Pablo Picasso (1881-1973)
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Pablo Picasso (1881-1973)

Femme nue debout aux mains croisées

Details
Pablo Picasso (1881-1973)
Femme nue debout aux mains croisées
signé 'Picasso' (en bas à gauche)
fusain sur papier
61.2 x 47.3 cm.
Exécuté à Gósol en 1906

signed 'Picasso' (lower left)
charcoal on paper
24 1⁄8 x 18 5⁄8 in.
Executed in Gósol in 1906
Provenance
Gertrude Stein, Paris (acquis auprès de l'artiste).
Perls Galleries, New York.
Walter P. Chrysler Jr., New York (d'ici 1940 et jusqu'à au moins 1954).
Leigh B. and Mary Lasker Block, Chicago (d'ici 1962 and jusqu'à au moins 1970).
Jacques Koerfer, Berne et Ascona.
David Lachenmann, Zurich.
Acquis auprès de celui-ci par les propriétaires actuels le 14 décembre 2017.
Literature
C. Zervos, Pablo Picasso, Paris, 1954, vol. 6, no. 779 (illustré, pl. 94).
Berggruen et Cie., Picasso: Dessins d'un demi-siècle, Paris, 1956 (illustré; intitulé 'Nu aux mains jointes').
P. Daix and G. Boudaille, Picasso, The Blue and Rose Periods, A Catalogue Raisonné, 1900-1906, Neuchâtel, 1966, p. 299, no. XV25 (illustré).
A. Moravia and P. Lecaldano, L'opera completa di Picasso, blu e rosa, Milan, 1968, no. 294A (illustré).
J.P. i Fabre, Picasso Vivant (1881-1907), Barcelona, 1981, p. 456, no. 1285 (illustré, p. 457).
Exhibited
Richmond, The Virginia Museum of Fine Arts and The Philadelphia Museum of Art, Collection of Walter P. Chrysler, Jr., janvier-mai 1941, p. 118, no. 211 (intitulé 'Nu aux mains jointes').
New York, The New Gallery, Picasso: An American Tribute, avril-mai 1962, no. 6 (illustré).
Art Institute of Chicago, Chicago Collectors, septembre-octobre 1963, p. 5 (intitulé 'Standing Nude' et daté '1905').
Washington, D.C., National Gallery of Art and Los Angeles County Museum of Art, 100 European Paintings and Drawings from the Collection of Mr. And Mrs. Leigh B. Block, mai-novembre 1967, no. 92 (illustré).
New York, The Museum of Modern Art, Four Americans in Paris: The Collection of Gertrude Stein and Her Family, décembre 1970, no. 31 (illustré).
San Francisco Museum of Modern Art; Paris, Galeries nationales du Grand Palais et New York, The Metropolitan Museum of Art, The Steins Collect: Matisse, Picasso, and the Parisian Avant-Garde, mai 2011-juin 2012, p. 441, no. 333 (illustré in situ dans la résidence Stein, pl. 359).
New York, Acquavella Galleries, Picasso, Seven Decades of Drawing, octobre-décembre 2021, no. 6.
Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Picasso 1906: La gran transformación, novembre-mars 2023.
Further details
« Gosól est magique… au-dessus des nuages, où l’air est incroyablement pur… nous avons trouvé ici le vrai bonheur. » — Fernande Olivier (cité dans Picasso: The Blue and Rose Periods, cat. d’expo., Fondation Beyeler, Bâle, p. 212).

Exécuté durant l’été 1906, alors que Pablo Picasso séjournait dans le village de Gosól, haut perché dans les Pyrénées espagnoles, Femme nue debout aux mains croisées date d’un moment charnière dans la carrière de l’artiste. Au cours des deux mois et demi qu’il passa dans ce village médiéval isolé dans les montagnes, Picasso accomplit l’une des percées les plus importantes de sa carrière, adoptant un langage visuel plus simplifié et stylisé qui allait poser les bases de son idiome cubiste pionnier. Anciennement dans la collection de Gertrude Stein, le présent dessin témoigne de manière saisissante de ces évolutions : le réseau affirmé de lignes de fusain et les passages subtilement modulés de hachures croisées révèlent la nouvelle vision puissante qui animait alors l’imagination de Picasso.

