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STATUE ULI, AIRE MANDAK
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STATUE ULI, AIRE MANDAK

NOUVELLE-IRLANDE

Details
STATUE ULI, AIRE MANDAK
NOUVELLE-IRLANDE
Haut. 66 cm (26 in.)
Provenance
Collection Madeleine Rousseau (1895-1980), Paris
Marie-Ange Ciolkowska (1898-1992), Paris
Loudmer, Paris, 28 juin 1989, lot 233
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris
Literature
Apollinaire, G., Rivet, P., Rousseau, M. et Tzara, T., Collection « Le Musée Vivant » - L'art océanien. Sa présence, n° 38, Paris, 1951, p. 26, n° 41
Valluet, C., Regards visionnaires. Arts d'Afrique, d'Amérique, d'Asie du Sud-Est et d'Océanie, Milan, 2018, p. 38
Valluet, C., Collectors' Visions. Arts of Africa, Oceania, Southeast Asia and the Americas, Milan, 2019, p. 38
Post Lot Text
ULI FIGURE, MANDAK AREA, NEW IRELAND

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

« DU NOIR PUISONS LA LUMIÈRE »1
par Jean-Philippe Beaulieu

Les ulis sont des représentations d’ancêtres puissants, commandant de complexes rites funéraires du pays Mandak, au centre de l’île de Nouvelle-Irlande. Ils sont trapus, avec des épaules larges et des jambes courtes. Ils portent une crête sur leur tête, un collier de barbe, les oreilles percées, avec une large bouche plantée de dents serrées. Pour les ulis les plus anciens, leur mâchoire est projetée en avant. Ils affichent un regard perçant, un sourire carnassier et une attitude de défiance, sûrs de leur puissance. Les ulis dardent une poitrine pointue et un sexe épais. Considérés comme hermaphrodites par les premiers voyageurs, les ulis sont des figures d’ancêtres masculins. Ils incarnent la force et la puissance absolue, mais aussi la fertilité.

Au sein du corpus de deux-cent-vingt-six ulis, on en dénombre seize d’environ soixante à quatre-vingt centimètres. Ils respectent les canons stylistiques de l’ensemble du corpus, et ils sont presque tous du même type, à savoir Selambungin Sononodos comme le uli d’André Breton, les bras pendants le long du corps. Douze d’entre eux ont la particularité d’avoir leurs pieds posés sur un socle de bois cylindrique et percé. Ils sont désignés sous le nom d’evorok-moanu par Augustin Krämer qui séjourna dans le pays Mandak en 1908-1909.

Sept evorok-moanu, dont cet uli de Michel Périnet, sont surnommés « les ulis noirs ». En effet, ils sont couverts d’une épaisse couche de suie due à une longue exposition à la fumée quand ils étaient conservés dans les chevrons de la maison des hommes, entre leurs présentations pour des cérémonies. Les cinq autres ont été repigmentés quelques années avant leur acquisition, mais aussi affichent une patine profonde, des couches multiples de pigments et du noir de fumée. Les evorok-moanu sont tous anciens, ayant eu une longue vie rituelle avant leur acquisition au début du XXe siècle. Le seul ayant été soumis à une analyse de type Carbone 14 à ce jour est daté du XVIIIe siècle. Nous avons des informations d’acquisition pour sept des douze evorok-moanu, et ils sont tous originaires du Nord du pays Mandak. Trois ont été acquis à Panakondo, un à Konos, un à Lemau et deux2 à Konombin. Tous ces sites sont à moins d’une journée de marche, au coeur du pays Mandak d’où sont originaires les ulis. C’est aussi l’endroit d’origine de la tradition uli, les villages des collines de Konombin et Tegerot.

Ce chef-d’oeuvre de la collection Michel Périnet est un membre emblématique du corpus des ulis noirs. Il possède tous les attributs des ulis les plus anciens du corpus, dégageant une grande puissance. Sa patine due au noir de fumée est épaisse, soulignant les longues années attendues dans les poutres de la maison des hommes entre ses présentations dans les cérémonies. Nous remarquons aussi, en haut de la cage thoracique, sur la patine noire, des restes de blanc de chaux. En effet, avant d’être utilisé, cet uli fut ré-enduit de chaux, repeint, présenté, puis restocké.

Nous ne savons pas encore quand et où il a été acquis en Nouvelle-Irlande, mais la quasi-totalité des ulis fut acquise avant 1909. Nous remarquons que le style de sa crête ne se retrouve que sur des ulis anciens, deux acquis à Panakondo (le Walden-Loeb-Verité, et celui du musée de Hambourg, inv. n° 502i), un de la collection Beyeler (inv. n° 170) et le uli du musée du quai Branly - Jacques Chirac. Les pieds sont assez fins et allongés, une caractéristique que l’on trouve chez les ulis anciens du corpus acquis à Konos ou Panakondo, et pas dans d’autres lieux. Il est probablement originaire de la région autour de Panakondo, comme les autres ulis du même type.

Sur les douze du corpus, six sont aujourd’hui en collection privée, à savoir le uli noir de Michel Périnet, le Walden-Loeb-Vérité, ainsi que les ex-Berlin, inv. n° VI 34276, ex-Berlin-Carlo Mozino, ex-Frankfurt, inv. n° NS 25356, et ex-Munich, inv. n° 12-43-66.

Ces ulis n’étaient utilisés que pour les cérémonies les plus importantes, comme celle de 1905 décrite par Augustin Krämer. Lors de ce rituel où dix ulis furent présentés par dix chefs de village, un seul uli evorok-moanu participa à la cérémonie, présenté au sommet d’une hutte conique, un peu comme un tepee. Edgar Walden prit une photographie de ce type de hutte à Lamasong en janvier 1909, avec un uli evorok-moanu. Krämer réalisa un croquis de la scène dans son carnet et commenta leur usage particulier dans sa publication, de 1925.

