• Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 76

    THOMAS GAINSBOROUGH (SUDBURY 1727-1788 LONDON)

    Portrait de Giusto Ferdinando Tenducci tenant une partition

    Price Realised  

    THOMAS GAINSBOROUGH (SUDBURY 1727-1788 LONDON)
    Portrait de Giusto Ferdinando Tenducci tenant une partition
    huile sur toile
    76,6 x 64 cm. (30 x 25 in.)


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    De tous les portraits peints par Gainsborough durant son séjour à Bath (1754-1774), un nombre significatif est consacré aux musiciens, tant amateurs que professionnels. Gainsborough potrait un intérêt immense à la musique. Il nourrissait alors d'étroites relations avec la société des musiciens de Bath et le cercle de ses proches comptait quantité d'éminents musiciens de son temps. Les portraits de ses amis et de ses connaissances sont parmi les tableaux les plus sensibles et fascinants de la période. Les manifestations musicales, tant publiques que privées, étaient au coeur de la vie de cette ville au milieu du XVIIIème siècle. Les oeuvres que l'artiste réalisa à cette époque sont autant de témoignages de l'importance de ces rendez-vous qui constituaient une partie du rituel attaché à la vie sociale de la ville. Comme le note Susan Sloman, il ne faut voir aucune coïncidence dans le fait que 'les deux chefs-d'oeuvre qui encadrent le début et la fin de la période de Gainsborough à Bath sont deux tableaux représentant des musiciens, le portrait d'Ann Ford exposé à Abbey Street en 1760 et celui de Johann Christian Fisher montré au Cirque en 1774'(op.cit. p. 100). Gainsborough, dont l'amour de la musique était déjà évident avant qu'il ne rejoigne Bath, a pu développer ses connaissances musicales au contact des meilleurs virtuoses de l'époque, tel Carl Friedrich Abel (1725-1795) ou le hauboïste Johann Christian Fisher (1733-1800), mais aussi grâce aux nombreux musiciens professionnels de passage à Bath dans les années 1760, qui devinrent souvent par la suite des amis intimes. Parmi ses proches figuraient aussi Thomas Chilcot (c.1706-1766), organiste à l'Abbaye de Bath, le rendez-vous phare de la ville, l'organiste John Stanley (1712-1786) et le célèbre chanteur Thomas Linley (1733-1795), l'un des personnages les plus marquants de la société des musiciens de Bath. Linley, dont Gainsborough fit le portrait vers 1771, fut sans doute celui qui introduisit Tenducci à Bath où il devint le favori du public. Il semblerait que celui-ci ait été présenté à Gainsborough par l'intermédiaire de leur ami commun, le compositeur Johann Christian Bach.

    Le célèbre chanteur et compositeur Giusto Ferdinando Tenducci (c.1735-1790), né à Sienne et formé au Conservatoire de Naples dans les années 1744-1750, principalement par le castrat Caffarelli en 1750, a fait ses débuts comme soprano-castrat à Cagliari en 1750 lors de la cérémonie de mariage du Duc de Savoie puis vint à Londres à l'automne 1758 pour devenir le chanteur en second au King's Theater. Il fut particulèrement remarqué dans l'opéra de Cocchi Ciro riconsciuto où son talent éclipsa la prestation du chanteur principal Potenza. Il apparut dans le rôle d'Arbace dans l'opéra Artaxerxès du compositeur anglais Thomas Arne à Covent Garden en 1762. Il y reçut un accueil triomphal pour son interprétation de Water Parted from the sea et chanta à Salisbury en 1762-64, ainsi que tous les étés de 1761 à 1764 dans les Jardins du Ranelagh. Dans sa nouvelle Humphrey Clinker (1771), Tobias Smollet nous donne un aperçu de la qualité de sa voix par l'intermédiaire de Lydia Melford qui décrit une visite au Ranelagh:

    'J'entendis là le fameux Tenducci qui arrivait d'Italie. Aux yeux du monde, il avait l'air d'un homme, même si on disait qu'il ne l'était pas. Sa voix, sans aucun doute, n'était ni celle d'un homme, ni celle d'une femme; mais elle était plus mélodieuse encore. Et elle vibrait si divinement, qu'en l'écoutant, je me suis crue au Paradis.'

