IMPORTANTE HACHA
MAYA, RÉGION DE LA CÔTE PACIFIQUE
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MAYA, RÉGION DE LA CÔTE PACIFIQUE
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ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a c… Read more PROPRIÉTÉ D'UNE IMPORTANTE COLLECTION PRIVÉE EUROPÉENNE
IMPORTANTE HACHA MAYA, RÉGION DE LA CÔTE PACIFIQUE

CLASSIQUE RÉCENT, ENV. 550-950 AP. J.-C.

Details
IMPORTANTE HACHA
MAYA, RÉGION DE LA CÔTE PACIFIQUE
CLASSIQUE RÉCENT, ENV. 550-950 AP. J.-C.
Pierre verte mouchetée
Hauteur : 32.4 cm. (12 ¾ in.)
Provenance
Collection John A. Stokes, Nyack, New York
Collection privée européenne, acquis auprès de ce dernier en 1970
Transmis par descendance
Literature
Easby, E. et Scott, J., Before Cortés. Sculpture of Middle America, New York, 1970, p. 185, n° 152
Emmerich, A., Arts Magazine, New York, septembre-octobre 1970, p. 36
Leyenaar, T. et Parsons, L.A., Ulama. The Ballgame of the Mayas and Aztecs from human sacrifice to sport, Leyde, 1988, p. 115, pl. 187, n° 100
Deletaille, E. et L., Trésors du nouveau monde, Bruxelles, 1992, p. 293, n° 273
Shook, E.M. et Marquis, E., Secrets in Stone. Yokes, Hachas and Palmas from Southern Mesoamerica, Philadelphie, 1996, p. 106, n° H11
Leyenaar, T., Ulama : jeu de balle des Olmèques aux Aztèques/Ballgame, from the Olmecs to the Aztecs, Lausanne, 1997, n° 34
Exhibited
New York, Metropolitan Museum of Art, Before Cortés. Sculpture of Middle America, 30 septembre 1970 - 3 janvier 1971
Bruxelles, MRAH - Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Trésors du nouveau monde, 15 septembre - 27 décembre 1992
Lausanne, Musée Olympique, Ulama. Jeu de balle des Olmèques aux Aztèques/Ballgame, from the Olmecs to the Aztecs, 26 juin - 12 octobre 1997
Denver, Denver Art Museum, Jan and Frederick Mayer Galleries, prêt à long terme, 2012-2019
Special notice
ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds)
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IMPORTANT MAYAN HACHA OF A DIGNITARY

Sculpturally-carved with a bearded dignitary with his head dramatically thrown back and struggling with a sinuous, mythical rattle snake with jaws agape, his eyes deeply sunken, possibly inlaid, the raised (?) rattles extending down the back inner side, the reverse side depicting the personage with his legs crossed in a lotus position, adorned with ear ornaments and an incised headband; with remains of polish on one side.

The "dignitary" hacha is among the most noteworthy hachas in the corpus of Mayan ballgame accoutrements both for the animation of the narrative scene and that the front and rear views are not standard "mirror images".

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Lot Essay

Lorsque les Espagnols sont arrivés pour la première fois dans le Nouveau Monde au début du XVIe siècle, ils ont été surpris de voir que les populations locales pratiquaient des jeux avec des balles en caoutchouc, un matériau inconnu à l’époque en Europe : ce jeu dont les Espagnols ont été les témoins dans la région, alors sous domination aztèque, n’était qu’une manifestation d’une ancienne et importante tradition présente au Mexique et dans la région maya d’où l’on pense que cette magnifique hacha provient. Les peuples de Mésoamérique ont pratiqué des jeux où l’on utilisait des balles en caoutchouc, et cette pratique s’étendait jusqu’aux Caraïbes et au sud-ouest des États-Unis. Des variantes du jeu de balle sont encore jouées aujourd’hui dans les états mexicains de Sinaloa et de Michoacán.

