拍品专文
Dessinateur virtuose, Fragonard manie aussi bien la sanguine que la plume et le lavis brun pour représenter le paysage, qui constitue une part importante de son œuvre dessiné, représentant très souvent des parcs et jardins, parfois aux alentours de Paris mais surtout en Italie lors de ses deux voyages fondateurs, l’un au tout début de sa carrière en 1759-1761 avec l’Abbé de Saint-Non (1727-1791) et l’autre avec le financier Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret (1715-1785) en 1773-1774.
Au cours de la décennie 1770, Fragonard porte la technique du lavis brun à son apogée, toujours léger, vif et subtil, au service de ses paysages à la lumière méditerranéenne. L’ode à la promenade dans les parcs et jardins se développent précisément à cette époque et Fragonard nous en livre ici un très bel exemple en fin observateur de la nature imaginaire et domptée, entourée de monuments et de sculptures. Ce dessin est à rapprocher de plusieurs autres Parcs italiens avec figures, de mêmes dimensions : deux provenant de l’ancienne collection de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819), ami de Bergeret, sont au musée des beaux-arts de Besançon (P. Rosenberg, Les Fragonard de Besançon, Milan, 2006, n°77 et 78), un représentant les environs de Rome au Petit Palais à Paris (inv. DDUT965 ; Fragonard, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1987-1988, n°183) et un dernier, issu de l’ancienne collection Georges Dormeuil (1856-1939), conservé en collection particulière et récemment exposé (S. Catala, Fragonard, cat. exp., Paris, galerie E. Coatalem, 2022, n°46). Marie-Anne Dupuy-Vachey date ce dernier lavis du second voyage italien de l’artiste (1773-1774), ce qui nous invite à penser que le présent dessin pourrait avoir été réalisé au cours de ce séjour italien ou juste après à son retour en France, tel un dialogue avec la nature qu’il interprète selon les besoins de sa composition et de son imagination.
Au fil des années, le présent dessin a été décrit comme une vue du parc de Versailles en 1872, puis comme la terrasse de la villa Reale à Naples en 1925 lors de la vente de Léon-Michel Lévy (1846-1925). Or, il semblerait qu’il s’agisse plus probablement d’un caprice architectural avec, comme souvent chez Fragonard, des éléments réels qu’il adapte selon son imagination. La statue d’Hercule sur son piédestal placé sur la gauche en bordure de terrasse s’inspire de la célèbre sculpture antique de l’Hercule Farnèse. Redécouverte au XVIe, elle entre rapidement dans les collections du cardinal Alexandre Farnèse (1520-1589) à Rome, puis sera transférée à Naples au Palais Capodimonte en 1787. Fragonard a pu la copier à Rome où il va séjourner quatre mois avec son ami Bergeret, à moins qu’il se soit inspiré d’une gravure correspondante, largement diffusée à cette époque.
L’importance de ce paysage au lavis brun dans l’œuvre dessiné de Fragonard passe non seulement par sa provenance, ayant appartenu à Walferdin (1880) et Michel-Lévy (1925) mais également par sa fortune critique. Le dessin suscite l’intérêt des grands biographes de Fragonard à commencer par Portalis dès 1910 puis Louis Réau en 1956. Dans un camaïeu de brun, allant de l’ocre translucide au brun opaque, Fragonard maîtrise ici à merveille l’art du paysage dessiné, représentant avec subtilité la lumière méridionale des jardins italiens.
Au cours de la décennie 1770, Fragonard porte la technique du lavis brun à son apogée, toujours léger, vif et subtil, au service de ses paysages à la lumière méditerranéenne. L’ode à la promenade dans les parcs et jardins se développent précisément à cette époque et Fragonard nous en livre ici un très bel exemple en fin observateur de la nature imaginaire et domptée, entourée de monuments et de sculptures. Ce dessin est à rapprocher de plusieurs autres Parcs italiens avec figures, de mêmes dimensions : deux provenant de l’ancienne collection de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819), ami de Bergeret, sont au musée des beaux-arts de Besançon (P. Rosenberg, Les Fragonard de Besançon, Milan, 2006, n°77 et 78), un représentant les environs de Rome au Petit Palais à Paris (inv. DDUT965 ; Fragonard, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1987-1988, n°183) et un dernier, issu de l’ancienne collection Georges Dormeuil (1856-1939), conservé en collection particulière et récemment exposé (S. Catala, Fragonard, cat. exp., Paris, galerie E. Coatalem, 2022, n°46). Marie-Anne Dupuy-Vachey date ce dernier lavis du second voyage italien de l’artiste (1773-1774), ce qui nous invite à penser que le présent dessin pourrait avoir été réalisé au cours de ce séjour italien ou juste après à son retour en France, tel un dialogue avec la nature qu’il interprète selon les besoins de sa composition et de son imagination.
Au fil des années, le présent dessin a été décrit comme une vue du parc de Versailles en 1872, puis comme la terrasse de la villa Reale à Naples en 1925 lors de la vente de Léon-Michel Lévy (1846-1925). Or, il semblerait qu’il s’agisse plus probablement d’un caprice architectural avec, comme souvent chez Fragonard, des éléments réels qu’il adapte selon son imagination. La statue d’Hercule sur son piédestal placé sur la gauche en bordure de terrasse s’inspire de la célèbre sculpture antique de l’Hercule Farnèse. Redécouverte au XVIe, elle entre rapidement dans les collections du cardinal Alexandre Farnèse (1520-1589) à Rome, puis sera transférée à Naples au Palais Capodimonte en 1787. Fragonard a pu la copier à Rome où il va séjourner quatre mois avec son ami Bergeret, à moins qu’il se soit inspiré d’une gravure correspondante, largement diffusée à cette époque.
L’importance de ce paysage au lavis brun dans l’œuvre dessiné de Fragonard passe non seulement par sa provenance, ayant appartenu à Walferdin (1880) et Michel-Lévy (1925) mais également par sa fortune critique. Le dessin suscite l’intérêt des grands biographes de Fragonard à commencer par Portalis dès 1910 puis Louis Réau en 1956. Dans un camaïeu de brun, allant de l’ocre translucide au brun opaque, Fragonard maîtrise ici à merveille l’art du paysage dessiné, représentant avec subtilité la lumière méridionale des jardins italiens.
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