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    Sale 1209

    Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

    23 - 25 February 2009, Paris

  • Lot 276

    EILEEN GRAY (1878-1976)

    FAUTEUIL AUX DRAGONS, VERS 1917-1919

    Price Realised  

    Estimate

    EILEEN GRAY (1878-1976)
    FAUTEUIL AUX DRAGONS, VERS 1917-1919
    De forme arrondie, gainé de cuir brun postérieur, le dossier capitonné, la structure en bois laqué brun orangé à inclusions de feuilles d'argent patinées, à motif en léger relief de nuages stylisés laqués brun, figurant deux dragons, les têtes sculptées dans les accotoirs, les yeux laqués noir sur fond blanc, les corps se prolongeant dans la base sinueuse à l'arrière du siège
    Hauteur : 61 cm. (24 in.) ; Largeur : 91 cm. (35¾ in.) ; Profondeur : 67 cm. (26 3/8 in.)


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    Suzanne Talbot acquiert le fauteuil 'aux dragons' directement auprès d'Eileen Gray. Elle sera la première à lui commander un aménagement intérieur complet. Le caractère exotique et symbolique du siège le situe dans la première phase de création de l'artiste, si personnelle et intimiste, emprunte de poésie et d'un certain mystère. Il s'apparente à l'esprit des panneaux décoratifs et paravents, qu'elle expose pour la première fois publiquement en 1913 et de celui des oeuvres publiées dans le premier article personnel que la parution anglaise de Vogue lui consacre en 1917. Il est à rapprocher de l'enfilade en laque (lot 243), réalisée vers 1915-1917, dont le décor des poignées de tirage et des chapiteaux des pieds sont de la même inspiration asiatique, contrastant avec les paravents 'brique' et les boiseries laquées à décor géométrique qu'Eileen Gray réalise pour l'appartement rue de Lota, vers 1920-1922.

    Génie de la force et de la bonté, de la protection et de la vigilance dans la culture chinoise, le dragon, tel qu'il est 'mis en scène' dans notre siège, en évoque une représentation courante en Chine. Il est souvent illustré jouant avec la "perle" (zhu) symbole de puissance et de gloire, associée à la lune, au roulement du tonnerre, à l'oeuf, au joyau de l'omnipotence ou à la "perle qui brille dans la nuit" selon les interprétations. La forme enveloppante du fauteuil lui-même, le dessin arrondi de l'assise ainsi que le traitement capitonné du dossier tout comme le tissu d'origine clair, laissent à imaginer une transposition de cette représentation traditionnelle, par l'évocation d'une perle dans son coquillage. Les nuages stylisés qui ornent les corps des deux dragons sculptés semblent de la même manière faire référence aux nuages stylisés, accompagnés de flammes, qui figurent toujours autour des dragons dans la tradition chinoise. Enfin symbole positif, le dragon apparaît souriant dans certaines illustrations chinoises à l'image de ceux qui composent la structure du fauteuil. Il constitue une pièce maîtresse dans l'oeuvre d'Eileen Gray de par son inventivité et sa qualité d'exécution, marquant la première phase de son évolution artistique

    Special Notice

    No VAT will be charged on the hammer price, but VAT payable at 19.6% (5.5% for books) will be added to the buyer’s premium which is invoiced on a VAT inclusive basis


    Provenance

    Collection Suzanne Talbot (à la ville madame Mathieu-Lévy), appartement rue de Lota, Paris, 16ème arrondissement.
    Robert et Cheska Vallois, Paris, 1971.
    Collection Michel Perinet, 1973.


    Saleroom Notice

    La provenance de ce lot est : 'Dépôt 15'- Robert et Cheska Vallois, Jacques De Vos, Paris 1972.
    The provenance of this lot is : 'Dépôt 15'- Robert et Cheska Vallois, Jacques De Vos, Paris 1972.


