TAPISSERIE ROYALE D'EPOQUE LOUIS XIV
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PROVENANT D'UNE COLLECTION LORRAINE
TAPISSERIE ROYALE D'EPOQUE LOUIS XIV

MANUFACTURE ROYALE DES GOBELINS, REPRESENTANT LE MOIS DE JUIN DE LA TENTURE LES MOIS ARABESQUES, D'APRÈS LES CARTONS DE GIULIO ROMANO, VERS 1710

Details
TAPISSERIE ROYALE D'EPOQUE LOUIS XIV
MANUFACTURE ROYALE DES GOBELINS, REPRESENTANT LE MOIS DE JUIN DE LA TENTURE LES MOIS ARABESQUES, D'APRÈS LES CARTONS DE GIULIO ROMANO, VERS 1710
En laine et soie, à décor d’un triple portique surmonté d’un dais fleuri et dévoilant au centre un paysage flamand flanqué de caryatides, satyres et grotesques sur fond rouge, la bordure ornée en partie supérieure des armes de Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, richement décorée de figures allégoriques, de masques de lions, de guirlandes de fruits et légumes, et centrée en partie basse d’un cartouche en grisaille représentant la Chute de Phaéton ; doublée
378 x 328 cm. (149 x 129 in.)
Provenance
Commandée pour Marie-Anne de Bourbon, 'Princesse de Conti' (1666-1739), et très certainement offerte par Louis XIV vers 1710-1715 pour le château de Choisy.
Inventoriée après décès au château de Choisy (appelé Choisy-le-Roi) , le 3 mai 1739.
Acquise par Louis XV avec l’achat du château le 6 octobre 1739 et inventoriée en 1789 à Choisy-le-Roi.
Literature
Bibliographie comparative :
M. Fenaille, Etat Général des Tapisseries de la Manufacture des Gobelins, Paris, 1903, vol. II, pp. 327, 333 - 334.
L. Baldass, Die Wiener Gobelinssammlung, Vienne, 1920, vol. VII, cat. 124.
S. van Riet, 'Delices & Tournements', in L'Estampille L'Objet d'Art, Mai 2001, p. 6.
Exhibited
Cat. Expo. Les Fastes de la Tapisserie du XVe au XVIIIe siècle, Musée Jacquemart-André, Paris, 1984, n° 28, pp. 64-65 (illu.)
Further details
A ROYAL LOUIS XIV ALLEGORICAL TAPESTRY DEPICTING THE MONTH OF JUNE, ROYAL MANUFACTURE OF GOBELINS, AFTER THE DESIGNS OF GIULIO ROMANO, CIRCA 1710

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Issue d'une prestigieuse tenture réalisée par la Manufacture des Gobelins au début du XVIIIe siècle, notre tapisserie s'illustre par sa provenance royale. Elle fut en effet réalisée pour la princesse de Conti et destinée à orner son château de Choisy-le-Roi.


LA PRINCESSE DE CONTI (1666-1739)

La princesse de Conti était la fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière, une des maîtresses de Louis XIV. Marie-Anne de Bourbon-Conti reçut ainsi le titre de princesse de France. Réputée pour sa beauté, elle épousa Louis Armand I de Bourbon, prince de Conti en 1680 à l'âge de treize ans et devint connue sous le nom de "La grande Princesse de Conti". Louis Armand (1661-1685) combattit avec les Impériaux pour vaincre les Turcs à Gran. A son retour en France, il s’occupa de soigner la princesse de Conti, atteinte de la petite vérole. Il contracta à son tour la maladie et y succomba la même année en 1685. La princesse ne se remaria jamais et décéda en 1739.


CHOISY-LE-ROI

Le Château de Choisy était une demeure de plaisance près de Paris, avec une localisation idéale sur les bords de la Seine. Il fut bâti par Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, sur un domaine qu’elle acquis en 1677 pour 40 000 livres. Elle en confia la construction à l’architecte Jacques IV Gabriel entre 1678 et 1679. Le gros œuvre fut fixé à 123 000 livres.

