拍品專文
Issu d’une famille d’artistes, Gabriel de Saint-Aubin apprend les rudiments du dessin et de la gravure avec notamment son frère aîné Charles-Germain (1721-1786) avant d’enseigner lui-même les arts graphiques à l’École des Arts tout en suivant, en parallèle, les enseignements de François Boucher (1703-1770) et d’Étienne Jeaurat (1699-1789).
Il échouera au concours du Grand Prix de Rome de l’Académie royale de peinture et de sculpture à trois reprises et n’accèdera jamais au titre de peintre d’histoire.
Chroniqueur infatigable de la vie parisienne, témoin précieux des expositions au Salon et des salles de ventes aux enchères, dessinateur avant tout, Gabriel de Saint-Aubin s’intéresse à une grande variété de sujet iconographique, avec une technique graphique qui lui est propre, association une multitude de médiums différents : ici un subtil mélange de sanguine et de lavis de sanguine associé à de l’aquarelle, rehaussé de gouache blanche, sur des traits de pierre noire. Le présent dessin n’est pas sans rappeler certaines académies dessinées de son maître François Boucher et en particulier Diane endormie, une sanguine considérée des années 1740, conservée aux Beaux-Arts de Paris (inv. EBA 593 ; François Boucher et l’art rocaille dans les collections de l’Ecole des beaux-arts, cat. exp., Paris, ENSBA, 2003-2006, n°29). Au XVIIIe siècle, le modèle vivant est essentiellement masculin, notamment à l’Académie où la pose du modèle féminin est interdite. Mais dans l’intimité des ateliers d’artiste, comme cela semble être le cas ici, avec l’arrière-plan sur la gauche, le chevalet et la palette du peintre posée sur le linteau de la cheminée, le modèle féminin trouve sa place.
Du tableau à l’estampe en passant par le dessin…
Selon Colin Bailey, dans le catalogue de l’exposition consacrée à Saint-Aubin en 2007, l’Académie particulière est l’œuvre de l’artiste la plus souvent reprise par lui-même.
Le présent dessin semble être un riccordo d’après l’huile sur panneau (17,4 x 27 cm) de l’ancienne collection Jacques Doucet (1853-1929) et aujourd’hui conservée dans une collection particulière new-yorkaise (fig. 2; P. Rosenberg et al., 2008, op. cit., n° 66). Au musée des beaux-arts de Strasbourg, une autre version sur toile (24,5 x 32,5 cm), légèrement plus grande, a fait partie de la donation Charles Oulmont (1883-1984) en 1948 (inv. D. 1948-6689 ; ibid., p. 258, fig. 1). Enfin, une eau-forte, d’un format extrêmement plus petit (7,8 x 10,2 cm), et titrée l’Académie particulière, est conservée au département des Estampes et la Photographie de la Bibliothèque nationale de France à Paris (fig. 1 ; inv. RESERVE EF-37a ; ibid., n° 67).
Si dans les deux tableaux et l’estampe, la scène se déroule dans un intérieur de style rococo du milieu du siècle avec des lignes courbes, notamment la méridienne et la table de chevet, au contraire, dans le présent dessin, la chaise et le linteau de la cheminée sont de forme plus sobre et déjà néoclassique. Ainsi, les deux tableaux et l’estampe pourraient avoir été réalisés des années 1750-1755 tandis que l’aquarelle est datée ‘1776’.
Humour et légèreté ne sont jamais bien loin dans les œuvres graphiques de Gabriel de Saint-Aubin, comme ici, où l’artiste ajoute, par rapport aux deux peintures et à la gravure, une fenêtre ouverte sur la gauche derrière l’artiste d’où émerge une petite tête de personnage qui se délecte de la scène de pose du modèle nu tandis que l’artiste semble concentré sur son ouvrage.
Saint-Aubin et Arthur Georges Veil-Picard
Saint Aubin fut aimé à la fin du XIXe siècle par les plus importants collectionneurs français de cette époque dont les Destailleur, les frères Goncourt, les Dormeuil, les Groult, ou encore Émile Dacier (1876-1952), auteur de son catalogue raisonné de l’artiste en 1912 et bien sûr par Arthur Georges Veil-Picard qui ne possédait pas moins de dix dessins de Saint-Aubin (selon E. Dacier, op. cit.) dont deux très célèbres vues du Salon du Louvre lors des expositions en 1753 et 1767 (ibid., n°793 et 797).
