Lot Essay
Jan Matsys (1509-1575) s’inscrit dans la grande tradition de la peinture anversoise du XVIe siècle, qu’il hérite directement de son père Quentin Matsys (vers 1466-1530), fondateur de l’école d’Anvers et figure de transition entre les primitifs flamands et la Renaissance italianisante. Jan, formé dans cet héritage, développe une manière propre marquée par une assimilation plus prononcée encore des modèles italiens – Léonard (1452-1519), Raphaël (1483-1520), les Vénitiens –, filtrés par les échanges artistiques intenses que favorise Anvers comme place commerciale et intellectuelle majeure de l’Europe du Nord. Banni d’Anvers entre 1544 et 1555 pour cause de luthéranisme présumé, il séjourne vraisemblablement en France et en Italie, expérience qui radicalise son italianisme et l’oriente vers une manière plus sensuelle et monumentale, visible dans ses représentations de figures féminines nues. À son retour, il s’impose comme l’un des représentants majeurs du maniérisme anversois, aux côtés de Frans Floris (1517-1570), dans une production qui répond à la demande d’une clientèle bourgeoise et patricienne friande de sujets à la fois savants et érotisés.
Le récit du présent tableau est tiré du Second Livre de Samuel (XI, 2-4) : le roi David, depuis sa terrasse, aperçoit Bethsabée se baignant ; séduit par sa beauté, il la fait mander auprès de lui. Le sujet connut une fortune iconographique considérable dans la peinture du Nord au XVIe siècle, précisément parce qu’il offrait un prétexte scripturaire à la représentation du nu féminin, tout en ménageant une dimension narrative et morale. La figure de Bethsabée – à la fois innocente et cause involontaire de la chute de David – devient dans ce contexte un véhicule privilégié de la beauté idéale à la manière italienne.
Jan Matsys a traité ce sujet à plusieurs reprises, et il convient à ce titre de mettre en relation notre tableau avec la version conservée au musée du Louvre (fig. 1, Paris, inv. RF 1942-18), datée de 1562. Les deux œuvres partagent la même structure compositionnelle fondamentale : Bethsabée nue au premier plan en position assise, architecture à colonnes ouvrant sur un paysage urbain lumineux, et présence discrète en arrière-plan des figures évoquant le regard de David. Dans la version du Louvre, un messager remet explicitement à Bethsabée la lettre du roi, ancrant la scène dans la narration biblique, tandis que le notre tableau supprime cet élément narratif au profit d’une concentration accrue sur la figure elle-même – le miroir remplaçant la lettre comme attribut principal, déplaçant ainsi le sens de la scène vers une méditation sur la beauté et la vanité plutôt que vers l’anecdote vétérotestamentaire.
Tout comme la composition parisienne, ce panneau inédit s’inscrit de manière cohérente dans la production mature de Jan Matsys, à son retour d'exil vers 1560. Si la figure est bien de la main du maître, les fonds ont probablement été réalisés par son atelier qui répondait, à ce moment, à une demande soutenue. La perspective utilisée, légèrement en contre-plongée, invite à penser que le tableau avait originellement été commandé pour être accroché en hauteur.
Nous tenons à remercier Dott.ssa Maria Clelia Galassi d'avoir confirmé l'attribution de ce tableau à Jan Matsys et à son atelier sur base d'un examen physique de l'oeuvre, ainsi que Dr. Larry Silver de nous avoir donné son avis sur base de photographies.
Le récit du présent tableau est tiré du Second Livre de Samuel (XI, 2-4) : le roi David, depuis sa terrasse, aperçoit Bethsabée se baignant ; séduit par sa beauté, il la fait mander auprès de lui. Le sujet connut une fortune iconographique considérable dans la peinture du Nord au XVIe siècle, précisément parce qu’il offrait un prétexte scripturaire à la représentation du nu féminin, tout en ménageant une dimension narrative et morale. La figure de Bethsabée – à la fois innocente et cause involontaire de la chute de David – devient dans ce contexte un véhicule privilégié de la beauté idéale à la manière italienne.
Jan Matsys a traité ce sujet à plusieurs reprises, et il convient à ce titre de mettre en relation notre tableau avec la version conservée au musée du Louvre (fig. 1, Paris, inv. RF 1942-18), datée de 1562. Les deux œuvres partagent la même structure compositionnelle fondamentale : Bethsabée nue au premier plan en position assise, architecture à colonnes ouvrant sur un paysage urbain lumineux, et présence discrète en arrière-plan des figures évoquant le regard de David. Dans la version du Louvre, un messager remet explicitement à Bethsabée la lettre du roi, ancrant la scène dans la narration biblique, tandis que le notre tableau supprime cet élément narratif au profit d’une concentration accrue sur la figure elle-même – le miroir remplaçant la lettre comme attribut principal, déplaçant ainsi le sens de la scène vers une méditation sur la beauté et la vanité plutôt que vers l’anecdote vétérotestamentaire.
Tout comme la composition parisienne, ce panneau inédit s’inscrit de manière cohérente dans la production mature de Jan Matsys, à son retour d'exil vers 1560. Si la figure est bien de la main du maître, les fonds ont probablement été réalisés par son atelier qui répondait, à ce moment, à une demande soutenue. La perspective utilisée, légèrement en contre-plongée, invite à penser que le tableau avait originellement été commandé pour être accroché en hauteur.
Nous tenons à remercier Dott.ssa Maria Clelia Galassi d'avoir confirmé l'attribution de ce tableau à Jan Matsys et à son atelier sur base d'un examen physique de l'oeuvre, ainsi que Dr. Larry Silver de nous avoir donné son avis sur base de photographies.
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