拍品專文
Gustave Adolf Mossa n'a cessé d'entretenir une relation étroite avec les mythes antiques et la littérature. À l'instar de ses confrères symbolistes, l'artiste trouve dans ces divers récits la part de mystère et d'étrangeté qui nourrissent son langage et sa créativité. Au-delà de l'Antiquité, de nombreuses œuvres réalisées par l'artiste au cours de sa carrière sont tirées d'ouvrages contemporains : pièces de théâtre, opéras et poèmes. C'est ainsi qu'en 1911, l'artiste choisit de consacrer un cycle d'aquarelles inspiré par cinq sonnets des ‘Trophées’ (1893) de José-Maria de Heredia (1842-1905), recueil majeur de la poésie parnassienne (S. Lombart, Gustav Adolf Mossa, Catalogue raisonné des œuvres symbolistes’, Paris, 2010, p. 311-312, n°A242). L'esthétique raffinée et picturale des vers a particulièrement séduit l'artiste qui représente ici l'un des épisodes antiques du recueil: ‘Hercule au lac Stymphale’ :
‘Et partout devant lui, par milliers, les oiseaux,
De la berge fangeuse où le Héros dévale,
S'envolèrent, ainsi qu'une brusque rafale,
Sur le lugubre lac dont clapotaient les eaux.
D'autres, d'un vol plus bas croisant leurs noirs réseaux,
Frôlaient le front baisé par les lèvres d'Omphale,
Quand, ajustant au nerf la flèche triomphale,
L'Archer superbe fit un pas dans les roseaux [...]’
(José-Maria de Heredia, Les trophés, Paris, 1893, p. 8).
Ici la représentation du sixième travail d'Hercule est saisissante : seul face aux forces maléfiques, il décoche ses flèches et il triomphe sur le mal. La pose d’Hercule, rappelle celle de la sculpture Héraklès archer de Bourdelle (inv. MBBR.248; C .Barbillon, Bourdelle et l’antique, une passion moderne, Paris, 2017, p. 118, ill.), de même que sa composition et son sujet peuvent être rapproché des œuvres de Gustave Moreau sur le thème d’Hercule et de Stymphale.
L'attribution a été confirmée par le professeur Jean-Roger Soubiran en 2019.
‘Et partout devant lui, par milliers, les oiseaux,
De la berge fangeuse où le Héros dévale,
S'envolèrent, ainsi qu'une brusque rafale,
Sur le lugubre lac dont clapotaient les eaux.
D'autres, d'un vol plus bas croisant leurs noirs réseaux,
Frôlaient le front baisé par les lèvres d'Omphale,
Quand, ajustant au nerf la flèche triomphale,
L'Archer superbe fit un pas dans les roseaux [...]’
(José-Maria de Heredia, Les trophés, Paris, 1893, p. 8).
Ici la représentation du sixième travail d'Hercule est saisissante : seul face aux forces maléfiques, il décoche ses flèches et il triomphe sur le mal. La pose d’Hercule, rappelle celle de la sculpture Héraklès archer de Bourdelle (inv. MBBR.248; C .Barbillon, Bourdelle et l’antique, une passion moderne, Paris, 2017, p. 118, ill.), de même que sa composition et son sujet peuvent être rapproché des œuvres de Gustave Moreau sur le thème d’Hercule et de Stymphale.
L'attribution a été confirmée par le professeur Jean-Roger Soubiran en 2019.
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