JEAN-HONORÉ FRAGONARD (GRASSE 1732-1806 PARIS)
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JEAN-HONORÉ FRAGONARD (GRASSE 1732-1806 PARIS)

Parc italien : une terrasse animée de personnages

细节
JEAN-HONORÉ FRAGONARD (GRASSE 1732-1806 PARIS)
Parc italien : une terrasse animée de personnages
graphite, pinceau, lavis brun, trace de filigrane blason fleur-de-lys
35 x 45,7 cm (13 ¾ x 18 in.)
来源
Étienne Arago (1802-1892) ; sa vente, hôtel Drouot, Paris, 8-9 février 1872, lot 148 'Le Parc de Versailles' (adjugé 300 francs).
François Hippolyte Walferdin (1795-1880) ; sa vente, hôtel Drouot, Paris, 3 avril 1880, lot 61 'Parc avec terrasse, bassins, chutes d'eau et personnages' (adjugé 400 francs).
Léon Michel-Lévy (1846-1925) ; sa vente, galerie Georges Petit, Paris, 17 juin 1925, lot 55 (adjugé 275,000 francs) ;
D'où probablement acquis par Arthur Georges Veil-Picard (1854-1944).
Confisqué auprès de celui-ci à la Banque de France (coffre 63) par le Devisenschutzkommando suite à l'occupation allemande de la France (ERR inv. WP 32), Paris ;
Transféré au Jeu de Paume, Paris ;
Transféré aux mines de sel d'Altausse, Autriche ;
Retrouvé par les Monuments, Fine Arts and Archives Section et transféré au Munich Central Collecting Point, Bavière (MCCP inv. 1082⁄3), le 26 juin 1945 ;
Retourné en France, le 27 mars 1946 ;
Restitué aux ayants droit d'Arthur Georges Veil-Picard, le 16 avril 1946 ;
Puis par descendance dans la famille.
出版
R. Portalis, Honoré Fragonard, sa vie, son oeuvre, Paris, 1889, p. 309.
Société de Reproduction des Dessins de Maîtres, Paris, 1910, 2e année, s. p.
L. Réau, Fragonard, Bruxelles, 1956, p. 223
A. Ananoff, L’Œuvre dessiné de Jean-Honoré Fragonard, Paris, 1961-1970, II, p. 126, n°907, fig. 31; 1968, III, p. 331 ; 1970, IV, p. 383, fig. 721.
展览
Paris, Orangerie des Tuileries, Les chefs-d'œuvre des collections privées retrouvés en Allemagne par la Commission de Récupération Artistique et les Services Alliés, juin-août 1946, n°114.
更多详情
JEAN-HONORÉ FRAGONARD, THE TERRASSE OF AN ITALIAN GARDEN, GRAPHITE, BRUSH AND BROWN WASH, WATERMARK

A virtuoso draftsman, Fragonard handled red chalk, pen, and brown wash with equal mastery to depict the many landscapes, which constitutes a significant part of his drawn oeuvre. He most often represented parks and gardens, sometimes in the vicinity of Paris, but above all in Italy during his two formative journeys: the first at the very beginning of his career, from 1759 to 1761, with the Abbé de Saint-Non (1727-1791), and the second with the financier Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret (1715-1785) in 1773-1774.

During the 1770s, Fragonard perfected the brown wash technique, always light, lively, and subtle, in the service of landscapes suffused with Mediterranean light. The fashionable activity of strolling through parks and gardens developed precisely during this period, and Fragonard offers here a fine example of it, as a keen observer of an imagined yet tamed nature, framed by monuments and sculptures. This drawing may be compared with several other Italian Parks with Figures of identical dimensions: two from the former collection of Pierre-Adrien Pâris (1745-1819), a friend of Bergeret, now in the Musée des Beaux-Arts, Besançon (P. Rosenberg, Les Fragonard de Besançon, Milan, 2006, nos. 77-78); one depicting the environs of Rome in the Petit Palais, Paris (inv. DDUT965; Fragonard, exh. cat., Paris, Grand Palais, 1987-1988, no. 183); and a final example, from the former collection of Georges Dormeuil (1856-1939), now in a private collection and recently exhibited (S. Catala, Fragonard, exh. cat., Paris, Galerie E. Coatalem, 2022, no. 46). Marie-Anne Dupuy-Vachey dates this latter wash to the artist’s second Italian journey (1773-1774), which suggests that the present drawing may likewise have been executed during that Italian sojourn or shortly thereafter, upon his return to France, as a dialogue with nature interpreted according to the needs of composition and imagination.