Les peuples mésoaméricains ont pratiqué de nombreux types de jeux de balle avec des règles et des styles de jeu qui ont probablement varié d’un endroit à l’autre et au cours des siècles, et que l’on ne comprend encore pas bien aujourd’hui. Les informations sur cette pratique proviennent des aires de jeu parvenues jusqu’à nous et fouillées sur de nombreux sites archéologiques du Mexique et de la région Maya, d’artefacts et d’accessoires, ainsi que de représentations visibles sur des sculptures en pierre et sur des céramiques mayas peintes. Les informations connues au travers de quelques témoignages d’Européens du XVIe siècle, indiquent que la balle, une fois jetée à la main sur le terrain en début de jeu, ne pouvait ensuite être frappée qu’avec la hanche ou la cuisse.

On pense aujourd’hui que le jeu de balle était une pratique sportive et de divertissement dans l’ancienne Mésoamérique tout en revêtant également un important aspect symbolique. Pour certains peuples mésoaméricains anciens, le parcours de la balle au travers de l’aire de jeu était perçu comme une analogie au mouvement du soleil dans le ciel, quand s’approchant de la terre, il entrait symboliquement dans le monde des enfers pour engager l’éternelle bataille avec les forces obscures de la nuit et se lever ensuite à nouveau à l’aube. Les textes Mayas qui nous sont parvenus indiquent aussi que pour ces derniers, le jeu de balle était le théâtre de batailles mythologiques entre les forces de la vie et de la mort et des sculptures en pierre et des vases peints en céramique représentent des rois mayas habillés en dieux en train de reconstituer ces jeux mythologiques. Par ailleurs, le jeu de balle était également associé au sacrifice humain et les représentations des sacrifices liés au jeu de balle abondent dans toute la Mésoamérique, depuis les sculptures de Bilbao sur la côte sud du Guatemala jusqu’aux reliefs du terrain de balle d’El Tajín sur la côte du Golfe et de Chichén Itzá dans le nord du Yucatán. Cependant, malgré une corrélation étroite entre sacrifice et jeu de balle, la signification exacte de ce sacrifice demeure incertaine.

Le jeu a été pratiqué sur des terrains de différentes formes et de différentes tailles, certains atteignant plus de quatre-vingt-dix mètres de longueur. L’un des plus anciens terrain de jeu connu a été excavé sur le site de Paso de la Amada au Guatemala et date d’environ 1400 av. J.-C. D’autres preuves d’existence précoce pour ce jeu sont localisées sur la côte du Golfe du Mexique, où un ensemble de balles en caoutchouc a été retrouvé sur le site d’El Manatí et date d’environ 1600 av. J.-C. Le nombre d’aires de jeu et d’objets tout autant que l’iconographie qui s’y rapportent augmente considérablement pendant la période classique (env. 300-900 ap. J.-C), au Mexique sur des sites tels que Teotihuacán, Monte Albán, ou à El Tajín sur la côte du Golfe, ainsi que dans la région Maya à La Corona, par exemple, Tikal, Copán et Chichén Itzá. Actuellement, plus de 1500 terrains de jeu ont été découverts en Mésoamérique. De nombreux sites disposent même de plusieurs aires de jeu comme à El Tajín, dans l’état actuel de Veracruz, où les archéologues ont identifié plus de quinze terrains sur lequels sont présents pour certains des reliefs en pierre sculptés représentant des scènes de jeu complexes avec plusieurs personnages.

Le jeu a été pratiqué avec des balles compactes en caoutchouc réalisées à partir de latex liquide extrait des arbres à caoutchouc locaux. En raison du poids et de la dureté de ces balles - certaines pesaient entre trois et huit kilogrammes - les joueurs devaient porter un équipement de protection rembourré, surtout autour des articulations, des cuisses et des genoux comme on peut le voir au travers de représentations de joueurs visibles sur de nombreux vases peints mayas et de nombreux reliefs en pierre sur les aires de jeu de Chichén Itzá et El Tajín. Ces protections étaient probablement faites de bois, de cuir et de coton, les nombreux exemplaires en pierre de ce type d’équipement de protection - comprenant les couvertures de genoux ou de coudes, les jougs, palmas, et hachas, qui sont maintenant présents dans diverses collections - n’auraient pas pu être portés dans la réalité en raison de leur poids. Les objets en pierre représentent en fait des versions cérémonielles de l’équipement du jeu de balle qui a été utilisé au cours de cérémonies ou de rituels funéraires.

