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BOUCLIER DE PRESTIGE
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BOUCLIER DE PRESTIGE

ÎLES SALOMON

Details
BOUCLIER DE PRESTIGE
ÎLES SALOMON
Haut. 89 cm (35 in.)
Provenance
Collection Morris J. Pinto (1925-2009), Paris/New York, acquis ca. 1965
Patricia Ann Withofs (1934-1998), Londres
Lance et Roberta Entwistle, Londres
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 1989
Special Notice

Prospective purchasers are advised that several countries prohibit the importation of property containing materials from endangered species, including but not limited to coral, ivory and tortoiseshell. Accordingly, prospective purchasers should familiarize themselves with relevant customs regulations prior to bidding if they intend to import this lot into another country.
Post Lot Text
PRESTIGE SHIELD, SOLOMON ISLANDS

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

L’HOMME DE NACRE
par Philippe Peltier

Au nombre des objets inattendus et fascinants des îles Salomon comptent ces boucliers rehaussés d’une figure stylisée. Objets rendus précieux par l’usage de la nacre, ils sont d’une rareté insigne. Dans son étude, parue en 1983, Deborah Waite en dénombrait une vingtaine. Depuis cet article fondateur, quelques rares exemplaires sont apparus sur le marché. Leur apparition est toujours un événement et l’exceptionnel bouclier de la collection Périnet figure bien évidemment au nombre de ceux-ci.

Tous les exemplaires connus et documentés semblent avoir été acquis pendant une période très courte au XIXe siècle. D’après Deborah Waite, la présence en Europe de quatre boucliers est attestée avant 1850. Ils sont tous de nos jours dans des collections muséales (pour mémoire celles de Brooklyn, du Weltmuseum de Vienne, du Metropolitan de New York et du musée du quai Branly - Jacques Chirac à Paris). Ce nombre restreint s’explique probablement par les passages très sporadiques de bateaux européens doublés de contacts limités et parfois violents entre insulaires et équipages. Une seconde série de boucliers fut acquise entre 1859 et 1890. Nous ne connaissons ni la date ni le lieu d’acquisition de l’exemplaire de la collection Périnet mais sa facture et son histoire l’apparentent bien, a priori, à ces secondes acquisitions.

Au regard du nombre limité de ces objets, la diversité de leurs lieux d’origine, telle qu’elle est documentée par Waite, est déroutante. Elle couvre les îles les plus importantes du nord de l’archipel : Florida, Santa Isabel, Nouvelle-Géorgie et Guadalcanal. Rien ne permet d’expliquer cette dispersion géographique si ce n’est que ces boucliers devaient compter, comme des parures les plus prestigieuses, au nombre des objets rares et précieux qui faisaient partie des réseaux d’échanges inter-iliens très développés. La seule information ancienne que nous possédons sur leur origine nous est donnée par Boyle Somerville qui, bien avant de devenir amiral, participa comme officier à une expédition d’exploration à bord du H.S. Penguin entre 1893-1894. Dans ses notes, publiées à son retour, il précise que la fabrication des boucliers en vannerie servant de support au parement de nacre, était la spécialité de quelques villages - un fait confirmé par les travaux récents d’ethnologues. Somerville ne donne, hélas, aucun nom des villages en question ! De même, alors qu’il mentionne les boucliers à décor de nacre, il ne fournit aucune information sur leur usage. Pendant longtemps on a tenu pour acquis, tant cela paraissait aller de soi, qu’ils étaient utilisés lors des expéditions guerrières.

On peut répartir les boucliers connus en deux grands types. Le premier regroupe ceux dont le support d’écorce s’enroule légèrement aux deux extrémités et dont les motifs de nacre se détachent sur un fond noir vernissé. Le second, auquel appartient celui-ci, est constitué de ceux présentant en leur centre une figure humaine appliquée sur un bouclier en vannerie de forme ovale. Dans le cas du bouclier Périnet, le corps de la figure se réduit à une forme géométrique simple : un rectangle coloré de rouge dont les bords verticaux sont soulignés de deux rangées de nacre. En haut et en bas de ce rectangle apparaissent, esquissés, des bras et des jambes. Les traits du visage, réduits à leurs formes les plus simples, sont inscrits dans un ovale parfait. De chaque côté de cet ovale, les oreilles semblent porter des pendentifs. Tout autour de la figure se déploient des motifs complexes qui naissent d’une ligne continue.

Les lignes sont créées par l’insertion méthodique de petits morceaux rectangulaires de nacre dans un mastic. Ce mastic est obtenu par la cuisson de noix de Parinarium laurinum. Une fois la consistance souhaitée obtenue, le mastic est étalé sur la vannerie. En séchant il prendra une teinte noire. La fabrication de ces objets est donc le résultat d’un long travail qui nécessite non seulement la collecte de matériaux rares comme les coquilles de nautile ou de fibres pour le travail de vannerie mais aussi un ensemble de savoir-faire comme le tressage, la découpe des coquilles de nautile ou l’application régulière à chaud d’une matière collante sur laquelle seront incluses rapidement les tesselles de nacre à l’origine du dessin.

