HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
1 More
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
4 More
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)

Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin ; Le Déjeuner de Madame Geoffrin

Details
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin ; Le Déjeuner de Madame Geoffrin
porte une inscription 'peint par H. Robert.' (en bas, à droite) (chaque)
huile sur toile, une paire
66,2 x 58,5 cm (26 1⁄16 x 23 in.) (chaque)(2)
Provenance
Commandés par Marie-Thérèse Geoffrin née Rodet (1699-1777), dite Madame Geoffrin, pour son hôtel de la rue Saint-Honoré, Paris, en 1771 (selon S. Catala, 2020, voir infra) ;
Donnés par celle-ci à Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny (1733-1777) ;
Retournés à la mort de celui-ci à la fille de Madame Geoffrin, Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault (1715-1791) (selon l’Extrait des carnets de Madame Geoffrin [voir P. de Ségur, 1898, infra] et R. Ziskin, 2023, voir infra) ;
Puis par héritage au neveu de son époux (Philippe-Charles d'Estampes [1712-1737]), le marquis Louis d'Estampes (1734-1815) ;
Puis par legs dans la famille du comte de La Bédoyère, château de Raray, Oise ; sa vente, Galerie Georges Petit, Paris, 8 juin 1921, (Me Baudoin), lots 7 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 8 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) ;
Acquis au cours de celle-ci par Paul et Marcel Jonas (140,000 francs pour Le Déjeuner de Madame Geoffrin ; 125,000 francs pour Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin - selon J. Daurelle, 1921, voir infra).
Arthur Georges Veil-Picard (1854-1944), Paris, à partir d'au moins 1922 (selon le catalogue d'exposition de 1922, voir infra) ;
Confisqués auprès de celui-ci à la Banque de France (coffre 63) par le Devisenschutzkommando suite à l'occupation allemande de la France (ERR inv. WP 8 [Le Déjeuner de Madame Geoffrin] et WP 21 [Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin]), Paris, le 29 octobre 1940 ;
Transférés au musée du Louvre (ERR inv. WP 8) et au Jeu de Paume (ERR inv. WP 21), Paris ;
Transférés aux mines de sel d'Altaussee, Autriche ;
Retrouvés par les Monuments, Fine Arts and Archives Section et transférés au Munich Central Collecting Point, Bavière (MCCP inv. 231⁄4 [Le Déjeuner de Madame Geoffrin] et 231⁄6 [Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin]), le 20 juin 1945 ;
Retournés en France, le 31 juillet 1946 ;
Restitués aux ayants droit d'Arthur Georges Veil-Picard, le 11 octobre 1946 ;
Puis par descendance dans la famille.
Literature
Abbé Morellet, Portrait de Madame Geoffrin, Amsterdam, 1777, p. 33.
P. de Ségur, Le Royaume de la rue Saint-Honoré, Madame Geoffrin et sa fille, Paris, 1898, p. 406.
P. de Nolhac, Hubert Robert 1733-1808, Paris, 1910, p. 49, reproduit en noir et blanc (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
A. Hallays, En flânant à travers la France. Autour de Paris, 1921, Paris, II, p. 233.
A. Brulé, Les gens de lettres, coll. La vie au dix-huitième siècle, Paris, 1928, reproduit en noir et blanc pl. XXIV (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
Prince de Ligne, Nouveau recueil de Lettres. Edition critique du recueil publié à Weimar en 1812, Paris, 1928 (édition complétée d’un avant-propos et des notes de H. Lebasteur), pp. 406-407, sous la note 3.
P. Sentenac, Hubert Robert, coll. Maitres de l'art ancien, Paris, 1929, p. 49, reproduit en noir et blanc pl. 56 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
French Art. An Illustrated Souvenir of the Exhibition of French Art at the Royal Academy of Arts, Londres, 1932, reproduit en noir et blanc p. 41, n°231 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
Commemorative Catalogue of the Exhibition of French Art, 1200-1900, Oxford-Londres, 1933, p. 60, n°232 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et p. 61, n°233 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