    Connu tant pour sa vanité que son extravagance, Tenducci passa l'essentiel de sa carrière à échapper à ses créanciers. Il partit pour l'Irlande en 1765, où il triompha au Smock Alley Theater. Sa romance avec la riche et jeune héritière, Mlle Dorothea Maunsell, fille de Thomas Maunsell, puissant avocat, fit encore parler de lui. Le couple partit pour Edimbourg en 1768, puis pour Londres en 1769. Tenducci y chanta à Covent garden et au King's Theater. En 1771, il dut fuir en Italie. Il y chanta pendant cinq ans dans les principaux opéras de Rome, Naples et Venise. Il revint à Londres en 1777, mais l'année suivantes des difficultés financières le forcèrent à nouveau à quitter Londres, cette fois pour la France. Grâce à l'entremise de Johann Christian Bach, compositeur et ami dévoué, il rencontra Mozart qui lui écrivit une Scène. Revenu à Londres l'année suivante, il chanta dans des concerts quoi qu'il fît encore quelques apparitions dans des opéras et publia dans les années 1785, Instructions of Mr. Tenducci to his Scholars. Il dirigea aussi le célèbre festival de Händel à l'Abbaye de Westminster de 1784 jusqu'à son départ d'Angleterre. En 1786, il se retira en Italie et mourut à Gênes en 1790.

    Ce portrait de Tenducci, sans doute peint en 1773-1775, est l'un des deux portraits que Gainsborough a fait du castrat. De dimensions et de compositions similaires, le deuxième a d'abord appartenu à la collection de Samuel Archbutt, et plus tard à celle de John Neeld. Il se trouve aujourd'hui au Barber Institute of Fine Art, à l'Université de Birmingham (E.K. Waterhouse, Gainsborough, London, 1958, p. 92, no. 656). Dans les deux tableaux, Tenducci est présenté à mi-corps et tient une partition de musique dans sa main gauche. La présente composition est plus achevée que la version du Barber Institute et montre également la main droite du chanteur faisant un geste vers le livret. Certains doutes ont été émis dans le passé sur l'identification des modèles de ces portraits de Tenducci, par comparaison avec celui du castrat exécuté par Thomas Beach qui avait été exposé à la Society of Artists en 1783. Mais la comparaison ne permet de conclure ni dans un sens, ni dans l'autre. Le portrait de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé avait appartenu au chanteur John Braham (1774-1856), un contemporain de Tenducci ayant vraisemblablement connu le compositeur - au moins de vue - ce qui conforte cette identification.

    Nous remercions Monsieur Hugh Belsey pour son assistance lors de la rédaction de cette notice.

    Special Notice

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    Provenance

    (possiblement) Mr. Broderip (mort en 1807), libraire à Haymarket; sa vente, Christie's Londres, 26 Mars 1807, lot 104 (invendu).
    John Braham (1774-1856).
    Galerie Hogarth and Sons; leur vente, Christie's, Londres, 25 mai 1867, lot 110 (invendu).
    John Heugh, Holmwood; sa vente, Christie's, Londres, 25 avril 1874, lot 163; où acquis par
    Galerie Agnew (Albert Lévy) pour 340 gns; sa vente, Christie's, Londres, 6 avril 1876, lot 291; où acquis par
    Gray Hill pour 240 gns, resté en sa possession jusqu'en 1904.
    Galerie Wertheimer; d'où acquis par
    Un collectionneur privé et par descendance à son petit neveu le Colonel Ian Whigham.
    Galerie Heim, Londres.
    Galerie Artemis, Londres.
    Galerie Alain Tarica, Paris; d'où acquis en 1982 par
    Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.


    Literature

    W. Armstrong, Gainsborough, Londres, 1898, p. 203.
    L. Stainton, Gainsborough and his Musical Friends, cat. exp., Iveagh Bequest, Kenwood, 1977, sous le no. 7.
    John Hayes, Thomas Gainsborough, cat. exp., Palazzo de Diamanti, Ferrara, 1998, sous le no. 16.
    S. Sloman, Gainsborough in Bath, New Haven and London, 2002, p. 105, pl. 83 (localisation inconnue).
    Connaissance des Arts, no. 634, janvier 2006, p. 48.


    Exhibited

    Londres, Royal Academy, Gainsborough, 1st winter exhibition, 1870, no. 106.
    Londres, Grosvenor Gallery, Works of Thomas Gainsborough and Richard Doyle, 1885.


