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PARTIE DE SERVICE A DESSERT ARMORIE EN PORCELAINE DE SEVRES DU XVIIIE SIECLE
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Le service Hope
PARTIE DE SERVICE A DESSERT ARMORIE EN PORCELAINE DE SEVRES DU XVIIIE SIECLE

CIRCA 1787-88, DIVERSES MARQUES EN BLEU, MAUVE ET OR AUX DEUX L ENTRELACES, LETTRES DATES KK POUR 1786 ET LL POUR 1787, DIVERSES MARQUES DE PEINTRES ET DE DOREURS, MARQUES EN CREUX

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PARTIE DE SERVICE A DESSERT ARMORIE EN PORCELAINE DE SEVRES DU XVIIIE SIECLE
CIRCA 1787-88, DIVERSES MARQUES EN BLEU, MAUVE ET OR AUX DEUX L ENTRELACES, LETTRES DATES KK POUR 1786 ET LL POUR 1787, DIVERSES MARQUES DE PEINTRES ET DE DOREURS, MARQUES EN CREUX
A décor au centre d’une corbeille en osier garnie de fleurs sur un entablement avec des fruits dans un médaillon or entouré d’une frise de fleurs, frise de fleurs similaire sur la chute et filets or, l’aile à décor de trois réserves rectangulaires à pans coupés enfermant sur la partie haute des armoiries avec heaume, tenants, devise et guirlandes de roses, les deux autres sur les côtés avec des profils a l’imitation de camées dans des cartouches or entourés de guirlandes de fleurs ; ces réserves se détachant sur un fond bleu enrichi de larges frises or composées de couronnes de fleurs, couronnes de perles et arabesques feuillagées, filet or sur le bord, (en général quelques rayures, égrenures et usures à l’or) comprenant :
soixante-quatre assiettes (six avec un éclat, une avec un petit éclat restauré, une avec défaut de cuisson),
quatre compotiers ronds (un avec un éclat sur le bord et fêlures associées),
trois compotiers coquille (petits éclats à une anse),
quatre compotiers carrés,
quatre compotiers ovales,
deux sucriers « Monsieur le Premier » et leurs couvercles (un avec corps rattaché et un couvercle restauré),
deux plateaux à deux confituriers et leurs couvercles (un couvercle avec petit éclat),
deux plateaux à trois confituriers et leurs couvercles (un plateau restauré et avec un des bols restauré, un couvercle avec restaurations, un autre couvercle avec petit éclat au bord),
deux glacières, leurs couvercles et deux intérieurs (un pied recollé, petits éclats à un couvercle),
trois « seaux à demi bouteille ordinaire »,
un « seau à liqueur ovale », quatre saladiers (un avec fêlures sur le bord) 
L. du seau à liqueur ovale: 30,5 cm. (12 in.)
Provenance
Livré à Jean-Baptiste Lefebvre pour M. Henry Hope, le 23 février 1788.
John Williams Hope et Anne Godard (nièce de Henry Hope), 1811.
W. Williams Hope, Esq. (leur fils), Paris et Rushton Hall, Northamptonshire.
Succession de W. Williams Hope, Esq, vente Maitre Pouchet, sur place, Hôtel particulier de William Hope, Paris, 4-16 juin 1855, lot 252 (un illus., 20,500 francs).
The Property of a Nobleman; Christie’s, London, 24 mai 1876, lot 307 (un illus., 4,500 livres au comte de Dudley).
Le très Honorable, Feu comte de Dudley, Christie’s, Londres, 21 mai 1886, lot 173 (acquis par A. Hope pour 1900 guinées).
Collection M.X., Maitre H. Baudoin, vente Galerie Georges Petit, , Paris, 22 mai 1911, lot 40. (Vendu pour 56,580 francs, amputé de cinq assiettes, à probablement à Ducrey probablement pour Michel Ephrussi)
Probablement acquis dans le années 1950 chez Pietro Accorsi, Turin et par descendance au propriétaire actuel.
Literature
Guillaume Séret, “Porcelaines étrangères – 1933”, Les Rothschild - Une dynastie de mécènes en France, [sous la direction de Pauline Prévost-Marcilhacy], vol. II, Paris, Paris, 2016, footnote 46.
Post lot text
A LATE 18TH CENTURY SEVRES PORCELAIN ARMORIAL BLUE-GROUND DESSERT SERVICE