Il échouera au concours du Grand Prix de Rome de l’Académie royale de peinture et de sculpture à trois reprises et n’accèdera jamais au titre de peintre d’histoire.
Chroniqueur infatigable de la vie parisienne, témoin précieux des expositions au Salon et des salles de ventes aux enchères, dessinateur avant tout, Gabriel de Saint-Aubin s’intéresse à une grande variété de sujet iconographique, avec une technique graphique qui lui est propre, association une multitude de médiums différents : ici un subtil mélange de sanguine et de lavis de sanguine associé à de l’aquarelle, rehaussé de gouache blanche, sur des traits de pierre noire. Le présent dessin n’est pas sans rappeler certaines académies dessinées de son maître François Boucher et en particulier Diane endormie, une sanguine considérée des années 1740, conservée aux Beaux-Arts de Paris (inv. EBA 593 ; François Boucher et l’art rocaille dans les collections de l’Ecole des beaux-arts, cat. exp., Paris, ENSBA, 2003-2006, n°29). Au XVIIIe siècle, le modèle vivant est essentiellement masculin, notamment à l’Académie où la pose du modèle féminin est interdite. Mais dans l’intimité des ateliers d’artiste, comme cela semble être le cas ici, avec l’arrière-plan sur la gauche, le chevalet et la palette du peintre posée sur le linteau de la cheminée, le modèle féminin trouve sa place.
Du tableau à l’estampe en passant par le dessin…
Selon Colin Bailey, dans le catalogue de l’exposition consacrée à Saint-Aubin en 2007, l’Académie particulière est l’œuvre de l’artiste la plus souvent reprise par lui-même.
Le présent dessin semble être un riccordo d’après l’huile sur panneau (17,4 x 27 cm) de l’ancienne collection Jacques Doucet (1853-1929) et aujourd’hui conservée dans une collection particulière new-yorkaise (fig. 2; P. Rosenberg et al., 2008, op. cit., n° 66). Au musée des beaux-arts de Strasbourg, une autre version sur toile (24,5 x 32,5 cm), légèrement plus grande, a fait partie de la donation Charles Oulmont (1883-1984) en 1948 (inv. D. 1948-6689 ; ibid., p. 258, fig. 1). Enfin, une eau-forte, d’un format extrêmement plus petit (7,8 x 10,2 cm), et titrée l’Académie particulière, est conservée au département des Estampes et la Photographie de la Bibliothèque nationale de France à Paris (fig. 1 ; inv. RESERVE EF-37a ; ibid., n° 67).
Si dans les deux tableaux et l’estampe, la scène se déroule dans un intérieur de style rococo du milieu du siècle avec des lignes courbes, notamment la méridienne et la table de chevet, au contraire, dans le présent dessin, la chaise et le linteau de la cheminée sont de forme plus sobre et déjà néoclassique. Ainsi, les deux tableaux et l’estampe pourraient avoir été réalisés des années 1750-1755 tandis que l’aquarelle est datée ‘1776’.
Humour et légèreté ne sont jamais bien loin dans les œuvres graphiques de Gabriel de Saint-Aubin, comme ici, où l’artiste ajoute, par rapport aux deux peintures et à la gravure, une fenêtre ouverte sur la gauche derrière l’artiste d’où émerge une petite tête de personnage qui se délecte de la scène de pose du modèle nu tandis que l’artiste semble concentré sur son ouvrage.
Saint-Aubin et Arthur Georges Veil-Picard
Saint Aubin fut aimé à la fin du XIXe siècle par les plus importants collectionneurs français de cette époque dont les Destailleur, les frères Goncourt, les Dormeuil, les Groult, ou encore Émile Dacier (1876-1952), auteur de son catalogue raisonné de l’artiste en 1912 et bien sûr par Arthur Georges Veil-Picard qui ne possédait pas moins de dix dessins de Saint-Aubin (selon E. Dacier, op. cit.) dont deux très célèbres vues du Salon du Louvre lors des expositions en 1753 et 1767 (ibid., n°793 et 797).
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