G. Isarlo, 'Hubert Robert', Connaissance des Arts, août 1953, 18, p. 32, n°33.
[…] art français (?), mai 1932, supplément au n°303, reproduit en noir et blanc (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) (selon la Documentation des peintures du Louvre).
G. Lastic Saint Jal, 'La reine de la Rue Saint-Honoré', L'Oeil, septembre 1957, 33, p. 54 et p. 57, reproduit en couleurs p. 56 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
B. Scott, 'Mme Geoffrin: a patron and friend or artists', Apollo: The International Magazine of Arts, février 1967, LXXXV, 60, p. 102, reproduits en noir et blanc p. 101, figs. 7 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) et 8 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
M. Beau, La collection des dessins d'Hubert Robert au musée de Valence, Lyon, 1968, reproduits en noir et blanc s. p., figs. 86b (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 87b (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
J. Cailleux, Hubert Robert, coll. Chefs-d'oeuvre de l'art. Grands peintres, Paris, 1969, reproduit en couleurs s. p., pl. IX et en noir et blanc s. p. (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Galerie Cailleux, Éloge de l'Ovale. Peintures et pastels du XVIIIe siècle français, cat. exp., Paris, 1975, pp. 7-8, reproduit en noir et blanc (détail), p. 9.
J. de Cayeux, Les Hubert Robert de la Collection Veyrene au Musée de Valence, cat. exp., Valence, 1985, pp. 240-245, sous les n°63 et le 64, reproduits en noir et blanc p. 241, fig. 84 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et p. 244, fig. 86 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
P. R. Radisichs, Hubert Robert. Painted Spaces of the Enlightenment, Cambridge, 1998, p. 15, pp. 37-40, pp. 47-50, pp. 52-53, p. 151, sous la note 24 et p. 157, sous les notes 101 et 103, reproduits en noir et blanc p. 38, figs. 9 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) et 10 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
C. Blumenfeld, Marguerite Gérard. Artiste en 1789, dans l'atelier de Fragonard, cat. exp., Paris, 2009, p. 55, reproduit en couleurs ill. 8 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
A. Pradère, 'Présentation des carnets de Madame Geoffrin', in Madame Geoffrin, une femme d'affaires et d'esprit, cat. exp., Milan, 2011, pp. 53-61.
M.-M. Dubreuil, 'Hubert Robert et le marché de l'art de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle', in G. Faroult (dir.), Hubert Robert. 1733-1808. Un peintre visionnaire, cat. exp., Paris, 2016, p. 106, p. 113 et pp. 310-311, sous le n°87.
M. Krajewski, 'Master and Servant in Technoscience', Interdisciplinary Science Reviews, décembre 2012, 37, IV, pp. 291-292, reproduit en couleurs p. 292, fig. 2.
Catalogue de la collection Ribes. I. Les Trésors, Sotheby's, Paris, 11 décembre 2019, p. 197 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin), reproduit en couleurs fig. 2.
S. Catala, Hubert Robert. Le temps de la citation, [thèse de doctorat], Université Lumière Lyon 2, 2020, I, p. 182 et pp. 219-220 ; II, reproduits en noir et blanc p. 84, ill. 176 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) et en couleurs p. 84, ill. 177 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
J. L. Fripp, Portraiture and Friendship in Enlightenment France, Newark, 2020, p. 68, reproduits en noir et blanc p. 70, fig. 2.18 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et p. 71, fig. 2.19 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
R. Ziskin, 'Paintings Made "Under My Eyes"' in Private Salons and the Art World of Enlightenment Paris, coll. Brill’s Studies on Art, Art History, and Intellectual History, Leyde, 2023, 63, p. 216, pp. 261-268, p. 275 et pp. 278-282, reproduits en noir et blanc p. 263, fig. 48 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) et en couleurs p. 277, fig. 56 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).

