拍品專文
Cette délicieuse petite peinture de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) illustre parfaitement la virtuosité et la liberté d’exécution de l’un des maîtres les plus inspirés du XVIIIe siècle français. L’œuvre est l’une des images les plus enjouées de la collection Veil-Picard. Elle n’a jamais été présentée au public depuis 1956 et n’a pas figuré dans une vente aux enchères depuis 1880. Son sujet est simple : une jeune femme à mi-corps, les mains posées sur un coin de table. Elle nous regarde avec un air complice, malicieux.
Dans cette composition, la petite échelle du format et le support panneau utilisé par le peintre participent de l’esprit privé et confidentiel de l’œuvre. Ce n’est pas un tableau d’apparat, mais bien une peinture d’alcôve, une image précieuse conçue pour le plaisir des yeux, à regarder de près, presque en secret. Le peintre y exprime un art du geste spontané : les coups de brosse, rapides et chargés de matière, esquissent plus qu’ils ne décrivent, laissant la lumière jouer dans les empâtements et les transparences. Cette énergie picturale, si caractéristique de Fragonard, évoque le jaillissement d’une émotion plutôt que l’observation minutieuse d’un modèle.
Le modèle féminin, ici représenté de profil, la tête légèrement renversée, semble animé d’un souffle de vie. Le visage, baigné d’une lumière dorée, exprime une légère impertinence, une insouciance presque espiègle. Cette attitude correspond parfaitement à l’esprit du XVIIIe siècle finissant, celui d’une société raffinée mais libertine, où la grâce et la malice se mêlent dans une atmosphère de légèreté. Fragonard, héritier du rococo galant, a su capter dans ce regard et dans ce mouvement l’essence d’un temps voué au plaisir, à la jeunesse et à la sensualité subtile. Sujet, écriture picturale, tout est ici justesse de ton.
La palette, dominée par les rouges chauds et les harmonies dorés, souligne la chaleur et la vivacité du personnage. Le petit ruban rouge dans les cheveux, détail charmant et presque anecdotique, attire l’œil et confère au modèle une personnalité propre, une touche de coquetterie féminine qui achève de rendre cette figure vivante et vibrante.
De par sa facture l’œuvre est l’illustration éclatante de la maîtrise et du plaisir du peintre. Celles-ci feront sa notoriété et sa postérité. La facture est à rapprocher des œuvres les plus éclatantes comme les Figures de fantaisies, peintes par l’artiste dans la deuxième moitié des années 1760 et dont nombre d’entre elles sont conservées au musée du Louvre. Notre tableau est certainement peint quelques années plus tard vers le milieu des année 1770, à une période où l’artiste aime à peindre, décrire et s’attache à des formats plus petits. Aussi, peut-il être rapproché de La Lettre conservée dans une collection particulière (fig. 1).
Outre ses qualités plastiques et expressives, ce panneau se distingue aussi par sa prestigieuse provenance. Il provient des collections d’Hippolyte Walferdin (1795-1880), grand amateur et défenseur des maîtres du XVIIIe siècle, qui joua un rôle crucial dans la redécouverte de Fragonard au XIXe siècle. Plus tard, le tableau entra dans la collection du comte de Pourtalès, l’un des collectionneurs les plus éclairés de son temps, réputé pour la qualité et la cohérence de ses acquisitions. L’estampille de la collection Veil-Picard viendra parfaire ce palmarès de collectionneurs prestigieux.
Ainsi, cette petite peinture, par son format restreint, son support raffiné, et sa facture libre et fulgurante, incarne à la perfection la quintessence de l’art de Fragonard : une peinture du plaisir et de la spontanéité, à la fois maîtrisée et effervescente, intime et intemporellement séduisante.
Dans cette composition, la petite échelle du format et le support panneau utilisé par le peintre participent de l’esprit privé et confidentiel de l’œuvre. Ce n’est pas un tableau d’apparat, mais bien une peinture d’alcôve, une image précieuse conçue pour le plaisir des yeux, à regarder de près, presque en secret. Le peintre y exprime un art du geste spontané : les coups de brosse, rapides et chargés de matière, esquissent plus qu’ils ne décrivent, laissant la lumière jouer dans les empâtements et les transparences. Cette énergie picturale, si caractéristique de Fragonard, évoque le jaillissement d’une émotion plutôt que l’observation minutieuse d’un modèle.
Le modèle féminin, ici représenté de profil, la tête légèrement renversée, semble animé d’un souffle de vie. Le visage, baigné d’une lumière dorée, exprime une légère impertinence, une insouciance presque espiègle. Cette attitude correspond parfaitement à l’esprit du XVIIIe siècle finissant, celui d’une société raffinée mais libertine, où la grâce et la malice se mêlent dans une atmosphère de légèreté. Fragonard, héritier du rococo galant, a su capter dans ce regard et dans ce mouvement l’essence d’un temps voué au plaisir, à la jeunesse et à la sensualité subtile. Sujet, écriture picturale, tout est ici justesse de ton.
La palette, dominée par les rouges chauds et les harmonies dorés, souligne la chaleur et la vivacité du personnage. Le petit ruban rouge dans les cheveux, détail charmant et presque anecdotique, attire l’œil et confère au modèle une personnalité propre, une touche de coquetterie féminine qui achève de rendre cette figure vivante et vibrante.
De par sa facture l’œuvre est l’illustration éclatante de la maîtrise et du plaisir du peintre. Celles-ci feront sa notoriété et sa postérité. La facture est à rapprocher des œuvres les plus éclatantes comme les Figures de fantaisies, peintes par l’artiste dans la deuxième moitié des années 1760 et dont nombre d’entre elles sont conservées au musée du Louvre. Notre tableau est certainement peint quelques années plus tard vers le milieu des année 1770, à une période où l’artiste aime à peindre, décrire et s’attache à des formats plus petits. Aussi, peut-il être rapproché de La Lettre conservée dans une collection particulière (fig. 1).
Outre ses qualités plastiques et expressives, ce panneau se distingue aussi par sa prestigieuse provenance. Il provient des collections d’Hippolyte Walferdin (1795-1880), grand amateur et défenseur des maîtres du XVIIIe siècle, qui joua un rôle crucial dans la redécouverte de Fragonard au XIXe siècle. Plus tard, le tableau entra dans la collection du comte de Pourtalès, l’un des collectionneurs les plus éclairés de son temps, réputé pour la qualité et la cohérence de ses acquisitions. L’estampille de la collection Veil-Picard viendra parfaire ce palmarès de collectionneurs prestigieux.
Ainsi, cette petite peinture, par son format restreint, son support raffiné, et sa facture libre et fulgurante, incarne à la perfection la quintessence de l’art de Fragonard : une peinture du plaisir et de la spontanéité, à la fois maîtrisée et effervescente, intime et intemporellement séduisante.
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
