JACOB LEVECQ (DORDRECHT 1634-1675)
JACOB LEVECQ (DORDRECHT 1634-1675)
JACOB LEVECQ (DORDRECHT 1634-1675)
2 More
Provenant d'une collection particulière européenne
JACOB LEVECQ (DORDRECHT 1634-1675)

Portrait d'un jeune homme, à mi-corps

Details
JACOB LEVECQ (DORDRECHT 1634-1675)
Portrait d'un jeune homme, à mi-corps
huile sur panneau
61,5 x 47,3 cm. (24 ¼ x 18 2⁄3 in.)
Provenance
Jacques Goudstikker (1897-1940), Amsterdam.
Friedrich Bernhard Eugen 'Fritz' Gutmann (1886-1944), Heemstede, avant 1940 ; d'où mis en dépôt chez Nathan et Benjamin Katz, Dieren-Bâle.
Acquis par Hans Posse (1879-1942), Dresde, pour le 'Sonderauftrag Linz' (no. 1369) le 8 novembre 1940 (comme 'Carel Fabritius').
Récupéré par l’unité Monuments Fine Arts and Archives Section et transféré au Munich Central Collecting Point le 4 juillet 1945 (no. 2466 - comme 'Carel Fabritius').
Transféré à la Stichting Nederlands Kunstbezit le 15 avril 1946 (no. 710) et restitué à Lili Gutmann (1919-2020) en février 1954.
Lili Gutmann, Heemstede-Florence, entre 1954 et 1959.
Alfred Brod Ltd., Londres, en janvier 1959 ; d'où acquis par le père de Saul Cohen en mai 1959 ; puis par descendance à Dr. Saul Cohen et à son épouse, Marcia.
Vente anonyme, Christie's, New York, 30 janvier 2013, lot 28A ; d'où acquis par l'actuel propriétaire.
Literature
Anonyme, Pictures on Exhibit, février 1959, XXII, 5, p. 47.
H. Shipp, 'Old Masters at Alfred Brod's', Apollo, février 1959, LXIX, 408, p. 32.
R. Spira, 'Ausstellung der Alfred-Brod-Galerie in London', Die Weltkunst, 1er février 1959, 29e année, 3, p. 10.
G. S. S. 'Great Changes in Taste and Values. Problems for Galleries', The Scotsman, 5 janvier 1959, 36,070, p. 16.
D. Farr, 'Current and Forthcoming Exhibitions', The Burlington Magazine, février 1959, CI, 671, p. 77.
Art News and Review, 17 janvier 1959 (selon le catalogue d'exposition de 2013, op. cit. supra).
W. Sumowski, Gemälde der Rembrandt-Schüler, Landau in der Pfalz, 1983, III, p. 1746, n°1164, reproduit en noir et blanc p. 1750, fig. 1164.
B. Schwarz, Hitlers Museum. Die Fotoalben Gemäldegalerie Linz: Dokumente zum "Führermuseum", Vienne-Cologne-Weimar, 2004, p. 103, n°II/41, reproduit en noir et blanc p. 217, n°II/41.
Exhibited
Londres, Alfred Brod, Exhibition of Paintings by Old Dutch and Flemish Masters. Recent Acquisitions, 3-24 janvier 1959, n°28.
Further details
JACOBUS LEVECQ, PORTRAIT OF A YOUNG MAN, HALF-LENGTH, OIL ON PANEL

This elegant portrait is the work of Jacob Levecq (1634-1675), portraitist of the Dutch Golden Age. A native of Dordrecht, he would have been in contact with the city's painters thanks to the commercial relationships developed by his father, Jaques Jaquesz Levesque (d.1660) in local artistic circles. The desire to become a painter led Jacob to move to Amsterdam, in order that he might enter Rembrandt’s studio. Levecq adopted his master’s style so successfully that many of his early works were subsequently attributed to Rembrandt. A notarised documented dated 1653, countersigned by Levecq, in which Rembrandt recognises the authenticity of a work by Paul Bril (1553/1554-1626), helps establish a definitive date at which the the young artist was working in the studio. Two years later, in 1655, he returned to Dordrecht where he became a member of the Guild of Saint Luke. From this point onwards his style evolved, moving from the expressive handling learnt from Rembrandt to the more minutely elaborate aristocratic portraits of Jan de Baen (1633-1702) and Govaert Flinck (1615-1660).