Bibliographie de la vente La Bédoyère - 1921

Le Curieux, ‘Ventes prochaines.’, La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, janvier 1921, 4e année, 1, p. 289.
‘Les Arts’, The New York Herald. Paris, 9 mai 1921, p. 3.
M. Brillouet, ‘Mouvement des arts’, La Chronique des arts et de la curiosité : supplément à la Gazette des beaux-arts, 31 mai 1921, 10, p. 79, reproduits en noir et blanc dans le supplément.
Valemont, ‘Les Hubert Robert et les Cochin du salon de Mme Geoffrin’, Le Figaro, 31 mai 1921, 67e année, 3e série, 151, p. 6.
‘La vente du comte de La Bédoyère’, Le Temps, 31 mai 1921, 61e année, 21.851, p. 3.
R.-C. Catroux, ‘Hubert Robert et Mme Geoffrin’, La Revue de l'art ancien et moderne, juin 1921, 25e année, XL, 227, pp. 31-33, reproduits en noir et blanc p. 31 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et p. 37 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
T., ‘Les ventes prochaines’, Le Bulletin de la vie artistique, 1er juin 1921, 2e année, 11, p. 323.
La Rivaudière, ‘Notes d’un curieux’, Le Gaulois, 1er juin 1921, 56e année, 3e série, 15.946, p. 3.
D. C., ‘Illustres’, L’Action française. Organe du nationalisme intégral, 3 juin 1921, 14e année, 154, p. 4.
‘La Curiosité, La Liberté, 4 juin 1921, 56e année, 21.146, p. 2.
La Furetière, ‘La Curiosité’, Excelsior, 4 juin 1921, 12e année, 3.827, p. 4.
‘Art et Curiosité’, Le Journal, 4 juin 1921, 10.457, p. 2.
‘Livres, tableaux, biblots’, L’Intransigeant, 5 juin 1921, 42e année, 14.914, p. 2.
‘Les grandes ventes’, L’Oeuvre, 5 juin 1921, 2074, p. 4.
‘La Curiosité, La Liberté, 6 juin 1921, 56e année, 21.148, p. 2.
‘La Curiosité’, Excelsior, 6 juin 1921, 12e année, 3.829, p. 4.
H. R., ‘La Curiosité’, L’Écho de France, 6 juin 1921, 38e année, 13.442, p. 2.
Valemont, ‘Les Hubert Robert et les Cochin du salon de Mme Geoffrin’, Le Figaro, 6 juin 1921, 67e année, 3e série, 157, p. 3.
La Rivaudière, ‘Notes d’un curieux’, Le Gaulois, 6 juin 1921, 56e année, 3e série, 15.951, p. 3.
‘La vente du comte de La Bédoyère’, Le Temps, 6 juin 1921, 61e année, 21.856, p. 3.
‘La Curiosité’, The New York Herald. Paris, 6 juin 1921, p. 3.
‘Les Hubert-Robert [sic] de la Collection La Bédoyère’, La Liberté, 7 juin 1921, 56e année, 21.149, p. 2.
La Furetière, ‘La Curiosité’, Excelsior, 7 juin 1921, 12e année, 3.830, p. 4.
‘Aujourd’hui – Hôtel Drouot’, The New York Herald. Paris, 7 juin 1921.
‘A l’hôtel Drouot’, Excelsior, 8 juin 1921, 12e année, 3.831, p. 4.
‘Aujourd’hui – Hôtel Drouot’, The New York Herald. Paris, 8 juin 1921.
H. R., ‘La Curiosité’, L’Écho de France, 9 juin 1921, 38e année, 13.445, p. 2.
‘Art et Curiosité’, Le Journal, 9 juin 1921, 10.462, p. 2.
P. Gille, ‘Les arts et la curiosité’, L’Action française. Organe du nationalisme intégral, 10 juin 1921, 14e année, 161, p. 4.
H. R., ‘Vente du comte de la Bédoyère’, La Liberté, 10 juin 1921, 56e année, 21.152, p. 2.
Valemont, ‘Vente du comte de La Bédoyère’, Le Figaro, 10 juin 1921, 67e année, 3e série, 161, p. 4.
A. Damécourt, ‘Chronique des ventes’, Le Cousin Pons. Revue d’Art, 1er juillet 1921, 6e année, 80, pp. 639-640.
J. Daurelle, ‘Art ancien et Curiosité‘, Mercure de France (Série moderne), 1er juillet 1921, CXLIX, 553, pp. 274-275.
‘Mouvement des arts’, La Chronique des arts et de la curiosité : supplément à la Gazette des beaux-arts, 31 juillet 1921, 13, p. 104.
La Furetière, ‘La Curiosité’, L'Amour de l'Art, août 1921, 2e année, 8, p. 259.
Exhibited
Paris, Galerie Charpentier, Hubert Robert et Louis Moreau, juin 1922, n°14 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) et 15 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin).
Paris, musée Carnavalet, Les Grands Salons Littéraires, 15 mars-30 avril 1927, n°137 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 139 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Londres, Royal Academy of Arts, Exhibition of French Art 1200-1900, 4 janvier-12 mars 1932, n°231 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 234 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Paris, musée de l'Orangerie, Hubert Robert, 1933, n°192 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 193 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Paris, Bibliothèque nationale, Troisième Centenaire de l'Académie française, juin 1935, n°526 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 527 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Paris, Galerie Cailleux, Exposition Hubert Robert & Louis Moreau. Exposition du cent-cinquantenaire de leur mort, 16 novembre-20 décembre 1957, n°17 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 18 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
Paris, musée Jacquemart-André, Hubert Robert. Les Sanguines du Musée de Valence, 1969, n°100 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 101 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin).
La Vallée aux Loups, Maison de Chateaubriand, Madame Geoffrin, une femme d'affaires et d'esprit, 27 avril-24 juillet 2011, n°42 (Le Déjeuner de Madame Geoffrin) et 46 (Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin) sous forme de reproductions photographiques.
Further details
HUBERT ROBERT, AN ARTIST PRESENTS A PORTRAIT TO MADAME GEOFFRIN; MADAME GEOFFRIN'S BREAKFAST, OIL ON CANVAS, A PAIR, BEAR AN INSCRIPTION

