拍品專文
Barye aquarelliste est de nos jours aussi admiré que Barye sculpteur. Ses dessins demeurent rares sur le marché et la plupart sont propriétés d’institutions : on décompte vingt-six aquarelles au Metropolitan Museum of New York et vingt-cinq à la Walters Art Gallery.
Outre sa brillante carrière de statuaire, Barye manifesta très tôt un goût marqué pour le dessin et l’aquarelle. Admis aux Beaux-Arts en 1818, il expose ses premiers plâtres au Salon de 1827 avec Tigre dévorant un gavial (Musée du Louvre, inv. RF 2991) et s’impose en 1831 avec Lion au serpent (Musée du Louvre, RF 1516). Néanmoins, tout au long de sa carrière, il cultive cette dualité, exposant simultanément sculptures et dessins. Dès 1833, L’Artiste notait : ‘Voici Barye donnant aux animaux la même vie et la même vérité dans ses aquarelles que dans ses plâtres’ (Saunier, op. cit., p. 144).
Nommé professeur de dessin au Muséum d’Histoire naturelle en 1853, Barye fait de l’observation son principe éducatif : ‘Regardez la nature et prenez parti !’ (R. Ballu, L’Œuvre de Barye, Paris, 1890, p. 117). Savant anatomiste, il fonde sa pratique sur l’étude rigoureuse du vivant. En pleine effervescence romantique, il participe avec Delacroix au renouveau de l’art animalier. Entre 1827 et 1833, tous deux fréquentent assidûment le Jardin des Plantes, dessinant les animaux sur le vif le jour et étudiant leur dépouille lors des séances de dissection nocturnes à la Ménagerie. Ses croquis exécutés d’après nature sont recomposés à l’atelier, mis au net sur papier calque servant ensuite de modèle à plusieurs aquarelles. Un exemple de ses croquis, Un léopard assis est passé en vente en janvier 2021 (Christie’s New York, lot 74).
La présente feuille représente un léopard écrasant une civette africaine dans une évocation d’un paysage montagneux. La composition illustre le goût de Bayre pour les fauves qui incarnent le Romantisme par la majesté de leur allure et leur force sauvage. L’artiste transpose dans ses œuvres graphiques le dynamisme propre à la sculpture, représentant l’animal en pleine action. Elle fait écho à d’autres scènes de prédation, dans lesquelles l’artiste replace chaque espèce dans son environnement et ses comportements naturels, à l’instar de Panthère dévorant une gazelle conservée au musée du Louvre (inv. RF 4204).
La signature, tracée en caractères cursifs droits, à l’encre brune, est caractéristique des aquarelles de maturité, postérieures à 1840 (Zieseniss, op. cit., p. 33). Dans ses œuvres tardives, Bayre n’hésite pas à employer une palette plus variée et à laver copieusement ses aquarelles, leur conférant une touche liquide et transparente. Le collectionneur Michel Zoubaloff, grand admirateur de l’artiste, possédait de nombreuses œuvres majeures dans différents techniques. Malgré ses dons au Louvre et au Petit Palais, il conserva certaines aquarelles de ‘qualité supérieure’ (Saunier, op. cit., p.144), dont Léopard écrasant une civette qui a figuré dans sa vente en 1917 sous la désignation erronée de Panthère écrasant un loup (voir provenance). Appréciées des collectionneurs, ‘Barye a créé la beauté suprême du fauve, sa force, son élégance, et l’a placé au sommet de l’art’ (G. Scheffer, Le Salon de 1897, Paris, 1897, p. 58).
Outre sa brillante carrière de statuaire, Barye manifesta très tôt un goût marqué pour le dessin et l’aquarelle. Admis aux Beaux-Arts en 1818, il expose ses premiers plâtres au Salon de 1827 avec Tigre dévorant un gavial (Musée du Louvre, inv. RF 2991) et s’impose en 1831 avec Lion au serpent (Musée du Louvre, RF 1516). Néanmoins, tout au long de sa carrière, il cultive cette dualité, exposant simultanément sculptures et dessins. Dès 1833, L’Artiste notait : ‘Voici Barye donnant aux animaux la même vie et la même vérité dans ses aquarelles que dans ses plâtres’ (Saunier, op. cit., p. 144).
Nommé professeur de dessin au Muséum d’Histoire naturelle en 1853, Barye fait de l’observation son principe éducatif : ‘Regardez la nature et prenez parti !’ (R. Ballu, L’Œuvre de Barye, Paris, 1890, p. 117). Savant anatomiste, il fonde sa pratique sur l’étude rigoureuse du vivant. En pleine effervescence romantique, il participe avec Delacroix au renouveau de l’art animalier. Entre 1827 et 1833, tous deux fréquentent assidûment le Jardin des Plantes, dessinant les animaux sur le vif le jour et étudiant leur dépouille lors des séances de dissection nocturnes à la Ménagerie. Ses croquis exécutés d’après nature sont recomposés à l’atelier, mis au net sur papier calque servant ensuite de modèle à plusieurs aquarelles. Un exemple de ses croquis, Un léopard assis est passé en vente en janvier 2021 (Christie’s New York, lot 74).
La présente feuille représente un léopard écrasant une civette africaine dans une évocation d’un paysage montagneux. La composition illustre le goût de Bayre pour les fauves qui incarnent le Romantisme par la majesté de leur allure et leur force sauvage. L’artiste transpose dans ses œuvres graphiques le dynamisme propre à la sculpture, représentant l’animal en pleine action. Elle fait écho à d’autres scènes de prédation, dans lesquelles l’artiste replace chaque espèce dans son environnement et ses comportements naturels, à l’instar de Panthère dévorant une gazelle conservée au musée du Louvre (inv. RF 4204).
La signature, tracée en caractères cursifs droits, à l’encre brune, est caractéristique des aquarelles de maturité, postérieures à 1840 (Zieseniss, op. cit., p. 33). Dans ses œuvres tardives, Bayre n’hésite pas à employer une palette plus variée et à laver copieusement ses aquarelles, leur conférant une touche liquide et transparente. Le collectionneur Michel Zoubaloff, grand admirateur de l’artiste, possédait de nombreuses œuvres majeures dans différents techniques. Malgré ses dons au Louvre et au Petit Palais, il conserva certaines aquarelles de ‘qualité supérieure’ (Saunier, op. cit., p.144), dont Léopard écrasant une civette qui a figuré dans sa vente en 1917 sous la désignation erronée de Panthère écrasant un loup (voir provenance). Appréciées des collectionneurs, ‘Barye a créé la beauté suprême du fauve, sa force, son élégance, et l’a placé au sommet de l’art’ (G. Scheffer, Le Salon de 1897, Paris, 1897, p. 58).
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