Picasso avait quitté Paris pour Barcelone en mai 1906 avec sa muse et amante aux cheveux noirs, Fernande Olivier. C’était la première fois que l’artiste retournait dans sa chère patrie depuis deux ans — la période la plus longue qu’il avait alors passée loin de l’Espagne. Après avoir reçu une somme d’argent considérable à la suite de l’achat important de plusieurs de ses tableaux par le marchand Ambroise Vollard, Picasso put retourner dans la capitale catalane avec éclat. Il était particulièrement impatient de présenter sa compagne à sa famille, lui qui l’appelait « la belle Fernande ». Le couple séjourna quinze jours à Barcelone, durant lesquels ils rendirent visite à de nombreux anciens amis de Picasso, parmi lesquels Pablo Gargallo, Angel et Mateu Fernández de Soto, l’écrivain Ramon Reventós et le sculpteur Enric Casanovas. « L’atmosphère de son propre pays lui était essentielle et lui donnait… une inspiration particulière », se souvient Fernande à propos de leur voyage en Catalogne. « Le Picasso que je voyais en Espagne était complètement différent du Picasso parisien ; il était heureux, moins sauvage, plus brillant et plus vif, capable de s’intéresser aux choses d’une manière plus calme et plus équilibrée ; en un mot, à l’aise. Il rayonnait de bonheur et son caractère et ses attitudes habituelles étaient transformés » (cité dans J. Richardson, A Life of Picasso, vol. I: 1881-1906, Londres, 1991, pp. 435-436).

C’est une recommandation de Casanovas qui incita Picasso et Fernande à se rendre dans le village isolé de Gosól, situé dans un cadre spectaculaire dans les montagnes près de la frontière avec l’Andorre. Les deux partirent à la fin du mois de mai 1906, parcourant une partie du trajet en train avant d’achever leur voyage à dos de mule, en franchissant les derniers kilomètres le long de routes escarpées et étroites, à travers de dangereux cols de montagne. À leur arrivée, ils prirent une chambre dans l’unique auberge du village, le Can Tempanada, et s’installèrent dans les rythmes singuliers de la vie locale, assistant aux fêtes publiques et aux célébrations religieuses tout en observant la vie quotidienne de la communauté. Picasso se mit rapidement au travail, esquissant, dessinant et peignant avec ferveur, son imagination embrasée par la richesse des stimuli qu’il trouvait dans ce refuge paisible. En effet, il produisit autant d’œuvres durant ces dix semaines passées à Gosól qu’au cours des six mois précédents à Paris. Début juillet, il écrivit même à Casanovas, à Barcelone pour lui demander l’envoi d’un nouveau lot de vingt feuilles de papier Ingres à Gosól, ayant déjà épuisé tout le stock qu’il avait apporté avec lui.

Avec son charme rustique et son rythme de vie tranquille dicté par le climat et le paysage, Gosól semblait un monde à part, loin de la métropole animée de Paris et du milieu bohème du Bateau-Lavoir où l’artiste possédait un atelier. Revenant à ses racines espagnoles, Picasso tomba sous le charme du classicisme ancien et intemporel de la Catalogne et adopta une esthétique de plus en plus simplifiée, laissant derrière lui l’influence symboliste française qui avait marqué les œuvres de sa période Rose. La figure féminine devint un thème central de son art à cette époque, sans doute nourri par la présence constante de Fernande durant ces mois. Même lorsqu’il représentait les habitants de Gosól ou réalisait des œuvres à caractère plus allégorique, les traits de Fernande s’infiltraient dans ses images, sa silhouette devenant à la fois une source inépuisable d’inspiration et un terrain d’expérimentation artistique intense.

