MASQUE BANGWA
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MASQUE BANGWA

CAMEROUN

Details
MASQUE BANGWA
CAMEROUN
Long. 46 cm (18 1/8 in.)
Provenance
Collection Berthe (1914-2016) et Max Kofler-Erni, Bâle
Lance et Roberta Entwistle, Londres/Paris
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 1982
Literature
Leuzinger, E., Die Kunst von Schwarz-Afrika, Zurich, 1970, n° P6
Winizki, E., Gesichter Afrikas - Visages d'Afrique - Faces of Africa, Zurich, 1972, pp. 90-91
Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, pp. 304-305, n° 339-340
Erni, H., Mensch, Mythos, Maske, Lucerne, 1988, p. 7, n° 39
Exhibited
Zurich, Kunsthaus Zürich, Die Kunst von Schwarz-Afrika, 31 octobre 1970 - 17 janvier 1971
Lucerne, Musée Hans Erni Verkehrshaus Luzern, Mensch, Mythos, Maske, 28 mai - 20 novembre 1988
Post lot text
BANGWA MASK, CAMEROON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

« LE PLUS BEAU D’ENTRE EUX »
MAGIE ET POUVOIR DANS LA RÉGION DE FONTEM
par Bernard Dulon

Au sein des sociétés coutumières qui régissaient les communautés Bangwa, la plus puissante et la plus redoutée était sans conteste celle du Troh ou société de la nuit. Placés directement sous l’autorité du Fwa, ses membres l’accompagnaient depuis son stage initiatique jusqu’à ses funérailles, et même lors des voyages mystiques qu’il entreprenait sous la forme d’un animal totémique. Seuls détenteurs du nom de son successeur, ils étaient d’authentiques faiseurs de roi.

[…] Le docteur Pierre Harter, qui étudia 58 de ces masques, décrit en ces termes celui de la collection Périnet :

« Les masques Troh à quatre têtes sont exceptionnels car il s’en trouve un seul par société, et donc par chefferie ou sous-chefferie. Lorsqu’on interroge sur la signification de ces doubles, triples ou quadruples visages, les informateurs situent toujours leur réponse dans le cadre de la vision polydirectionnelle, ou intra et extra-terrestre, ou vis-à-vis de l’avenir et du passé, confirmant toujours le pouvoir de connaissance des membres de la société. […] Si cette explication semble satisfaisante pour les masques à faces stereotypées, elle ne peut l’être pour le plus beau d’entre eux dont les visages sont tous différents. On y reconnaît la figuration des quatre états de la vie. En effet la naissance pourrait correspondre au visage dont la bouche est édentée et semble laisser échapper un cri ; son voisin, très Ibibio1 d’allure, est sans doute la mort, avec ses dents trop apparentes et son absence de nez ; les deux faces opposées étant mi-jeunes, mi-vieilles, leur moitié extérieure étant sillonnée de profondes rides verticales.2 »

1Nom d’une ethnie nigériane de l’ouest de la Cross River, célèbre pour ses masques de maladie aux orbites surdimensionnées
2Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, p. 309

“THE FINEST AMONG THEM”
MAGIC AND POWER IN THE FONTEM REGION
by Bernard Dulon

At the heart of the usual societies that regulate Bangwa communities, the most powerful and feared was, unquestionably, that of the Troh or night society. Reporting directly to the Fwa, its members would accompany him from his initiation to his funeral, and even along the mystic voyages that he would undertake in the form of a totem animal. The only ones to possess the name of his successor, they were authentic kingmakers.

[…] Doctor Pierre Harter, who examined 58 such masks, used the following terms to describe the one from the Périnet collection:

“Four-headed Troh masks are exceptional, since there is only one per tribe and therefore per chiefdom or sub-chiefdom. When asked about the meaning of their double, triple or quadruple faces, the interviewees always referred to multi-directional vision: either in an intra-terrestrial/extra-terrestrial or in a future/past juxtaposition, they always confirm the powerful knowledge of the members of the society. […] While this explanation appears satisfying regarding masks with stereotyped faces, it is not so for the finest among them, whose faces are all different. The figuration of the four stages of life is recognisable. Indeed, birth could correspond with the face featuring a toothless mouth that appears to be crying; its neighbour, which has a very Ibibio1 appearance, probably represents death, with conspicuous teeth and the absence of a nose; the two opposite faces are half-young, half-old, with the exterior half of each one lined with deep vertical wrinkles.2

1The name of a Nigerian ethnic group from the western bank of the Cross River, famous for its medicine masks with oversized orbits
2Harter, P., Arts anciens du Cameroun, Arnouville, 1986, p. 309
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