    Post Lot Text

    Portrait of Giusto Tenducci
    oil on canvas

    Among the portraits that Gainsborough executed while living and working in Bath (1754-1774) a significant number were of musicians, both amateur and professional. Gainsborough had a deep interest in music and was closely entwined in Bath musical circles, counting many of the most prominent musical figures of the day among his coterie of close friends. His portraits of his musical friends and acquaintances are among the most sensitive and compelling of his Bath period portraits. Musical performances, both public and private were central to life in mid-18th Century Bath and formed part of the ritual of social life in the city and Gainsborough's work in the city reflects this. It is not a coincidence that, as Susan Sloman points out, 'The two great showpiece portraits that marked the beginning and end of Gainsborough's Bath career are both of musicians, the portrait of Ann Ford exhibited at Abbey Street in 1760 and that of Johann Christian Fischer shown at the Circus in 1774'(op.cit., p. 100). Gainsborough, whose love of music was evident before his move to Bath, was able there to develop his understanding of music in the company of many of the great virtuoso performers of the day, such as Carl Friedrich Abel (1725-1787) and the oboist Johann Christian Fischer (1733-1800), and many of the professional musicians who visited the city in the 1760s were to become lifelong friends. Among Gainsborough's intimate circle of musical friends, most of whom he portrayed, were many of the central figures in Bath's musical world such as Thomas Chilcot (c. 1706-1766), organist for Bath Abbey, the most prestigious musical appointment in the City, the organist John Stanley (1712-1786), and the celebrated singer Thomas Linley (1733-95), one of the leading figures in Bath's musical life. Linley, of whom Gainsborough executed a portrait in circa 1771, was closely connected to almost all of Gainsborough's musical sitters in Bath, and it was he who first introduced Tenducci, who was to become such a favourite of Bath audiences, to the city. It seems likely that he was introduced to Gainsborough through their mutual friend the composer Johann Christian Bach.

    The singer, composer, and celebrity Giusto Ferdinando Tenducci (c. 1735-1790), who was born in Siena and trained at the Naples Conservatory (c. 1744-50), where his principal singing teacher was the castrato Caffarelli, had made his debut as a soprano castrato at Cagliari in 1750 during the marriage celebrations of the Duke of Savoy. He had moved to London in the autumn of 1758 as 'second man' at the King's Theatre, where he attracted particular attention in Cocchi's opera Ciro Riconosciuto in which his talent eclipsed the principal singer Potenza. In 1762, he appeared as Arbaces in Thomas Arne's English opera Artaxerxes at Covent Garden, in which he was much acclaimed for his singing of Water Parted from the Sea, and he sang at the Salisbury festivals in 1762-1764, and each summer from 1761 to 1764 at Ranelagh Gardens. Something of the quality of his voice was captured by Tobias Smollett in his novel Humphrey Clinker (1771) in which Lydia Melford describes a visit to Ranelagh:

    'There I heard the famous Tenducci, a thing from Italy; It looks for all the world like a man, though they say it is not. The voice to be sure, is neither man's nor woman's; but it is more melodious that either; and it warbled so divinely, that, while I listened, I really thought myself in paradise.'

    Notorious for both his vanity and his extravagance, Tenducci was to spend much of his career trying to keep a step ahead of his creditors. He moved to Ireland in 1765, where he had great success at the Smock Alley Theatre, but caused a sensation there with his elopement with Miss Dorothea Maunsell, the wealthy young daughter of Thomas Maunsell, an influential barrister. The couple moved to Edinburgh in 1768, and then to London in 1769, where Tenducci sang at Covent Garden and the King's Theater, and where they settled until debts obliged them to leave temporarily for Italy in 1771. Over the next five years Tenducci sang in many of the great operatic centres, including Rome, Naples and Venice. He reappeared on the London stage in 1777, but the following year financial difficulties once more obliged him to leave London, this time for France, where, with his friend the composer Johann Christian Bach, he in August 1778 met Mozart, who wrote a Scena for him. He returned to London once more the following year. There he occupied himself singing principally at concerts, but still made appearances in operas. He also gained a reputation as a teacher, publishing his Instruction of Mr Tenducci to his Scholars (circa 1785) and also directed the celebrated Handel festivals in Westminster Abbey from 1784. He retired from public performances in 1786 and afterwards left England for Italy and died in Genoa in 1790.

    This portrait of Tenducci, which is thought likely to have been painted in circa 1773-1775, is one of two portraits of Tenducci executed by Gainsborough at that time which are of similar format and composition. The other, which is first recorded in the collection of Samuel Archbutt, and later in that of John Neeld, is now in Barber Institute of Fine Arts, University of Birmingham (E.K. Waterhouse, Gainsborough, London, 1958, p. 92, no. 656). In both Tenducci is shown, half-length, holding a sheet of music in his left hand. The present composition differs from the Barber Institute portrait, which is less finished, in that it includes the singer's right hand gesturing toward the sheet of music in his left hand. While in the past some doubt was cast on the identification of the sitter in these portraits as Tenducci, on the basis of comparison with the portrait of him by Thomas Beach which was exhibited at the Society of Artists in 1783, comparison of the portraits is not conclusive either way. However, the fact that the present picture was in the collection of the celebrated English Tenor John Braham (1774-1856), a contemporary of Tenducci's, who must have known the composer at least by sight, supports the identification.

    We are grateful to Hugh Belsey for his assistance with the catalogue entry.