Les hachas mayas ont une forme massive distinctive avec des angles arrondis. Elles sont généralement plus hautes que larges et légèrement plus épaisses sur l’un des longs cotés qui s’effile vers la bordure opposée, d’où le nom de hacha ou hache. Elles diffèrent de celles trouvées dans la région de la côte du Golfe qui sont systématiquement entaillées à la base du côté le plus épais ou comportent des tenons proéminents. La plupart des hachas mayas sont sculptées dans une pierre poreuse avec un répertoire iconographique montrant principalement des visages humains ou des animaux, et souvent une combinaison des deux. Cette hacha en particulier se distingue du nombre considérable de hachas répertoriées de la région maya pour un certain nombre de raisons. Une différence importante par rapport aux autres hachas consiste en la présence de deux faces différentes plutôt qu’identiques comme c’est le cas habituellement - la face avant étant beaucoup plus en relief et mieux finie que la face arrière qui est relativement plate. Par ailleurs, cette hacha est réalisée dans une rare pierre verte marbrée et dense à belle patine, sculptée d’une représentation d’un personnage humain assis jambes croisées et tenant un serpent entre ses deux mains dont le long corps de section arrondie ondule par devant le personnage en s’étendant tout du long du côté long et étroit de la hacha, la bouche grande ouverte du serpent recouvrant le pied gauche du personnage tandis que la queue repose sur son épaule gauche. La tête du personnage est par ailleurs renversée en arrière, avec des yeux peut-être autrefois incrustés regardant vers le ciel et une bouche avec des lèvres bombées à moitié ouverte, deux oreilles sculptées avec précision et semblant porter une barbe ainsi qu’un couvre-chef. Les serpents ont joué un rôle particulièrement important dans la religion mésoaméricaine et la perception du monde au travers des différentes periodes chronologiques. Leur fréquente représentation sur les œuvres liées au jeu de balle fait réference à une conception de renouveau, de transformation et de renaissance.

Heidi King
Historienne d'art, art précolombien

When the Spanish first arrived in the New World in the early 16th century they were surprised when they saw local people playing games with balls of rubber, a material unknown in Europe at the time. The game the Spanish witnessed in the area controlled by the Aztecs was just one manifestation of a long-lived and wide-ranging ballgame tradition in Mexico and the Maya area where this magnificent hacha is thought to have come from. Cultures throughout Mesoamerica played games using rubber balls, and the tradition extended even to the Caribbean and the south-western United States. Variants of the ballgame are still played today in the Mexican states of Sinaloa and Michoacán.

Mesoamerican peoples played many types of ballgames with rules and styles of play that probably varied from place to place and over the centuries which are not well understood today. Information about the Mesoamerican ballgame comes from surviving ballcourts excavated at many archaeological sites throughout Mexico and the Maya area, ballgame related artifacts and paraphernalia, as well as ballgame imagery on stone carvings and on painted Maya ceramics. What we do know from a few eyewitness accounts by Europeans in the 16th century is that the ball was thrown by hand onto the ball court at the start of the game, but it could then only be hit with the hip or thigh after that.

It is currently thought that the ballgame was a source of sport and entertainment in ancient Mesoamerica which also had important symbolic associations. Among some ancient Mesoamerican peoples, the movement of the ball across the court was seen as analogous to the movement of the sun across the sky; approaching the ground it symbolically entered the Underworld engaging in the eternal battle with the dark forces of the night before rising again at dawn. Surviving texts from the Maya people indicate that in their view the ballgame was the setting for mythological battles between the forces of life and death. Carved stone sculptures and painted ceramic vessels show Maya kings dressed as gods reenacting these mythological games. The ballgame was also associated with human sacrifice. Depictions of ballgame related sacrifice abound throughout Mesoamerica from sculptures at Bilbao on Guatemala’s south coast to ballcourt reliefs at El Tajín on the Gulf coast and at Chichén Itzá in northern Yucatán. However, despite the close association of sacrifice and the ballgame, the exact meaning of that sacrifice remains unclear.