'I shall paint her with simplicity, in order to paint her in her own manner […]' wrote Morellet (1727-1819) of his friend Madame Geoffrin (1699-1777) in the tribute he devoted to her (Abbé Morellet, 1812, op. cit., p. 4).

Madame Geoffrin is a name that resonates throughout French history. An key figure of her day, she embodied the spirit of the eighteenth century, a blend of refinement and simplicity. She spread Enlightenment thought across Europe through her bureaux d’esprit, as the salons she organized were then called, and her intellectual role should not be underestimated. As Tornezy wrote, 'Her influence was immense […] her role almost equaled that of Voltaire', (see A. Tornezy, Un bureau d’esprit au XVIIIe siècle : le Salon de Madame Geoffrin, Paris, 1895, p. 11). From a comfortable, though not aristocratic, background, having lost her parents 'in the cradle', as she herself wrote (quoted by Morellet, 1812, op. cit., p. 5), she derived from the unconventional education she received from her elderly grandmother a certain seventeenth century rigidity, which set her apart from the affectations of her own time.

The eighteenth century allowed for the emergence of such personalities. 'Women then reigned […]' as the painter Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) wrote in her nostalgic Memoires of the Ancien Régime. Thérèse Geoffrin seized this new opportunity afforded to her sex. Reputation was now built not only on title, but also on wit, conversation, and the ability to bring together an intellectual circle in which debate was welcomed. One source of inspiration was Madame de Tencin (1682-1749), the mother of d’Alembert (1717-1783), who presided over a literary society from the Regency until her death in 1749, when Madame Geoffrin made her Salon a regular event, hosting it in her townhouse at what is now 374 rue Saint-Honoré.

