Lot Essay
La Messe de saint Grégoire, donnée à voir sur le présent panneau de dévotion, est l’une des images dévotionnelles les plus répandues dans l’Europe du Nord à la fin du Moyen Âge et au début du XVIe siècle. Elle illustre une vision miraculeuse attribuée au pape Grégoire le Grand (vers 540-604), l'un des quatre Pères de l'Église latine : alors qu’il célébrait la messe, le Christ lui serait apparu sous les traits de l’Imago Pietatis – le Christ de douleur, debout dans son tombeau et entouré des instruments de la Passion.
Conformément à une convention picturale répandue au début du XVIe siècle, l'apparition mystique de saint Grégoire est ici figurée au sein d'un nuage sacré, dans lequel flottent, désincarnés et déplacés, des épisodes et des personnages du récit biblique : Ponce Pilate et son épouse, Judas tenant sa bourse de pièces d'argent, Caïphe le grand prêtre, le coq qui chanta trois fois, la colonne à laquelle le Christ fut attaché. Tels des pictogrammes révélateurs, ces éléments évoquent, sans ordre chronologique, le tumulte et l'épreuve de la séquence culminante de la Passion, que la messe est précisément destinée à commémorer et à transmettre.
Ce thème fut maintes fois repris durant les décennies de la Réforme, au cours desquelles il devint l'emblème de la pérennité du dogme de la transsubstantiation. Le peintre, dont l'identité n'a pas encore été établie, s'est vraisemblablement inspiré en premier lieu de la gravure sur bois réalisée par Albrecht Dürer (1471-1528) en 1511, largement diffusée dans toute l'Europe durant la première moitié du XVIe siècle. La Messe de saint Grégoire d'Adriaen Isenbrandt (1480-1551), conservée au Prado à Madrid (fig. 1, inv. P001943), constitue une autre référence probable. De dimensions plus importantes (72 × 56 cm) que le présent tableau, l'œuvre d'Isenbrandt, datée de 1515-1530, partage avec cellui-ci plusieurs caractéristiques compositionnelles : les deux hommes conversant à l'arrière-plan, le cardinal agenouillé tenant le trirègne, ainsi qu'une orientation diagonale ouvrant la perspective sur la nef de l'église.
Si le cardinal d'Isenbrandt était inspiré du portrait du chanoine Joris van der Paele (vers 1370-1443) peint par Jan van Eyck (1390-1441) dans son célèbre retable de 1434-1436 (Groeningemuseum, Bruges, inv. 0000.GRO0161.I), celui représenté ici est un homme sensiblement plus jeune, avancé au premier plan et présenté de dos par rapport au Père de l'Église. La place de choix accordée à cette figure laisse penser qu'il pourrait s'agir du commanditaire du tableau.
Conformément à une convention picturale répandue au début du XVIe siècle, l'apparition mystique de saint Grégoire est ici figurée au sein d'un nuage sacré, dans lequel flottent, désincarnés et déplacés, des épisodes et des personnages du récit biblique : Ponce Pilate et son épouse, Judas tenant sa bourse de pièces d'argent, Caïphe le grand prêtre, le coq qui chanta trois fois, la colonne à laquelle le Christ fut attaché. Tels des pictogrammes révélateurs, ces éléments évoquent, sans ordre chronologique, le tumulte et l'épreuve de la séquence culminante de la Passion, que la messe est précisément destinée à commémorer et à transmettre.
Ce thème fut maintes fois repris durant les décennies de la Réforme, au cours desquelles il devint l'emblème de la pérennité du dogme de la transsubstantiation. Le peintre, dont l'identité n'a pas encore été établie, s'est vraisemblablement inspiré en premier lieu de la gravure sur bois réalisée par Albrecht Dürer (1471-1528) en 1511, largement diffusée dans toute l'Europe durant la première moitié du XVIe siècle. La Messe de saint Grégoire d'Adriaen Isenbrandt (1480-1551), conservée au Prado à Madrid (fig. 1, inv. P001943), constitue une autre référence probable. De dimensions plus importantes (72 × 56 cm) que le présent tableau, l'œuvre d'Isenbrandt, datée de 1515-1530, partage avec cellui-ci plusieurs caractéristiques compositionnelles : les deux hommes conversant à l'arrière-plan, le cardinal agenouillé tenant le trirègne, ainsi qu'une orientation diagonale ouvrant la perspective sur la nef de l'église.
Si le cardinal d'Isenbrandt était inspiré du portrait du chanoine Joris van der Paele (vers 1370-1443) peint par Jan van Eyck (1390-1441) dans son célèbre retable de 1434-1436 (Groeningemuseum, Bruges, inv. 0000.GRO0161.I), celui représenté ici est un homme sensiblement plus jeune, avancé au premier plan et présenté de dos par rapport au Père de l'Église. La place de choix accordée à cette figure laisse penser qu'il pourrait s'agir du commanditaire du tableau.
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