PAIRE DE CANDÉLABRES D'ÉPOQUE LOUIS XV
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COLLECTION PRIVÉE
PAIRE DE CANDÉLABRES D'ÉPOQUE LOUIS XV

LA PORCELAINE ARITA, LES BRONZES VERS 1750

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PAIRE DE CANDÉLABRES D'ÉPOQUE LOUIS XV
LA PORCELAINE ARITA, LES BRONZES VERS 1750
En porcelaine Arita, Japon, époque Edo (1603-1868), et monture de bronze ciselé et doré, à trois bras de lumière en forme de branchages feuillagés et fleuris, les coqs à décor kakiemon, reposant sur une base mouvementée et feuillagée centrée de deux putti, l'un avec un numéro au revers en rouge probablement 'N 1472'
H. 37 cm. (14 ½ in.) ; L. 38,5 cm. (15 ¼ in.) ; P. 25 cm. (9 ¾ in.)
Provenance
Ancienne collection de S.A.R le duc d'Aoste ;
Ancienne collection de Paul Gutman ;
Ancienne collection de Sir Alfred Chester Beatty (1875-1968) ;
Ancienne collection de Stávros Niárchos (1909-1996) ;
Ancienne collection de Charlotte Ford (née en 1941) ;
Vente Christie's New York, le 18 novembre 1978, lot 138 ;
Ancienne collection de la galerie Maurice Segoura, à Paris, en 2005 ;
Ancienne collection Pierre Jourdan-Barry (1926-2016), puis par descendance ;
Vente Artcurial, Paris, le 16 juin 2022, lot 19.
Literature
Bibliographie comparative :
H. Ottomeyer, P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Munich, 1986, vol. I, pp. 102-103.
J. Ayers et al., Chinese and Japanese works of art in the collection of her Majesty the Queen, Royal Collection Trust, 2017, vol II, p. 654.
Further Details
A PAIR OF LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED AND JAPANESE PORCELAIN THREE-LIGHT CANDELABRA, THE KAKIEMON ARITA PORCELAIN CIRCA 1690-1710, THE MOUNTS CIRCA 1750

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Cette paire de candélabres témoigne du goût des européens pour la céramique asiatique au XVIIIe siècle, ainsi que du talent des bronziers français. En associant des figurines de porcelaine en forme de coq et une monture de bronze doré, les marchands-merciers opèrent ici un véritable syncrétisme afin de satisfaire les demandes de leur riche clientèle.

UNE PORCELAINE ASIATIQUE RECHERCHÉE
Nos candélabres montrent l’attrait des amateurs au XVIIIe siècle pour le pittoresque et les objets venus d'ailleurs. La Compagnie des Indes importe d’Extrême-Orient des vases et des figurines animalières, qui rencontrent un immense succès, auprès d'une clientèle férus de chinoiseries. Ces porcelaines asiatiques sont jugées suffisamment précieuses pour être mis en valeur par la virtuosité des artisans bronziers contemporains, souvent par l’intermédiaire des marchands-merciers. Parmi elles, les porcelaines du Japon sont particulièrement prisées, notamment les porcelaines à décor dit kakiemon. La finesse de la pâte est jugée supérieure à celle des porcelaines chinoises, à tel point que le terme Japon finit par désigner la qualité et non la provenance.

LE GOÛT POUR LES FIGURINES DE COQS DE PORCELAINE MONTÉE
Au XVIIIe siècle, si les figures animalières en porcelaine importées du Japon et de la Chine sont très populaires, extrêmement rares sont celles mentionnées comme montées en candélabres ou en girandoles. D’autant plus rares sont celles figurant des coqs. Entre 1750 et 1756 le marchand-mercier Lazare Duvaux (1703-1758) vendit 84 statuettes d'animaux dont uniquement dix coqs et seulement quatre sont ornés de bronze doré. En effet, deux coqs blancs dits ‘en porcelaine de Chine’ et montés en candélabres ont été livrés à Mme de Pompadour, le 4 août 1755, à l’Hôtel d’Evreux, à Paris. Deux autres coqs montés de bronze doré ont été livrés à Barthélémy-Augustin Blondel d'Azincourt (1719-1794), le 26 décembre 1755. En 1783, ils sont mentionnés dans la vente après décès de monsieur d’Azincourt comme porcelaines d’ancienne première qualité coloriées, c’est-à-dire en porcelaine dite kakiemon (vente à Paris, le 10 février 1783, lot 348). Ils ont été achetés lors de cette vacation par le marchand-mercier Julliot pour 480 livres. Le père de monsieur d’Azincourt, Blondel de Gagny (1695-1776), célèbre amateur et collectionneur d’art, possédait également deux coqs ornés de bronze doré, comme en témoigne la vente de sa collection après décès (vente à Paris, le 10 décembre 1776, lot 627).

