MASQUE KIPONG
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MASQUE KIPONG

NOUVELLE-IRLANDE, PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

Details
MASQUE KIPONG
NOUVELLE-IRLANDE, PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE
Hauteur : 54.6 cm. (21 1⁄2 in.)
Provenance
Collection Rebecca (1896-1988) et Bernard J. (1895-1978) Reis, New York, acquis avant 1958
Transmis par descendance
Collection Michael Sorafine (*-2021), Los Angeles, acquis en 2013
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KIPONG MASK, NEW IRELAND, PAPUA NEW GUINEA

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

Le masque Kipong de Bernard J. Reis

Au Nord et au Centre de la Nouvelle-Irlande, la vie rituelle et l'organisation sociale des clans étaient orchestrées par des cérémonies funéraires longues et complexes appelées Malagan. Ces pratiques très codifiées et structurées étaient parfois complétées par d'autres rites et danses, dont les plus importants étaient connus sous le nom de Kipong. Dans le cadre des institutions Malagan et Kipong, une extraordinaire diversité de statues, d'objets et de masques aux fonctions très spécifiques ont été créés, souvent pour un usage unique de quelques minutes, parfois utilisés dans différents cycles de cérémonies. Il faut également noter qu'au cœur des rites Malagan et Kipong, il y avait aussi des spécificités locales, parfois partagées uniquement par quelques clans ou villages. Au sein du corpus flamboyant des arts de Nouvelle-Irlande se distingue un groupe de masques blancs, acquis essentiellement lors des premiers contacts. Une face longiligne couverte de stuc blanc, dardant un regard aux yeux en opercules de Turbo, est barrée d’une large bouche aux dents acérées, évoquant les ulis. Les arcades sourcilières sont soulignées par la sculpture et le menton pointu est ceint d’une barbe de fibres collées par une résine de Parinarium laurinum. Certains masques blancs (Dresde, Museum für Volkerkunde, inv. n° 7172, Leipzig, Grassi Museum für Volkerkunde, inv. n° Me 10290 et Ex- Me 10289, tous acquis des collections du Museum Godeffroy avant 1880) ont le visage souligné par une frise en chaine rouge et jaune, comme sur certains ulis, mais aussi des graines rouges. Le masque est fixé sur une structure en fibre et peut donc être porté ou dansé.

Pour certains masques blancs, nous disposons d’informations d’acquisition qui indiquent le centre de la Nouvelle-Irlande, ce qui fut confirmé par Edgar Walden de l’expédition navale Allemande. Ses enquêtes de terrain avaient pour objectif de donner un contexte aux objets déjà acquis dans les musées et d’enrichir les collections. Il écrivit le 28 Mars 1908 à Félix von Luschan du musée de Berlin : « Les ulis, les figures hermaphrodites, sont produits dans la région de Panakondo [au centre de la Nouvelle-Irlande], ainsi que les masques enduits de stuc ».1

On remarquera à Leipzig trois masques voisins avec un nez fin pointu (inv. n° Me 10287, musée du quai Branly - Jacques Chirac, inv. n° 71.1898.63.16, Francfort-sur-le-Main, Haus der Kulturen, inv. n° E 1604 acquis avant 1887) et le masque, inv. n° 105813, du Weltmuseum Wien de Vienne (avant 1893). D’autres masques blancs, acquis avant 1880 ont un visage au menton plus arrondi, avec une bouche différente. On citera les masques, inv. n° VI 1217 et n° VI1220 acquis à Lemau, côte ouest au centre de la Nouvelle-Irlande actuellement au Ethnologisches Museum de Berlin, inv. n° BMG 4309 du musée Barbier-Mueller et inv. n° Oc.+1144 du British Museum, ainsi que l’inv. n° ex-Me 10372 du musée Leipzig qui faisait partie de la collection Masco.

Le masque de la collection de Bernard J. Reis est un exemplaire ancien de ce corpus de masques blancs de Nouvelle-Irlande, datant du XIXe siècle. La face porte encore une partie de son stuc blanc. Ce stuc encore présent souligne qu’il a été produit de la combustion de corail frais, obtenu sur la côte, par opposition au corail fossile qui serait obtenu dans les collines et collerait mal au bois. Ce masque a des yeux en opercules de Turbo. Sa coiffe de fibre comportait aussi des graines rouges fixées par une résine. Il en reste quelques-unes. On observe aussi des traces de résine où la barbe en fibre devait être fixée. Ce masque possède un jumeau, quasiment identique, au Museo del Ejército de Madrid (inv. n° 43004).2 Ce dernier avait été donné par le lieutenant-colonel de cavalerie Fernando Molins y Sada au musée en 1895. Les deux masques sont tellement proches qu’ils étaient certainement contemporains et issus du même clan et/ou village, possiblement de la même main.

Pour ceux dont nous avons une provenance précise, ces masques blancs ont été acquis durant les tout premiers contacts dans la deuxième moitié du XIXe siècle (en particulier la compagnie Godeffroy et le révèrent Georges Brown). Au sein du corpus identifié à ce jour, le masque de la collection de Bernard J. Reis et celui du Museo del Ejército paraissent être les plus anciens, avec une longue vie rituelle avant leur acquisition. Nous pensons qu’ils commandaient des rites Kipong au centre de la Nouvelle-Irlande dans la seconde moitié du XIXe siècle avant leur acquisition.

