Jean‑Marie Périer : Les belles années

  • Date de l’événement 30 juin - 28 août
  • Lieu de l'évènement Paris

Cet été, Christie’s présente une exposition dédiée à Jean‑Marie Périer, figure majeure et emblématique de la photographie des années 1960. Réunissant une sélection de 26 photographies grand format, l’exposition célèbre le regard singulier de Périer et les liens privilégiés qu’il a tissés avec les personnalités françaises et internationales les plus iconiques de son époque.

Alliant spontanéité et mise en scène maîtrisée, ses portraits capturent l’énergie vibrante d’une génération et l’esprit d’un moment culturel fondateur. De la musique au cinéma, en passant par la mode et la culture populaire, ces images témoignent d’une époque marquée par la liberté créative, la jeunesse et l’innovation artistique.

L’œuvre de Jean‑Marie Périer dépasse le simple portrait de célébrité : elle révèle une approche intime et profondément humaine, donnant à voir à la fois les figures publiques et les instants plus privés de ses sujets. Cette exposition propose une immersion sensible dans le langage visuel des années 1960, mettant en lumière un corpus toujours actuel par sa fraîcheur, son authenticité et son impact culturel durable.

Oeuvres Phares

Exposition

Christie's Paris office

Paris

Location
Christie’s Paris
9 Avenue Matignon
75008 Paris

Exposition
30 juin – 4 juillet, 10h – 18h
5 juillet, fermé
6 juillet – 7 août, lundi – vendredi, 10h – 18h
9–19 août, fermé
20–28 août, lundi – vendredi, 10h – 18h

Hommage de Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature

A person wearing a brown sweater is resting their chin on their hand.

"Quand il a commencé à photographier ses modèles, Jean-Marie n'était guère plus âgé qu'eux : à peine vingt-trois ans. Quelques mois auparavant, il ignorait encore l'existence de Johnny Hallyday. Il se trouvait en Algérie, à cause de la guerre et de son service militaire. La première fois qu'il entendit Johnny chanter, c'était donc un soir de Noël sur Radio Oran et le refrain de la chanson "Retiens la nuit" résonnait d'une drôle de façon dans une ville où les bombes éclataient à chaque coin de rue.

C'est peut-être ce Noël là qu'ont débuté les années soixante.

Par le hasard d'une rencontre, celle de Daniel Filipacchi, que nous sommes encore quelques-uns à appeler "L'oncle Dan", un très jeune homme a été chargé de photographier d'autres jeunes gens pour un magazine qui venait de voir le jour (...).

Je retrouve dans ces photos, après cinquante ans, non pas le passé, mais le présent, cette insouciance qui vous fait ignorer hier et demain et vivre simplement "le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui." C'est le privilège de la jeunesse, pour qui le temps n'existe pas. Ni l'espace : en quel lieu exact se trouvent Johnny, Chris, Dick ou Eddy ? Ils sont dans leurs rêves d'une Amérique imaginaire, sans doute encore plus vraie que la vraie, puisque les rêves sont contagieux et que l'on finit par les imposer aux autres, surtout quand ils ont la force des rêves de l'enfance ou de l'adolescence.

Il y a eu ces instants magiques de nos quinze ans où les pentes de Montmartre et de Belleville débouchaient sur le plateau et les vallées de l'Arizona et du Colorado. Il suffisait d'entrer dans un cinéma de quartier, le Florida ou le Marcadet Palace, pour voir "La Fille de la prairie" ou "L'Aventurier du Rio Grande."

Il y a eu ces après-midis et ces soirs de la même époque, où l'on entendait Elvis Presley pour la première fois dans les juke-boxes de la porte Clignancourt. Alors, le ciel un peu moins gris de Saint-Ouen devenait le ciel si bleu et si profond du Texas. D'un simple déclic, par une simple intuition, Jean-Marie Périer a fixé le rêve pour toujours. Il avait l'œil".