At first she first invited scholars every Wednesday, before beginning to welcome artists every Mondays, a novelty in the Salon world. The reception was simple and unpretentious. Her great rival and detractor, Madame du Deffand (1696-1780), is credited with the caustic remark: 'So much fuss for a bacon omelette!' Yet it was precisely this simplicity that allowed animated conversation to flourish and explained the fame of Madame Geoffrin’s salons. Montesquieu (1689-1755), d’Alembert, whom she would financially support in the publication of the Encyclopédie, as well as Saint-Lambert (1716-1803) and Marivaux (1688-1763), were all regular attendees and did not complain of their reception.

It is not known exactly how or when Hubert Robert made the acquaintance of Madame Geoffrin. However, in 1771, Robert exhibited two paintings at the annual Salon that belonged to this latter (see S. Catala, 2020, op. cit., p. 218). Many artists close to Robert were among the Monday guests, and the painter fully understood the importance of securing the favor of such an influential Parisian figure. Certain visitors to Madame Geoffrin placed commissions with artists whose works were displayed in her home. 'Her apartment was adorned with their works. Paintings by Van Loo, Greuze, Vernet, Vien, de La Grenée [sic], Robert […]. If a collector wished to buy a painting, it was brought that very day to Madame Geoffrin’s, and the masters of the art judged it', explained Tornezy (quoted by S. Catala, 2020, op. cit., p. 220).

In 1771, Madame Geoffrin commissioned Robert to paint these two pictures depicting her in her home. The artist portrays a version of the salonnière faithful to the image preserved by posterity. She is simply dressed in a gray-blue gown and hair cap later adopted by Lemonnier (1743-1824) in his famous painting representing a fictional salon of Madame Geoffrin (Musée national de Malmaison et Bois-Préau, inv. M.M.59.3.1, fig. 1). In one scene, Madame Geoffrin listens calmly to a reading by her servant; in the other, she examines a painting presented to her on an easel by a man. Is this Robert himself holding an oval canvas in her bedroom? The question is much debated, but the closeness the painter seeks to demonstrate with this powerful woman of his time is unmistakable. Robert depicts an intellectual so close to the artist that she has forgotten to tidy away the broom leaning against an armchair in the reception salon, and allows him to paint her bed, which could easily have been concealed behind its curtains.

With a touch of mischief, the artist inserts above Madame Geoffrin’s fireplace a landscape painting of his own invention, in place of Summer by Joseph-Marie Vien (1716-1809), which is documented as having occupied this prominent position. The remaining elements in the paintings nevertheless reveal authentic details of Madame Geoffrin’s interior. The coffered ceiling with diamond-point pattern, visible in her bedroom, had indeed been commissioned by the occupant in 1763. The space between the bed and the window, known as the ruelle in seventeenth century bedroom arrangements, is also visible in Robert’s preparatory red-chalk drawing (Musée des Beaux-Arts, Valence, inv. D.106, fig. 2). While it is risky to identify the portraits displayed to the right of her bed, it is known that Madame Geoffrin commissioned Drouais (1727-1775) to produce several replicas of portraits of the children of her friends and visitors (see R. Ziskin, 2023, op. cit., p. 265). The easel painting appears to be Robert’s invention and may evoke Madame Geoffrin’s granddaughter, Charlotte, who died at the age of thirteen in 1749 (ibid, p. 267).

In the reception salon, the medallion almost directly attached to the mirror could be a work by Cochin (1715-1790) depicting the Comte de Caylus (1692-1765). Caylus was a frequent visitor to the Salon, and his aunt, Madame de Maintenon (1635-1719), could well have served as a source of inspiration for Madame Geoffrin. The bust of Minerva and the grisaille representing an allegory of the arts do not appear in Madame Geoffrin’s inventories. Again, they are likely the invention of the artist, who refines this interior by removing the busts actually present in the salon, such as those of Corneille (1606-1684) and Racine (1639-1699).