Plusieurs exemples de coqs comparables à nos exemplaires en porcelaine du Japon, sont présents dans des collections européennes ou sont passés sur le marché de l’art. Notons une paire de coqs blancs en porcelaine du Japon d'Arita montés en candélabre d'époque Louis XV (vente Christie's, Londres, 6 décembre 2007, lot 29). Une poule en porcelaine Imari du Japon est aujourd’hui conservée dans une collection suisse (vente Sotheby's, Londres, 10 novembre 2010, lot 418). Une paire de coqs très proches des nôtres, en porcelaine d'Arita, entre 1690 et 1710, reposant sur une base de bronze ciselé et doré vers 1740 fait partie des collections royales anglaises (inv. RCIN 36129.1-2.a-b). Encore montés en candélabres dans un inventaire du château de Windsor dressé en 1905, ils conservent aujourd'hui uniquement leur base rocaille.

UNE REMARQUABLE PROVENANCE
Notre paire de candélabres a appartenu à des collectionneurs d’art réputés du XXe siècle. Sir Alfred Chester Beatty (1875-1968), ingénieur minier américain surnommé le « roi du cuivre » et collectionneur depuis son plus jeune âge, constitua l'une des plus importantes collections de papyrus, manuscrits d'Orient et recueils européens du Moyen Age. Etabli à Dublin en 1950, il créa la Chester Library pour abriter ses collections. On retrouve la trace de nos candélabres dans l'inventaire qui fut dressé après le décès d'Edith Chester Beatty et ils sont représentés sur une photographie ancienne, disposés sur une commode d'une paire estampillée de Jacques Dubois, les bronzes alors attribués à Caffieri.

Les candélabres sont également entrés dans les collections de Stávros Niárchos (1909-1996), célèbre armateur grec, puis de sa femme entre 1966 et 1967, Charlotte Ford (née en 1946), fille et héritière de Henry Ford II, magnat de l'automobile. Les candélabres figurent dans la vente d’une partie de la collection de ses dernières, chez Christie’s à New York, le 18 novembre 1978, au lot 138. Une provenance plus ancienne, du Duc d’Aoste et de Paul Gutman, y est mentionnée sans plus de détails. Enfin, notre paire de candélabres a appartenu au collectionneur Pierre Jourdan-Barry (1926-2016), qui était un passionné d’orfèvrerie du XVIIe et du XVIIIe siècle.

L'OEUVRE D'UN ARTISAN DE TALENT
Les présents candélabres sont particulièrement remarquables par la richesse et l'originalité de leur monture de bronze dans laquelle on décèle plusieurs influences. La présence de putti en bronze sur la terrasse de nos candélabres peuvent évoquer l’œuvre de différents ornemanistes et bronziers du XVIIIe siècle. Par exemple, l’ornemaniste Juste Aurèle Meissonnier (1695-1750) est l’auteur d’un dessin de flambeau orné de putti dans des volutes rocailles, reproduit dans l’ouvrage de Louis Desplaces, Deuxième livre de l’oeuvre de J.A. Meissonnier, Chandeliers de sculpture en argent, en 1734 . Une paire de flambeaux qui lui est attribuée est aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 1974.356.184 et .185).

Cette paire peut aussi être rapprochée des œuvres de l'orfèvre François-Thomas Germain (1726-1791), notamment d’une paire de candélabres à trois branches conservée au musée du Louvre (inv. OA 10961 et OA 10962). D’une grande virtuosité, ils font partie d'une suite de quatre, livrée au roi de Portugal en 1757, et présentent deux putti de part et d'autre de branchages sinueux terminés par des corolles de feuillages et des binets mouvementés.

Le travail de la ciselure des putti rappelle également l’œuvre du fondeur, sculpteur et ciseleur du roi Jacques Caffiéri (1678-1755), ou de son fils Philippe Caffieri (1714-1774). En effet, une écritoire de bureau formant candélabre à deux lumières provenant de la collection de la baronne de Lopez Tarragoya, signé et daté Caffieri fecit 1759 est orné d'un enfant sur une terrasse rocaille tandis que les binets des candélabres présentent également des canaux unis d'or mat cependant enveloppés de feuillage (vente à Paris, hôtel George V, le 8 juin 1990, lot 40).


This pair of candelabra reflects Europeans' taste for Asian ceramics in the 18th century, as well as the talent of French bronze casters. By combining porcelain figurines in the shape of roosters with a gilded bronze mount, haberdashers created a true syncretism in order to satisfy the demands of their wealthy clientele.

SOUGHT-AFTER ASIAN PORCELAIN
Our candelabra demonstrate the appeal of the picturesque and objects from faraway places for 18th-century collectors. The French East India Company imported vases and animal figurines from the Far East, which were hugely popular with customers who were keen collectors of chinoiserie. These Asian porcelains were considered valuable enough to be enhanced by the virtuosity of contemporary bronze craftsmen, often through the intermediary of haberdashers. Among them, Japanese porcelain was particularly prized, especially porcelain decorated in the kakiemon style. The fineness of the paste was considered superior to that of Chinese porcelain, to such an extent that the term “Japan” came to refer to quality rather than provenance.