    Literature

    M. Asie, De l'évolution des styles, dans L'Illustration, n. 4708, 27 mai, Paris, 1933.
    Philippe Julian, Les années '20 revues dans les années '70 chez Yves Saint-Laurent, id., p. 105.
    Yvonne Brunhammer, Le Style 1925, id., p. 83 pour une vue in situ dans l'appartement d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.
    A. Russel/Ph. Garner/J. Read, A century of chairs design, Academy, London, 1980, p. 99.
    Victor Arwas, Art Deco, id., p. 74.
    B. Loye, Eileen Gray 1879-1976 architecture design, Analeph/Viguier, Paris, 1984, p. 44 et 73.
    Joan Juliet Buck, Chez Yves Saint Laurent, id. p. 95-96, p. 99.
    John Richardson, The Art of Yves Saint Laurent, id., p. 170, p. 173.
    S. Anargyros, Remember Eileen Gray, Air France Madame n. 16, Paris, 1990, p. 93.
    A. Massey, Interior design of the 20th century, Thames & Hudson, London, 1990, p. 101.
    G. Fanelli/R. Gargiani, Ornamento o nudita, Laterza, Rome, 1993, p. 61.
    Philippe Garner, Eileen Gray Designer and Architect, id., p. 70 pour une vue in situ tirée de la revue l'Illustration dans l'appartement rue de Lota redécoré par Paul Ruaud en 1933 et p. 71. François Baudot, Eileen Gray, éditions Assouline, Paris, 1998, p. 58-59 pour une vue in situ dans l'appartement rue de Lota.
    Peter Adam, Eileen Gray, Architect Designer, Thames & Hudson, Londres, 2000, p. 100.
    Patricia Bayer, Intérieurs Art Déco, Thames & Hudson, Paris, 2000, p. 86 pour une vue in situ dans l'appartement rue de Lota en 1933.
    P. Rowland, Eileen Gray, Chronicle Books, San Francisco, 2002, p. 40.
    K.-J. Sembach, Le design du meuble au XXème siècle, Taschen, Cologne, 2002, p. 142.
    Les chefs-d'oeuvre de la collection Yves Saint Laurent Pierre Bergé, dans Connaissance des Arts, id.
    Jérôme Coignard, Chez Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, id., p. 46 et 49.
    Laurence Benaïm, Yves Saint Laurent, id.


    Post Lot Text

    THE 'DRAGONS' ARMCHAIR, CIRCA 1917-1919
    In the form of unfurling petals, upholstered in brown leather, the frame in sculpted wood, lacquered brownish orange and silver and modelled as the serpentine, intertwined bodies of two dragons, their eyes in black lacquer on a white ground, their bodies decorated in low relief with stylised clouds

    The unique and remarkable 'Dragons' armchair was acquired from Miss Gray by Suzanne Talbot, the first patron to provide her with an opportunity to create a complete environment. The exotic, symbolist character of the piece situates it conceptually within the first phase of Miss Gray's creative cycle. It aligns with the figurative panels and screens that can be traced to her first public exhibit in 1913 and the first published feature on her, in British Vogue, of 1917; it has an altogether different spirit from that evidenced in reductionist features such as the 'brick' wall panelling and screens that gave the Suzanne Talbot apartment so radically modern a character. The armchair distils all that was so personal and so magical in the first, intimately expressive phase of Miss Gray's career -- surprising, imaginative, subtly sculpted and crafted, it is a masterpiece of invention and execution.

    The dragon has a history in Chinese iconography as a symbol of strength and goodness, with the power to protect and to guard. The dragon is often illustrated toying with a pearl (
    zhu) which in turn is a symbol of strength associated with the moon and with thunder; this ovoid jewel can represent omnipotence or the light of the moon. The entire sculptural form of the present armchair could be interpreted as representing a pearl within its shell, encircled by the dragons. The stylised clouds on the bodies of the dragons call to mind the clouds, often accompanied with flame motifs, that are a regular feature of traditional Chinese imagery