拍品专文
Au XVIIIe siècle, la toilette peut évoquer trois moments différents dans la préparation d’un gentilhomme : le Lever où l’homme est assis près de son lit en robe de chambre avec un domestique, la Petite Toilette, celle du premier habillage à laquelle n’assistent que la famille proche et les domestiques puis enfin le moment représenté ici, la Grande Toilette (La toilette : naissance de l’intime, cat. exp., Paris, musée Marmottan-Monet, 2015, pp. 79-81). L’homme reçoit dans la matinée deux officiers, admis à faire leur cour, tandis qu’un auteur vient présenter son livre et un domestique lui ajuste le col de sa veste. Une femme est assise devant le gentilhomme, qui se tient debout devant la cheminée. Illustration parfaite de la mode vestimentaire de l’époque et des coutumes, ce dessin est aussi un rare témoignage de la décoration intérieure d’un hôtel particulier au XVIIIe siècle.
Un dessin préparatoire pour l’Histoire des modes et du costume, 1775-1783
Le banquier, marchand d’art et graveur amateur strasbourgeois Jean-Henri Eberts (1723-1803) ambitionne de publier un recueil des modes de son temps afin de servir de modèles aux couturières mais aussi afin d’informer le grand public de l’actualité de la mode à Paris. Trois Suites d’estampes pour servir à l’histoire des mœurs et du costume des français dans le Dix-huitième siècle, de douze estampes chacune seront publiées d'après les dessins de Sigmund Freudenberger (1745-1801) puis ceux de Jean-Michel Moreau, dont la présente feuille fait partie. Brillant successeur de Freubenberger, Moreau le Jeune avait été nommé dessinateur des Menus Plaisirs du Roi en 1770 et dessinateur et graveur du cabinet du Roi en 1781 (R. Colas, Bibliographie générale du costume et de la mode, Paris, 1933, I, n°1120). Cette troisième suite illustre les activités d’un homme et d’une femme de la haute société, tels des ‘tableaux de vie’ : l’arrivée à l’opéra, le dîner en galante compagnie, la leçon de musique ou encore la naissance d’un fils.
L’édition du Monument du Costume Physique et Moral de la fin du dix-huitième siècle, 1789
Eberts étant en possession des matrice de cuivres qui ont servi à éditer les planches gravées à l’eau-forte et au burin de l’Histoire des modes et du costume, il décide en 1789 d’utiliser les planches de la seconde et troisième suite pour le Monument du Costume Physique et moral, de la fin du XVIIIe siècle, ou Tableaux de la Vie, ornés de vingt-six figures dessinées et gravées par Moreau le Jeune et par d’autres célèbres artistes (R. Colas, op. cit., n°1124). La Grande Toilette figure sous le numéro 15. Nicolas-Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) rédigera les textes à partir des gravures existantes tandis qu’habituellement à cette époque dans l’édition, les planches gravées viennent souvent en appui du texte. À nouveau, le succès est au rendez-vous.
Ainsi, ce dessin original, préparatoire à la gravure d’Antoine-Louis Romanet (1748-après 1810) est considéré comme l’une des images les plus diffusées au XVIIIe siècle grâce à sa publication dans l’un des plus grands ouvrages de modes de l’époque. Il s’agit également d’un document précieux sur l’histoire de l’ameublement et de la décoration intérieure d’un hôtel particulier de la haute société parisienne au XVIIIe siècle.
Le cheminée d’époque Louis XVI, orné de bronzes réalisés par Pierre Gouthière (1732-1813), est à rapprocher d’un modèle aujourd’hui au château de Versailles tandis que la paire candélabres rappelle un modèle connu attribué à François Rémond (1747-1812) (ancienne collection Wildenstein, Christie’s Londres, 15 décembre 2005, lot 27). La pendule d’époque Louis XVI au centre de la cheminée présente des similitudes avec un modèle de Robert Osmond (1711-1789) dont un exemplaire avec variantes fut livré au comte d’Artois. Un dessin à la sanguine conservé à l’Institut national d’Histoire de l’Art esquisse ce modèle (inv. NUM MS 707 ; voir F. Vion et al., Recueil de dessins. Modèles de pendules, 1755-1780, pl. 110). Les chenets en bronze doré évoquent un modèle au lion couché du bronzier Pierre-Philippe Thomire (1751-1843), tandis que le fauteuil d’époque Louis XVI pourrait être de Louis Delanois (1731-1792).