A la mort de la duchesse en avril 1693, le château fut légué au Dauphin qui finit par l’échanger en 1695 contre le Château de Meudon, qui appartenait alors à Anne de Souvré, marquise de Louvois (veuve du ministre Louvois). Elle devint alors propriétaire du Château de Choisy et ses descendants décidèrent de le vendre à la princesse de Conti par un contrat en date du 6 décembre 1717. Celle-ci était familière de cette demeure où elle se rendait régulièrement avec le Grand Dauphin, son demi-frère. Elle réaménagea l’espace en y faisant construire une aile attenante au corps de logis, face à la Seine, entre 1717 et 1722.

Louis XV acquit le château avec son contenu le 6 octobre 1739, après la mort de la princesse, pour 300 000 livres et entreprit des travaux d’agrandissement. Il choisit cet emplacement, qu’il rebaptisa Choisy-le-Roi, comme maison de plaisance pour inviter ses familiers. Il appréciait particulièrement ce domaine entre Versailles et Fontainebleau, qui était aussi idéal pour la chasse. Après avoir été brièvement usité par Louis XVI, le bâtiment connut une fin tragique puisqu’il fut abandonné en 1789, puis rasé au début du XIXe siècle.


HISTOIRE DE LA TAPISSERIE

Les ateliers de tapisserie de la Manufacture royale des Gobelins fondée en 1662, étaient initialement associés aux prestigieuses et importantes tentures historiques d’après Charles Le Brun à la gloire de Louis XIV. Ils produisirent pourtant en parallèle de nombreuses tapisseries aux sujets plus légers et raffinés destinées à une riche clientèle de courtisans, nobles et grands financiers. Elles avaient une fonction décorative qui servait également l’art de la conversation. Les thèmes représentés pouvaient évoquer la vie champêtre, une Arcadie où la nature idéalisée laisse place au rêve et à l’évasion, comme une sorte de fenêtre ouverte sur le monde, ou encore des sujets romanesques souvent humoristiques ou grivois. Après la mort de Colbert en 1683, lorsque Mignard succéda à Le Brun, les Gobelins commencèrent à copier les grandes tentures flamandes de la Renaissance qui étaient présentes dans les collections royales. Ces modèles ayant été remontés sur un métier de basse-lisse, ils furent souvent retissés en image inversée.

C’est le cas des Mois arabesques réalisés à la Manufacture des Gobelins dont fait partie notre tapisserie pour lesquels il n’existe que deux tentures. Ils ont été réalisés d’après une tenture bruxelloise nommée Les Douze Mois grotesques sur les dessins de Giulio Romano et datant du milieu du XVIe siècle, dont une version du mois de juin est illustrée dans L. Baldass, Die Wiener Gobelinssammlung, Vienne, 1920, vol. VII, cat. 124. Cette tenture bruxelloise provenait de l’Hôtel de Guise et était entrée au Mobilier de la Couronne en 1661 sous le n°33 :
‘33. Les Douze Mois avec Crotesques – Une tenture de tapisserie de laine et soye, rehaussée d’or, fabrique de Bruxelles, dessein de Julles Romain, représentant les Douze Mois de l’année avec crotesques et paysages, sur un fonds rouge, dans une bordure fonds d’or, avec festons de fleurs et de fruits ; au milieu de celle d’en hault est un escriteau qui marque le mois ; dans le milieu de celle d’en bas, un camayeu couleur de bronze, soustenu par deux figures ; contenant 45 aunes de cours sur 3 aunes 1⁄8 de hault, en douze pièces doublées à plein de toile verte’.
Elle était à Paris en 1789 et fût brûlée en 1797 avec d’autres tentures du Mobilier de la Couronne pour récupérer l’or et l’argent du tissage. La première copie avait été réalisée en 1687-1688 à la Manufacture des Gobelins pour Trianon, et constitue la première tenture des Mois arabesques. Elle comprenait douze pièces, une pour chaque mois de l’année.

