Baron Jean-Baptiste Louis Gros (1793-1870)
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Baron Jean-Baptiste Louis Gros (1793-1870)

Vue de l'Érechthéion, Acropole, Athènes, 1850

Details
Baron Jean-Baptiste Louis Gros (1793-1870)
Vue de l'Érechthéion, Acropole, Athènes, 1850
daguerréotype pleine plaque, monté sous verre et encadré
poinçon de la signature (image, recto) ; signé, annoté et daté sur une étiquette "Vues des trois temples d'Erechtée, de Minerve Poriade et de Pandrose, à droite, les colonnes d'Erechtée, dans lequel était la source que Neptune avait fait jaillir d'un coup de trident, lors de la dispute avec Minerve. Derrière les cariatides du Pandroséion, on voit trois colonnes du temple de Minerve Poliade. Sur le premier pylonne, débris du Parthénon. Acropole d'Athènes, mai 1850. baron Gros." à l'encre noire et étiquette du plan de l'Acropole (montage, verso)
à vue : 15 x 20.2 cm. (5 7⁄8 x 8 in.)

full-plate daguerreotype, mounted under glass and framed
stamped signature (image, recto); signed, annotated and dated on a label "Vues des trois temples d'Erechtée, de Minerve Poriade et de Pandrose, à droite, les colonnes d'Erechtée, dans lequel était la source que Neptune avait fait jaillir d'un coup de trident, lors de la dispute avec Minerve. Derrière les cariatides du Pandroséion, on voit trois colonnes du temple de Minerve Poliade. Sur le premier pylonne, débris du Parthénon. Acropole d'Athènes, mai 1850. baron Gros." in black ink and label with map of the Acropolis (mount, verso)
Provenance
Collection privée, France
Collection Roger Therond, Paris
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 15 (reproduit au catalogue d'exposition pp. 62-63 et p. 307)
Paris, Musée d'Orsay (mai-août) et New York, The Metropolitan Museum of Art (septembre-janvier), Le daguerréotype français : un objet photographique, 2003-2004, n° 290 (reproduit au catalogue d'exposition p. 351)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Entré dans la diplomatie française en 1823, le baron Gros effectue plusieurs missions à l’étranger, notamment au Mexique puis en Colombie, alors Nouvelle-Grenade (il y réalise le daguerréotype d’une rue de Bogota [Lot 228]). Parallèlement à ses fonctions, il entreprend divers séjours en Grèce, où il réalise en 1840 deux vues de l’Acropole ainsi que la photographie présentée ici de l’Érechthéion. Nommé de nouveau en Grèce à partir de 1850, il poursuit sa pratique photographique, se consacrant à la représentation des sites antiques. 

Figure active du milieu photographique naissant, il compte parmi les fondateurs de la Société héliographique en 1851, avant de participer à la création de la Société Française de Photographie (SFP) la même année. 

La Vue de l'Érechthéion fait partie des toutes premières photographies de monuments antiques, ce choix représente une véritable rencontre entre technique moderne et héritage antique. Par sa frontalité, son silence et sa précision, l’image dépouille le monument de ses mythes pour en révéler la présence réelle. Cette œuvre affirme la photographie comme un médium capable non seulement de documenter l’histoire, mais d’en transformer radicalement la perception esthétique. 

La surface argentée du daguerréotype, avec ses reflets et sa précision extrême, rappelle sans cesse au spectateur qu’il ne regarde pas une illusion, mais une trace directe du réel. Là où la peinture compose, hiérarchise et interprète le réel, l’image photographique se caractérise par sa neutralité et son refus du pittoresque. C’est face à ce bouleversement que Paul Delaroche déclarait en 1839 peu de temps après l’annonce officielle de l’invention par Louis Daguerre : « À partir de ce jour, la peinture est morte ». Mais plus qu’une prophétie de disparition, cette phrase traduit la perte du monopole de la peinture dans la représentation fidèle du monde. 

Having entered the French diplomatic service in 1823, Baron Gros undertook several missions abroad, notably in Mexico and then in Colombia, then known as New Granada (where he produced a daguerreotype of a street in Bogotá [Lot 228]). Alongside his official duties, he made a number of journeys to Greece, where in 1840 he created two views of the Acropolis as well as the photograph of the Érechtheion presented here. Appointed once again to Greece from 1850 onward, he continued his photographic practice, devoting himself to the representation of ancient sites. 


An active figure in the emerging photographic community, he was among the founders of the Société héliographique in 1851, before participating in the creation of the Société Française de Photographie (SFP) that same year. 


The View of Érechthéion is among the very first photographs of ancient monuments. This choice represents a genuine encounter between modern technology and the legacy of antiquity. Through its frontal composition, silence, and precision, the image strips the monument of its myths in order to reveal its real presence. This work establishes photography as a medium capable not only of documenting history, but also of radically transforming its aesthetic perception. 


The silvered surface of the daguerreotype, with its reflections and extreme precision, constantly reminds the viewer that what is being seen is not an illusion but a direct trace of reality. Whereas painting composes, organizes, and interprets the real world, the photographic image is characterized by its neutrality and its rejection of the picturesque. It was in response to this upheaval that Paul Delaroche declared in 1839, shortly after the official announcement of Louis Daguerre’s invention: “From this day forward, painting is dead.” Yet rather than a prophecy of disappearance, this statement reflects the loss of painting’s monopoly on the faithful representation of the world.

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