A TASTE FOR PORCELAIN ROOSTER FIGURINES
In the 18th century, while porcelain animal figurines imported from Japan and China were very popular, those mentioned as being mounted on candelabras or girandoles were extremely rare. Those featuring roosters were even rarer. Between 1750 and 1756, the haberdasher Lazare Duvaux (1703-1758) sold 84 animal statuettes, of which only ten were roosters and only four were decorated with gilded bronze. Two white roosters, described as “Chinese porcelain” and mounted on candelabra, were delivered to Madame de Pompadour on August 4, 1755, at the Hôtel d'Evreux in Paris. Two other roosters mounted in gilded bronze were delivered to Barthélémy-Augustin Blondel d'Azincourt (1719-1794) on December 26, 1755. In 1783, they were mentioned in the sale after the death of Monsieur d'Azincourt as antique porcelain of the highest quality, i.e., kakiemon porcelain (sale in Paris, February 10, 1783, lot 348). They were purchased at this auction by the merchant Julliot for 480 livres. Monsieur d'Azincourt's father, Blondel de Gagny (1695-1776), a famous art lover and collector, also owned two roosters decorated with gilded bronze, as evidenced by the sale of his collection after his death (sale in Paris, December 10, 1776, lot 627).

Several examples of roosters comparable to our Japanese porcelain pieces are present in European collections or have appeared on the art market. Of particular note is a pair of white Japanese porcelain roosters from Arita mounted on a Louis XV-era candelabra (Christie's auction, London, December 6, 2007, lot 29). An Imari porcelain hen from Japan is now kept in a Swiss collection (Sotheby's sale, London, November 10, 2010, lot 418). A pair of roosters very similar to ours, made of Arita porcelain between 1690 and 1710, resting on a chiseled and gilded bronze base from around 1740, is part of the British royal collections (inv. RCIN 36129.1-2.a-b). Still mounted on candelabra in an inventory of Windsor Castle drawn up in 1905, today only their rocaille base remains.

A REMARKABLE PROVENANCE
Our pair of candelabra belonged to renowned 20th-century art collectors. Sir Alfred Chester Beatty (1875-1968), an American mining engineer nicknamed the “copper king” and a collector from a young age, built up one of the most important collections of papyri, Oriental manuscripts, and European medieval collections. Settling in Dublin in 1950, he created the Chester Library to house his collections. Our candelabra can be found in the inventory drawn up after the death of Edith Chester Beatty and are depicted in an old photograph, displayed on a chest of drawers stamped with Jacques Dubois, the bronzes then attributed to Caffieri.

The candelabra also entered the collections of Stavros Niarchos (1909-1996), the famous Greek shipowner, and then his wife between 1966 and 1967, Charlotte Ford (born in 1946), daughter and heiress of Henry Ford II, the automobile magnate. The candelabra appeared in the sale of part of the latter's collection at Christie's in New York on November 18, 1978, as lot 138. An earlier provenance, from the Duke of Aosta and Paul Gutman, is mentioned without further details. Finally, our pair of candelabra belonged to collector Pierre Jourdan-Barry (1926-2016), who was passionate about 17th- and 18th-century silverware.

THE WORK OF A TALENTED CRAFTSMAN
These candelabras are particularly remarkable for the richness and originality of their bronze mountings, which reveal several influences. The bronze putti on the bases of our candelabras are reminiscent of the work of various 18th-century ornamentalists and bronze casters. For example, the ornamentalist Juste Aurèle Meissonnier (1695-1750) is the author of a design for a torch decorated with putti in rocaille scrolls, reproduced in Louis Desplaces' book, Deuxième livre de l'oeuvre de J.A. Meissonnier, Chandeliers de sculpture en argent, in 1734. A pair of torches attributed to him is now kept at the Metropolitan Museum of Art in New York (inv. 1974.356.184 and .185).

This pair can also be compared to the works of goldsmith François-Thomas Germain (1726-1791), notably a pair of three-branched candelabras kept at the Louvre Museum (inv. OA 10961 and OA 10962). These highly virtuosic pieces are part of a set of four delivered to the King of Portugal in 1757, featuring two putti on either side of sinuous branches ending in corollas of foliage and lively finials.
The chiseling work on the putti is also reminiscent of the work of the king's founder, sculptor, and chiseler Jacques Caffiéri (1678-1755), or his son Philippe Caffieri (1714-1774). Indeed, a desk writing set forming a two-light candelabra from the collection of the Baroness of Lopez Tarragoya, signed and dated Caffieri fecit 1759, is decorated with a child on a rockery terrace, while the finials of the candelabra also feature plain matt gold channels wrapped in foliage (sale in Paris, Hôtel George V, June 8, 1990, lot 40).

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