Ce montage est en lui-même étonnant. Rien ne prouve d’ailleurs que les boucliers qui servaient de support et le parement de nacre aient été réalisés dans les mêmes villages et dans un même temps. On peut penser que seuls les boucliers de grands guerriers ayant participés à des faits d’arme restés célèbres furent embellis a posteriori d’un parement de nacre. L’usage d’une matière rare et précieuse, le temps de travail nécessaire à leur fabrication, mais aussi leur fragilité, les métamorphosent en objets de prestige propre à célébrer la renommée d’un homme tout en portant témoignage d’un épisode glorieux de l’histoire d’un clan. A ce titre, ils étaient bien évidemment destinés à être exhibés lors de danses qui, mimant des combats, commémoraient la puissance du village et son aura guerrière. Il faut effectivement imaginer ces objets en mouvement. Or, ce mouvement créait de fugaces mais fulgurants reflets, des éclats lumineux par la réflexion des rayons du soleil sur la nacre. Ces éclats de lumière manifestent aux yeux des Salomonais, comme l’ont montré les travaux récents de Sandra Revolon, la présence surnaturelle des esprits ancestraux. Bien plus, les effets iridescents de la nacre confèrent à celui qui les porte, le pouvoir ancestral de créer et de maintenir la vie - ce qui n’est pas le moindre des paradoxes des effets de la guerre.

“THE MAN-OF-PEARL”
by Philippe Peltier

Among the unexpected and fascinating objects of the Solomon Islands are these shields, each adorned with a stylised figure. Made precious through the use of mother-of-pearl, these pieces are of a remarkable rarity. In her 1983 study, Deborah Waite counted just twenty of them. Since that founding article, a few rare examples have come to the market. Their appearance is always an event, and the exceptional shield of the Périnet collection is, obviously, one of those.

All the known and documented examples appear to have been acquired over a very short period in the 19th century. According to Deborah Waite, four such shields were known to be present in Europe before 1850. Today they are all part of museum collections (and namely those of Brooklyn, the Weltmuseum of Vienna, the Metropolitan of New York, and the Quai Branly - Jacques Chirac Museum of Paris). This limited number is probably due to the very sporadic passages of European ships, compounded by the limited and sometimes violent contacts between the islanders and ships’ crews. A second series of shields was purchased between 1859 and 1890. We do not know the exact date or location of acquisition of the example from the Périnet collection, but in principle its manufacture and history are associated with this second wave of purchases.

With regard to the limited number of such objects, the diversity of their places of origin - as it is documented by Waite - is disconcerting. It extends to the largest islands in the north of the archipelago: Florida, Santa Isabel, New Georgia and Guadalcanal. Nothing can explain this geographic dispersion, except perhaps that these shields, like jewellery, must have been among the most rare and precious objects which were exchanged through the very developed trade between the islands. The only existing information from that period was provided by Boyle Somerville who, before becoming an admiral, worked as an officer on an exploration expedition aboard the H.S. Penguin between 1893 and 1894. In the notes he published upon his return, he states that the manufacture of basketwork shields used as a support for mother-of-pearl adornment was the speciality of just a few villages. This fact has been confirmed by the recent work of ethnologists. Unfortunately, Somerville does not indicate which villages those might be! Furthermore, while he mentions shields decorated with mother-of-pearl, he does not provide information about how they were used. For many years, it was taken for granted that they were used on warrior expeditions, since that appeared as the most obvious hypothesis.

The known shields can be grouped into two major categories. The first includes the ones that have their bark base slightly rolled at the two ends and their mother-of-pearl designs set against a varnished black surface. The pieces of the second group, including this one, are oval-shaped basketwork shields which feature a human figure at the centre. In the case of the Périnet shield, the body of the figure is reduced to a simple geometrical shape: a red-coloured rectangle of which the vertical edges are lined with two mother-of-pearl rows. At the top and bottom of the rectangle appear sketches of arms and legs. The facial features are reduced to their simplest forms within a perfect oval. On either side of the oval, ears appear, adorned with pendants. All around the figure are complex designs stemming from an unbroken line.

Each one is created through the methodical insertion of small rectangular mother-of-pearl fragments into mastic. The mastic is obtained by cooking the nuts of the Parinarium laurinum tree. Once the desired consistency is reached, the mastic is spread onto the basketry. It dries to a black finish. The manufacture of such objects is therefore the cumulation of long hours of work, requiring not only the gathering of rare materials such as nautilus shells and basketry fibres, but also expertise in weaving, cutting nautilus shells, and the even application of a hot, sticky substance into which the mother-of-pearl fragments are quickly inserted to create a design.

This assembly is surprising in itself. Moreover, nothing proves that the shields which form the base and the mother-of-pearl adornment are crafted within the same village or during the same time frame. One might imagine that only the shields that had already been used in combat could rise to the status of renown deserving of a later mother-of-pearl adornment. The use of a precious rare material, the time required for the manufacture of such pieces, and also their fragility makes them prestigious objects that could pay tribute to a man while standing as a testament to a glorious episode in the history of a clan. As such, they were obviously intended to be exhibited at dances which, in an imitation of combat, commemorated the power of a village and its warrior aura. Indeed, the pieces should be imagined in movement. This would cause evanescent yet dazzling reflections: fleeting light effects created by the glint of sunlight on the mother-of-pearl. These bursts of light would appear to the eyes of the islanders as a demonstration of the supernatural presence of ancestral spirits, as shown by the recent work of Sandra Revolon. Furthermore, the iridescent mother-of-pearl effects would confer to the person bearing them the ancestral power to maintain life, a considerable paradox with regard to the effects of war.
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