Pierre Bonnard (1867-1947)
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Provenant d'une collection privée prestigieuse, France
Pierre Bonnard (1867-1947)

Corbeille de fruits

細節
Pierre Bonnard (1867-1947)
Corbeille de fruits
signé 'Bonnard' (en bas à droite)
huile sur toile
46 x 55.2 cm.
Peint vers 1945

signed 'Bonnard' (lower right)
oil on canvas
18 1⁄8 x 21 5⁄8 in.
Painted circa 1945
來源
Collection particulière, Paris (vers les années 1950).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
出版
J. et H. Dauberville, Bonnard, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, 1940-1947 et supplément 1887-1939, Paris, 1974, vol. IV, p. 81, no. 1659 (illustré).
展覽
Lille, Palais des Beaux-Arts, Un demi-siècle de Peinture Française, 1900-1950, juin-juillet 1950, no. 8 (titré 'Nature morte' et daté '1947').
拍場告示
Veuillez noter que ce lot, qui n’avait pas été marqué par un symbole dans le catalogue, est maintenant soumis à une garantie de prix minimum et a été financé avec l’aide d’un tiers qui enchérit sur les lots et peut recevoir une rémunération de Christie’s.
Please note that this lot, which is not marked with a symbol in the catalogue, is now subject to a minimum price guarantee and has been financed by a third party who is bidding on these lots and may receive a financing fee from Christie’s.

榮譽呈獻

Lou Clinton-Celini
Lou Clinton-Celini Junior Specialist, Acting Head of Day Sale

拍品專文

Dans les dernières années de sa vie, Pierre Bonnard fait de la nature morte l’un de ses terrains d’expérimentation privilégiés. Installé au Cannet depuis les années 1920 et retiré au Bosquet à partir de 1939, il puise dans son environnement immédiat - intérieur, jardin, table, fruits, vaisselle - des motifs qu’il transforme progressivement par la couleur et la lumière. L’objet devient le point de départ d’une recherche sur la perception, la mémoire et les rapports entre les couleurs. En effet, Bonnard travaillait généralement à partir de croquis et de notes plutôt que devant le motif lui-même, recomposant ensuite ses sujets dans l’atelier.

Peinte vers 1945, Corbeille de fruits appartient pleinement à cette ultime période. Au premier plan, une corbeille chargée de fruits s’impose sur une table dominée par des rouges profonds. Les verts, les bleus et les jaunes des fruits introduisent dans cette masse chaude une succession de couleurs éclatantes, tandis que le fond semble se dissoudre dans une succession de touches et de plans colorés. La composition est dynamique et rythmée, la table paraît se relever vers le spectateur, les différents éléments s’interpénètrent et les contours restent soumis à la vibration de la touche.
Chez Bonnard, la nature morte devient alors un équilibre de sensations. La corbeille agit comme un foyer chromatique autour duquel s’organise toute la surface du tableau. Les fruits eux-mêmes sont à peine individualisés, leur volume naissant de juxtaposition de tons, de touches rapides et de rehauts lumineux plutôt que d’un dessin précis. Cette dissolution du contour au profit de la couleur est caractéristique de ses œuvres tardives, dans lesquelles le motif demeure identifiable tout en se rapprochant d’une forme d’abstraction. Il créé ici un dialogue fécond entre objets, couleurs et géométrie de l’espace.

La nature morte accompagne Bonnard tout au long de sa carrière, mais les œuvres des années 1940 en proposent une réinterprétation particulièrement radicale. Le même vocabulaire domestique - corbeilles, fruits, tables, vaisselle - peut être sans cesse recomposé, comme si chaque nouvelle toile permettait de reprendre l’expérience visuelle à zéro. Dans Corbeille de fruits, la simplicité du sujet contraste ainsi avec la complexité de la peinture. Pour l’artiste, la matière, la couleur et la profondeur sont continuellement remises en jeu, jusqu’à faire du quotidien un espace presque entièrement pictural.

Présentée dès 1950 au Palais des Beaux-Arts de Lille, l’œuvre fut ainsi montrée quelques années seulement après sa réalisation et témoigne de la maturité accomplie d’un artiste qui, jusqu’à la fin de sa vie, renouvela profondément les possibilités de la peinture de nature morte.


In the final years of his life, Pierre Bonnard made the still life one of his principal fields of experimentation. Having settled in Le Cannet in the 1920s and withdrawn to Le Bosquet from 1939 onward, he drew inspiration from his immediate surroundings - interiors, gardens, tables, fruit, and tableware - transforming these motifs progressively through colour and light. The object became the starting point for an exploration of perception, memory, and the relationships between colours. Indeed, Bonnard generally worked from sketches and notes rather than directly in front of the subject, later recomposing his motifs in the studio.

Painted around 1945, Basket of Fruit belongs fully to this final period. In the foreground, a basket filled with fruit dominates a table characterised by deep reds. The greens, blues, and yellows of the fruit introduce a succession of vivid colours into this warm mass, while the background seems to dissolve into a succession of brushstrokes and planes of colour. The composition is dynamic and rhythmic; the table appears to rise towards the viewer, the different elements interpenetrate, and the contours remain subject to the vibration of the brushwork.
For Bonnard, the still life thus became an equilibrium of sensations. The basket acts as a chromatic focal point around which the entire surface of the painting is organised. The fruits themselves are barely individualised, their volume emerging from the juxtaposition of tones, rapid brushstrokes, and luminous highlights rather than from precise drawing. This dissolution of contours in favour of colour is characteristic of his late works, in which the motif remains recognisable while moving towards a form of abstraction. Here, he creates a fruitful dialogue between objects, colours, and the geometry of space.

Still life accompanied Bonnard throughout his career, but the works of the 1940s offer a particularly radical reinterpretation of the genre. The same domestic vocabulary—baskets, fruit, tables, and tableware—could be endlessly recomposed, as though each new painting allowed him to begin the visual experience anew. In Basket of Fruit, the simplicity of the subject therefore contrasts with the complexity of the painting. For the artist, matter, colour, and depth were continually reconsidered, transforming the everyday into an almost entirely pictorial space.

First exhibited in 1950 at the Palais des Beaux-Arts in Lille, the work was therefore shown only a few years after its creation. It bears witness to the fully mature achievement of an artist who, until the end of his life, profoundly renewed the possibilities of still-life painting.

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