CONSOLE ROYALE D'ÉPOQUE LOUIS XV
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CONSOLE ROYALE D'ÉPOQUE LOUIS XV

LIVRÉE POUR LOUIS XV, PROBABLEMENT POUR SA SALLE À MANGER D'HIVER À VERSAILLES, VERS 1735

Details
CONSOLE ROYALE D'ÉPOQUE LOUIS XV
LIVRÉE POUR LOUIS XV, PROBABLEMENT POUR SA SALLE À MANGER D'HIVER À VERSAILLES, VERS 1735
En bois mouluré, sculpté et redoré, le plateau chantourné de marbre Brocatelle d'Espagne, la ceinture mouvementée et ajourée centré d'un cartouche au naturel et chiffré au double L entrelacé et flanqué de motifs rocaille d'enroulements, feuillages sur un fond de treillage, deux oiseaux reliant la ceinture aux montants en double crosse agrémentés de feuillages, joncs enrubannés, enroulements et oiseaux, se rejoignant par une entretoise centrée d'un panier fleuri se terminant par une base ajourée formant un cartouche orné de feuillages, fleurs et deux sphinges adossées, portant une étiquette sous le marbre à l'encre 'N°370'
H. 88 cm. (34 ¾ in.) ; L. 107 cm. (42 in.) ; P. 32 cm. (12 ½ in.)
Provenance
Livrée pour le Roi Louis XV, probablement pour sa salle à manger d’hiver à Versailles entre 1735 et 1738 ;
Vente Ader, Galerie Charpentier, Paris, collection de M. X..., 28 Mai 1935, lot 93, pl. XI, p. 27.
Literature
Bibliographie comparative :
B. Pons, De Paris à Versailles, 1699-1736, les sculpteurs ornemanistes parisiens et l’art décoratif des Bâtiments du Roi, Strasbourg, 1986, figs 424 et 512.
Further Details
A ROYAL LOUIS XV GILTWOOD CONSOLE, DELIVERED FOR LOUIS XV, PROBABLY FOR THE SALLE À MANGER D'HIVER AT VERSAILLES, CIRCA 1735

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Chef-d’œuvre d’une commande royale destinée à Louis XV ou à son entourage, cette console en bois sculpté, surmontée d’un marbre Brocatelle d’Espagne, illustre l’excellence des sculpteurs parisiens actifs dans les années 1730 ; si sa destination exacte demeure inconnue, plusieurs indices laissent envisager une provenance versaillaise, peut-être la prestigieuse salle à manger d’hiver du Roi.

L’HYPOTHÈSE DE LA SALLE À MANGER D’HIVER DE LOUIS XV À VERSAILLES
Plusieurs éléments permettent d’envisager, une provenance prestigieuse et une destination royale. En effet, une parenté frappante peut être établie entre certains détails ornementaux de la console et ceux encore visibles dans la salle à manger d’hiver de Louis XV au château de Versailles, vaste cabinet aménagé entre 1735 et 1738 à partir de l’ancien appartement de l’abbé de Pomponne. Les cinq ébrasements mansardés des fenêtres ouvrant sur la cour de Marbre conservent leurs lambris sculptés de cette époque et montrent, comme sur notre console, le motif singulier de l’oiseau ainsi que le jonc enrubanné, témoignant de la même sensibilité décorative.

La présence d’animaux en rapport avec la chasse et de la couronne exotique surmontant des « L » entrelacés peut également être mise en relation avec l’environnement immédiat de la pièce, située à proximité de la Petite Galerie dite des Chasses en pays étranger, construite en 1735 au second étage et directement précédée par la salle à manger d’hiver où notre console aurait pu prendre place.

À ces analogies stylistiques s’ajoute une correspondance matérielle notable : la cheminée de la salle, encore en place, est également ornée d’un marbre Brocatelle d’Espagne, identique à celui qui couvre notre meuble. Piganiol de la Force, dans son ouvrage Nouvelle description des château et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 1738 , p. 317 mentionne que les Tables et les Cheminées sont de marbre d’Égypte, artistement travaillé et ciselés, formule qui semble traduire une confusion fréquente avec la Brocatelle d’Espagne et suggère qu’un ensemble de consoles coiffées de marbre y était effectivement présent.