The ballgame was played on ballcourts of varying shapes and sizes, some reaching more than ninety meters in length. One of the earliest ballcourts was excavated at the site of Paso de la Amada in Guatemala dating from about 1400 B.C. Additional early evidence for the playing of some sort of ballgame comes from the Gulf Coast of Mexico where a group of rubber balls was excavated at the site of El Manatí dating to about 1600 B.C. Ballcourts and ballgame related objects and imagery increase dramatically during the Classic Period (ca. 300-900 A.D.) in Mexico at sites such as Teotihuacán, Monte Albán, and El Tajín on the Gulf coast as well as in the Maya area at La Corona, for instance, Tikal, Copán and Chichén Itzá. At present more than 1500 ballcourts have been discovered in Mesoamerica. Many sites even feature multiple ballcourts such as El Tajín in the present state of Veracruz where archaeologists identified more than fifteen ballcourts some of which display elaborate multi-figural ballgame scenes in carved stone reliefs.

The game was played with solid rubber balls made from liquid latex obtained from local rubber trees. Because of the weight and hardness of the balls - some weighed between three and eight kilograms - players had to wear protective padding especially around their midsections, thighs and knees as seen in depictions of ball players on numerous Maya painted vessels and many stone reliefs at ballcourts at Chichén Itzá and El Tajín. Such protective padding was probably made of wood, leather, and cotton. The many stone versions of ballgame related protective equipment including knee or elbow protectors, yokes, palmas, and hachas, that are now in collections would not have been worn in actual games because of their weight. The stone objects represent ceremonial versions of ballgame gear that were used in rituals or funerary contexts.

Maya hachas have a distinctive block-like shape with rounded corners; they are usually taller than wide and slightly thicker on one of the long sides tapering towards the opposite side hence the name hacha or axe. They differ from those found in the Gulf Coast area which are invariably notched at the bottom on the thicker side or have prominent tenons. Most Maya hachas are carved from porous stone featuring a range of motifs, mostly human and animal faces, often a combination of both. This hacha stands out in the sizable group of hachas known from the Maya area for a number of reasons. One noteworthy difference when compared to other hachas is that it clearly has a front and backside rather than both sides being identical which is usually the case - the front being significantly more sculptural and better finished than the relatively flat back. Moreover, it is carved from a rare dense mottled greenstone that takes a good polish depicting a full-size human figure seated cross legged holding a serpent with both hands, its long body undulating across the front of the figure. The serpent’s mid-section is tapered running along the narrow long side of the hacha. The serpent’s wide-open mouth covers the figure’s proper left foot while its tail rests on his left shoulder. The figure’s head is bent back, his eyes which may have been inlaid in ancient times, looking skyward and his mouth with bulging lips is half-open. Both his ears are carved in detail and he appears to be wearing a beard and head cover.

Serpents played an immensely important role in Mesoamerican religion and worldview throughout time. Their frequent depiction in ballgame related artworks refers to ideas of renewal, transformation, and rebirth.

Heidi King
Art Historian, pre-Columbian Art

Hacha avec des traces de vernis sur une face et ornée d’un dignitaire barbu sculpté avec sa tête expressément renversée en arrière tout en luttant avec un serpent à sonnette mythique et ondulé avec des mâchoires béantes, des yeux profondément en retrait, peut-être autrefois incrustés, des hochets redressés (?) qui se prolongent vers le bas de la face arrière interne, et dont le revers représente un personnage aux jambes croisées en position de lotus avec une parure d’ornements d’oreilles et de serre-tête incisé.

Les hachas qui se distinguent le plus au sein de ce corpus spécifique d’accessoires du jeu de balle maya sont celles qui comportent une représentation narrative animée ainsi que des faces avant et arrière qui ne comportent pas de représentations identiques.

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