Despite the artistic licence used by the artist in representing Madame Geoffrin’s reception salon and bedroom, or perhaps because of this, these two paintings brilliantly illustrate the art of Hubert Robert. The artist was probably an obvious choice, given his ability to vividly convey the atmosphere of his time, so perfectly embodied by the painter’s patron. These two paintings would be the last commissions Madame Geoffrin placed with an artist.

Brought to you by

Pierre Etienne
Pierre Etienne International Director, Deputy Chairman of Christie's France, Old Master Paintings

Lot Essay

'Je la peindrai avec simplicité pour la peindre à sa manière […]' écrit Morellet (1727-1819) de son amie Madame Geoffrin (1699-1777) dans l’éloge qu’il lui consacre (Abbé Morellet, 1812, op. cit., p. 4).

Madame Geoffrin est un nom qui résonne dans l’Histoire française. Figure incontournable de son siècle, elle incarne cet esprit du XVIIIe siècle, mélange de raffinement et simplicité. Elle a fait rayonner la pensée des Lumières dans toute l’Europe par le biais de ses 'bureaux d’esprit' comme on appelait alors les Salons qu’elle organisait. 'Son influence a été immense […] ; son rôle a presque égalé celui de Voltaire' rappelait Tornezy (voir A. Tornezy, Un bureau d'esprit au XVIIIe siècle : le Salon de Madame Geoffrin, Paris, 1895, p. 11). D’un milieu aisé, sans être aristocratique, ayant perdu ses parents 'au berceau' comme elle l’écrit (cité par Morellet, 1812, op. cit., p. 5), elle a tiré de l’éducation originale de sa vieille grand-mère une certaine raideur du siècle passé qui coupait avec les afféteries de son époque.

Le XVIIIe siècle avait permis l’éclosion de ce type de personnalités. 'Les Femmes régnaient alors […]' comme l’écrivait la peintre Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) dans ses Souvenirs nostalgiques de l’Ancien Régime. Thérèse Geoffrin se saisit de cette possibilité nouvelle conférée aux femmes. Leur réputation se faisait à présent non seulement sur leur titre mais aussi sur leur vivacité, leur conversation, leur capacité à fédérer un monde intellectuel dans lequel le débat serait bienvenu. Inspirée de la mère d’Alembert (1717-1783), Madame de Tencin (1682-1749) qui tenait également une société littéraire depuis la Régence, Madame Geoffrin régularisa son Salon à la mort de cette dernière en 1749 dans son hôtel particulier, à l’actuel 374 rue Saint-Honoré.

Elle y invite d’abord les savants tous les mercredis, avant d’y introduire une nouveauté en invitant les artistes tous les lundis. La réception était simple, sans façon. On prête à sa grande rivale et détractrice Madame du Deffand (1696-1780) la formule critique : 'voilà bien du bruit pour une omelette aux lards !'. Pourtant cette simplicité laissant libre-court aux conversations animées était l’explication de la renommée des Salons de Madame Geoffrin. Montesquieu (1689-1755), d’Alembert ([1717-1783] dont elle soutiendra financièrement l’édition de son Encyclopédie), comme Saint-Lambert (1716-1803), ou Marivaux (1688-1763) s’y pressaient régulièrement sans se plaindre de leur accueil ...

On ne sait comment ni quand Hubert Robert fit la connaissance de Madame Geoffrin. En 1771, Robert expose au Salon deux peintures dont il précise qu’elles appartiennent à la salonnière (voir S. Catala, 2020, op. cit., p. 218). De nombreux artistes proches de Robert faisaient partie des invités du lundi. Robert comprenait très bien l’importance d’avoir les bonnes grâces de cette personnalité très influente à Paris. Certains convives de Madame Geoffrin passaient commandes aux artistes dont les œuvres étaient exposées chez elle. 'Son appartement était orné de leurs ouvrages. Des tableaux de Van Loo, de Greuze, de Vernet, de Vien, de la Grenée [sic], de Robert […]. Un amateur voulait acheter un tableau, on le portait ce jour-là chez Madame Geoffrin, & les maîtres de l’art le jugeaient' rappelait ainsi Tornezy (cité par S. Catala, 2020, op. cit., p. 220).