Dated to circa 1654 by Werner Sumowski (W. Sumowski, 1983, op. cit. supra), when Levecq was still part of Rembrandt’s studio, this painting has all the expressivity of handling and generous application of paint of his master. The sitter’s penetrating gaze, which displays deep psychological consideration, also recalls Rembrandt’s interest in the individual and his lively observation of the world surrounding him. This portrait also looks forward to Levecq’s later stylistic developments. The sitter adopts a slightly hieratic, carefully conceived pose, which can be compared to Flinck’s Portrait of a Gentleman of 1640 in the Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid (inv. no. 143 (1930.22)).

The present painting can be compared with two other portraits by the artist, also dating to 1654; the Portrait of a gentleman hanging at Polesden Lacey, Surrey (inv. no. NT 1246466, fig. 1) and the Portrait of an elderly lady in the musée royal des beaux-arts de Belgique in Brussels (inv. no. 2991) (see W. Sumowski, 1983, op. cit., pp. 1746, 1749 and 1751, n°1163 and 1165). The first of these is especially close in composition, the young man gestures in the same way, with his right hand raised towards the tassels on his white collar, and he has the same intensity in his gaze, directly addressing viewer. The short essay that accompanies the National Trust painting in their online catalogue suggests that the position of the sitter’s right hand pointing back at himself, a gesture symbolic of modesty and sincerity in Dutch painting of this date, could also indicate that this is a self-portrait. Given the similarities between the features of the two portraits, it is tempting to think that the same might be true of the present painting. It should be noted that the left hand of the sitter in our portrait was revealed during cleaning after the sale in 2013, restoring it to the original state as seen in Sumowski (W. Sumowski, 1983, op. cit. supra).

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Associate Specialist

Lot Essay

Cet élégant portrait est l’œuvre du peintre Jacob Levecq (1634-1675), portraitiste de l’âge d’or de la peinture néerlandaise. Originaire de Dordrecht, le jeune peintre y est en contact avec les peintres de la ville grâce aux relations commerciales entretenues par son père, Jaques Jaquesz Levesque (mort en 1600), dans le cercle artistique local. Le désir de devenir peintre lui-même l’amène à s’installer à Amsterdam pour intégrer l’atelier de Rembrandt (1606-1669) dont il adopte le style, si bien que certains de ses tableaux furent confondus avec ceux du maître. Un document notarié daté de 1653, soussigné par Levecq dans lequel Rembrandt reconnaît l’authenticité d’un tableau de Paul Bril (1553⁄1554-1626), permet d’apporter un repère chronologique à la formation de Levecq. Deux années plus tard, en 1655, il revient à Dordrecht où il intègre la guilde de Saint-Luc. Son style évolue alors pour se rapprocher davantage des portraits aristocratiques plus minutieux et élaborés de Jan de Baen (1633-1702) et Govaert Flinck (1615-1660).

Daté vers 1654 par Werner Sumowski (W. Sumowski, 1983, op. cit. supra), période où Levecq fait toujours partie de l’atelier de Rembrandt, le tableau ci-présent reprend la touche expressive et généreuse du grand ma­ître. Le regard pénétrant du modèle, associé à une importante teneur psychologique, rappelle également l’intérêt que porte Rembrandt sur l’individu et son observation vive du monde qui l’entourne. Il annonce d'autre part l’évolution stylistique de son œuvre : le modèle adopte une pose hiératique, travaillée, rappelant le portrait d’homme de Flinck conservé au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid (no. inv. 143 (1930.22)) peint en 1640.

Notre tableau peut être mis en relation avec deux autres portraits peints par l’artiste en 1654, un portrait d’homme conservé à Polesden Lacey, Surrey (no. inv. NT 1246466, fig. 1) et un portrait de femme conservé au musée royal des beaux-arts de Belgique à Bruxelles (no. inv. 2991) (voir W. Sumowski, 1983, op. cit., p. 1746, 1749 et p. 1751, n°1163 et 1165). Le premier présente une composition semblable à notre portrait : on y retrouve la main droite du modèle levée vers le col blanc en dentelle fermé par deux glands, ainsi que l’intensité du regard qui communique au spectateur toute l’humanité du modèle. La notice en ligne du National Trust relative à ce portrait suggère que la position de la main droite du modèle, symbole de modestie et de sincérité dans la peinture néerlandaise, tournée vers lui-même, pourrait indiquer qu'il s'agit d'un autoportrait. Sur base de la similarité des traits des deux portraits, il est tentant de penser qu’il pourrait en aller de même pour le tableau ci-présent. Il convient de noter au sujet de la main gauche de notre modèle que celle-ci a fait l’objet d’un nettoyage depuis son passage en vente en 2013, la révélant dans l’état tel que publié par Sumowski en 1983 (W. Sumowski, 1983, op. cit. supra).

More from Maîtres Anciens : Peintures - Sculptures - Dessins

View All
View All