Notre tapisserie fait partie de la deuxième tenture et fut réalisée pour la princesse de Conti. Il s’agissait probablement d’un présent de son père Louis XIV. Elle comprenait seulement six pièces et est mentionnée ainsi dans l’inventaire des tentures sans or du Mobilier de la Couronne :
‘N°229. Grotesques. – Une tenture de tapisserie, laine et soie, manufacture des Gobelins, représentant des Grotesques, portiques et païsages ; la tenture en six pièces, contenant ensemble 19 aunes de cours sur 3 a. ¼ de haut’.
Ces tapisseries décoraient deux pièces du château de Choisy lorsque celui-ci fût acheté par Louis XV après la mort de la princesse le 3 mai 1739. Elles sont mentionnées dans son inventaire après décès comme suit :
‘Item trois pièces de tapisseries des Gobelins, dans le goût de portiques, paysages et grotesques, contenant 12 aunes de cours sur 3 aunes un quart environ de haut, ne seront point prisées en cet endroit, et sont jointes avec trois autres pareilles pièces qui sont dans l'appartement du Roy pour du tout n'en faire qu'un seul article de prisée. ‘
‘Item trois pièces de tapisserie des Gobelins, dans le goût de portiques, paysages et grotesques, faisant avec les trois pièces cy-dessus dans l’appartement dudit lit blanc l’aunage de 19 aunes sur la hauteur de 3 aunes et un quart, prisé le tout ensemble 7600 livres.’ (Archives nationales, X 9164).

N’ayant pas été réalisées pour le roi, ces tapisseries de la deuxième tenture ne figurent pas sur les états de fabrication des Gobelins. Les modèles modifiés sont cependant connus et faisaient partie de la collection des Gobelins. Cette tenture se caractérise par l’absence des figures centrales de Giulio Romano, qui étaient pourtant présentes sur la première tenture, et ont été remplacées par des paysages de la campagne flamande. L’état de ces modèles précise ainsi pour le Mois d’Août que le peintre Charles Chastelain a réalisé les dessins pour le paysage représentant des ‘scieurs de bleds’ (des moissonneurs) remplaçant la figure de Cérès. Dans les Comptes des Bâtiments du Roi aux Gobelins, ce peintre n’y est mentionné qu’à partir de 1709, ce qui indique que cette deuxième tenture aurait été réalisée après cette date, mais certainement avant la mort de Louis XIV en 1715. Pour notre tapisserie du Mois de Juin, la figure centrale de Mercure représenté avec son caducée et un coq à ses pieds (M. Fenaille, Etat Général des Tapisseries de la Manufacture des Gobelins, Paris, 1903, vol. II, pp. 327) fut remplacée par un paysage illustrant la tonte des moutons. Celui est toutefois encadré de part et d’autre des mêmes scénettes sous des dais parsemés de cerises, synonymes de printemps : à gauche d’une autre scène de tonte et à droite de religieuses.

L’inventaire du Mobilier de la Couronne précise que cette deuxième tenture se trouvait encore au Château de Choisy en 1789 et était mentionnée ainsi : ‘S.N°. 6 pièces Grotesques. – Gobelins, aux armes de Mademoiselle’. Notre tapisserie du Mois de Juin, jusqu’ici conservée en collection particulière, fut exposée au Musée Jacquemart-André en 1984 (Cat. Expo. Les Fastes de la Tapisserie du XVe au XVIIIe siècle, Musée Jacquemart-André, Paris, 1984, n° 28, pp. 64-65). Le Mois d’Août fut vendu chez Sotheby's Monaco le 3 mai 1977, lot 24, puis chez Sotheby’s New York le 19 novembre 1993, lot 79, et enfin chez Christie’s New York le 22-23 octobre 2003, lot 775. En 1900, le Mois d’Avril et le Mois de Décembre étaient au Château de Pau et inscrits au Mobilier National. Le Mois de Septembre est aujourd’hui disparu et il demeure un mois non identifié. Les bordures des sujets connus de cet ensemble de six tapisseries sont toutes ornées du même thème mythologique dans le médaillon central inférieur, la Chute de Phaéton. Les armes de la princesse de Conti ont été apposées en haut à la place de l’inscription décrivant le mois et le signe du zodiaque qui étaient présents sur la première tenture.


Our tapestry, part of a prestigious set produced by the Manufacture des Gobelins in the early 18th century, is distinguished by its royal provenance. It was made for the Princesse de Conti to adorn her château at Choisy-le-Roi.