En 1771, elle commande directement à Robert ces deux tableaux la représentant dans son intérieur. L’artiste y dépeint une Madame Geoffrin fidèle à l’image qu’en a conservée la postérité. Elle y est simplement vêtue de cette robe gris-bleu et cette cornette de cheveux que reprendra Lemonnier (1743-1824) dans son célèbre tableau représentant un salon fictif de Madame Geoffrin (musée national de Malmaison et Bois-Préau, inv. M.M.59.3.1, fig. 1). Madame Geoffrin écoute paisiblement la lecture de son domestique dans l’une des scènes et choisit une peinture qu’un homme lui présente sur un chevalet dans l’autre. S’agit-il de Robert lui-même tenant une toile ovale dans sa chambre ? L’hypothèse fait débat, mais la proximité que le peintre entend démontrer avec cette femme puissante de son époque est bien réelle. Robert représente une intellectuelle si proche de l’artiste, qu’on en oublie de ranger pour sa venue le balai posé contre le fauteuil du salon de compagnie et on lui offre de peindre la perspective du lit qui peut pourtant être dissimulé par deux rangées de rideaux.

Malice de l’artiste, il glisse au-dessus de la cheminée de Madame Geoffrin une peinture de paysage de sa conception en lieu et place du tableau L’Eté de Joseph-Marie Vien (1716-1809) documenté à cet emplacement.
Le reste des éléments présents dans les peintures livre cependant des détails véritables sur l’aménagement de Madame Geoffrin. Ce plafond à caissons en pointes de diamant, visible dans la chambre de Madame, avait bien été commandé par l’occupante en 1763. Cet espace entre le lit et la fenêtre qu’on nommait 'ruelle' dans les aménagements des chambres du XVIIe siècle est également visible dans la sanguine préparatoire de Robert (musée des Beaux-Arts, Valence, inv. D. 106, fig. 2). S’il est hasardeux de distinguer les portraits exposés à droite de son lit, on sait que Madame Geoffrin commanda à Drouais (1727-1775) différentes répliques de portraits d’enfants de ses amis et visiteurs (voir R. Ziskin, 2023, op. cit., p. 265). Le tableau de chevalet semble une invention de Robert et pourrait être une évocation de la petite fille de Madame, Charlotte, décédée à l’âge de treize ans en 1749 (ibid, p. 267).

Dans le salon de compagnie, le médaillon presque directement collé au miroir pourrait être une œuvre de Cochin (1715-1790) représentant le comte de Caylus (1692-1765). Le comte de Caylus était un visiteur fréquent du Salon et sa tante, Madame de Maintenon (1635-1719), pouvait bien compter comme une figure d’inspiration pour Madame Geoffrin. Le buste de Minerve comme la grisaille représentant une allégorie des arts n’apparaissent pas dans les inventaires de Madame Geoffrin. Ils sont là encore l’invention de Hubert Robert modelant cet intérieur qu’il épure des bustes véritablement présents dans ce salon, dont ceux de Corneille (1606-1684) et Racine (1639-1699).

Malgré les libertés prises par l’artiste dans la représentation du salon de compagnie et de la chambre de Madame Geoffrin, ces deux peintures illustrent avec brio l’art de Hubert Robert. L’artiste était probablement un choix évident par sa promptitude à transcrire avec vivacité l’atmosphère de son époque, incarnée si bien par la mécène du peintre.

Ces deux peintures seront les dernières commandes passées par Madame Geoffrin à un artiste.

More from Chefs-d'oeuvre de la collection Veil-Picard

View All
View All