十八世紀末賽佛爾瓷器紋章藍地甜品餐具

Lot Essay

Henry Hope (1735-1811).
Riche banquier et grand collectionneur d’Amsterdam, était en fait né à Boston dans les colonies de la baie de Massachusetts au nord-est de l’Amérique. Il étudie d’abord en Angleterre et fait « ses armes » dans la société bancaire Gurnell, Hoare & Harman de Londres. En 1762, il émigre aux Pays-Bas pour retrouver son oncle qui gère la banque d’Amsterdam Hope & Co. Amsterdam était à l’époque un des plus grands centres européens du commerce et cette banque jouait un rôle prépondérant dans les finances de la VOC (Dutch East India Company) notamment.
A travers ses nombreuses activités de marchand et de banquier, Henry Hope a constitué une très importante fortune et large collection d’œuvres d’art qui était conservée dans sa maison de Haarlem, Welgelegen. En 1779, il devient directeur de Hope & Co, mais finalement fuit en 1794 avec sa famille pour repartir en Angleterre et échapper aux révolutionnaires français ; il emporte avec lui 372 peintures, dont des toiles de Frans Hals, Rubens, Rembrandt et van Dyck. Il crée la branche anglaise de Hope & Co à Londres et se rapproche du banquier anglais Francis Baring. Il meurt en 1811 sans enfant, léguant sa vaste fortune, collections et domaines à sa famille. Une de ses nièces va particulièrement en être la bénéficiaire, Anne Godard. Anne Godard épousera un certain William Williams qui va rattacher à son nom celui de Hope en souvenir de l’oncle de son épouse pour devenir William Williams Hope ; il décède en 1855 et une partie de ses biens sont vendus, dont très probablement le service qui nous intéresse.


La commande.
Commandé par Henry Hope en 1787, ce service sera livré en 1788. Il comprenait 108 pièces pour un montant global de près de 13.000 livres. Cette commande avait été arrangée par le biais d’un antiquaire d’Amsterdam Jean-Baptiste Lefebvre, marchand qui généralement obtenait des réductions à hauteur de 12%. Les archives de Sèvres-Cité de la Céramique conservent trace de cette livraison dans les registres du magasin de vente (Vy 10, folio 227, verso) :
Livré à M Lefebvre / Du 23 février 1788 / Service Beau bleu armoiries
Cet ensemble correspond donc à la plus grande partie conservée dans son entièreté, dont il ne manque que treize éléments. Cinq pièces sont répertoriées dans les collections publiques françaises :
-un seau à demi-bouteille, à Sèvres-Cité de la Céramique
-une assiette, à Sèvres-Cité de la Céramique
-une assiette, au Musée du Louvre
-une assiette, au Musée Adrien Dubouché, Limoges
-une verrière, au Indianapolis Museum of Art at Newfields, Indianapolis, IN


Le décor.
Ce décor n’est pas sans rappeler celui utilisé pour le service du comte de Aranda (1719-98), propriétaire de la manufacture de Alcora, ambassadeur de Charles III près du roi Auguste III de Pologne, puis nommé le 28 février 1792 secrétaire d'État du Roi Charles IV d'Espagne. Ce service avait été réalisé et donné sur ordre du roi Louis XVI en septembre 1787.
Même si autour de ces années, on constate un goût prononcé pour le style néoclassique, force est de constater que le décor du service Hope est beaucoup plus riche que celui du comte de Aranda, avec notamment l’emploi d’un répertoire décoratif de camées d’après l’Antique, et d’armoiries très élaborées. Ce décor fait partie des très rares décors dont on retrouve le dessin préparatoire dans l’Album préparatoires des assiettes, sur laquelle page figure d’ailleurs le nom en toutes lettres du commanditaire « Pr. Mr Lefbure d’Amsterdam ». Les armoiries sont un petit peu différentes dans la réalité, et se rapprochent en fait beaucoup plus de celles des Hope of Craighall qui comprennent la devise ‘AT SPES INFRACTA’.
Un autre service un peu plus tardif (livré en 1792), et d’esprit similaire est certainement le service Sudell. Commandé par un anglais et livré via Jean-Frédéric Perregaux et son associé J. Lanos le 31 décembre 1792, il est un des très rares autres services armoriés produits par la manufacture royale; cf. David Peters, Sèvres Plates and Services of the 18th Century, Little Berkhamsted, 2005, vol. IV, cat. n.92-31 et Vol. VI, p. 1470.

Encore une fois, les archives de Sèvres-Cité de la Céramique, et particulièrement les Registres des travaux des peintres, permettent d’avoir une idée du nombre de peintres et de doreurs qui ont pu travailler sur ce service. Il est d’ailleurs intéressant de constater à l’étude des marques que portent les pièces, qu’il semblerait que certaines mêmes formes aient été confiées aux mêmes artistes. On peut en dénombrer un certain nombre, comprenant : Barrat oncle, Boileau fils, Bulidon, Guillaume Buteux, Chauvaux, Commelin, L’Ecot, Girard, Hirel de Choisy, Le Gay, La France, de Laroche, Massy, Méreaud, Mirey, Nicquet, Noualhier, Philippine, Prevost, Mme Taillandier, Tandart, Vandé, Vincent notamment.