Représentant une figure féminine nue, monumentale, vue de trois-quarts, Femme nue debout aux mains croisées est un dessin très abouti et dynamique exécuté à Gosól sur une grande feuille imposante. Il appartient à un petit groupe d’œuvres préparatoires associées à la peinture monumentale de l’artiste Nue aux mains jointes (Fernande) (Grand nu rose) / (Zervos, vol. 1, no. 327 ; The Museum of Modern Art, New York), également réalisée lors de ce voyage déterminant.
Dans le présent dessin comme dans la peinture finale, la femme — très probablement inspirée par « la belle Fernande » — est représentée dans la même pose : debout et droite, son poids reposant sur une jambe tandis que l’autre se soulève légèrement au niveau du talon. Ses mains sont jointes devant son corps dans un geste détendu qui protège à la fois sa pudeur et souligne sa nudité, leur position suggérant de manière implicite le dévoilement possible qui se produirait si elle relâchait ses mains et laissait tomber ses bras le long du corps. La forme courbe de la femme possède une forte monumentalité ; ses contours sont tracés par d’élégants traits de fusain dont l’épaisseur et la densité varient au gré du mouvement de la main de l’artiste sur la feuille, tandis que des passages d’ombre soigneusement placés et des rehauts subtils confèrent au corps une impression de définition et de volume.

Au début de l’année, alors qu’il se trouvait encore à Paris, Picasso avait vu au Louvre une collection récemment acquise de sculptures ibériques. Ces représentations rudimentaires de la figure humaine l’avaient profondément fasciné, mais, comme l’écrit le biographe de l’artiste John Richardson, « pour le moment Picasso ne voyait pas comment exploiter leur primitivisme dans son travail. Les mois qu’il passerait en Espagne durant l’été lui montreraient comment y parvenir » (ibid., p. 428). À Gosól, Picasso fut également captivé par une Vierge romane en bois du XIIᵉ siècle conservée dans l’église du village (aujourd’hui au Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone). Cette sculpture, associée à l’impact des sculptures ibériques ainsi qu’aux nombreux objets non occidentaux que Picasso avait vus à Paris à cette époque, conduisit l’artiste à concevoir une nouvelle manière de représenter le corps féminin — plus directe, libérée des traditions qui avaient dominé la création artistique depuis la Renaissance. Comme le montrent des œuvres telles que Femme nue debout aux mains croisées, Picasso ne cherchait plus à représenter une ressemblance exacte de ses sujets, mais plutôt les principes essentiels de leur forme — la structure du corps et l’impression générale des traits — afin d’atteindre une représentation archétypale et intemporelle de la figure humaine.

Femme nue debout aux mains croisées possède une provenance prestigieuse, ayant appartenu à plusieurs collections privées majeures au cours du siècle passé. Le dessin fut acquis directement auprès de l’artiste par Gertrude Stein, la poétesse et écrivaine américaine expatriée, qui fut l’une des premières soutiens du modernisme en Europe durant les premières décennies du XXᵉ siècle et une fervente défenseuse du cubisme. Stein s’était installée à Paris à l’automne 1903, où elle s’immergea rapidement dans la scène artistique de la ville, fréquentant musées, galeries et expositions avec son frère Leo. Tous deux commencèrent à constituer leur collection à cette époque, acquérant ensemble des œuvres de certains des artistes les plus dynamiques et révolutionnaires du moment. En quelques années seulement, ils avaient rassemblé un ensemble important de chefs-d’œuvre du modernisme naissant, avec un intérêt particulier pour des œuvres de Paul Cézanne, Henri Matisse et Picasso. Ces œuvres extraordinaires ornaient les murs de la résidence des Stein au 27 rue de Fleurus, servant de décor dynamique à leurs célèbres salons du samedi soir, qui constituaient un lieu de rencontre essentiel pour un groupe international d’artistes, d’écrivains, de collectionneurs et de marchands vivant à Paris ou de passage dans la ville.