Over the years, the present drawing has been described first as a view of the park at Versailles in 1872, then as the terrace of the Villa Reale in Naples in 1925, at the sale of Léon-Michel Lévy (1846-1925). It would seem more likely, however, that this is an architectural capriccio, with, as is often the case with Fragonard, real elements adapted according to his imagination. The statue of Hercules on its pedestal, placed on the left at the edge of the terrace, is inspired by the famous antique sculpture of the Farnese Hercules. Rediscovered in the sixteenth century, it quickly entered the collections of Cardinal Alessandro Farnese (1520-1589) in Rome, before being transferred to Naples, to the Palazzo Capodimonte, in 1787. Fragonard may have copied it in Rome, where he stayed for four months with his friend Bergeret, unless he instead drew inspiration from a corresponding engraving, widely circulated at the time.

The importance of this brown-wash landscape within Fragonard’s drawn oeuvre lies not only in its provenance, having belonged to Walferdin (1880) and Michel-Lévy (1925), but also in its critical reception. The drawing attracted the attention of Fragonard’s leading biographers, beginning with Portalis as early as 1910, followed by Louis Réau in 1956. In a monochrome range of browns, from translucent ochre to opaque brown, Fragonard here demonstrates perfect mastery of the art of landscape drawing, subtly rendering the southern light of Italian gardens.

荣誉呈献

Pierre Etienne
Pierre Etienne International Director, Deputy Chairman of Christie's France, Old Master Paintings

拍品专文

Dessinateur virtuose, Fragonard manie aussi bien la sanguine que la plume et le lavis brun pour représenter le paysage, qui constitue une part importante de son œuvre dessiné, représentant très souvent des parcs et jardins, parfois aux alentours de Paris mais surtout en Italie lors de ses deux voyages fondateurs, l’un au tout début de sa carrière en 1759-1761 avec l’Abbé de Saint-Non (1727-1791) et l’autre avec le financier Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret (1715-1785) en 1773-1774.

Au cours de la décennie 1770, Fragonard porte la technique du lavis brun à son apogée, toujours léger, vif et subtil, au service de ses paysages à la lumière méditerranéenne. L’ode à la promenade dans les parcs et jardins se développent précisément à cette époque et Fragonard nous en livre ici un très bel exemple en fin observateur de la nature imaginaire et domptée, entourée de monuments et de sculptures. Ce dessin est à rapprocher de plusieurs autres Parcs italiens avec figures, de mêmes dimensions : deux provenant de l’ancienne collection de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819), ami de Bergeret, sont au musée des beaux-arts de Besançon (P. Rosenberg, Les Fragonard de Besançon, Milan, 2006, n°77 et 78), un représentant les environs de Rome au Petit Palais à Paris (inv. DDUT965 ; Fragonard, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1987-1988, n°183) et un dernier, issu de l’ancienne collection Georges Dormeuil (1856-1939), conservé en collection particulière et récemment exposé (S. Catala, Fragonard, cat. exp., Paris, galerie E. Coatalem, 2022, n°46). Marie-Anne Dupuy-Vachey date ce dernier lavis du second voyage italien de l’artiste (1773-1774), ce qui nous invite à penser que le présent dessin pourrait avoir été réalisé au cours de ce séjour italien ou juste après à son retour en France, tel un dialogue avec la nature qu’il interprète selon les besoins de sa composition et de son imagination.

Au fil des années, le présent dessin a été décrit comme une vue du parc de Versailles en 1872, puis comme la terrasse de la villa Reale à Naples en 1925 lors de la vente de Léon-Michel Lévy (1846-1925). Or, il semblerait qu’il s’agisse plus probablement d’un caprice architectural avec, comme souvent chez Fragonard, des éléments réels qu’il adapte selon son imagination. La statue d’Hercule sur son piédestal placé sur la gauche en bordure de terrasse s’inspire de la célèbre sculpture antique de l’Hercule Farnèse. Redécouverte au XVIe, elle entre rapidement dans les collections du cardinal Alexandre Farnèse (1520-1589) à Rome, puis sera transférée à Naples au Palais Capodimonte en 1787. Fragonard a pu la copier à Rome où il va séjourner quatre mois avec son ami Bergeret, à moins qu’il se soit inspiré d’une gravure correspondante, largement diffusée à cette époque.

L’importance de ce paysage au lavis brun dans l’œuvre dessiné de Fragonard passe non seulement par sa provenance, ayant appartenu à Walferdin (1880) et Michel-Lévy (1925) mais également par sa fortune critique. Le dessin suscite l’intérêt des grands biographes de Fragonard à commencer par Portalis dès 1910 puis Louis Réau en 1956. Dans un camaïeu de brun, allant de l’ocre translucide au brun opaque, Fragonard maîtrise ici à merveille l’art du paysage dessiné, représentant avec subtilité la lumière méridionale des jardins italiens.

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