Le masque du Museo del Ejército a été identifié par Ana et Antonio Casanovas comme étant un des cent-cinquante chef-d’œuvres d’art « primitif » de collections publiques ou privées de la péninsule ibérique. Il fut présenté durant l’exposition Orígenes en 2005, au Centro de Cultura Contemporánea Conde Duque.

par Jean-Philippe Beaulieu

1Beaulieu, J.-P., Uli. Powerful Ancestors from the Pacific, Bornival, 2021, p. 77.
2Casanovas, A. et Gaspar, A., Orígenes. Artes Primeras. Colecciones de la peni´nsula Ibe´rica. América, Oceanía, Asia, África, Madrid, 2005, p. 126, n° 52.

The Kipong mask by Bernard J. Reis

In northern and central New Ireland, the ritual life and social organisation of the clans was orchestrated by long and complex funeral ceremonies called Malagan. These highly codified and structured practices were sometimes complemented by other rites and dances, the most important of which were known as Kipong. Within the Malagan and Kipong institutions, an extraordinary variety of statues, objects and masks with very specific functions were created, often for a single use of a few minutes, sometimes presented in different cycles of ceremonies. It should also be noted that at the heart of the Malagan and Kipong rites, there were also local specificities, sometimes shared only by a few clans or villages. Within the flamboyant corpus of New Ireland art stands out a group of white masks, acquired mainly during the first contacts. A long, white stucco-covered face, with turbo eyes, is crossed by a wide mouth with sharp teeth, reminiscent of ulis. The superciliary arches are emphasised by the sculpture and the pointed chin is encircled by a beard made of fibres glued together by a resin of Parinarium laurinum. Some white masks (Dresden, Museum für Volkerkunde, inv. no. 7172, Leipzig, Grassi Museum für Volkerkunde, inv. no. Me 10290 and Ex- Me 10289, all acquired from the collections of the Museum Godeffroy before 1880) have the face underlined by a red and yellow chain frieze, as on some ulis, but also by red seeds. The mask is fixed on a fibre structure and can therefore be worn or danced with.

For some of the white masks we have acquisition information that points to central New Ireland, which was confirmed by Edgar Walden of the German naval expedition. His fieldwork was intended to give context to objects already acquired in museums and to enrich the collections. He wrote on 28 March 1908 to Felix von Luschan of the Berlin Museum: "The ulis, the hermaphroditic figures, are produced in the Panakondo region [in the centre of New Ireland], as are the stucco-coated masks.1

Three neighbouring masks with a fine pointed nose (inv. no. Me 10287, Musée du quai Branly - Jacques Chirac, inv. no. 71.1898.63.16, Frankfurt am Main, Haus der Kulturen, inv. no. E 1604 acquired before 1887) and the mask, inv. no. 105813, from the Weltmuseum Wien in Vienna (before 1893) are noteworthy. Other white masks, acquired before 1880, have a face with a more rounded chin and a different mouth. These include masks, inv. no. VI 1217 and no. VI1220 acquired in Lemau, west coast of central New Ireland, now in the Ethnologisches Museum of Berlin, inv. no. BMG 4309 from the Barbier-Mueller Museum and inv. no. Oc.+1144 from the British Museum, as well as inv. no. ex-Me 10372 from the Leipzig Museum, which was part of the Masco collection.

The mask in the Bernard J. Reis collection is an early example of this corpus of New Ireland white masks, dating from the 19th century. The face still bears some of its white stucco. This surviving stucco emphasises that it was produced from the burning of fresh coral, obtained on the coast, as opposed to fossil coral which would be obtained in the hills and would not stick well to wood. This mask has eyes made of Turbo shells. Its fibre cap also had red seeds attached with resin. Some of these are still present. There are also traces of resin where the fibre beard must have been attached. This mask has an almost identical twin in the Museo del Ejército in Madrid (inv. no. 43004).2 The latter was donated to the museum by the cavalry lieutenant-colonel Fernando Molins y Sada in 1895. These two masks are so similar that they were certainly contemporary and from the same clan and/or village, possibly by the same hand.

Regarding those for which we have a precise provenance, these white masks were acquired during the very first contacts in the second half of the 19th century (in particular the Godeffroy company and the revered Georges Brown). Within the corpus identified so far, the mask from the Bernard J. Reis collection and the one from the Museo del Ejército appear to be the oldest, with a long ritual life before their acquisition. We believe that they were used for Kipong rites in central New Ireland during the second half of the 19th century before their acquisition.

The mask from the Museo del Ejército has been identified by Ana and Antonio Casanovas as one of the one hundred and fifty masterpieces of “primitive” art from public or private collections in the Iberian Peninsula. It was presented during the Orígenes exhibition in 2005, at the Centro de Cultura Contemporánea Conde Duque.

by Jean-Philippe Beaulieu

1Beaulieu, J.-P., Uli. Powerful Ancestors from the Pacific, Bornival, 2021, p. 77.
2Casanovas, A. et Gaspar, A., Orígenes. Artes Primeras. Colecciones de la peni´nsula Ibe´rica. América, Oceanía, Asia, África, Madrid, 2005, p. 126, n° 52.
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