Pour une étude détaillée sur ce service, voir par David Peters, Sèvres Plates and Services of the 18th Century, Little Berkhamsted, 2015, Vol. IV, pp. 853-855.

Henry Hope (1735-1811).
A wealthy banker and noted art collector from Amsterdam, he was, in fact, born in Boston in the English Massachusetts Bay colony of North-East America. He studied in England, first gaining experience in London with the banking company Gurnell, Hoare & Harman. In 1762, he emigrated to the Low Countries to join his uncle, then director of the Hope & Co. branch in Amsterdam. At that time, Amsterdam was considered one of the greatest centers of commerce in Europe where the Hope family bank played a leading role in the finances of the VOC (Dutch East India Company).
Thanks to his many mercantile and banking successes, Henry Hope amassed not only a financial fortune but an important and sizeable art collection which he housed in his home in Haarlem, Welgelegen. In 1779, he became director of Hope & Co. But he was forced to flee his adopted home and return to England in 1794, in order to escape French revolutionaries. He brought with him 372 Dutch pictures, including works by Frans Hals, Rubens, Rembrandt et van Dyck. Once settled in London, he opened an English branch of Hope & Co., working closely with the English banker Francis Baring.
Hope died childless in 1811, leaving his vast fortune, his art collections and real-estate holdings to his family. One of his nieces, Anne Godard, benefited in particular. She married one William Williams, who took the name Hope in remembrance of his wife’s uncle, thereafter being known as William Williams Hope. At his death in 1855, a portion of his estate was sold, including almost certainly the present dessert service, one of only a handful decorated at Sèvres with a coat-of-arms.


The Order
Ordered by Henry Hope in 1787 and delivered the following year, the original service comprised some 108 pieces (not counting covers and liners) at a total cost of nearly 13,000 livres. His order was arranged through the Amsterdam antique dealer Jean-Baptiste Lefebvre in order to take advantage of the 12% discount usually offered the trade. The archives at Sèvres-Cité de la Céramique retains a trace of the original order in the sale room register (Vy 10, folio 227, verso):
Delivered to M Lefebvre / on 23 February 1788 / an armorial service in Beau bleu
The service as presented represents the lion’s share of the original order, with only thirteen pieces lacking from the original compliment. Of these, five are known in public French collections:
-a half-bottle cooler at Sèvres-Cité de la Céramique
-a plate at Sèvres-Cité de la Céramique
-a plate at the Musée du Louvre
-a plate at the Musée Adrien Dubouché, Limoges
-a glass cooler at the Indianapolis Museum of Art at Newfields, Indianapolis, IN





The Decoration
The decoration on the Hope Service has close ties with that found on the service made for the comte de Aranda (1719-1798), owner of the Alcora ceramics factory, ambassador from Charles III of Spain to the court of Augustus III of Poland, named 28 February 1792 as Secretary of State to King Charles IV of Spain. This service was a gift of Louis XVI in September 1787.
Regardless of the fact that, at that time, a taste for the restrained Neoclassic was the height of fashion, the decoration on the Hope service is much richer than that made for the count of Aranda, notable in the vocabulary used in its decoration of cameos after the Antique and the elaborately represented coat-of-arms. A preparatory drawing for this rare decoration can be found in at Sèvres-Cité de la Céramique in the l’Album préparatoires des assiettes and with it an unmistakable reference to the man for which it was conceived, the caption to the drawing reading: « Pr. Mr Lefbure d’Amsterdam ». The arms are slightly different than those found on the finished service, being much closer to those of the Hope family of Craighall, whose motto is ‘AT SPES INFRACTA’.
Another service, somewhat later in date (delivered in 1792) but similar in spirit, is the Sudell service. Ordered by an Englishman and delivered 31 December 1792 via Jean-Frédéric Perregaux and his associate J. Lanos, it is another of the rare armorial services produced at the royal manufactory; cf. David Peters, Sèvres Plates and Services of the 18th Century, Little Berkhamsted, 2005, vol. IV, cat. n.92-31 et Vol. VI, p. 1470.
Once again, the archives at Sèvres-Cité de la Céramique and specifically the Registers logging the work of painters, allow us to have an idea of the large numbers of painters and gilders who worked on the Hope Service. It is also interesting to note through a study of the marks found on the pieces, that it would seem the same forms were entrusted to the same artists. It is possible to enumerate a certain group, including notably Barrat oncle, Boileau fils, Bulidon, Guillaume Buteux, Chauvaux, Commelin, L’Ecot, Girard, Hirel de Choisy, Le Gay, La France, de Laroche, Massy, Méreaud, Mirey, Nicquet, Noualhier, Philippine, Prevost, Mme Taillandier, Tandart, Vandé, and Vincent.
For a detailed study of the Hope Service, see David Peters, Sèvres Plates and Services of the 18th Century, Little Berkhamsted, 2015, Vol. IV, pp. 853-855.

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