Un dessin préparatoire pour l’Histoire des modes et du costume, 1775-1783
Le banquier, marchand d’art et graveur amateur strasbourgeois Jean-Henri Eberts (1723-1803) ambitionne de publier un recueil des modes de son temps afin de servir de modèles aux couturières mais aussi afin d’informer le grand public de l’actualité de la mode à Paris. Trois Suites d’estampes pour servir à l’histoire des mœurs et du costume des français dans le Dix-huitième siècle, de douze estampes chacune seront publiées d'après les dessins de Sigmund Freudenberger (1745-1801) puis ceux de Jean-Michel Moreau, dont la présente feuille fait partie. Brillant successeur de Freubenberger, Moreau le Jeune avait été nommé dessinateur des Menus Plaisirs du Roi en 1770 et dessinateur et graveur du cabinet du Roi en 1781 (R. Colas, Bibliographie générale du costume et de la mode, Paris, 1933, I, n°1120). Cette troisième suite illustre les activités d’un homme et d’une femme de la haute société, tels des ‘tableaux de vie’ : l’arrivée à l’opéra, le dîner en galante compagnie, la leçon de musique ou encore la naissance d’un fils.
L’édition du Monument du Costume Physique et Moral de la fin du dix-huitième siècle, 1789
Eberts étant en possession des matrice de cuivres qui ont servi à éditer les planches gravées à l’eau-forte et au burin de l’Histoire des modes et du costume, il décide en 1789 d’utiliser les planches de la seconde et troisième suite pour le Monument du Costume Physique et moral, de la fin du XVIIIe siècle, ou Tableaux de la Vie, ornés de vingt-six figures dessinées et gravées par Moreau le Jeune et par d’autres célèbres artistes (R. Colas, op. cit., n°1124). La Grande Toilette figure sous le numéro 15. Nicolas-Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) rédigera les textes à partir des gravures existantes tandis qu’habituellement à cette époque dans l’édition, les planches gravées viennent souvent en appui du texte. À nouveau, le succès est au rendez-vous.
Ainsi, ce dessin original, préparatoire à la gravure d’Antoine-Louis Romanet (1748-après 1810) est considéré comme l’une des images les plus diffusées au XVIIIe siècle grâce à sa publication dans l’un des plus grands ouvrages de modes de l’époque. Il s’agit également d’un document précieux sur l’histoire de l’ameublement et de la décoration intérieure d’un hôtel particulier de la haute société parisienne au XVIIIe siècle.
Le cheminée d’époque Louis XVI, orné de bronzes réalisés par Pierre Gouthière (1732-1813), est à rapprocher d’un modèle aujourd’hui au château de Versailles tandis que la paire candélabres rappelle un modèle connu attribué à François Rémond (1747-1812) (ancienne collection Wildenstein, Christie’s Londres, 15 décembre 2005, lot 27). La pendule d’époque Louis XVI au centre de la cheminée présente des similitudes avec un modèle de Robert Osmond (1711-1789) dont un exemplaire avec variantes fut livré au comte d’Artois. Un dessin à la sanguine conservé à l’Institut national d’Histoire de l’Art esquisse ce modèle (inv. NUM MS 707 ; voir F. Vion et al., Recueil de dessins. Modèles de pendules, 1755-1780, pl. 110). Les chenets en bronze doré évoquent un modèle au lion couché du bronzier Pierre-Philippe Thomire (1751-1843), tandis que le fauteuil d’époque Louis XVI pourrait être de Louis Delanois (1731-1792).
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