Lot Essay
Cette impressionnante scène de genre, d’une fraîcheur indéniable, combine à la fois la sensualité empruntée à Boucher (1703-1770) aux influences de l’Âge d’or hollandais. Ici, Jean-Baptiste Huet, encore très jeune au moment de peindre cette composition ambitieuse en 1770, se situe dans la tradition de la peinture pastorale, décrite par Denis Diderot (1713-1784) dans son Encyclopédie comme ‘celle qui s’exerce sur les amusements de la campagne, les bergeries, les marchés, les animaux. Ce goût est susceptible de toutes les beautés dont le génie du Peintre est capable... Et elle plaît à tout le monde’.
Cette tradition littéraire et artistique remonte à l’antique, mais les peintres français du XVIIIe siècle puisaient leur influences dans un passé plus proche, notamment dans l’œuvre de peintres comme Benedetto Castiglione (1609-1664), artiste génois du XVIIe siècle, et les toiles italianisantes de son contemporain hollandais Nicolas Berchem (1620-1683). Comme Boucher avant lui, les œuvres de Huet dès les années 1770 sont décrites dans les catalogues de ventes comme étant ‘dans le genre de Benedette (Castiglione)’.
Nous retrouvons les traces de l’artiste génois dans notre tableau, notamment dans le rapport entre le premier et l’arrière-plan, qui crée une composition à forte pente dans laquelle les figures et les animaux sont poussés vers le devant. Or, Huet regarde vers la peinture nordique pour ses personnages. Si la femme voluptueuse semble directement sortir d’un tableau de Berchem, le motif anecdotique, au centre, du chien qui renverse le lait de l’enfant est tiré indirectement de l’œuvre d’Adriaen van Ostade (1610-1685), un autre artiste très prisé des amateurs et collectionneurs français du XVIIIe siècle, et l’on dirait des poules qui rôdent qu’elles se sont échappées d’une toile de Melchior de Hondecoeter (1636-1695). Toutefois, la génie de Huet se trouve dans sa façon d’apporter à ces éléments du siècle précédent la touche fluide et la matière riche de son époque, qui leur insufflent une vie sensuelle novatrice.
Cette tradition littéraire et artistique remonte à l’antique, mais les peintres français du XVIIIe siècle puisaient leur influences dans un passé plus proche, notamment dans l’œuvre de peintres comme Benedetto Castiglione (1609-1664), artiste génois du XVIIe siècle, et les toiles italianisantes de son contemporain hollandais Nicolas Berchem (1620-1683). Comme Boucher avant lui, les œuvres de Huet dès les années 1770 sont décrites dans les catalogues de ventes comme étant ‘dans le genre de Benedette (Castiglione)’.
Nous retrouvons les traces de l’artiste génois dans notre tableau, notamment dans le rapport entre le premier et l’arrière-plan, qui crée une composition à forte pente dans laquelle les figures et les animaux sont poussés vers le devant. Or, Huet regarde vers la peinture nordique pour ses personnages. Si la femme voluptueuse semble directement sortir d’un tableau de Berchem, le motif anecdotique, au centre, du chien qui renverse le lait de l’enfant est tiré indirectement de l’œuvre d’Adriaen van Ostade (1610-1685), un autre artiste très prisé des amateurs et collectionneurs français du XVIIIe siècle, et l’on dirait des poules qui rôdent qu’elles se sont échappées d’une toile de Melchior de Hondecoeter (1636-1695). Toutefois, la génie de Huet se trouve dans sa façon d’apporter à ces éléments du siècle précédent la touche fluide et la matière riche de son époque, qui leur insufflent une vie sensuelle novatrice.
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