La présente œuvre demeura dans la collection de Gertrude pendant plusieurs décennies et apparaît dans des photographies de l’appartement qu’elle partageait avec sa compagne Alice B. Toklas à Paris dans les années 1920. La grande feuille était accrochée à un endroit bien visible près de la cheminée, non loin de la peinture Nue aux mains jointes (Ferande) (Grand nu rose), que Stein avait également achetée à l’artiste peu après son retour à Paris. Gertrude éprouvait une profonde admiration pour les talents de dessinateur de Picasso et considérait que les œuvres sur papier telles que Femme nue debout aux mains croisées possédaient un sentiment inégalé de l’énergie viscérale et vitale qui caractérisait le style de l’artiste durant ces années audacieuses d’exploration. Après avoir quitté la collection Stein dans les années 1930, le dessin fut acquis par l’homme d’affaires américain et mécène de musée Walter P. Chrysler Jr., avant d’être acheté plus tard par les collectionneurs et mécènes renommés de Chicago, Leigh B. et Mary Lasker Block.


“Gosól is magical… above the clouds, where the air is incredibly pure… we have found true happiness here.” – Fernande Olivier (quoted in Picasso: The Blue and Rose Periods, exh. cat., The Fondation Beyeler, Basel, p. 212).

Executed during the summer of 1906, while Pablo Picasso was sojourning in the village of Gosól, high in the Spanish Pyrenees, Femme nue debout aux mains croisées dates to a pivotal moment of transition in the artist’s career. Over the course of the two and half months he spent in this remote, medieval outpost in the mountains, Picasso reached one of the greatest breakthroughs of his career, embracing a more simplified and stylised visual language that would lay the foundations for his pioneering Cubist idiom. Formerly in the collection of Gertrude Stein, the present drawing offers a striking record of these developments, the confident network of charcoal lines and the subtly modulated passages of cross-hatching revealing the powerful new vision that gripped Picasso’s imagination.

Picasso had left Paris for Barcelona in May 1906 with his raven-haired muse and lover Fernande Olivier. This was the first time that the artist had returned to his beloved native land for two years – the longest period that he had spent away from Spain up to that point. After coming into a considerable sum of money following an important purchase by the dealer Ambroise Vollard of several of the artist’s paintings, Picasso was able to return to the Catalonian capital in style. He was particularly eager to introduce his family to his girlfriend, whom he referred to as ‘la belle Fernande,’ and the couple stayed a fortnight in Barcelona, during which time they visited many of Picasso’s old friends, including Pablo Gargallo, Angel and Mateu Fernández de Soto, the writer Ramon Reventós and the sculptor Enric Casanovas. ‘The atmosphere of his own country was essential to him, and gave him… special inspiration,’ Fernande recalled of their trip to Catalonia. ‘The Picasso I saw in Spain was completely different from the Paris Picasso; he was happy, less wild, more brilliant and lively and able to interest himself in things in a calmer, more balanced fashion; at ease, in fact. He radiated happiness and his normal character and attitudes were transformed’ (quoted in J. Richardson, A Life of Picasso, volume I: 1881-1906, London, 1991, pp. 435-436).

It was a recommendation from Casanovas that prompted Picasso and Fernande to visit the isolated village of Gosól, situated dramatically among the mountains along the border with Andorra, and the two set off in late May 1906, travelling part of the way by train, before completing their trek by mule, traversing the final stretch along steep, narrow roads and treacherous mountain passes. When they arrived, they took a room at the only inn, the Can Tempanada, and settled into the unique rhythms of life in the village, attending public festivals and religious feast days, and observing the play of life among the local community. Picasso soon set to work, fervently sketching, drawing and painting, his imagination set ablaze by the wealth of stimuli he found in this quiet haven. Indeed, he produced as much work during the course of this ten week stay in Gosól as he had in the previous six months in Paris – in early July, he sent a letter to Casanovas in Barcelona, requesting a new batch of twenty sheets of papier Ingres be sent to Gosól, as he had already run through the entire stock he had brought with him.

With its rustic charm and quiet pace of life governed by the climate and the landscape, Gosól felt a world away from the buzzing metropolis of Paris and the bohemian world of the Bateau Lavoir where the artist kept a studio. Returning to his Spanish roots, Picasso fell under the spell of the ancient, timeless classicism of Catalonia and began to embrace an increasingly simplified aesthetic, leaving behind the French symbolist influence that had permeated his contemporaneous Rose period works. The female form became a particular focus of Picasso’s art at this time, most likely inspired by the constant presence of Fernande during these months. Even when depicting the local denizens of Gósol, or embarking on works of a more allegorical nature, Fernande’s features seeped into Picasso’s pictures, her form both a source of endless inspiration and a site for intense artistic experimentation.

