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SERGE POLIAKOFF (1900-1969)
SERGE POLIAKOFF (1900-1969)

Composition jaune VI

Details
SERGE POLIAKOFF (1900-1969)
Composition jaune VI
signé et daté 'SERGE POLIAKOFF 53. VI' (en bas à droite)
huile sur toile
116 x 89 cm. (45 5/8 x 35 in.)
Peint en 1953.
Provenance
Collection Madame Lassalle-Wittmann, Bruxelles (acquis directement auprès de l'artiste en 1953)
Puis par descendance au propriétaire actuel
Literature
Art Digest, octobre 1953 (illustré).
G. Marchiori, Serge Poliakoff, Paris, 1976 (illustré p. 51).
A. Poliakoff, Serge Poliakoff - Catalogue Raisonné, Volume I 1922-1954, Paris, 2005, No. 53-76 (illustré en couleurs p. 461).
Exhibited
Paris, Galerie Jeanne Bucher, 23 Artistes de Paris, juillet 1953.
New York, Grand Central Moderns, 23 Paris Artists, octobre 1953.
Bâle, Kunsthalle, Jacobsen-Poliakoff, janvier-mars 1958, No. 71. Paris, Musée national d'Art Moderne, L'École de Paris dans les Collections Belges, juillet 1959, No. 132.
Berne, Kunsthalle, Serge Poliakoff, avril-mai 1967, No. 57.
Charleroi, Palais des Beaux-Arts, Serge Poliakoff, septembre-novembre 1975, No. 14.
Post lot text
'COMPOSITION JAUNE VI'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT; OIL ON CANVAS.

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Valentine Legris
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Lot Essay

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Serge Poliakoff sous le No. 953040.


'Le tableau doit être monumental, c'est à dire plus grand que ses dimensions.' Telle est la pensée paradoxale de Serge Poliakoff exprimée dans son Cahier I de 1965. Le spectateur ne peut que ressentir cette dimension immatérielle, solaire qui se dégage indubitablement de Composition jaune VI.

Composition jaune VI offre une expression particulièrement captivante de l'évolution picturale de l'artiste au début des années cinquante. Désormais juxtaposées sans cernes, les formes ne se définissent que par la couleur. Elles gravitent autour d'une verticale, la force centripète à l'intérieur du tableau crée une sorte de noyau dur de l'uvre, où son énergie est contenue. A peine perceptibles, les multiples couches chromatiques sont pourtant bien présentes. Les tonalités du jaune ne sont pas monochromes mais recèlent de variations vibrantes sous la couche picturale laissée mate. Afin d'obtenir ce velouté de la matière Serge Poliakoff abandonne les couleurs en tube, qu'il juge inertes et sans vie, et broie lui-même ses teintes et dilue ses poudres. Il crée une profondeur en superposant les strates de couleurs, réinventant une iconographie qui lui est propre.

En effet, la construction de tableaux de Serge Poliakoff est empreinte d'une certaine spiritualité, tirant sa source de ses origines russes. La structure, la symbolique des couleurs ne sont pas sans évoquer les icônes orthodoxes ou les primitifs italiens, dont le fond doré évoque par excellence la lumière divine. Dans son recueil de 1965 baptisé Enluminures l'artiste revendique: 'Tout ce que je veux peindre est image divine et je dois être en elle, auprès d'elle, avec elle. Vers elle me haussant pour devenir en elle.'

Serge Poliakoff incite le spectateur à contempler, à voir plus loin que la surface, à écouter et sentir la forme. Son abstraction offre ainsi un moyen d'accéder à des domaines spirituels lorsqu'il atteint le 'silence éloquent' cher au peintre: 'Quand un tableau est silencieux, cela signifie qu'il est réussi. Certains de mes tableaux commencent dans le tumulte. Ils sont explosifs. Mais je ne suis satisfait que lorsqu'ils deviennent silencieux. Une forme doit s'écouter et non pas se voir.' (M. Ragon, Le regard et la mémoire, Paris, 1956, p. 56)


'The painting should be monumental, that is to say larger than its dimensions,' declares Serge Poliakoff in his Cahier I of 1965. One cannot help but feel this intangible, solar power that emerges from Composition jaune VI, a sort of divine energy that goes far beyond the bounds of canvas and straight into the heart of the viewer.

Painted in 1953, Composition jaune VI comes from a crucial period of the artist's development. In the early fifties Serge Poliakoff stops using outlines to juxtapose forms on canvas; now only colour is left to distinguish between them. In Composition jaune VI the irregular yellowish shapes seem to revolve around a vertical line, as if they obey a kind of a centripetal force that forms a core of the painting, where all of its energy is contained. The carefully modelled organic shapes are made up of multiple layers of paint, which, in spite of being barely noticeable, create a thrilling chromatic vibration. Particularly concerned with giving the canvas this animated sense of life of its own, Serge Poliakoff abandons industrial paints, inert and lifeless, and follows instead a painstaking process of grinding his own colours and diluting the powders. Thus the refined tonal contrasts seem to be held into a dynamic state of equilibrium by the painting's overall balance of colour, proportion and scale.

One cannot deny that Serge Poliakoff's works are imbued with certain spirituality that, undoubtedly, has to do with his Russian origins. The composition and the colour symbolism of his paintings are reminiscent of the Orthodox icons or the altar pieces of early Italian masters, where the golden background is meant to evoke the divine light. In 1965 the artist claims: 'All I want to paint is a divine image and I have to be in it, beside it, with it. Being close to it raises me and I become a part of it.'

Serge Poliakoff encourages the viewer to contemplate his works, to look beyond their surface, to listen and to feel the form. His abstraction thus provides a way to access spiritual realms where the silence éloquent reigns: 'When a painting is silent, it means that it is successful. Some of my works are born in a tumult they are explosive. But I am satisfied only when they get silent. The form should be heard and not be seen.' (M. Ragon, Le regard et la mémoire, Paris, 1956, p. 56)

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