Descriptif du lot
Philippe Auguste Boursin appartient à une dynastie d'orfèvres active à Paris. La famille est de confession protestante, de sorte que beaucoup de ses membres vont se réfugier à Londres pour fuir la persécution grandissante qui culminera par la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 ; ceux qui restent en France s’affichent dès lors catholiques. Son père Guillaume Boursin est natif de Saint-Séverin en Charente avant de venir s'installer à Paris pour devenir maître-orfèvre cautionné par son oncle Jean Boursin en 1624.
Philippe Auguste devient lui maître-orfèvre en 1663 après le décès de son père. Son premier poinçon décrit comme ‘fleur de lys couronnée, deux grains, un P, un I et un B avec une bourse' est remplacé en 1680 conformément au règlement de décembre 1679 par un nouveau poinçon 'fleur de lys couronnée, deux grains, une bourse au-dessus d'un P et un B' qui est celui qui figure sur cette aiguière. (cf. M. Bimbenet-Privat, Les Orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle, Tome 1, Paris, 2002, p. 265). Comme malheureusement pour beaucoup d'orfèvres de cette période, il ne reste aucun autre objet connu pour ce maître-orfèvre hormis cette aiguière.
Aiguière, buire, burette ou biberon
Esthétiquement cet objet s'apparente avec ce corps cannelé, ce long col et ce long bec verseur, aux burettes vénitiennes de la Renaissance. Pourtant en orfèvrerie, il ne se trouve vraiment aucun comparable sinon le biberon provenant de l'Hôtel-Dieu de Reims daté de vers 1540 et conservé aujourd’hui au Musée du Louvre (OA9420, don de M. et Mme David David-Weill). Dans le catalogue de la Collection du Musée du Louvre, Michèle Bimbenet-Privat le décrit comme une aiguière ou une buire et questionne son usage en se référant aux documents de la fin du Moyen Age et du XVIe siècle, qui évoquent ces aiguières souvent transformées en biberon par l'ajout de ce long bec appelé "serpent" qui permettait d'administrer des potions aux malades alités d'où le nom de biberon de malade (voir M. Bimbenet-Privat; F. Doux; C. Gougeon, Orfèvrerie de la Renaissance et des Temps Modernes XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. La collection du Musée du Louvre, 3 vol., Paris, 2022, p. 92).
Pourtant sa silhouette balustre décorée de larges côtes verticales s'apparente surtout aux vases dits 'de forme Médicis' illustrés dans le Recueil de Divers Vases Antiques de Charles Errard (vers 1606-1689), publié vers 1680, et qui ont largement inspiré les orfèvres de l'époque. C'est donc logique que Boursin opte pour cette forme à la mode pour son aiguière même si on sent une certaine hésitation dans la composition, avec ce couvercle décoré de feuilles de persil et ce long bec étroit.
Pour l'époque, cette aiguière est aussi inhabituellement très bien poinçonnée sur toutes les parties, suggérant presque que l'objet aurait pu être « amélioré » par l'orfèvre lui-même peut-être pour accommoder une commande. Rappelons quand même que le père de Boursin a été plusieurs fois condamné pour faute de titre (cf. op. cit. Bimbenet-Privat, 2002, Tome 1, p. 263 et 264) ce qui pourrait expliquer que son fils fasse preuve de zèle dans son poinçonnage.
Cet objet à la fois délicat et élégant est en fin de compte un des rares témoignages d’orfèvrerie domestique d'une période où les objets ayant survécu sont rares, fondus pour financer les guerres de Louis XIV et dont on connaît finalement mal l'esthétique.
Philippe Auguste devient lui maître-orfèvre en 1663 après le décès de son père. Son premier poinçon décrit comme ‘fleur de lys couronnée, deux grains, un P, un I et un B avec une bourse' est remplacé en 1680 conformément au règlement de décembre 1679 par un nouveau poinçon 'fleur de lys couronnée, deux grains, une bourse au-dessus d'un P et un B' qui est celui qui figure sur cette aiguière. (cf. M. Bimbenet-Privat, Les Orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle, Tome 1, Paris, 2002, p. 265). Comme malheureusement pour beaucoup d'orfèvres de cette période, il ne reste aucun autre objet connu pour ce maître-orfèvre hormis cette aiguière.
Aiguière, buire, burette ou biberon
Esthétiquement cet objet s'apparente avec ce corps cannelé, ce long col et ce long bec verseur, aux burettes vénitiennes de la Renaissance. Pourtant en orfèvrerie, il ne se trouve vraiment aucun comparable sinon le biberon provenant de l'Hôtel-Dieu de Reims daté de vers 1540 et conservé aujourd’hui au Musée du Louvre (OA9420, don de M. et Mme David David-Weill). Dans le catalogue de la Collection du Musée du Louvre, Michèle Bimbenet-Privat le décrit comme une aiguière ou une buire et questionne son usage en se référant aux documents de la fin du Moyen Age et du XVIe siècle, qui évoquent ces aiguières souvent transformées en biberon par l'ajout de ce long bec appelé "serpent" qui permettait d'administrer des potions aux malades alités d'où le nom de biberon de malade (voir M. Bimbenet-Privat; F. Doux; C. Gougeon, Orfèvrerie de la Renaissance et des Temps Modernes XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. La collection du Musée du Louvre, 3 vol., Paris, 2022, p. 92).
Pourtant sa silhouette balustre décorée de larges côtes verticales s'apparente surtout aux vases dits 'de forme Médicis' illustrés dans le Recueil de Divers Vases Antiques de Charles Errard (vers 1606-1689), publié vers 1680, et qui ont largement inspiré les orfèvres de l'époque. C'est donc logique que Boursin opte pour cette forme à la mode pour son aiguière même si on sent une certaine hésitation dans la composition, avec ce couvercle décoré de feuilles de persil et ce long bec étroit.
Pour l'époque, cette aiguière est aussi inhabituellement très bien poinçonnée sur toutes les parties, suggérant presque que l'objet aurait pu être « amélioré » par l'orfèvre lui-même peut-être pour accommoder une commande. Rappelons quand même que le père de Boursin a été plusieurs fois condamné pour faute de titre (cf. op. cit. Bimbenet-Privat, 2002, Tome 1, p. 263 et 264) ce qui pourrait expliquer que son fils fasse preuve de zèle dans son poinçonnage.
Cet objet à la fois délicat et élégant est en fin de compte un des rares témoignages d’orfèvrerie domestique d'une période où les objets ayant survécu sont rares, fondus pour financer les guerres de Louis XIV et dont on connaît finalement mal l'esthétique.
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