Depicting a statuesque nude female figure in three-quarter profile, Femme nue debout aux mains croisées is a highly finished and dynamic drawing from Gosól, executed on a large and imposing sheet. It comes from a small suite of preparatory works associated with the artist’s monumental painting Nue aux mains jointes (Ferande) (Grand nu rose) (Zervos, vol. 1, no. 327; The Museum of Modern Art, New York), also created during this seminal trip. In both the present drawing and the final painting, the woman – most likely inspired by ‘la belle Fernande’ – is depicted in the same pose, standing upright and poised, her weight resting on one leg while the other lifts slightly off the ground at the heel. Her hands are clasped together in front of her body in a relaxed gesture that simultaneously protects her modesty and highlights her nudity, their positioning suggestively indicating the potential reveal that will happen when she releases her grip and drops her arms to her sides. There is a powerful sense of monumentality to the woman’s curvaceous form, her contours delineated in elegant strokes of charcoal that shift in thickness and density as the artist’s hand moved across the sheet, while carefully placed passages of shading and nuanced highlights lend a sense of definition and volume to the body.

At the beginning of the year while still in Paris, Picasso had seen a newly acquired collection of Iberian sculptures at the Louvre. These roughly hewn depictions of the human form had enthralled him, yet, as the artist’s biographer John Richardson has written, ‘For the time being Picasso did not see how to harness their primitivism to his work. The months he was to spend in Spain in the summer would show him how to do so’ (ibid., p. 428). In Gósol, Picasso was similarly captivated by a 12th Century wooden Romanesque Madonna that stood in the village church (now in the Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelona). Together with the impact of the Iberian sculptures, as well as the numerous non-Western objects that Picasso had seen in Paris at around this time, this sculpture led the artist to conceive of a new means of representing the female body, one that was more direct, freed from the traditions that had dominated art making since the Renaissance. As works such as Femme nue debout aux mains croisées demonstrate, Picasso was no longer seeking to portray an exact likeness of his subjects, but rather the essential tenets of their form, the structure of their bodies, the overall impression of their features, in order to reach an archetypal, timeless depiction of the human figure.

Femme nue debout aux mains croisées boasts an illustrious provenance, having passed through a number of seminal private collections through the past century. The drawing was acquired directly from the artist by Gertrude Stein, the American ex-patriate poet and writer, who was an early supporter of modernism in Europe during the opening decades of the twentieth century and a keen champion of Cubism. Stein had moved to Paris in the autumn of 1903, where she swiftly immersed herself in the city’s art scene, frequenting museums, galleries and exhibitions with her brother Leo. The two began building their collection together around this time, making joint acquisitions of artworks by some of the most dynamic and revolutionary artists of the day. Within a few short years they had assembled an important grouping of early modern masterpieces, with a particularly strong focus on works by Paul Cezanne, Henri Matisse, and Picasso. These extraordinary artworks adorned the walls of the Steins’ residence at 27 rue de Fleurus, providing a dynamic backdrop to their famous Saturday evening salons, which were an important gathering place for a group of international artists, writers, collectors, and dealers living in or visiting Paris.

The present work remained with Gertrude for several decades, and can be seen in photographs of the apartment she shared with her partner Alice B. Toklas in Paris in the 1920s. The large sheet hung in a prominent position by the fireplace, not far from the painting Nue aux mains jointes / Femme nue debout, which Stein had also purchased from the artist shortly after his return to Paris. Gertrude held a deep appreciation for Picasso’s skills as a draughtsman, and felt that works on paper such as Femme nue debout aux mains croisées carried an unparalleled sense of the visceral, vital energy that marked the artist’s style from these adventurous years of exploration. After leaving Stein’s collections in the 1930s, the drawing was acquired by the American businessman and museum benefactor, Walter P. Chrysler Jr., before later being purchased by the esteemed Chicago collectors and patrons, Leigh B. and Mary Lasker Block.

Brought to you by

Antoine Lebouteiller
Antoine Lebouteiller International Specialist

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