Pipe Makondé
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PROPERTY FROM AN IMPORTANT PRIVATE COLLECTION
Pipe Makondé

Plateau de Mueda, Province de Cabo Delgado, Mozambique

Details
Pipe Makondé
Plateau de Mueda, Province de Cabo Delgado, Mozambique
Hauteur : 33 cm. (13 in.)
Provenance
Collection privée, Portugal
Patrick Dierickx, Bruxelles
Philippe Guimiot (1927-2021), Bruxelles
Importante collection privée
Literature
Berjonneau, G., Sonnery, J.-L. et al., Chefs-d'oeuvre inédits de l'Afrique noire - Rediscovered Masterpieces of African Art - Onbekende meesterwerken uit zwart Afrika, Boulogne, 1987, p. 280, n° 290
Kerchache, J., Paudrat, J.-L. et Stephan, L., L'art africain - Art of Africa, Paris, 1988, p. 356, n° 246
Lehuard, R., « Les expositions », in Arts d'Afrique noire, Arnouville, été 1994, n° 90, p. 47
Phillips, T. et al., Africa. The Art of a Continent, Londres, 1995, p. 173, n° 2.64
Bacquart, J.-B., L'art tribal d'Afrique noire - The Tribal Arts of Africa, Paris, 1998, p. 202, n° A
Exhibited
Paris, Galerie Philippe Guimiot, Salon de Mars, 21 - 26 mars 1990
Londres, Royal Academy of Arts, Africa. The Art of a Continent, 4 octobre 1995 - 21 janvier 1996
Further details
Makonde Pipe, Mueda Plateau, Cabo Delgado Province, Mozambique

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, African & Oceanic Art, Vice Chairman of Christie's France

Lot Essay

Probablement introduit au Mozambique au XVIᵉ siècle par les réseaux commerciaux portugais, le tabac est devenu chez les Makondé une denrée importante et très recherchée. Il était largement échangé contre des biens et des services et associé à des qualités personnelles telles que la générosité. Son usage, à fumer ou à priser, constituait l’un des principaux plaisirs et privilèges des anciens, notamment dans des contextes sociaux spécifiques ou lors de rassemblements dans la maison centrale des hommes (chitala), où l’on discutait et se remémorait le passé.

Les pipes à eau nyangwa, finement ouvragées et richement ornées, étaient généralement l’apanage d’individus de haut rang, tels que les chefs de village ou de clan. Étroitement liées à l’identité de son propriétaire, elles comptaient parmi les biens personnels les plus intimes et les plus précieux de la culture makondé. L’exemplaire présenté se distingue par un support de tige orné de délicats motifs en chevrons, ainsi que par la présence d’une poignée de préhension et de jambes finement sculptées, rehaussées de petits bracelets de perles. Au regard de sa qualité formelle, cette pipe ne se limitait pas à sa fonction utilitaire : elle relevait également de l’objet d’apparat, destiné à être porté, manipulé et contemplé.

Cette œuvre témoigne avec éloquence de l’inventivité formelle de l’art utilitaire makondé, conjuguant une évocation subtile de la figure humaine à une remarquable économie de moyens plastiques. Composée de quatre éléments détachables, elle met en œuvre une esthétique de la suggestion d’une grande maîtrise : en sculptant une paire de jambes pour compléter un support en forme de N faisant à la fois office de porte-tige et de socle, l’artiste a conçu une structure évoquant, avec finesse, une figure humaine assise ; le foyer de la pipe en terre cuite en figure la tête, tandis que le réservoir en cosse de noix de coco en suggère le bassin. L’abstraction devient langage et s’élève au rang d’œuvre d’art.

Cet exemplaire, issu d’un corpus de moins de dix œuvres, et publié dans des ouvrages de référence, est à rapprocher de ceux conservés au Flint Institute of Arts (inv. n° 2018.62) et au National Museum of African Art (inv. n° 2021-3-55).

Probably introduced to Mozambique in the 16th century through Portuguese trade networks, tobacco became an important and highly prized commodity among the Makonde. It was widely exchanged for goods and services and associated with personal qualities such as generosity. Its use - whether smoked or taken as snuff - constituted one of the principal pleasures and privileges of elders, particularly in specific social settings or during gatherings in the central men’s house (Chitala), where discussions took place and the past was recalled.

Finely crafted and richly ornamented, Nyangwa water pipes were generally the preserve of high-ranking individuals, such as village or clan chiefs. Closely bound to the identity of their owner, they ranked among the most intimate and precious personal possessions in Makonde culture. The present example is distinguished by a stem support adorned with delicate chevron motifs, as well as by the presence of a grip handle and finely carved legs, enhanced with small beaded bracelets. In light of its formal refinement, this pipe transcends mere utility: it also belongs to the realm of display objects, intended to be carried, handled, and contemplated.

This work eloquently attests to the formal inventiveness of Makonde utilitarian art, combining a subtle evocation of the human figure with a remarkable economy of means. Composed of four detachable elements, it demonstrates a highly accomplished aesthetic of suggestion: by carving a pair of legs to complete an N-shaped support serving both as stem holder and base, the artist devised a structure that subtly evokes a seated human figure; the terracotta bowl forms the head, while the coconut-shell reservoir suggests the pelvis. Abstraction here becomes a language in its own right, elevated to the status of art.

This example, belonging to a corpus of fewer than ten known works and published in key reference volumes, may be compared with those held at the Flint Institute of Arts (inv. no. 2018.62) and the National Museum of African Art (inv. no. 2021-3-55).

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