THE PRINCESS OF CONTI (1666-1739)

The Princess of Conti was the legitimate daughter of Louis XIV and Louise de La Vallière, one of Louis XIV’s mistresses. Marie-Anne de Bourbon-Conti, as she was also known, was therefore given the title of Princess of France. Renowned for her beauty, in 1680 she married Louis Armand I de Bourbon, Prince of Conti, at the age of thirteen, and became known as “The Great Princess of Conti”. Louis Armand (1661-1685) fought with the Imperial army to defeat the Turks at Gran. Upon his return to France, he attended to the care of the Princess of Conti, who was suffering from smallpox. He in turn contracted the disease and died the same year, 1685. The princess never remarried, and died in 1739.


CHOISY-LE-ROI

The Château de Choisy was a country residence near Paris, ideally located on the banks of the Seine. It was built by Anne Marie Louise d’Orléans, Duchess of Montpensier, known as the “Grande Mademoiselle”, on an estate that she acquired in 1677 for 40,000 livres. She commissioned the architect Jacques IV Gabriel to build it, between 1678 and 1679. The cost of the main structure was set at 123,000 livres.

Upon the Duchess’s death in April 1693, the château was bequeathed to the Dauphin, who in 1695 eventually exchanged it for the Château de Meudon, which then belonged to Anne de Souvré, Marchioness of Louvois (widow of the Marquis de Louvois, one of the most prominent statesmen of Louis XIV’s reign). She then became the owner of the Château de Choisy. Her descendants decided to sell it to the Princess of Conti, under the terms of a contract dated 6 December 1717. The Princess of Conti was very much familiar with the residence, which she visited regularly with her half-brother, the Grand Dauphin. Between 1717 and 1722, she redeveloped the residence, by building a wing adjoining the main building and facing the Seine.
On 6 October 1739, following the death of the princess, Louis XV acquired the château and its contents for the sum of 300,000 livres, and instigated plans to extend it. He chose this site, which he renamed “Choisy-le-Roi”, as a country estate for leisure pursuits, to which he would invite friends and family members. He particularly enjoyed visiting this estate, which lay between Versailles and Fontainebleau, and was also ideal for hunting. After being used only briefly by Louis XVI, the residence came to a tragic end. It was abandoned in 1789, and razed to the ground in the early 19th century.


HISTORY OF THE TAPESTRY

The tapestry workshops at the Manufacture Royale des Gobelins (the Gobelins Manufactory, a historic royal textiles and furnishings factory), founded in 1662, were initially associated with the prestigious, largescale historical tapestries created under the direction of Charles Le Brun, and in honour of Louis XIV. At this time, the Gobelins were also producing numerous tapestries based on lighter subject matter, more sophisticated and stylish pieces for a rich clientele of courtiers, noblemen and major financiers. Their function was a decorative one, which also served to stimulate the art of conversation. The themes depicted evoked country life, an Arcadia where an idealised nature gave way to dreams and escapism, like a sort of window on the world; as well as more Romanesque subjects, that were often humorous or even salacious. Following Colbert’s death in 1683, when Mignard succeeded Le Brun, the Gobelins began copying the great Flemish Renaissance tapestries from the royal collection. As these pieces were recreated on a basse-lisse (low loom), they were often rewoven from the reverse, with the use of a mirror image.

This is the case for the “Mois” (“Months”) arabesque tapestries made at the Manufacture des Gobelins, the series this tapestry belongs to. There are only two tapestries remaining from this series today. They are inspired by a tapestry that was produced in Brussels, titled “Les Douzes Mois grotesques” (“The Twelve Grotesque Months”), which are based on drawings by Giulio Romano and date from the mid-16th century. A version for the month of June is illustrated in L. Baldass, Die Wiener Gobelinssammlung, Vienna, 1920, vol. VII, cat. 124. This Brussels tapestry came from the Hôtel de Guise and was registered in the Mobilier de la Couronne (royal furnishings records) in 1661, under no. 33:
‘33. The Twelve Months with Grotesques – A tapestry of wool and silk, embellished with gold, made in Brussels, designed by Julles Romain, depicting the Twelve Months of the year with grotesques and landscape scenes, on a red background, set within a gold border, with garlands of flowers and fruit. In the middle of the one above is a banner marking the month; in the middle of the one below, a bronze shade, supported by two figures. Measuring 45 ells in length by 3 1⁄8 ells in height, twelve pieces fully lined with green cloth’.
In 1789, it was in Paris, and was burned in 1797 along with other tapestries from the Mobilier de la Couronne, in order to recover the gold and silver from the weaving. The first copy was made in 1687-1688 at the Manufacture des Gobelins for Trianon, and represents the first of the Months series of arabesque tapestries. It comprised twelve pieces, one for each month of the year.

