023, lot 36.
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