UN CHEF-D’ŒUVRE DE SCULPTURE
Cette hypothèse d’emplacement trouve un écho dans l’analyse stylistique de l’œuvre, dont la qualité et l’originalité rapprochent son décor des sculpteurs ornemanistes les plus talentueux alors actifs pour les Bâtiments du Roi.
Le motif des oiseaux chimériques au cou très allongé se retrouve ainsi dans des dessins attribués à Mathieu Legoupil (Carnet de Mathieu Legoupil, fol.59 v et 60 r, Oiseaux chimériques, Berlin, Kunstbibliothek), tandis que François Roumier illustra des chimères semblables sur les montants d’une console gravée dans son (ill. B. Pons, De Paris à Versailles, 1699-1736, les sculpteurs ornemanistes parisiens et l’art décoratif des Bâtiments du Roi, Strasbourg, 1986, figs 424 et 512.)

En l’absence de preuve documentaire directe, il n’est pas possible d’attribuer avec certitude cette console à la salle à manger d’hiver de Louis XV, mais la convergence des indices stylistiques, iconographiques et matériels permet de considérer cette hypothèse avec un intérêt particulier et de situer ce meuble au plus haut niveau de la sculpture décorative parisienne des années 1735-1738.

A masterpiece commissioned by Louis XV or his entourage, this carved wooden console table, topped with Spanish Brocatelle marble, illustrates the excellence of Parisian sculptors working in the 1730s. Although its exact destination remains unknown, several clues suggest that it came from Versailles, perhaps the King's prestigious winter dining room.

THE HYPOTHESIS OF LOUIS XV'S WINTER DINING ROOM AT VERSAILLES
Several elements suggest a prestigious provenance and a royal destination. Indeed, a striking similarity can be established between certain ornamental details of the console and those still visible in Louis XV's winter dining room at the Palace of Versailles, a vast cabinet fitted out between 1735 and 1738 from the former apartment of the Abbé de Pomponne. The five mansard window embrasures opening onto the Marble Courtyard still have their carved paneling from that period and, like our console table, feature the distinctive bird motif and ribbon-wrapped rush, reflecting the same decorative sensibility.The presence of animals associated with hunting and the exotic crown surmounting intertwined “L”s can also be linked to the immediate surroundings of the room, located near the Petite Galerie known as the Chasses en pays étranger (Hunts in Foreign Lands), built in 1735 on the second floor and directly preceded by the winter dining room where our console could have been placed.

In addition to these stylistic similarities, there is also a notable material correspondence: the fireplace in the room, which is still in place, is also decorated with Spanish Brocatelle marble, identical to that which covers our piece of furniture. Piganiol de la Force, in his work Nouvelle description des château et parcs de Versailles et de Marly (New Description of the Palaces and Parks of Versailles and Marly), Paris, 1738, p. 317, mentions that the tables and fireplaces are made of Egyptian marble, artistically worked and carved, a phrase that seems to reflect a frequent confusion with Spanish Brocatelle and suggests that a set of marble-topped consoles was indeed present there.

A MASTERPIECE OF SCULPTURE
This hypothesis regarding the location is echoed in the stylistic analysis of the work, whose quality and originality bring its decoration closer to that of the most talented ornamental sculptors then working for the King's Buildings. The motif of chimeric birds with very long necks can be found in drawings attributed to Mathieu Legoupil (Carnet de Mathieu Legoupil, fol.59 v and 60 r, Oiseaux chimériques, Berlin, Kunstbibliothek), while François Roumier illustrated similar chimeras on the uprights of a console engraved in his (ill. B. Pons, De Paris à Versailles, 1699-1736, les sculpteurs ornemanistes parisiens et l’art décoratif des Bâtiments du Roi, Strasbourg, 1986, figs 424 and 512.)

In the absence of direct documentary evidence, it is not possible to attribute this console with certainty to Louis XV's winter dining room, but the convergence of stylistic, iconographic, and material clues allows us to consider this hypothesis with particular interest and to place this piece of furniture at the highest level of Parisian decorative sculpture from 1735 to 1738.

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