The tapestry offered here for auction forms part of the second wall hanging, and was made for the Princess of Conti. It was most likely a gift from her father, Louis XIV. It consisted of only six pieces, and is mentioned in the inventory of tapestries “without gold” in the Mobilier de la Couronne records of royal furnishings, under the following description:
‘No. 229. Grotesques. – A tapestry wall hanging, wool and silk, Manufacture des Gobelins, depicting Grotesques, porticos and landscapes; a wall hanging comprising six pieces, measuring in all 19 ells in length and 3 1⁄4 ells in height’.
These tapestries adorned two rooms in the Château de Choisy, when this one was purchased by Louis XV following the death of the princess on 3 May 1739. In the inventory drawn up following her death, they are listed as follows:
‘Item: three pieces of Gobelins tapestries, in the style of porticos, landscapes and grotesques, measuring 12 ells in length and 3 ells and a quarter in height, will not be kept in this place, and are joined with three other similar pieces, which are in the King’s apartment, to make a single item.’
‘Item: three pieces of Gobelins tapestry, in the style of porticos, landscapes and grotesques, making with the three pieces above in the apartment of the aforementioned with the white bed, with a length of 19 ells and height of 3 and a quarter ells, the whole valued together at 7,600 livres.’ (French National Archives, X 9164).

As they were not made for the King, these tapestries from the second wall hanging do not appear on the Gobelins’ production records. However, the modified pieces are well known and were part of the Gobelins collection. This tapestry is distinctive due to the absence of central figures by Giulio Romano, which were present in the first tapestry, and have been replaced by landscape scenes of the Flemish countryside. The inventory of these pieces states that for the Month of August, the painter Charles Chastelain produced the drawings for the landscape depicting harvesters, and replacing the figure of Ceres. In the “Comptes des Bâtiments du Roi” (the Accounts of the King’s Buildings) at the Gobelins, this painter is not mentioned until 1709, which indicates that this second wall hanging was made after that date, but certainly before the death of Louis XIV in 1715. For the Month of June tapestry, which is here offered for auction, the central figure of Mercury, depicted with his caduceus and a cockerel at his feet (M. Fenaille, Etat Général des Tapisseries de la Manufacture des Gobelins / General Inventory of Tapestries by the Manufacture des Gobelins, Paris, 1903, vol. II, pp. 327), was replaced by a landscape scene depicting sheep shearing. However, it is framed on either side by the same vignettes under canopies strewn with cherries, which are synonymous with spring. To the left is another sheep-shearing scene, and to the right a vignette depicting nuns.

The royal furniture records state that this second wall hanging was still at the Château de Choisy in 1789, and it is described there as follows: “S. No. 6 pieces of Grotesques. Gobelins, with Mademoiselle’s coat of arms”. The tapestry of the Month of June, offered here for auction, has until now been kept in a private collection, and was exhibited at the Musée Jacquemart-André in 1984 (Cat. Expo. “Les Fastes de la Tapisserie du XVe au XVIIIe siècle” / The Splendours of Tapestries from the 15th to 18th centuries, Musée Jacquemart-André, Paris, 1984, no. 28, pp. 64-65). The Month of August was sold at Sotheby’s Monaco on 3 May 1977 (lot 24), then at Sotheby’s New York on 19 November 1993 (lot 79), and finally at Christie’s New York on 22-23 October 2003 (lot 775). In 1900, the Month of April and the Month of December were at the Château de Pau, and were registered with the Mobilier National (the national furniture collection of France). The Month of September has now disappeared, and remains unidentified. The borders of the identified pieces from this set of six tapestries all feature a decoration in the lower central roundel that is based on the same mythological theme: the Fall of Phaeton. The Princess of Conti’s coat of arms is displayed at the top, in place of the inscription describing the month and the sign of the zodiac that were present on the first tapestry.

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