Parmi les fondateurs et les principaux contributeurs du modernisme français, Berthe Morisot reste l’une des moins connues, un statut qu’elle doit en grande partie au fait qu’elle était une femme. Pendant des décennies, son œuvre a été négligée, pourtant Morisot était une figure fondatrice de l’impressionnisme dont les toiles ont repensé la manière dont les femmes étaient représentées — et, par extension, le rôle de la femme dans le monde. Comme l’écrivait Peter Schjeldahl, « Aujourd’hui, elle est l’artiste la plus intéressante de sa génération. »
Née en 1841, Morisot décida très tôt qu’elle voulait devenir artiste. À 16 ans, elle et ses sœurs commencèrent à prendre des cours de dessin, mais Morisot trouvait leur professeur ennuyeux et insista pour changer de tuteur. Pendant un certain temps, les sœurs étudièrent avec Joseph Guichard, qui les recommanda ensuite à Camille Corot. Deux ans plus tard, à l’âge de 23 ans, Morisot exposa ses premières toiles au Salon de 1864.
Après s’être installée à Paris, Morisot devint l’un des membres fondateurs du groupe des impressionnistes et, comme ses collègues, elle peignait elle aussi en plein air, créant des œuvres telles que Jour d’été et Le jardin à Bougival. Elle était très proche d’Edgar Degas, de Claude Monet et de Pierre-Auguste Renoir. Par l’intermédiaire d’Henri Fantin-Latour, elle fit la connaissance d’Édouard Manet, avec lequel elle allait nouer une relation particulièrement étroite. Manet peignit souvent Morisot, comme en témoignent notamment Berthe Morisot au bouquet de violettes et Le Repos, et Morisot épousa par la suite son frère, Eugène.
Morisot représentait souvent des scènes domestiques paisibles, comme celles que l’on voit dans Femme à sa toilette et Le Berceau, et prenait fréquemment sa sœur Edma et sa fille Julie comme modèles. Dans ses tableaux, les femmes étaient loin d’être des objets passifs, mais plutôt des figures mystérieuses dotées d’une vie intérieure riche et complexe. Cette sensibilité correspondait à celle de l’artiste elle-même. Rejetant les conventions sociales de l’époque, Morisot n’utilisait pas de pseudonyme masculin et exposait sous son propre nom, tandis que son mari abandonna sa carrière artistique pour soutenir la sienne. Elle était redoutable et avait, selon ses propres mots, une ambition « excessive ». Parmi les six artistes impressionnistes qui, en 1874, choquèrent et fascinèrent à parts égales la société parisienne, Morisot était la seule femme.
Même si ses sujets étaient tout à fait modernes, Morisot portait son regard vers le passé, trouvant son inspiration dans les toiles de Peter Paul Rubens, Joshua Reynolds et François Boucher, une sensibilité qui transparaît dans la luminosité de sa palette de couleurs. Au cours de sa carrière — interrompue par sa mort en 1895 à l’âge de 54 ans des suites d’une pneumonie —, le coup de pinceau de Morisot s’est assoupli, est devenu plus expérimental, et ses compositions ont gagné en profondeur émotionnelle. Elle a été une force déterminante de l’impressionnisme, peut-être même la force principale. Comme l’écrivait en 1877 dans Le Temps le critique Paul Mantz, contemporain de Morisot : « Il n’y a qu’une seule véritable impressionniste dans tout ce groupe révolutionnaire : c’est Mlle Berthe Morisot. »
Berthe Morisot (1841-1895)
Après le déjeuner
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Fillette portant un panier
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Julie rêveuse
Berthe Morisot (1841-1895)
Dans la véranda
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Jeanne Fourmanoir sur le lac
Berthe Morisot (1841-1895)
Fillettes à la fenêtre (Jeanne et Edma Bodeau)
Berthe Morisot (1841-1895)
Julie Manet à la perruche
Berthe Morisot (1841-1895)
Paule Gobillard en robe de bal
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune femme relevant ses cheveux
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille cueillant des oranges
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Jeanne Gobillard au piano et Julie Manet
Berthe Morisot (1841-1895)
Nourrice au fond d'un jardin
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Fillette au volant
Berthe Morisot (1841-1895)
Nu de dos
Berthe Morisot (1841-1895)
Berthe Morisot et sa fille devant une fenêtre
Berthe Morisot (1841-1895)
Dans la salle à manger
Berthe Morisot (1841-1895)
Le Flageolet
Berthe Morisot (1841-1895)
Petite fille aux cheveux blonds
Berthe Morisot (1841-1895)
Etude au bord de l'eau
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille écrivant
Berthe Morisot (1841-1895)
Fillette dans le jardin
Berthe Morisot (1841-1895)
Faneuse
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Jeanne Pontillon au chapeau
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Mme Gobillard et sa fille Paule
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille à l'ombrelle
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille étendue
Berthe Morisot (1841-1895)
Paysage
Berthe Morisot (1841-1895)
Baigneuses
Berthe Morisot (1841-1895)
Portrait de Blanche Pontillon
Berthe Morisot (1841-1895)
Bateau illuminé
Berthe Morisot (1841-1895)
Mme Gobillard et sa fille Paule
Berthe Morisot (1841-1895)
Avant le bain
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille remettant son patin
Berthe Morisot (1841-1895)
Julie Manet écoutant, étude pour "Le piano"
Berthe Morisot (1841-1895)
Le déjeuner à la campagne
Berthe Morisot (1841-1895)
La Fillette blonde
Berthe Morisot (1841-1895)
Bateaux à quai
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Le pont sur l'Oise
Berthe Morisot (1841-1895)
Marine en Angleterre
Berthe Morisot (1841-1895)
Plage de la comtesse
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Jeune fille au repos
Berthe Morisot (1841-1895)
Jeune fille assise dans la prairie
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Plage de la Comtesse dans la brume
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Étude pour jeune fille cueillant des oranges
Berthe Morisot (1841-1895)
Fillette écrivant (Julie Manet)
Berthe Morisot (1841-1895)
Julie Manet au chapeau Liberty
BERTHE MORISOT (1841-1895)
Portrait de Jeanne Pontillon
Berthe Morisot (1841-1895)
Femme en gris debout
Berthe Morisot (1841-1895)
Au cirque ( recto ); Tête de Julie Manet ( verso )