Nous avons une première trace du uli noir de Michel Périnet chez Madeleine Rousseau. Elle en publia une photo dans son ouvrage sur l’art océanien en 1951. Deux photos furent alors envoyées au musée de Bâle et conservées dans les archives. On le retrouve ensuite chez la légendaire marchande Marie-Ange Ciolkowska avant d’être acquis par Michel Périnet sous le marteau de Guy Loudmer, en juin 1989.

1Tzara, T., « Note sur l’art nègre » in Sic, vol. 2, Paris, septembre 1917, n° 22, p. 2
2Un de ces ulis est au musée de Lugano, tandis que pour l’autre, nous avons des notes des carnets de Friederici le décrivant, parlant de son acquisition à Konombin, le 4 juillet 1908, mais il n’a pas encore été identifié à ce jour. Nous ne savons pas s’il s’agit de l’un des douze mentionnés ici, ou un autre, non-encore identifié

“WE DRAW THE LIGHT FROM THE DARK”1
by Jean-Philippe Beaulieu

Ulis are the representations of powerful ancestors who command complex funeral rituals in Mandak country, located in central New Ireland. They are squat, and they have broad shoulders and short legs. Each one features a mohawk on the head, a chinstrap beard, pierced ears and a wide mouth lined with tight rows of teeth. In the most ancient ulis, the jaws protrude forward. Each one has piercing eyes, a broad, predatory grin, and a defiant attitude, assured of its force. An uli thrusts forward its chest and thick phallus. Considered hermaphroditic by the first explorers, ulis are in fact figures of male ancestors. They embody strength and absolute power, as well as fertility.

Within the corpus of 226 ulis, there are 16 that measure approximately 60 to 80 centimetres. They follow the stylistic models of the entire corpus, and they are almost all of the same type - that of Selambungin Sononodos - like the André Breton uli, with arms hanging at its sides. Twelve of them have the distinctive feature of having their feet placed on a pierced, cylindrical wooden base. They are called evorok-moanu according to Augustin Krämer, who stayed in Mandak country in 1908-1909.
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Seven evorok-moanu, including this uli belonging to Michel Périnet, are known as “the black ulis”. Indeed, they are covered with a thick layer of soot due to long-term exposition to smoke while being stored in the rafters of the men’s house when not being presented for ceremonies. The five others were repigmented a few years before they were purchased, but they also show a deep patina, with multiple layers of pigment and black smoke residue. All evorok-moanu are very old, having had a long ritual life before their purchase in the beginning of the 20th century. The only one that was subjected to a Carbon-14 type of analysis dates back to the 18th century. We have the purchase information for seven of the twelve evorok-moanu, and they all originated in northern Mandak country. Three of them were acquired in Panakondo, one in Konos, one in Lemau, and two2 in Konombin. All these places are located within one day’s walk, at the heart of Mandak country, where ulis originated. This is also the spot where the uli tradition began, in the villages of the Konombin and Tegerot hillsides.

This masterpiece from the Michel Périnet collection is an emblematic member of the black uli corpus. It features all the characteristics of the oldest ulis of the corpus, radiating great power. Its black smoke patina is thick, attesting to the long years that it was stored in the rafters of the men’s house when not being presented at ceremonies. We also note traces of white lime, at the top of the chest, applied over the black patina. Indeed, before being used, this uli was coated with a fresh coat of lime, repainted, presented, and then stored.

We do not yet know when and where it was acquired in New Ireland, but almost all ulis were purchased before 1909. We note that the mohawk style is present only on the old ulis, including two purchased in Panakondo (that of Walden-Loeb-Verité, and that of the Museum of Ethnology, Hamburg, inv. no. 502i), one from the Beyeler collection (inv. no. 170), and that of the quai Branly - Jacques Chirac Museum. The feet are relatively slender and long, a characteristic found in the ancient ulis acquired in Konos and Panakondo but not in other locations. It probably originated in the region surrounding Panakondo, like the other ulis of the same type.

Among the twelve of this corpus, six are in private collections today: the black uli of Michel Périnet, and those kept by Walden-Loeb-Vérité; the one formerly in the Ethnological Museum of Berlin, inv. no. VI 34276; the one formerly in Berlin-Carlo Mozino; the one formerly in Frankfurt, inv. no. NS 25356; and the one formerly in Munich, inv. no. 12-43-66.

These ulis were only used for the most important ceremonies, such as the one in 1905 described by Augustin Krämer. During this ritual, where ten ulis were presented by ten village chiefs, one single evorok-moanu uli was involved in the ceremony, presented at the top of a conical hut, similar to a tipi. Edgar Walden took a photo of this type of hut in Lamasong in January 1909, topped with an evorok-moanu uli. Krämer sketched the scene in his notebook, and he mentioned their specific usage in his 1925 report.

The first traces of the black uli from the Michel Périnet collection come from Madeleine Rousseau. She published a photo of it in her book on Oceanic art in 1951. Two photos were sent to the Museum of Cultures in Basel and kept in the archives. It was then found in the possession of the legendary dealer Marie-Ange Ciolkowska before being purchased by Michel Périnet in an auction held by Guy Loudmer in June 1989.

1Tzara, T., « Note sur l’art nègre » in Sic, vol. 2, Paris, september 1917, no. 22, p. 2
2One of these ulis is kept at the Museum of Cultures in Lugano, while the other is described in the notebooks of Friederici, writing about his purchase in Konombin on 4 July 1908; but it has not been identified to date. We do not know whether it is one of the twelve mentioned here, or another, as-yet unidentified one
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